vendredi 20 avril 2012

L’IMPASSE FRANÇAISE



Nous voici donc à l’heure de vérité, celle où vont être dénoncées brutalement par la simple logique implacable des choses, plus de trente années d’une politique pensée autour du mensonge préféré que les Français exigent encore de s’entendre dire par la classe politique, surtout à la veille de consultations électorales dont cette exigence constitue un des principaux enjeux. Ceci, pour qu’ils n’aient aucunement à charge, une mauvaise conscience quant à des ressentiments difficilement avouables, mais qui les tenaillent. Il s’agit en ce mensonge, d’une prétendue nécessité “objective”, de fermer les frontières, et de procéder dans le même temps, à l’évacuation d’un maximum possible d’immigrés, voire de leurs enfants nés en France.

Le caractère mensonger de cette affaire réside dans le fait que les raisons invoquées pour ce refus de l’autre, ne furent pas celles d’un courage de dire simplement qu’on ne désire pas côtoyer cet autre, parce que tel, c’est à dire parce qu’il est de fait trop étranger par son allure et par ses mœurs, et qu’alors, aucune “sympathie” ne s’établit spontanément avec lui. Et ceci, d’autant que l’état délabré de son pays d’origine semblant en témoigner pour certains, ceux-ci soupçonnent, mais en l’avouant rarement, que par delà ses mœurs inadaptées, de par sa nature même, c’est à dire clairement, du simple fait de sa “race”, cet autre ne sera jamais en capacité de “mériter” au niveau de l’exigence nécessaire, une communauté avec lui.

Pour irrationnelle, face à la fatalité historique des nations, qui les condamnent à s’altérer mutuellement, et peu élégante, surtout eu égard aux proclamations universalistes de cette république quant à elle-même, qu’aurait été cette attitude, elle n’en serait pas moins demeurée légitime. Car, quel qu’il soit, on ne saurait faire reproche aux citoyens, le choix démocratique d’une société à leur stricte convenance, si celui-ci n’emporte pas le projet de porter atteinte à quiconque d’autre, pas davantage qu’on ne peut leur reprocher la volonté, même si en réalité, elle est vaine, de ne pas voir ce choix altéré, par un phénomène migratoire.

Bien sûr, à cette légitimité sera opposée celle de ceux issus des contrées dont on a voulu s’en rendre maitre, pour en tirer profit, au point d’en avoir fut un temps, en quelque sorte “filialisé” leurs patries, à une “mère patrie” lointaine, qui fut dite précisément en ce sens, la “métropole”. Car, après avoir établi en celle-ci, le centre d’une “appartenance culturelle” à laquelle ces peuples soumis, furent contraints, en établissant ainsi fatalement, un “tropisme” déterminant leurs ressortissants à s’y rendre, et le lieu d’institutions qui les régissent jusqu’à aujourd’hui, voici qu’on ne cesse d’ingérer dans les affaires intérieures de ces nations. Ceci, pour y maintenir des liens de domination économique et d’intérêts géopolitiques, et des liens de rayonnement culturel, en leur vendant l’image d’une métropole magnifique, mais leur étant désormais interdite, et dont la quête affamée par ces “mendiants”, permet à ceux qui les rejettent avec mépris, de se bomber le torse en voyant leur fait, l’objet d’une telle convoitise.

Pour les citoyens de l’ancienne puissance coloniale, les liens ainsi maintenus avec les anciennes colonies, malgré des indépendances dont il est temps de constater maintenant, qu’elles ne furent en fait que d’apparence, ne peuvent être que de la nature de la laisse qui relie le maitre à son chien, ce qui n’autorise nullement ce dernier, à s’installer dans le fauteuil du maitre et prétendre ainsi, boire un peu de son whisky, et fumer un peu de son cigare. Ils sont donc bien éloignés de comprendre et d’admettre, eux qui ont pourtant tout le loisir de se rendre et de s’installer à leur guise, dans n’importe lequel de ces pays, qu’il puisse y avoir une forme de réciprocité dans cette situation, et ils ne comprennent pas davantage la légitimité de ceux qui désirent se rendre en un lieu où sont prises les décisions, et ou se trouvent les moyens, la puissance, l’entreprise, et l’argent, qui font la réalité de ce qu’ils vivent chez eux.

Le problème, c’est que cet ethnocentrisme, pour ne pas dire brutalement, ce “racisme”, dont il faudra bien se rendre compte enfin, à quel point il est rendu totalement anachronique, compte tenu des évolutions de notre époque, et qui à nécessité la fermeture des frontières, n’est pas sans conséquences, et celles-ci ne sont pas minces. Mais cette volonté de demeurer rien qu’entre soi, liée à celle aux relents nostalgiques, d’exercer malgré cela un “rôle” particulier dans les affaires du monde, selon un droit du plus fort qu’on s’octroyait sans état d’âme, mettait en évidence une contradiction si injurieuse à l’égard des autres, qu’il fallut le mensonge pour lui faire une raison présentable.

Il fallait en effet pouvoir expliquer que la présence d’expatriés et de militaires français sur des territoires étrangers, s’inscrivait plus dans l’ordre normal des choses, que la présence de travailleurs de ces pays étrangers, en France, exercice délicat qui ne pouvait aboutir qu’à l’incontestable “cas de force majeur”, pour que ne semble intervenir aucun arbitraire malsain, dans la justification de ce déséquilibre.

Ce fut donc officiellement, pour des raisons économiques, et particulièrement à cause d’un déficit du marché de l’emploi, suite à la dépression due au premier choc pétrolier de 1973, que les frontières furent fermées, et elles ne furent jamais rouvertes depuis.

Jusqu’à ce jour, et sous réserve qu’il nous en fasse un jour la confidence, dans quelque tome 3 de ses “mémoires”, il est difficile de faire la part des choses dans cette décision qui fut celle de monsieur Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la république.

Se pourrait-il que cet homme qui fut si longuement vanté comme étant le meilleur économiste de France, avant que cette médaille d’or ne lui fut ravie par celui dont il allait faire son premier ministre, monsieur le professeur Raymond Barre, ait pu commettre, d’un point de vue strictement économique s’entend bien, une telle “bourde” ?

Ne faut-il pas voir plutôt là, une occasion trop belle pour lui, de mettre en œuvre une politique d’exclusion, afin de la préservation d’une identité nationale que comme beaucoup d’autres français, il concevait comme étant figée et définitive, quand on se souvient de cette obsession qui était déjà la sienne, alors qu’il n’était encore que ministre de l’économie et des finances du président Georges Pompidou, en constatant selon ses propres termes, qu’il naissait beaucoup trop d’enfants “étrangers”, en France, par rapport aux enfants français ?

Quoi qu’il en soit, cette décision dramatique, prise il est vrai dans des conditions difficiles, en ces heures ou même la meilleure bonne foi, peut dans l’urgence, être abusée par l’apparence de solutions faciles et radicales, ardemment espérées, et déboucher ainsi sur une de ces bonnes intentions dont on nous dit que l’enfer en est pavé, sera maintenue et même renforcée par tous les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui. Or, c’est bel et bien elle, ce dont beaucoup de citoyens ne prennent pas conscience, c’est bien cette disposition au sujet de laquelle l’INSEE n’a cessé de donner des signaux d’alarmes depuis plus de vingt cinq ans, et auxquelles tous, dirigeants et citoyens sont demeurés sourds, qui va conduire ce pays dans l’impasse totale dans laquelle il se trouve actuellement.

Rappelons rapidement ici, quelle est cette situation.

Ce pays compte actuellement, près de trois millions de chômeurs, chiffre controversé pour son mode de calcul mais qui, malgré bien des astuces pour en diminuer la désespérance, s’est accru de près d’un million d’individus, sur la durée de la seule dernière mandature !

La dette publique s’élève au chiffre astronomique et irréel de 1700 milliards d’euros, chiffre qui là encore, traduisant l’accélération vertigineuse du phénomène, s’est accru de près de 600 milliards, sur la seule durée du quinquennat...!

Le déficit budgétaire, battant tous les records, aura culminé fin 2011, à 98 milliards d’euros, de sorte que le “service de la dette”, c’est à dire la somme des intérêts versés aux établissements prêteurs, s’élevant au niveau inconcevable de 45 milliards d’euros, engloutit la totalité de l’impôt sur le revenu.

L’ensemble des prélèvements, ne permettant pas, loin de là, à l’état de fonctionner, celui-ci est donc condamné à devoir emprunter encore, donc à s’endetter encore, donc à s’enfoncer encore, jusqu’à ce que ce système n’en puisse plus, ce qui se produira tôt ou tard.

Ces messieurs du parti actuellement en charge des affaires, pour lesquels cette situation désastreuse n’est pas le résultat d’une mauvaise gouvernance, mais du comportement de mauvais gouvernés, et s’étant lancés dans une chasse aux sorcières contre des prestations qu’ils disaient abusives, et des dépenses inconsidérées de leur propre administration, ont annoncé d’une façon triomphale, être parvenus à une économie de 200 millions d’euros, soit quelque 0,2 % du déficit...! Ceci a de quoi nous faire garder espoir, pour un règlement de cette affaire vers le quatrième millénaire...!

Quand à ces messieurs du principal parti d’opposition, ils ont pris l’engagement, dans un programme en vue de l’élection présidentielle, qui a le mérite d’exister, ce dont se passe le sortant, d’en finir avec le déficit à l’horizon de 2017, soit à la fin de la mandature du futur “quinquennard”, dont ils espèrent qu’il sera un des leurs. Ceci, sans bien sûr rien nous dire de la façon dont ils comptent s’y prendre, mais en prenant visiblement gage, pour que leur champion s’il est élu, ne soit pas inquiété avant cette date butoir, pour l’échec probable de cette tentative.

Cependant, la raison profonde de ce qui rend tous les gouvernements successifs depuis plus de trente ans, incapables de prélever des fonds au niveau des nécessités de l’état, et encore moins de réduire les dépenses de celui-ci, ce déficit sans cesse aggravé, de la ressource face à la nécessité, constitue elle, un sujet totalement tabou dans le débat public français. Ceci, probablement parce que tout le monde comprend confusément, que, par delà les explications faciles, les véritables raisons imposeraient aux Français de faire des choix redoutables.

Car la question se pose bien ainsi. Et si la raison de toutes les difficultés auxquelles doit faire face le pays, et pour lesquelles on se contente d’explications conjoncturelles, résidait fondamentalement, dans le fait que ce pays de France est tout simplement en train de mourir de sa belle mort, c’est à dire de mourir tout simplement de vieillesse, pour ne pas avoir fait à temps, des choix, même difficiles, lui permettant de garder sa jeunesse ?

Lorsqu’au soir du 31 décembre 1962, le général de Gaulle, président de la république, présente ses vœux à la nation, il ne manque pas de lui dire comment seront les bienvenus, les bébés qui naitront dans cette année 1963 à venir. Dans ces années des trente glorieuses, où la France était plus jeune, et par le fait, plus optimiste et dynamique que jamais, ses statisticiens avaient fait la prévision au général de Gaulle qui s’en félicitait, que la France de l’époque, peuplée de quarante cinq millions d’habitants, terminerait le siècle, forte d’une centaine de millions d’habitants. Et ceci, en tablant sur le nombre de naissances qu’il y avait à l’époque, c’est à dire 1,1 million de naissances par an, chiffre considérable par rapport à la population de l’époque, si on le rapporte aux quelques huit cent milles naissances d’aujourd’hui, pour une population de 65 millions d’habitants, qui s’est pourtant accrue de vingt millions d’âmes.

Il est manifeste aujourd’hui qu’ils se sont trompés, et ce, sur deux plans. Tout d’abord, il n’ont pas anticipé la modification de mœurs, qui allait entrainer une dénatalité vertigineuse, et il n’ont pas vu non plus que si malgré cela, la population continuerait à augmenter, ce serait non pas à cause des naissances, mais à cause du prolongement spectaculaire de l’espérance de vie, les deux phénomènes conjugués, conduisant à notre situation actuelle, celle d’un pays de vieillards, duquel une classe politique totalement défaillante, attend cependant qu’en son état, il accomplisse des exploits olympiques, pour pouvoir se sortir de son embarras. Déraison...!

C’est bel et bien là que se situe le mal français, qui est en fait celui de la vielle Europe, le déficit démographique, tant par le nombre, que par le vieillissement des citoyens, et ce qui est extraordinaire, c’est que tous ces gens qui nous gouvernent, ou qui prétendent le faire, s’en moquent éperdument, n’en font même pas état dans cette campagne électorale de caniveau, qui doit pourtant présenter le futur président. S’il leur arrive d’effleurer simplement ce sujet, c’est concernant la difficulté évidente qui sera celle d’assurer les retraites, pour lesquelles ils n’envisagent pas un seul instant, de rétablir déjà la sociologie de ce pays dans une cohérence, mais feignent d’être en mesure de trouver une astuce budgétaire, le coup d’un fort en math, permettant qu’un pays de plus en plus vieillissant, puisse malgré tout continuer à assumer sans limite, ses charges grandissantes ! Quelle illusion...!

Soyons sérieux ! Il doit être bien clair pour nous tous, que ces gens, gouvernants, ou opposants, peuvent bien nous promettre de faire pour la prochaine fois, puisque c’est toujours la prochaine fois que parviennent enfin les solutions, toutes les cabrioles qu’ils voudront, rien, absolument rien, ne sauvera un pays qui crève tout simplement de vieillesse...

C’est donc bien, en le déficit démographique et le vieillissement corrélatif du pays, en ce domaine où selon un aveuglement triste et borné, personne ne veut absolument la voir, que se situe la cause profonde et fondamentale de toutes nos difficultés, et tous ceux qui prétendent qu’ils parviendront à un règlement de celles-ci, tels que ceux qui se présentent à l’élection présidentielle, sans jamais aborder cette question, signalent simplement, qu’ils n’ont en fait aucune réelle compétence, pour pouvoir prétendre à cette haute fonction.

Prenons bien une bonne fois, la pleine mesure de la situation extrêmement défavorable qui est devenue la nôtre dans ce monde changeant, pour comprendre que la préoccupation première d’un homme ou d’une femme se proposant pour présider à la destinée de la nation, ne peut certainement pas se réduire à cette actuelle scolastique technocratique insipide, dans laquelle on évite de parler de l’essentiel, c’est à dire la nécessité fondamentale d’un peuple, qui est tout simplement et avant toute autre chose, d’assurer son “être” lui-même.

Nous pouvons pour illustrer cela, observer sur une quarantaine d’années, soit de 1970 à 2010, l’ampleur de l’écart qui s’est établi entre l’évolution démographique de notre pays, et celle des pays dits “émergents”, qui nous condamne à une débâcle définitive face à ceux-ci, s’il ne se trouve personne en situation dans ce pays, pour prendre enfin cette affaire, avec tout le sérieux qu’elle nécessite.

Le Brésil, pays du “Brics”, à vu sa population doubler, passant de 90 millions d’ha, en 1970, à 180 millions d’ha, en 2010. Il vient de ravir la place de sixième puissance économique mondiale, à la Grande Bretagne, et talonne désormais la France...

L’inde, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 550 millions d’habitants, en 1970, à 1100 millions d’Ha, en 2010.

L’Afrique du Sud, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 25 millions d’habitants, en 1970, à 51 millions d’habitants, en 2010.

La Chine, pays du Brics, à vu sa population presque doubler, passant de 800 millions d’habitants en 1970, à 1400 millions en 2010.

Ces chiffres de croissance démographique, tout comme ceux corrélatifs de croissance économique qui pour ces pays, sont souvent à deux chiffres, donnent le vertige...

Ainsi face à nous, la capacité concurrente pour ces seuls pays bouillonnants, s’est-elle accrue de 1300 millions d’hommes supplémentaires...! Et face à cela :

La France, pays de la vielle Europe fatiguée, a vu sa population passer de 55 millions d’habitant en 1970, à seulement 65 millions d’habitant en 2010, soit un déficit désastreux, un manque de près de 40 millions d’habitants, par rapport à ce qu’aurait du être sainement cette croissance, sur la base du niveau de population et de la natalité des années soixante. Or, dans cette situation déjà défavorable, le pire pour nous semble être encore à venir.

En effet, pas davantage qu’ils n’ont vu venir la Chine, l’Inde, la Corée du sud, le Brésil, l’Afrique du sud, et le renouveau de la Russie, compte tenu de ce que demeurent leur préjugés racistes, les peuples de l’occident sont bien éloignés d’imaginer une seule seconde, que le continent africain pourrait à son tour leur opposer un jour une rude concurrence. Mais ils se trompent. Car beaucoup de ces pays ont déjà des taux de croissance de l’ordre de 7 %, et il en est même un, l’Angola, pour se lancer à la conquête économique du Portugal, l’ancienne métropole coloniale. Et pour se convaincre de cette évolution, il faut se souvenir qu’en 1950, époque du “temps béni des colonies”, le continent tout entier n’était fort que de 220 millions d’habitants. L’Europe quant à elle, alors forte de plus du double d’habitants, pouvait facilement le dominer. Mais soixante années plus tard seulement, et très exactement au premier semestre de l’année 2009, c’est alors qu’il a franchi le cap du milliard d’habitants, qu’il doublera, dans seulement les quarante années à venir...!

De tout cela, il apparait clairement que c’est d’une seule et même “détermination”, que nous désignons justement comme étant “l’envie”, qui donne celle d’avoir des enfants, et celle d’entreprendre, et qu’il existe une corrélation directe, entre le dynamisme démographique, et le dynamisme économique. Ceci, de sorte qu’à contrario, un pays à la démographie chancelante, ne peut manquer de se retrouver tôt ou tard, dans de grandes difficultés économiques, et c’est bien ce que nous constatons.

Ceci signifie que ce n’est absolument pas vrai, que nous parviendrons au nécessaire rééquilibrage budgétaire, entre la ressource et la nécessité, afin du règlement des difficultés économiques et sociales, dans un pays de vieillards où le poids considérable et sans cesse grandissant de la population dite “à charge”, est devenu totalement “écrasant”, sur les épaules de la population dite “active”. Cela ne peut tout simplement, “physiquement” pas fonctionner.

Quand à prétendre en guise de règlement de ce problème, maintenir quelques années de plus ces vieillards en activité, alors qu’il n’y a justement déjà plus d’activité, et qu’il serait surprenant qu’il suffise de maintenir quelqu’un en poste, pour qu’il ait quelque chose à faire, et tout cela, pour espérer faire efficacement concurrence, à la jeunesse pleine de vie et d’envie, des pays émergents, relève de l’incohérence gouvernementale la plus grotesque.

En fait, nous savons très bien que le relèvement de l’âge de départ à la retraite ne maintiendra pas, dans le cas général, les gens en activité, puisque pour la plupart d’entre eux, ils ne parvenaient déjà pas à l’ancienne limite de 60 ans, étant licenciés ou mis en préretraite bien avant. Ils seront donc maintenus au chômage jusqu’à 62 ans, plutôt que jusqu’à 60 ans, et c’est d’ailleurs bien ce que nous constatons, avec l’augmentation considérable du nombre de ces chômeurs tous ces derniers mois.

Evidemment, ceci aura pour conséquence de soulager un peu les caisses de retraite, qui verront venir à elles les gens plus tardivement, permettant au gouvernement de donner l’illusion d’avoir un peu arrangé le problème, toute cette charge étant alors reportée sur l’assurance chômage, d’où il est possible de se débarrasser des chômeurs de longue durée, parvenus en fin de droit, en faisant ainsi disparaitre la misère des statistiques, afin de garantir la réélection. Voici où nous en sommes...!

Cependant, toutes ces magouilles de faussaires ne changeront rien à la réalité physique des choses, à savoir que ce pays n’en peut plus, qu’il est condamné à des plans d’austérité dévastateurs, pour ne pas crouler sous le poids de sa dette, et que face à ce que met en place la concurrence internationale, ce qui pour l’instant semble n’être qu’une reculade, risque de devenir assez rapidement une dégringolade vertigineuse.

Pour être clair une bonne fois quant à cette question, admettons qu’en aucune façon, ne pourrait fonctionner un pays qui ne serait peuplé que de bébés. Ceci signifie qu’il existe fatalement un âge moyen de la population d’un pays, “en deçà” duquel, quoi que l’on fera, cela ne marchera pas. Il peut y avoir discussion quant au niveau de ce seuil d’impossibilité, mais il ne peut pas y en avoir, quant à son existence, car il existe bel et bien une limite en deçà de laquelle, cela ne peut pas fonctionner.

Symétriquement, admettons qu’en aucune façon, ne pourrait fonctionner un pays qui ne serait peuplé que de vieillards fatigués, ce qui signifie pareillement, qu’il existe un âge moyen de la population, “au-delà” duquel quoi que l’on fera, cela ne marchera pas. Là également, il peut y avoir discussion quant au niveau de cet âge moyen limite, mais pas quant à sa réalité. Dès lors, le fait que depuis près de trente ans, tous les gouvernements successifs, toutes couleurs confondues, n’ont fait que constater leur totale vanité face à l’augmentation graduelle et irrépressible du déficit budgétaire, et de la dette publique corrélative, confirme, et sans que nous ayons à faire de savants calculs pour l’établir, que nous sommes bel et bien parvenus au-delà de la limite du vieillissement tolérable, dans une zone désormais, sans aucune solution budgétaire possible.

Cette fatalité correspond d’ailleurs au fait que, lorsque des gouvernements promettent aux entrepreneurs de diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises, il ne s’agit là que d’une mystification, que du baratin de spécialistes de la “ventilation” des comptes. Car, la charge ne se décide pas, elle s’impose selon la réalité physique du pays, et il est clair qu’un pays vieillissant, ne peut voir que sa charge augmenter, soit pour le paiement des retraites, ou pour le paiement des soins.

Partant de là, même si elle se trouve partiellement financée par l’emprunt, et même si les artistes de Bercy s’y prennent de façon à ce qu’il n’en paraisse rien, cette charge ne peut manquer d’être plus ou moins directement celle qui pèse sur les entreprises, puisque ce sont elles qui font la richesse du pays, et donc fatalement les seules qui peuvent, et doivent payer, et il est clair que sauf à euthanasier massivement les plus vieux, il faut bien qu’elles payent, et elles seront condamnées à le faire de plus en plus.

Il s’en suit, face à la concurrence étrangère, une perte de compétitivité que les entrepreneurs essaient de compenser par une politique de bas salaires aux conséquences dévastatrices, quant à la dramatique diminution que cela provoque de la demande intérieure, et quant à l’injustice, totalement démotivante, qui est ainsi faite à leurs employés.

Il faut donc bien prendre conscience que le vieillissement de la population, possède une double conséquence dommageable, d’une part, une augmentation de la charge, et d’autre part, une diminution de la ressource, à cause d’une perte de compétitivité des entreprises, que des gouvernements mal inspirés tentent de compenser par des allègements de charges, qui ne font que fossoyer définitivement tout espoir de voir les finances publiques se rétablir vers une normalité.

Il faut tout simplement en convenir, un pays de vieillards, cela ne marche pas...!

Les mœurs des Français ayant changé, et comme on ne saurait leur intimer l’ordre de faire des enfants, il s’en est suivi une dénatalité désastreuse et, plutôt que constater l’évidence, à savoir qu’ils étaient entrés dans cette ère d’individualisme, d’égoïsme, et de sectarisme, laquelle sévit jusqu’à aujourd’hui, et tâcher d’en comprendre les causes, afin d’en trouver les remèdes, ces Français l’ont justifié par la grande difficulté qu’ils avaient, compte tenu de la rigueur des temps, à donner une éducation de qualité à plusieurs enfants. Il s’agit là bien sûr, d’un argument totalement stupide puisqu’il s’avère que leurs parents quant à eux, ont disposé de moyens bien moindres pour cela, et pourtant, ces Français sont là, et ne prétendent pas pour autant avoir été ratés...!

Le problème, c’est que c’est le même phénomène de ces gens qui “n’aiment plus”, et surtout pas les autres, qui va les conduire à la fois, à refuser de s’encombrer d’une collection de mômes, au détriment de leur carrière et de leurs priorités narcissiques, et surtout à refuser comme la peste, la seule façon qu’il leur restait alors dans ces conditions, pour compenser la dénatalité et sortir de cette impasse, c’est à dire le recours logique à l’immigration, celle-là même qui avait assuré à ce pays ses “trente glorieuses”.

Toutes les années qui suivirent cette faste période, sous les vociférations d’un tribun devant lequel tous s’agenouillaient, tout en le proclamant infréquentable devant les caméras, le racisme décomplexé est devenu à la mode, et malheureusement, cette mode n’est toujours pas passée, malgré l’évidence des mensualités redoutables dont ce pays doit s’acquitter actuellement, pour le coût ahurissant qui aura été, et qui demeure celui, de cette délectation du rejet de l’autre et du dénigrement stupide.

En réalité, il n’y avait bien qu’un appel massif à l’immigration, qui aurait permis de rétablir la sociologie de ce pays dans une cohérence la rendant viable, c’est à dire de faire en sorte que le rapport de la population à charge sur la population active, ne conduise pas à l’écrasement pur et simple de cette dernière, tel que c’est le cas actuellement, en rendant ainsi possible la création de nouveaux emplois.

Ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, c’est que c’est précisément au prétexte de réserver par priorité l’emploi au nationaux, et éviter d’entretenir des immigrés au chômage, que la décision de fermer les frontières fut prise. Et ceci, selon un principe absolument ahurissant, qui serait une surprenante loi de la variation d’un taux, en fonction du nombre auquel ce taux s’applique. Au terme de cette loi, 10 % de 1000 ferait bien 10 %, mais 10 % de 10 000, ferait plus que 10 %, ce qui justifierait de renvoyer les immigrés chez eux.

En fait, il n’y a que selon un argument aussi totalement tordu, qu’il est possible de justifier sur le plan économique, une fermeture des frontières et le renvoi des immigrés, en vue de la protection du marché de l’emploi. Car le chômage s’établissant selon un taux, qui traduit la chance d’un individu de trouver un emploi, on peut renvoyer du pays autant de monde que l’on veut, ce taux ne variant pas, les chances pour un individu de trouver un emploi ne seront absolument en rien améliorées.

Tout ceci s’est construit autour de l’idée intuitive, largement promue par un parti extrémiste, et selon laquelle il suffisait de renvoyer chez eux, autant d’immigrés qu’il y avait de chômeurs dans le pays, pour pouvoir revenir ipso facto au plein emploi, et symétriquement, qu’en fermant les frontières, cela évitait que les nouveaux arrivant ne fasse que grossir la horde des sans emploi. Notre malheur c’est que cette sottise monumentale, constitue depuis près de quarante ans, une sottise gouvernementale...!

Il doit être bien entendu ici, que les individus d’un pays travaillent pour eux, c’est à dire pour satisfaire leurs besoins et ceux des personnes à leur charge, et que ces individus ne travaillent pas pour rien. Ceci signifie très clairement qu’il ne peut exister aucune occasion de travail dans un pays, détachée de la nécessité des gens qui y vivent, et c’est bien parce que ceux-ci nécessitent de se loger, de se nourrir, de se vêtir, de s’éduquer, de se soigner, et de satisfaire à de nombreux autres besoins, que nous avons des occasions de travailler, pour satisfaire mutuellement les besoins les uns des autres.

Ainsi, même si le schéma de la satisfaction de nos besoins, passe par le circuit complexe de l’exportation et de l’importation, il n’existe aucune occasion de travail dans un pays, qui ne soit liée à la nécessité des gens qui y vivent, parce que ces gens ne travaillent, redisons le, que pour la satisfaction de cette nécessité.

Toute la stupidité, il faut le dire, tristement grotesque de la fermeture des frontières, et du renvoi des immigrés, consiste à croire qu’il serait possible de renvoyer des gens dans leurs pays d’origine, et qu’il resterait toujours autant de travail à faire dans le pays qui les renvoie, probablement parce que celui-ci to

Et dire qu’il s’est trouvé des gouvernements, pour organiser à grand frais, une telle sottise...!

L’individu qui quitte un pays, emporte avec lui l’occasion de travail qui était liée à la nécessité d’y satisfaire ses besoins, occasion perdue donc pour le pays, et pour ceux qui y restent et qui n’auront pas davantage d’occasion de travail après ce départ. Car, même si le poste qu’occupait cet individu se trouve maintenu, il n’empêche que tous ceux auprès desquels il s’approvisionnait, son logeur, son épicier, son boulanger, son médecin et autres, eux, auront du travail en moins.

Ainsi, tout départ d’un individu d’un pays, entraine la suppression de tout le travail qui était nécessaire pour qu’il y vive, et ce, même s’il se trouvait au chômage. Ceci, de sorte qu’en aucune façon, un renvoi des immigrés chez eux, n’est de nature à améliorer le marché de l’emploi, bien au contraire.

Symétriquement, empêcher les immigrés de venir, c’est se priver de tout le travail qui serait nécessaire pour qu’ils puissent vivre ici. Et là où cette politique raciste est désespérante, c’est que si nous accueillions un million de travailleurs immigrés supplémentaires, avec un taux de chômage actuel aux environ de 10%, ces immigrés produiraient bien sûr dans un premier temps, 100 000 chômeurs de plus, mais ils produiraient parallèlement, un million “d’actifs” de plus, parmi lesquels 900 000 posséderaient un emploi.

Ceci produirait un gain très appréciable d’activité, mais surtout, améliorerait d’une façon très sensible, le rapport de la population “à charge”, sur la population “active”, ce qui permettrait par cet “allègement de charge”, de redonner du tonus aux entreprises.

L’avantage d’une telle opération serait donc double, parce que par leurs cotisations, ces immigrés contribueraient grandement à la satisfaction de la nécessité, et par le gain de productivité correspondant à une diminution corrélative de la charge des entreprises, ils provoqueraient une augmentation de la ressource, tout ceci allant dans le sens d’un retour à la normale budgétaire.

Enfin, l’autre avantage de ces immigrés et qui n’est pas le moindre, c’est qu’il est encore dans leur mœurs d’avoir des enfants, et qu’ils permettraient par cela à terme au pays, de se rétablir dans une cohérence démographique...

C’est donc bel et bien, parce que les frontières furent fermées, abandonnant ce pays au vieillissement, que le chômage s’y est installé durablement, parce qu’il est par le fait devenu structurel, jusqu’à faire les ravages d’aujourd’hui, qu’aucun des candidats au fauteuil, ne sera jamais en mesure de régler.

Les Français avaient donc le choix, de faire des enfants, mais n’ont pas pris cette option. Dès lors l’alternative était, soit d’avoir recours à l’immigration, pour que la population du pays demeure dans une cohérence viable, soit de faire les sacrifices et de payer le prix de ce refus.

C’est parce qu’ils n’ont choisi ni l’un ni l’autre, et que pour ne pas payer directement le prix de leur refus, ils se sont endettés, et que jusqu’à aujourd’hui, ils ne veulent ni l’un, ni l’autre, qu’ils se trouvent dans l’impasse, car en sortir, nécessitera une bonne fois, de choisir...


Paris, le 9 avril 2012
Richard pulvar

mercredi 18 avril 2012

CE MOT QU’IL NE FAUT PAS PRONONCER




Il existe de nombreuses circonstances historiques et occasionnelles, pour pouvoir expliquer la “décadence” d’une nation. C’est ce qui fait qu’il existe une histoire particulière de cette décadence, pour chacune des nations qui ont eu à la subir, et cette histoire semble alors en révéler la véritable raison.

Mais, le fait que du fond de l’Histoire et tout au cours des siècles, aucune des nations, pas même parmi les plus grandes qui ont pu un moment sembler être définitivement établies, et même si certaines ont pu renaitre mais bien plus tard, n’a à ce jour évité de subir ce fléau, indique bien qu’il existe en réalité, une raison plus fondamentale, qui fait qu’elles s’y trouvent toutes fatalement condamnées.

La raison fondamentale en est que la “capacité” dont use une nation, afin d’accomplir ses exploits, n’est justement pas “inusable”, précisément parce qu’elle en “use”.

Il s’agit en cette capacité, d’une donnée quantitativement “finie”, qui se trouve établie lors de la fondation de cette nation, c’est à dire lors de la “fusion” en elle, des différentes ethnies dont à l’origine, elle est forcément issue.

N’en déplaise aux célébrants de la race pure, convaincus que celle-ci posséderait une capacité exceptionnelle, dont on ne voit pas de quoi elle serait issue, la fusion d’une diversité d’ethnies, est la condition sans laquelle par définition, il n’existe pas de fait “civilisateur”. Car celui-ci résulte de la rencontre, le plus souvent “conflictuelle”, entre deux ethnies différentes, laquelle rencontre permet que s’établisse ainsi entre eux, une “dy-namique”, autrement dit, une disposition “bi-nominale” permettant son exercice.

D’un point de vue fondamental, ce n’est que selon une telle “dis-position”, comme celles que sur le plan physique, nous identifions comme le “haut et le bas”, entre lesquels il peut se produire une chute gravitationnelle, le “plus et le moins”, des installations électriques, entre lesquels il peut se produire une chute de potentiel électrique, par le passage du courant, et le “chaud et le froid”, des installations thermiques, entre lesquels il peut se produire une chute de potentiel calorique, que d’une façon générale, “il se passe”, ce qui s’opère de l’une à l’autre des deux positions nominale.

Il faut donc dans tous les cas, qu’il y ait “dualité”, pour qu’il puisse y avoir “dynamique”, ce qu’évoquait le sage Egyptien en disant :

“Rien n’agit qui ne soit composé”

Ainsi, lors d’une rencontre, telle qu’une conquête impliquant leur fusion, entre deux ethnies, et c’est en ce sens que la guerre se trouve logiquement inscrite, dans l’histoire de notre humanité, “il se passe”, selon différents objets, d’un “plus” de l’une, à un “moins” de l’autre, et c’est ainsi que va s’engager la “dynamique” de la civilisation qu’elles vont alors fonder.

Le problème, c’est qu’il se produit logiquement, une “altération” mutuelle, des deux positions nominales de sa dynamique, au fur et à mesure que la civilisation la met en œuvre. Ceci, pour la même raison qu’il se produit une diminution de ce qui fait un corps tomber, autrement dit de son “potentiel” de chute, au fur et à mesure que précisément il tombe, jusqu’à se retrouver au sol où la, son potentiel de chute est nul.

De la même façon, au fur et à mesure que passe le courant, les deux pôles, plus et moins, d’une pile, s’altèrent mutuellement, jusqu’à ce que la différence de potentiel initiale établie entre eux, soit nulle, auquel cas, il ne passe plus aucun courant...

Ceci signifie qu’au fur et à mesure que la civilisation ainsi créée par la rencontre de deux ethnies, va mettre en œuvre la capacité dynamique qui s’est trouvée établie par cela même, celle ci va s’amenuiser, autrement dit, va “s’user”, par le fait que ces deux ethnies vont mutuellement “s’altérer”, au point de conduire à une société totalement uniformisée, et qui comme telle, ne possède aucun potentiel.

Les célébrants de la race pure peuvent bien nous raconter toutes les âneries qu’ils veulent, leur histoire ne tient pas debout, car il n’y a aucune possibilité pour qu’un groupe uniforme puisse créer selon lui-même, une “civilisation”. Cette idée n’a d’ailleurs aucun sens, compte tenu de la signification fondamentale du terme “civis” lui-même, qui désigne le fait “d’association”, et en ce sens, une civilisation est par définition, un phénomène “conjugué”.

Il est d’ailleurs manifeste à ce sujet, que les peuples les plus isolés, sont justement les plus arriérés.

Il vient de cela qu’un peuple ayant produit de grandes choses, signale par cela même qu’il a grandement usé de son capital, et il lui faut absolument, s’il ne veut pas risquer de se retrouver en “panne sèche”, s’employer à se “désaltérer”, ce qui en l’occurrence, revient à s’acquérir le partenariat d’une autre ethnie, avec laquelle il pourra établir une nouvelle dynamique.

C’est cette nécessité confuse, qui se trouve à l’origine de ces deux mouvements historiquement cohérents que nous appelons, la “colonisation”, et “l’immigration”, la première détestable pour les gens du Sud, et la seconde insupportable pour les gens du Nord, mais l’une et l’autre absolument inévitables, dans une logique de l’évolution de notre humanité où, la “métaphysique” qui exerce, se moque éperdument de savoir si cela dérange un tel, ou un autre.

Dès lors, nous apercevons qu’il serait tout à fait possible pour une nation, d’éviter la décadence, en se “désaltérant” à la source d’autre peuples. Mais c’est là qu’intervient la “condition” de la décadence, à savoir qu’il faut que celle-ci soit niée, puisque autrement, les hommes qui seraient conscient de son fait, la combattraient et ainsi l’éviteraient.

Nous comprenons alors que la décadence frappe irrémédiablement les peuples crâneurs, définitivement convaincus d’eux-mêmes, qui nient stupidement son fait, tel que c’est malheureusement, actuellement le cas du peuple de France, qui ne veut absolument pas entendre prononcer ce mot.

Mais la civilisation Française est bel et bien en “décadence”, tout d’abord parce qu’elle a beaucoup donné, donc beaucoup “usé” de son potentiel, d’autre part, parce que paradoxalement, malgré la très grande diversité de ses composantes, la ségrégation qui règne en ce pays fait que, “il ne se passe pas entre elles”, comme il le faudrait, pour, par la dynamique ainsi créée, donner naissance à une nouvelle et brillante civilisation française, et surtout parce que cette décadence est constamment stupidement niée, par tout le monde, personne ne voulant la voir, justement parce que cela crève les yeux...

Passer à coté d’une si belle occasion, c’est se moquer du ciel, lequel est généreux, mais très susceptible, et quant ayant gratifié un peuple, celui-ci à n’a par l’heur de comprendre que ce qui se trouve en lui, c’est une disposition de sa félicité, celle-ci deviendra fatalement, une disposition de sa déchéance...


Paris, le 18 avril 2012
Richard Pulvar

mardi 17 avril 2012

L’IMPOSSIBLE “QUADRATURE”


Une des difficultés qui sont les nôtres, pour pouvoir faire face efficacement, aux épreuves qui tourmentent actuellement notre société, tient au fait que depuis quelques années déjà, il s’est produit une surprenante et totale identification, entre “l’objectivité” des épreuves, et les insuffisances dans notre capacité à y faire face, ces deux aspects normalement distincts, n’étant plus traités que comme un seul et même problème.

C’est ainsi que la redoutable crise financière qui nous affecte, semble expliquer, voir justifier, pour beaucoup d’entre nous, et tout simplement par ce qu’elle est, l’incapacité qui, à cette heure, semble être celle de la nation à la surmonter. Or, il doit être bien entendu qu’entre la rudesse de l’épreuve, et la plus ou moins grande efficacité de la défense, il s’agit là de deux données distinctes, et du rapport desquelles justement, dépend le résultat. Car n’en faire qu’un seul problème, selon lequel la faiblesse de la défense serait corrélative à la nature de l’attaque, c’est en accepter la fatalité. Considérons loin de cela, qu’une nation peut être contrainte d’affronter une terrible épreuve telle que la guerre, sans pour cela être sans moyen de défense, et bien des nations face à cette épreuve, finissent par en triompher.

Dès lors, aussi grave soit-elle, la crise financière ne peut expliquer, et ne doit surtout pas justifier, notre actuel désarroi, sauf à dire qu’en réalité, il n’existe pas de stricte objectivité de cette épreuve, et que cette crise financière n’est tout simplement que la traduction de la faiblesse elle-même des états.

Ce qui nous conduit à cette identification, c’est que nous avons pu constater que ce sont les mêmes hommes, appartenant aux mêmes “confréries”, qui se trouvent tout à la fois, à la tête des états, et à la tête des puissantes institutions financières par lesquelles le scandale est arrivé, et qu’un affaiblissement des états, qu’on peut bien sûr supposer accidentel, même s’il s’est opéré par ceux-là mêmes dont la charge était de les protéger, semble bien avoir constitué l’occasion de la prise indirecte du pouvoir en ceux-ci, par ces institutions financières.

En fait, il y aurait donc eu “trahison”, mais le mot ne sera jamais prononcé par d’aucun, tant l’écrasante responsabilité qu’il exige d’endosser aussitôt, c’est à dire bouter sans plus attendre les félons hors du Palais, est dissuasive. Cependant, toute cette affaire met en évidence une forme de notre “inconséquence” collective, qui consiste à ne jamais nous inquiéter de savoir si notre nation se trouve dans la pleine disposition de tous ses moyens, pour pouvoir faire face à la grande diversité des épreuves de notre époque, où la concurrence de plus en plus forte entre les nations, a élargi considérablement le champ des affrontements, à de nombreux domaines.

Nous ne sommes habituellement vigilants, que quant à notre capacité de défense militaire, et il est vrai que nous avons été pour cela, à l’école de l’Histoire. Mais les temps ont changé, et il est manifeste que les Etats Unis d’Amérique par exemple, réputés constituer la première puissance militaire au monde, mais qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, n’ont quasiment subi que des défaites, parfois même humiliantes, dans tous les engagements militaires qui furent les leurs, et ils furent nombreux, présentent une “faiblesse” constante, qui ne doit rien à la qualité de leur armée.

En réalité, par delà les forces armées, la solidité de la nation face aux épreuves et aux défis, s’établit sur une pluralité d’autres dispositions parmi lesquelles les plus évidentes sont bien sûr, ses capacités économiques, industrielles, logistiques, et technologiques, sa capacité d’autosuffisance alimentaire, et énergétique, mais également, la compétence de ses chefs, la solidité et la cohésion de sa structure sociale, la richesse et l’authenticité de sa production culturelle, et corrélativement, la pertinence de l’idéologie dominante qui l’anime.

Mais, c’est dans la foulée de cette dernière disposition, que se situe celle qui, pour n’être jamais l’objet ni d’observations ni de débats, sauf de façon dévoyée et malhonnête, comme moyen de racolage électoral, est des plus importantes, sinon la plus importante, et qui est la “représentation” que la nation se fait d’elle-même, son “imaginaire” national, même si celui-ci se trouve éloigné de la réalité, parce que c’est selon lui qu’elle peut se trouver plus ou moins fortement “déterminée”, et par cela, en capacité “d’affronter”.

Cette détermination s’établit alors, entre un “mythe fondateur”, qui justifie la nation à son propre regard, dans “ce qu’elle est”, et un mythe du progrès qui la justifie cette fois, dans “ce qu’elle fait”.

Or, c’est la nécessité fonctionnelle de cet imaginaire, qui fait que la France actuelle se trouve à la croisée des chemins. Elle imposera à son peuple de faire des choix cornéliens, afin de conserver à ce pays une chance de pouvoir se rétablir dans son “intégrité”, ce qui n’est plus le cas depuis plusieurs décennies...

L’intégrité, c’est cette nécessité des choses qui fait que, même la plus luxueuse et la plus puissante des limousines du marché, si elle se trouve privée de la petite cellule totalement insignifiante qui commande l’allumage, elle ne peut pas fonctionner, et ne sert alors à rien, aussi luxueuse et puissante qu’elle soit par ailleurs.

Parler ainsi d’intégrité, c’est dire la nécessité d’une parfaite cohésion et solidarité entre les différents éléments d’une structure, pour que celle-ci puisse correctement fonctionner, ce qui impose comme examen aux Français, de s’assurer à la fois, de leur parfaite cohésion dans ce à quoi ils veulent faire partie, et de la parfaite cohésion en eux de ce dont ils veulent faire une partie d’eux...

Car, la France ne peut désormais plus demeurer inscrite, selon les “quatre dimensions” qui furent historiquement les siennes trois siècles durant, l’hexagonale, l’européenne, l’impériale, et l’universelle. Il lui faudra renoncer dans la douleur, à l’une ou plusieurs de ces dimensions, pour pouvoir tenter son intégrité, et telle est donc, son “impossible quadrature”.

Historiquement, par delà l’épisode lointain de la gaule qui du attendre Vercingétorix pour se trouver un chef fédérateur, ce pays a tout d’abord possédé une dimension européenne, à une époque ou ce continent n’était pas structuré selon la pluralité de nations centralisées que nous lui connaissons aujourd’hui, et où, suite à l’effondrement de l’empire romain, la mobilité des peuples ne donnait pas beaucoup de signification à la notion de frontière, ni donc, à celle territoriale de nation.

De fait, il s’est constitué d’une pluralité de peuplades et de territoires européens, et il ne doit contre la “pagaille gauloise”, qu’à la hargne guerrière, autoritaire, et centralisatrice des rois de France, relayée bien plus tard par l’empire et la république, de s’être graduellement installé selon sa dimension hexagonale. Et ceci notons le bien, contre tout le reste de l’Europe, car ne pas se souvenir que la France ne s’est justement établie telle qu’elle est, que selon cette opposition, pose aujourd’hui un très délicat problème, puisque l’intégration européenne, estompe fatalement et mécaniquement, de plus en plus, cette construction qui constitue pourtant, l’élément principal de l’identité nationale...

Nous sommes aujourd’hui avec des “souverainistes”, qui refusent en bloc, l’Europe, l’Euro, et tout ce qui relève du genre, contestant une construction qui a pourtant ses vertus, mais qui ne pouvait évidemment pas aller positivement jusqu’au degré d’intégration qu’on lui a fait prendre aujourd’hui, et contre la volonté du peuple qui avait refusé le traité de Lisbonne, sans que les citoyens ne se sentent atteints, dans les options préférentielles identitaires, de leur mode de vie. Curieusement, on trouve dans leur foulée, les “racistes”, qui sont eux aussi anti-européens, alors même qu’ils ne se reconnaissent comme principal élément de leur identité, que leur appartenance à la race blanche européenne.

Face à ceux-là, on trouve les “européistes”, en quête d’efficacité, pour lesquels l’union fait la force, et peu importe la façon dont on y arrive, ni dans quel état on y arrive, pourvu seulement qu’on y arrive. Se souvenant de l’époque humiliante où le franc national se trouvait régulièrement dévalué face au puissant mark allemand, et conscients que le règlement de nombreux problèmes tels que ceux relatifs au système monétaire ou à l’écologie, ne peuvent trouver de solution dans le cadre strictement national, ils font le constat de l’incapacité de la nation à se sortir isolément, de son embarras.

Ils feignent alors leur joie, et leur fierté d’une identité européenne convenue et de bon ton, mais ne trompent pas grand monde, car il faut tout simplement le constater, les Français, même beaucoup de ceux qui en sont partisans par raison, n’aiment pas cette Europe, non pas tant, parce que certains proclament à tort, qu’elle pose plus de problème qu’elle n’en résout, ce qui est faux et très injuste à son égard, mais tout simplement, à cause d’un manque fondamental d’affinité, pour des raisons historiques et culturelles.

En fait, la dimension européenne de la France, est restée longtemps comme allant de soi, et sans poser aucun problème aux Français, parce qu’elle consistait tout simplement en le fait pour ceux-ci, de dominer cette Europe, ce qu’ils ont fait des siècles durant, et il fallait bien qu’ils soient européens, pour en avoir l’occasion...

La véritable place de la France, telle qu’elle se voit encore, et c’est peut-être là, qu’une révision douloureuse devra se faire, dans cette Europe, c’est à dire la parfaite cohérence entre ce qu’elle est ou qu’elle se prétend, avec ce à quoi elle veut appartenir, ne peut être que comme moteur et directeur de cette Europe, et il faut reconnaitre que tout s’est bien passé, tant qu’elle le fut, puisqu’elle le fut.

Mais, c’est justement ce qu’aujourd’hui la France ne peut plus faire, et ceci, non pas à cause de son affaiblissement relatif, car même si celui-ci est réel, elle demeure cependant, une très puissante et intimidante nation, et vient de le montrer, même si ce fut sous de mauvais prétextes, sur des théâtres étrangers, mais tout simplement parce que ce rôle moteur à exercer par elle en Europe, n’existe plus...!

En effet, par delà les sommets franco-allemands qui alimentent les gazettes, inspirent les humoristes, et tentent encore de faire illusion, rien ni personne ne dirige plus cette Europe à veau l’eau, parce qu’il y manque pour cela l’essentiel, c’est à dire une “pensée directrice”, un projet, une ambition, une utopie. Et, décevant l’espérance des “indignés” du monde entier, qui, se souvenant qu’il était jusque là de tradition, que les idées sociales naissant à Paris, finissent par gagner le reste de la planète, attendaient qu’il vienne de là, le renfort exemplaire et les mots d’ordres “progressistes”, qui aurait fait trembler les puissants contre lesquels ils luttent déjà, il est clair que ce n’est pas de la triste indolence d’un peuple français totalement anesthésié par la puissance médiatique, que va émerger le grand leader charismatique attendu, ni le nouveau texte fondateur.

Dès lors, comment sera-t-il possible pour la France, de s’établir en parfaite cohésion avec les autres nations européennes, afin d’assumer pleinement et sagement cette dimension, dans une Europe dont la réalité économique a fait de l’Allemagne le premier de la classe, sans qu’elle ne se résigne finalement à y occuper en l’assumant sereinement, une place de simple petite province européenne parmi d’autres ? Il lui faudrait sans regrets, tourner la page sur des siècles d’Histoire. Le fera-t-elle ?

Par le génie de ses savants, de ses intellectuels, de ses philosophes et de ses artistes, qui ont tant apporté au monde, l’empathie de ses humanistes, la fougue de ses révolutionnaires, l’audace de ses explorateurs et de ses entrepreneurs, ce pays avait acquis au cours des siècles, une dimension “universelle”. C’est ainsi qu’après avoir donné au monde, la “mesure”, celle de l’espace avec le système métrique, et celle du temps avec l’heure universelle, réglée depuis l’observatoire de Paris, il fut à l’origine de la plupart des grandes institutions internationales. Ainsi en a-t-il été de la Société des Nations, l’ancêtre des Nations Unies, qui bien sûr se fit sous l’initiative du président américain Wilson, mais celui-ci n’étant pas parvenu à en convaincre ses compatriotes, c’est grâce à sa mise en œuvre sous la conduite énergique de Léon Bourgeois, qui en fut d’ailleurs le premier dirigeant, que l’organisation à pu finalement voir le jour à Paris.

Lors de l’invasion de la France par les Allemands, toute l’organisation, personnel matériels et archives, fut évacuée vers New-York, de sorte que la création des Nations Unies à Los Angeles, n’a finalement été que la continuation, sous un autre nom, d’une organisation qui existait déjà.
De la même façon, plusieurs institutions qui sont par la suite devenues des agences des nations unies, comme l’Unesco et le HCR, ont en fait été fondées à Paris dans l’entre-deux guerre, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle le siège de l’Unesco est demeuré à Paris. Quand à la Cour Permanente de Justice Internationale ( CPJI ) fondée à Paris en 1922, elle fut reprise par les Nations-Unies sous l’appellation de Cour Internationale de Justice ( CIJ ) dont le siège est actuellement à La Haye. Citons encore comme produit de la dimension universelle de le France, l’OCDE, dont le siège est à Paris, et Interpol, dont le siège est à Lyon.

Enfin, dans le même esprit, ce pays fut à l’origine des plus grandes manifestations, et fédérations sportives, les Jeux Olympiques modernes bien sûr, mais également la Coupe du monde de Football de Jules Rimet, le Tour de France, Rolland Garros, les Vingt quatre heures du Mans, et plus récemment, le Dakar, et nombre de grandes courses transatlantiques, il fut fondateur de la FIFA, de la FIA, de la Fédération Internationale de Tennis, et bien d’autres encore.
Ajoutons à cela, le festival de Cannes, le salon aéronautique du Bourget qui n’a son semblable qu’en Angleterre, bien d’autres manifestations de portée internationale, et plus récemment la fête de la Musique de Jack Lang, devenu événement universel.

Tout cela, au point qu’on se dit que le monde serait bien dangereux et ennuyeux, s’il ne s’était trouvé tous ces fondateurs français.

Mais voila, les temps ont bien changé ! La France d’aujourd’hui n’est plus du tout la superpuissance culturelle qu’elle fut dans le passé, jusqu’aux années soixante, les Camus, Mauriac, Sartre, Vian, Malraux, et combien d’autres, n’ont plus leurs pareils, et la dimension universelle de la France, avec tout ce que cela implique logiquement d’ouverture aux autres, et sur le monde, comme source d’enrichissement, il est clair que pour la plupart d’entre eux, les Français d’aujourd’hui s’en foutent éperdument, et ne savent même plus ce que c’est. C’est tout au contraire avec un zèle obsédé, et totalement “castrateur” quant au fait culturel, qu’ils s’emploient au repli identitaire sur eux-mêmes.

La perte de sa dimension universelle, qui eut tôt fait de réduire en une forme ironique, les résonantes proclamations de “France terre d’asile” ou “pays des droits de l’homme”, et qui fait que sous la conduite d’un homme d’une totale grossièreté, par le verbe, et par les mœurs, que les Français se sont pourtant donné pour le premier d’entre eux, s’est constitué dans ce pays un véritable “racisme d’état”, tel qu’il se trouve dénoncé par de nombreux observateurs étrangers, va lui porter un coup terrible. Car, elle va rendre problématique et insupportable, “dans son principe même”, et bien avant la réalité des problèmes de terrain, en en faisant une “anomalie” fondamentale, la présence en ce pays de minorités issues de l’étranger, et qui, par la force des choses participent pourtant bien de lui, mais qu’il ne reconnait pas comme parties authentiques de lui. Dès lors, tout espoir de parvenir à “l’intégrité”, pour pouvoir se trouver en pleine capacité, afin d’affronter les défis de notre époque, s’est évanoui.

Il faut dire que cette difficulté sociologique, correspond également à la perte par la France d’une quatrième dimension, qui fut probablement la perte la plus dévastatrice quant à un nécessaire imaginaire de grande puissance, sans lequel une nation ne fait rien de grand, qui est la douloureuse perte de sa dimension impériale.

Par la vaillance de ses explorateurs, de ses missionnaires, de ses militaires, de ses colons, de ses administrateurs et autres commis de l’état, ce pays s’était taillé au fil des ans, un gigantesque empire colonial, et avait acquis par cela, le rare statut de puissance impériale.

Qu’on y songe un peu. A son apogée, celui-ci s’étendait sur 13 500 000 km², soit vingt cinq fois la France, trois fois la totalité de l’Union Européenne, et plus d’une fois et demie les Etats Unis d’Amérique !

En fait, tout au cours de l’Histoire qui nous est connue, il n’y a guère que les empires britannique et russe, pour avoir été plus étendus, le premier s’étant d’ailleurs bâti en grande partie, en Amérique du nord et en Inde, par la capture du premier empire colonial français.

Il était alors fort de plus de 110 millions d’hommes, de sorte que, même si ceux-ci n’avaient pas les mêmes droits, près des deux tiers des hommes ayant la citoyenneté française à l’époque, étaient des non européens, chiffre qu’il faut rapporter aux clameurs de frayeur que l’on entend aujourd’hui, concernant le surnombre prétendu des immigrés. Il est clair que les héros coloniaux sont maintenant fatigués. S’il s’était maintenu, il serait fort aujourd’hui de 400 à 500 millions d’hommes, et on imagine que la position de la France dans le monde serait bien différente. Mais il est certain qu’il n’aurait pu se maintenir qu’à la faveur d’une égalité des droits entre citoyens, puisque telle fut la revendication qui, pour ne pas avoir été satisfaite, justifiera la revendication d’indépendance, et que celle-ci aurait conduit fatalement un jour, à l’installation dans le fauteuil élyséen, d’un nègre ou d’un musulman, perspective inacceptable à l’époque, et qui le demeure encore en grande partie aujourd’hui, pour les Français.

Dans son “Mein kampf”, Adolf Hitler donne parmi d’autres, une raison impérieuse de détruire la France, pour disait-il, “ éviter que ne se constitue du Congo jusqu’au Rhin, un gigantesque empire négroïde”. Curieusement, ce sont les Français eux-mêmes qui, parce que visiblement ils partageaient la même frayeur, vont mettre fin au cauchemar d’Hitler.

La difficulté actuelle des Français, est celle à laquelle ont du faire face toutes les autres puissances coloniales, et dont la grandeur n’y a pas survécu. Elle réside dans le fait que :

“ Lorsque vous vous répandez chez les autres, c’est alors que fatalement ces autres vous possèdent un peu. Dès lors, il ne vous est plus possible de prétendre à votre plénitude, sans eux ”.

Tel est le piège qui s’est refermé sur les Français, leur difficulté à rentrer afin de leur “intégrité”, en possession de la totalité de leur “fait”, lequel par leur propre volonté, s’est étendu bien au-delà du confetti hexagonal auquel il n’est désormais plus réductible, sans le concours, économique, politique, et surtout culturel, de l’ancien empire.

Illustre parfaitement cela, le fait que le plus grand pays francophone du monde, tant par la taille que par la population, c’est justement le Congo, avec ses 72 millions d’habitants, et la plus grande ville francophone du monde, et de très loin, c’est Kinshasa avec ses 15 millions d’habitants !

Le français dans le monde, est déjà devenu pour l’essentiel, une langue d’Africains, ce qui va fatalement placer un jour les Français dans la situation actuelle des Portugais, qui se trouvent dans la nécessité de réformer leur langue telle qu’elle se parle au Portugal même, pour l’adapter aux évolutions qu’elle a subi au Brésil et en Angola, où se trouvent la majorité de ses locuteurs.

Jusque dans les années cinquante, le français le disputait encore un peu à l’anglais, comme langue véhiculaire. Mais il n’en est plus rien aujourd’hui et, à cette heure où on parle déjà l’anglais, jusque dans les couloirs des sociétés multinationales installées en France, et où les eurocrates parlent d’en faire, afin de simplification, la langue véhiculaire unique des institutions européennes, et compte tenu de la véritable “dépression intellectuelle” qui frappe actuellement ce pays de France, s’il doit demeurer dans le monde de demain, une florissante culture francophone, elle sera là encore, essentiellement africaine...

Lorsque ce monsieur de Villepin dans une posture gaullienne de la grande époque, s’en vient défier l’américain jusqu’en son sanctuaire du conseil de sécurité des Nations Unies, c’est parce qu’il sait très bien, qu’il ne manquera pas de trouver des appuis, le hasard du calendrier ayant fait que plusieurs nations de l’ex-empire, membres non permanents, se trouvaient présentes en le conseil à cette époque. Il savait bien que les liens affectifs et culturels, l’emporteraient, face à toute l’artillerie de propositions alléchantes que pourraient faire ces américains, pour obtenir un vote en leur faveur, et de fait, cet aristocrate blanc, tout ce qu’il y a de plus éloigné socialement des Africains, l’a cependant emporté face aux deux émissaires pourtant noirs, que les Etats Unis et la Grande Bretagne avaient dépêchés en Afrique, pour pouvoir le contrer. Ceci rejoignait le constat de ce monsieur Pasqua, disant que “sans l’Afrique, la France n’est plus rien”, façon de dire que la France ne peut plus espérer jouer sans l’Afrique, dans la cour des grands.

C’est bien cette quête désespérée d’intégrité, afin de renouer enfin avec l’efficacité, la puissance, et la grandeur, et de ne pas voir cette partie de soi, celle-là même qui établit le statut supérieur, grandir ailleurs, s’en trouver définitivement détaché, et souffrir de son manque, qui explique toutes ces grand-messes, cinquante ans après les indépendances, de la Francophonie, du sommet Franco-africain, et toutes les turpitudes politico-financières, auxquelles on donne désormais le nom de “Françafrique”.

Mais, ses habits impériaux sont aujourd’hui devenus bien trop grands pour la France, qui, par le régime de petitesse qui est le sien depuis des années, à bien maigri de son orgueil, de son ambition, et de ses rêves de grandeur, et comprendre le mal français actuel, c’est prendre conscience du fait que ce pays est passé en une vingtaine d’années seulement, c’est à dire de 1940 à 1960, du statut de grande puissance impériale victorieuse, ce qu’il était au sortir de la première guerre mondiale, à celui de petite province européenne parmi d’autre. Et ceci, après avoir subi la terrible défaite de 1940, dont il ne s’est consolé, qu’à la faveur de ses alliés venus à son secours, avec ceux de son empire, envers lesquels il se montrera d’ailleurs fort ingrat.

Alors que ce pays qui entretient un racisme indigne envers ses minorités, se trouve par le fait dans une totale “schizophrénie”, puisqu’il existe un grave hiatus entre sa représentation objective, c’est à dire celle d’un peuple composite, qui affiche sa surprenante diversité dans ses équipes sportives, ses artistes, et surtout dans la population bigarrée de sa capitale, et la représentation qu’il se fait de lui-même, c’est à dire celle d’une nation d’hommes blancs européens, justifiant à leur yeux ce racisme. Et ceci, alors que s’il faut donner un sens à ces sondages, en espérant qu’ils ne soient pas sournoisement trafiqués, ce qui demeure possible, il apparaitrait que les trois personnalités préférées des Français, sont deux nègres, et un maghrébin !

Il y a de toute évidence, une profonde pagaille qui règne actuellement dans la tête des Français, alors que le conflit entre leur dimension hexagonale et leur dimension européenne, ne risque que d’amoindrir les deux, que leur dimension universelle, ils s’en moquent totalement, et que le racisme qu’ils entretiennent envers leurs minorités, ne leur laissera pas longtemps le loisir de se voir encore comme un grand peuple, grâce à leurs liens particuliers avec l’Afrique. Ceci, d’autant qu’ils sont sous la menace d’une réforme de la composition du conseil de sécurité, qui verra la transformation de leur siège de membre permanent, en celui d’un représentant européen, pour satisfaire entre autres, les Allemands, fatigués de voir comme ils le disent :

“ Les Français voyager en première classe, avec un ticket de seconde ”.

Privée de ses quatre dimensions traditionnelles, qui la déterminaient parfaitement, la question est donc la suivante :

“ Qu’est-ce que c’est la France d’aujourd’hui, étant bien entendu que la seule formule, “nation d’hommes blanc européens”, qu’on se propose de protéger comme telle, ne suffit absolument pas à ce qu’elle soit déterminée, et aussi, que veut elle être, et surtout, que peut elle être ?


Paris, le 17 avril 2012
Richard Pulvar

samedi 14 avril 2012

QUE RACONTAIENT DONC CES ALCHIMISTES ?



Ils nous parlaient des quatre éléments fondamentaux, eau, terre, air, et feu...

Cela vous fait sourire vous, hommes et femmes du vingt et unième siècle, à la tête si pleine de la rationalité de notre époque, l’idée que ces braves alchimistes aient pu être à ce point tout à la fois, mal informés d’elle, et mal inspirés, par la merveilleuse complexité des choses de notre univers, pour avoir pu supposer un instant, qu’elle pouvait être ramenée à la simplicité extrêmement rudimentaire de ces quatre éléments, qui d’ailleurs, n’en sont pas. Car, nous les comprenons intuitivement, et nous les savons scientifiquement, déjà composés.

Quelle curieuse tournure d’esprit a pu les amener à considérer que tout ne pouvait être constitué que de cela, alors que la simple observation de la nature dans ce qu’elle a de plus évident, nous laisse apparaitre une bien plus grande diversité d’éléments, dont certain comme les métaux par exemple, tels que lorsque nous les portons en fusion, d’évidence ne contiennent, ni terre, ni air, ni eau...

Vous pensez donc que la résolution des choses par les alchimistes des temps anciens, était pour le moins sommaire, pour ne pas dire carrément enfantine ? Hé bien si c’est ce que vous croyez, attachez vos ceintures, parce que vous allez être surpris !

Comprenons tout d’abord qu’il s’agit en celles-ci, d’appellations “ésotériques”, c’est à dire de métaphores, à l’aide de réalités “physiques” formelles, ou si l’on préfère, matérielles, pour décrire les principes informels, donc immatériels, et comme tels, “métaphysiques”, dont elle se réalisent, et qu’il n’est évidemment pas question en ce domaine, de prendre ces termes, dans leur acception littérale immédiate habituelle.

Ce qui suit n’est pas d’une lecture toujours confortable mais pardonnez-moi, j’ai fait ce que j’ai pu pour le rendre accessible. Si malgré cela vous acceptez de poursuivre, considérons donc ces quatre éléments.

La Terre.

Ce terme décrit en fait, ce que nous comprenons aujourd’hui comme étant la “masse”, telle que celle-ci se trouve nécessairement constituée “sous forme”, et surtout constituée sous forme “d’entiers”.

C’est l’utilisation de ce mot “terre”, pour décrire “l’entier”, et corrélativement, “l’interne” ( inter ), que l’on retrouve dans la grande Tradition ésotérique, où il nous est dit que Dieu a fait l’homme de “terre”, pour nous signifier qu’il l’a conçu comme un “entier”, autrement dit comme un “indivis”, et de fait, nous constituons des “individus”. Ceci, selon l’implication fondamentale de “concevoir”, c’est à dire de tenir comme étant le fait d’une entité unique, autrement dit “comme 1”, la combinaison d’une pluralité de parties.

La “terre”, autrement dit le fait de “l’entier”, qui constitue l’occasion systématique, mais notons le, la seule, de la manifestation de la masse, d’où l’identification des deux termes, constitue bien une disposition “commune”, à toutes les entités formelles, autrement dit, “physiques” de notre univers, par le fait que justement, elles se trouvent forcément toutes constituées “comme 1”.

C’est cette nécessité de “l’être”, qui est d’être constitué comme 1, afin précisément “qu’il soit”, qui explique que la manifestation religieuse des espérances, était traditionnellement clause par le terme “Amen”.

Il s’agit alors en ce terme, d’une forme déclinée de la notation égyptienne de l’unicité “Amon”, c’est à dire la force de détermination de la constitution de “tout”, en le “Tout”, traduite en français par la locution “ainsi soit-il”, pour engager que l’espérance religieuse “soit”, en étant “constituée”, ce qui ne peut se faire que comme 1. Ceci, selon une construction germano-latine, “ein sic”, littéralement “ainsi que 1”, le signifiant, et qui a donné en français le mot “ainsi”.

La “terre”, qui est le principe selon lequel “il se forme”, constitue donc bien le principe de toutes les réalités “formelles”, et par cela “physiques” de notre univers, et ceci, en opposition à ce que la grande Tradition ésotérique nomme, là encore par métaphore, le “ciel”. Celui-ci, en opposition de ce par quoi “il se forme”, qui constitue la base de la forme physique constituée comme “un”, est alors le principe de “l’entre deux”, selon lequel “il s’informe”, par l’expression d’une forme, à destination de la compréhension de cette expression par une autre, et qui constitue en cela la base de “l’information”, qui comme telle, est “métaphysique”.

Dans cette compréhension des choses, “l’information” est ainsi dite, parce qu’elle ne possède pas de forme, mais qu’elle les “peut” toutes, par sa mise “sous forme”, puisque c’est selon elle que se trouvent organisés structurellement, les différents éléments constitutifs d’un entier, et qu’elle “se peut” de toutes, en se trouvant exprimée de chacune d’elle, la signifiant ainsi aux autres.

Ainsi, lorsque la grande Tradition ésotérique, nous dit que Dieu à créé le ciel et la terre, il s’agit là de l’évocation de la génération solidaire de la physique de la forme, selon “l’unité” des éléments constitués en celle-ci, et de la métaphysique de l’information, selon la disparité, et donc la “pluralité” des éléments constitutifs de la forme. Car il ne peut y avoir de forme, que constituée selon la métaphysique de l’information qui structure ses éléments, et qu’il ne peut y avoir d’information, qu’exprimée de formes.

Notons à cette occasion que cette solidarité générique qui est la leur, de la physique et de la métaphysique, et qui solidarise curieusement le fait d’unité et celui de pluralité, en signifiant ainsi que le simple n’est qu’un aspect occasionnel du complexe, indique que contrairement à ce que prétend une théorie à la mode, il n’a pas pu se produire un début de l’univers, qui partant de l'idée de l'existence possible d'un stricte simple, aurait imposé l’apparition d’une toute première particule, et qu’il ne pourra pas davantage se produire une fin de celui-ci, qui impliquerait une toute dernière particule. Car, il faut plusieurs afin de l’apparition par "constitution", de ce qui est 1, et il qu’y a forcément plusieurs après disparition par "restitution", de 1.

En fait, en opposition à la terre, le ciel constitue la disposition de “disparité” des éléments constitutifs de la forme, disposition qui est celle de la forme non encore “apparue”, à l’antériorité de la “constitution” de ces éléments en celle-ci, et qui symétriquement, est également celle de la forme déjà “disparue”, à la postérité de la “restitution” des éléments de celle-ci. Ce ciel ésotérique, qui possède un rapport étroit avec le ciel astronomique, mais qui ne lui est pas réductible, constitue donc bien, ainsi que nous l’enseignent les doctrines religieuses, le lieu de la confusion en sa “disparité” d’éléments, puisque privés de la singularité distinctive de leurs formes, de tous les êtres précisément “disparus”.

Avant de poursuivre, notons que la terre, en tant que disposition commune à tous les êtres, et particulièrement à tous les humains, est ce par quoi s’établit une “communication” entre eux, qui fait qu’ils se trouvent constitués comme “un”, au sein de notre humanité. Cette communication par “l’en deçà” des êtres, donc en contradiction de leur espérance, laquelle se projette selon un “au-delà“ d’eux, constitue en ce sens une forme inférieure de “religion”, celle qui tend à maintenir les êtres dans la communauté de leur disparité non discernée, et qui, si elle ne se trouvait pas contrariée par leur espérance, qui est l’objet de la religion positive, confinerait à leur mort. Il était donc interdit, de tenter de l’exploiter sciemment afin de porter atteinte aux autres, activité qui est celle de certains êtres malfaisants, qui, opérant contre les autres par la “terre”, sont désignés comme étant ceux qui opèrent un “travail de la terre”, autrement dit des “païens”, selon le terme latin “pagan”, signifiant le “paysan”, soit par des actes contraires aux préceptes, qui avaient pour effet de contrarier le sain développement du temps, selon l’espérance des humains.

C’est ce qui explique que, dans une incompréhension générale, qui leur vaut à ce jour bien des critiques, bien des désaveux, et parfois même, une solide inimitié, ceux du Vatican ont condamné certaines formes de contraception, et l’avortement, qui constituent bien des contradictions de l’espérance qui détermine les hommes à donner un “au-delà” ( ad ultera ) d’eux, par l’acte sexuel, comme étant des formes de “paganisme” anti religieux, ce qu’ils sont effectivement.

La difficulté dans cette affaire, c’est que se faisant selon l’en deçà des êtres, autrement dit selon leur “subjectivité”, tout le monde ignore les conséquences désastreuses de ces actes, parce qu’elles ne sont justement pas “objectives”, et donc directement observables, et qu’en toute bonne foi, pour la plupart d’entre eux, les gens pensent que ces actes sont inoffensifs. Mais, ils se trompent gravement, et nous en parlerons une prochaine fois...

Ceci étant, considérons maintenant que l’information la signifiant, exprimée d’une forme à destination de sa compréhension par d’autres, implique mécaniquement, la réciprocité d’une signification de ces autres, à destination de cette forme, qui se traduit en fait par une “circulation” de l’information qui, d’une façon générale s’échange entre les formes. Celle-ci est responsable par son passage d’une forme à l’autre, de leur “transformation” mutuelle, laquelle constitue la marque de leur soumission au “temps”.

Ainsi, au contraire de la terre qui est un fait de l’information constituée “sous forme”, autrement dit de l’information “statique”, qui est à la base de la forme, et par là, de “l’espace”, nous accédons ici à un autre élément des alchimistes, qui est le fait de l’information circulant par, et entre, les formes, autrement dit de l’information cinétique, qui est l’information telle que nous la comprenons habituellement, c’est à dire telle qu’elle est “signifiante”, et qui, étant la cause de la transformation des formes, constitue la base du “temps”. Elle se trouve évoquée comme étant “l’eau”.

L’Eau.

Autre élément des alchimistes. Elle constitue la métaphore de l’information, parce qu’elle ne possède par de forme, mais elle peut épouser et prendre toutes les formes, et ainsi être mise “sous forme”.

Sa mise sous forme, se fait alors par une “induction” en celle-ci, qui comme telle, est “entropique”, et s’opère selon la disposition d’une forme “froide”, qui comme telle est “demandeuse”, face à une forme “chaude” qui comme telle, est “généreuse”.

Cette cession d’une quantité d’information contenue sous une forme, et qui par le fait, la constitue, à destination de son induction dans une autre forme, et qui correspond en ce sens, à une “radiation” partielle de la forme “émettrice”, au bénéfice de la forme “réceptrice”, n’est rien d’autres que ce que les alchimistes identifiaient sous la métaphore du “feu”.

Le Feu

Ce troisième élément des alchimistes, est une métaphore qui désigne le fait “d’attraction” d’une forme froide, provoquant la “radiation” d’une forme chaude, autrement dit une cession d’information de celle-ci à son bénéfice, c’est à dire, afin d’une induction “entropique” de cette information en elle.

Ainsi le “feu”, c’est à dire “l’induction” en elle, due à la sollicitation, autrement dit à “l’attraction” qu’exerce une forme froide sur les autres, participe-t-il de la “dynamique”, autrement dit, de la disposition “bi-nominale” de “l’entre deux” formes, qui est comme telle “métaphysique”, de la circulation de l’information entre formes.

Nous constatons à cette occasion, que la métaphysique participe tout à la fois, à la constitution statique d’information sous forme physique, et à la dynamique d’information échangée entre formes physique, ce que nous connaissons comme étant des “forces”, et qu’en tout état de cause, ce que nous concevons comme étant la “physique”, n’est qu’une manifestation formelle, restrictive, et occasionnelle, de la métaphysique qui ainsi, la contient.

Maintenant, en corrélation avec l’induction entropique d’information, qui est non plus, “sous forme”, mais “en force”, à destination d’une forme réceptrice, se produit bien sûr, une “expression” qui quant à elle, est “énergétique” de cette information d’une forme “émettrice”. Ceci, en comprenant que cette expression correspond à un “mise en force” de l’information, dans le sens de “en erg”, selon le mot grec “erg” signifiant la “force”, qui a donné “énergie”.

L’expression énergétique d’une forme, est ce que les alchimistes désigne par “l’air”, comme nous disons l’air de quelqu’un, pour signifier son “expression”, et constitue le quatrième de leurs éléments.

L’Air

C’est la métaphore qu’utilisent les alchimistes, pour décrire la manifestation énergétique des choses, qui constitue une expression de celles-ci.

En définitive, nous pouvons conclure selon les quatre éléments des alchimistes, que toutes les réalités formelles, autrement dit physiques de notre univers, sont constituées comme autant de “terres”, autrement dit d’entiers massiques unitaires, constituant la base de l’espace, puisque celui ci relevant d’une métaphysique de “l’entre deux”, ne peut être constaté qu’entre elles. Ces réalités “physiques” sont “sous-tendues” dans leur “être”, c’est à dire dans leur “existence” même, par la “métaphysique” d’une circulation dynamique de l’information, “l’eau”, se faisant par elles, et entre elles, et par laquelle elle se trouvent inscrites dans le temps, et grâce à cela, “existent”.

“L’actualité” de cette inscription dans le temps par lequel elles se transforment, s’opère entre un acte d’acquisition entropique d’information par “induction” en elles, “le feu”, et un acte d’expression énergétique d’information au-delà d’elles, “l’air”.

Se trouve ainsi parfaitement exprimé selon ces quatre éléments fondamentaux, la raison des choses dans un univers qui n’a pas pu débuter et qui ne pourra pas finir, la raison de l’espace, et celle du temps...

D’autre part, et plusieurs siècles avant le grand Einstein, les alchimistes ont su ainsi montrer, que l’énergie, air, procédait d’une mise “en force” de la masse, terre, selon une réduction de celle-ci…

Surprise non...?

En réalité, ces alchimistes étaient les dépositaires d'un très grand savoir, dont nous pouvons à cette occasion mesurer l'étendue, et qui était issu de l'Egypte ancienne, laquelle était dite "Kem-ta", signifiant "le pays noir", avec "kem" signifiant la couleur noire.

Les Grecs et les Latins ont désigné cette science comme étant donc "chemia", la science "noire", que les Arabes rapporteront plus tard aux pays occidentaux qui l'avaient perdue, suite à l'effondrement de l'empire Romain, sous le nom de "Al kemia", la science du pays noir.

Bien sûr, il faudrait en dire beaucoup plus, mais cela prendrait des pages…
Rendez-vous donc à une prochaine fois…


Paris, le 14 avril 2012
Richard Pulvar

vendredi 13 avril 2012

UNE NATION TOUT ENTIERE, REFUGIEE DANS LE DENI




Il ne fait pas bon de s’en venir décrire aux Français, certains aspects d’une réalité qui est déjà la leur aujourd’hui, et qui est telle qu’elle ne peut qu’assombrir désespérément leurs perspectives d’avenir.

Tout se passe comme si les citoyens de ce pays, avaient confusément pris acte de cette fatalité, et qu’ils entendaient, pour autant que cela leur demeure encore possible, vivre malgré tout sereinement, c’est à dire sans avoir à entendre le rappel obsédant et accablant, de la menace de difficultés contre lesquelles à ce jour, ils ne se sentent aucune capacité.

Certains en ce sens, vont même jusqu’à nier le fait pourtant le plus évident, à savoir que c’est bel et bien tout simplement, le caractère de plus en plus vieillissant de la population française, caractère commun aux nations de la vielle Europe, qui se trouve à l’origine de l’ensemble des difficultés sociologiques et économiques, qui se posent à ce pays, et qui sont par le fait même devenues “irréductibles”, puisque ce vieillissement rend justement le pays, de moins en moins capable d’affronter et de surmonter, quelque difficulté que ce soit.

Le credo de ces "célébrants" du déni, c’est qu’il existerait dans la logique universelle des choses, un schéma permettant à une nation déjà accablée par son vieillissement, de redevenir qu’importe cela, pleine d’entrain, pleine de dynamisme, et pleine d’avenir. Et ils y croient...!

Ceci nous conduit à la situation actuelle absolument ahurissante, qu’à la veille d’une élection de la plus grande importance, les citoyens ont le choix entre une dizaine de candidats, dont pas un seul, absolument pas un seul, ne possède, ne propose, et n’expose, la moindre solution, face à un problème dont on perçoit pourtant bien la globalité, et qui est l’incapacité grandissante de ce pays à “faire face”, d’une façon générale, aux problèmes qui dans tous les secteurs, se posent alors à lui.

Ainsi, au bout d’une campagne d’une inconséquence désespérante et comme telle, totalement irrespectueuse de l’électorat, hors de la joute traditionnelle des invectives à laquelle les candidats se sont bien sûr livrés, ce ne furent que des catalogues hétéroclites et brouillons de mesures sectorielles, qui nous furent proposés par les uns et les autres.

Or, si considérées isolément, certaines de ces mesures sont bien “techniquement”, de nature à nous conduire vers une amélioration des choses, à partir d’une situation donnée, manquer volontairement ou non, de les situer dans ce contexte d’incapacité générale qui est actuellement celui du pays, dont on se passe de faire état, parce qu’on ne veut rien savoir de l’évidence de sa raison, c’est leur prétendre une efficacité “hors conditions”, ce qui revient indirectement à les dire en quelque sorte, “hors objet”, ce qui n’a finalement aucun sens.

Admettons qu’aussi bien fondée que puisse sembler a priori une disposition, selon le sens commun, son efficacité ne peut formellement être vérifiée que dans un contexte, et que dès lors, il est intellectuellement totalement malhonnête, d’invoquer justement ce contexte, sous l’appellation de “crise internationale”, pour justifier l’inefficacité totale de la disposition, selon la formule :

“Nous avons été bien inspirés, mais la crise internationale n’a pas permis que soit vérifiée notre pertinence”.

Invoquer la crise internationale, pour justifier la totale inefficacité des mesures prises pour lutter contre le chômage, le déficit public, l’endettement du pays, et autres calamités, n’est que de la “fumisterie”, car dans une telle situation, les bonnes dispositions sont justement celles qui, malgré ce contexte défavorable, permettent une amélioration des choses, et celles-là seulement, et non pas celles qui relèvent de “choix doctrinaires” bornés, venant s’échouer contre le mur des réalités.

Ceci signifie qu’aussi difficile qu’ait pu être le contexte, une bonne gouvernance aurait du apporter ne serait-ce qu’un léger “mieux” de la situation, puisqu’elle n’est précisément fondée qu’en cela. Et, une exigence selon ce principe, n’aurait par permis à l’équipe sortante qui, au bout des cinq longues et interminables années de cette triste mandature, n’aura épargné au pays, ni un seul chômeur, ni un seul sans abri, ni un seul RSA, ni un seul smicard, ni un seul centime de déficit, ni un seul centime de dette, ni même un seul délinquant ou un seul clandestin, dans ces domaines où elle se voulait pourtant d’une haute compétence, d’avoir l’aplomb de se représenter avec le sourire, au vu d’un bilan aussi accablant.

Car, si l’honnêteté en la matière, avait été de mise, il serait apparu que cette crise internationale constamment évoquée pour tout justifier, ne l’est pas pour tout le monde, puisque les bouillonnants pays du “Brics”, pour ne citer que ceux là, continuent de l’ignorer, et, à partir de la très grande diversité de races, de cultures, de structures politiques, et de traditions sociales qu’ils présentent, il serait vite apparu que leur seul caractère commun, celui qui leur vaut un même dynamisme, malgré cette diversité de structure, c’est leur grande vivacité “démographique”.

Telle est a contrario, dans la défaite démographique de la France, et de la vieille Europe, la raison fondamentale de l’affaiblissement de ces pays, et des difficultés auxquelles ils doivent faire face, et qui prennent aujourd’hui la forme d’une bourrasque financière et monétaire, parce que pour ne pas avoir voulu constater l’évidence de ce déficit humain, ces pays ont eu recours tout au long de ces années, à l’emprunt pour faire face à leurs échéances.

Pour ne pas avoir à constater cette réalité dérangeante, et aidé dans leur déni par le fait que tous les responsables politiques évitent soigneusement d’aborder la question, les Français continueront de croire, qu’il suffira de maintenir au labeur, des hordes de vieillards, bientôt jusqu’à soixante cinq ans, et demain, jusqu’à soixante sept, et peut-être plus encore, pour pouvoir ainsi se passer de “jeunesse”, et faire aussi facilement que cela, un pied de nez aux simples exigences de la “vie”.

Les restaurants du cœur, n’ont pas fini de faire recette...


Paris, le 13 avril 2012
Richard Pulvar

dimanche 8 avril 2012

LA REVOLUTION OU LA GUERRE




Nous ne sommes pas les maîtres de l’Histoire, nous n’en sommes que les modestes instruments. Ceci, parce que dans leur complexité, la mise en place des ses événements les plus dramatiques, se fait généralement sur plusieurs décennies, voire plusieurs siècles. Ainsi, se trouve-t-il rarement des hommes, pour avoir la responsabilité de bout en bout d’un de ces événements présidant à la destinée des nations, alors même que ceci constituerait la condition, pour qu’il soit possible d’en avoir la pleine et saine maitrise.

Nous sommes donc dans le cas général, confrontés à des situations qui découlent de décisions prises par d’autres, mais qu’il nous faut malgré tout bien assumer, et pour le mieux, ce qui, dans les cas les plus critiques, nécessite de faire des choix angoissants et douloureux. Mais il se trouve parfois, que les deux aspects d’une alternative qui nous échoit, semblent également terrifiants l’un et l’autre, et le réflexe commun, qui est celui d’hommes qui refusent la fatalité d’un drame, c’est de se persuader de l’existence d’une troisième voie, permettant d’éviter celui-ci, et de s’attacher à la trouver.

Pour très honorable que soit cette position, elle s’est maintes fois révélée illusoire, pour le plus grand désespoir de ses promoteurs, avec ceci, qu’elle n’aura bien souvent pas permis de choisir entre deux calamités, celle qui était la moindre...

Or, c’est bel et bien, à cause de décennies d’une gestion irresponsable et malhonnête des affaires de l’état, par des hommes qui ne furent tout ce temps préoccupés, que par leur satisfaction narcissique de l’exercice du pouvoir, face à un tel choix cornélien que bien malgré nous, nous nous trouvons aujourd’hui.

Il s’agit du choix dramatique que nous devons faire à cette heure, entre la “révolution”, ou la “guerre”, en étant cependant bien conscients que, seule l’antériorité de la première, pourra encore éviter la seconde, mais que si nous devions par le plus grand des malheurs, être entrainés dans la seconde, celle-ci ne manquerait pas d’impliquer ensuite, la première.

Dans ces conditions, un choix de bon sens s’impose, faire la “révolution”, et la faire surtout maintenant, même s’il ne s’agit pas là, d’une perspective heureuse et réjouissante, et que, compte tenu des affres qui l’accompagnent, une décision d’une telle gravité n’est pas des plus simples à prendre. Car, ce qu’il faut absolument, c’est éviter de nous retrouver entrainés dans cette guerre qui se prépare, cette autre option de l’alternative, qui constituera pour nous, à n’en pas douter, un enchainement de malheurs sans fin.

Pourquoi en est-il ainsi, et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

A cause de la situation économique et financière dans laquelle nous nous trouvons.

Soyons clairs.

Dans notre actuelle république française, l’ensemble des prélèvements ne permet pas, bien loin de là, à l’état de fonctionner.

Ceci se traduit par un très large excédent de ses dépenses, par rapport à ses ressources, que dans sa mise en forme administrative on appelle, le “déficit budgétaire”.

Celui-ci a atteint pour l’année 2011, le chiffre astronomique de 98 milliards d’euros, que le gouvernement à du emprunter auprès d’organismes publics ou des banques privées, pour pouvoir boucler son budget. Ceci, en augmentant davantage encore un endettement du pays, dont il avait pour partie il est vrai, hérité des gouvernements précédents. Mais sur ce seul quinquennat, cet endettement du pays se sera en fait accru de 600 milliards d’euros, pour atteindre au total, cette somme défiant totalement l’imagination, de 1700 milliards d’euros...!

Or, il n’est désormais plus possible, pour tenter de revenir à l’équilibre budgétaire, d’augmenter encore les prélèvements, autrement dit, les impôts et les charges sociales, qui sont déjà trop importants. Car, ceci provoquera une baisse du pouvoir d’achat des particuliers, entrainant une baisse de leur consommation, et selon un phénomène connu lié au facteur multiplicateur, que nous traduisons par la formule habituelle, "trop d'impôt tue l'impôt", une baisse de la production de biens et de services liés à cette consommation, donc une baisse globale de l’activité dans le pays, et paradoxalement, une baisse de ces prélèvements, si on tentait maladroitement de les augmenter ainsi, puisqu’ils se font en pourcentage de l’activité.

D’autre part, une augmentation des prélèvements sur “l’activité” des entreprises, étant bien entendu que contrairement à ce que souhaitent certains, même s’ils sont cependant de bonne foi et généreux, il n’est pas possible de s’en prendre au “capital”, puisque celui-ci ira se réfugier ailleurs, à la vitesse de la lumière, entrainera une baisse de leur compétitivité, donc une diminution de leurs ventes, et in fine, une diminution des prélèvements qu’on tenterait d’augmenter de la sorte, puisqu’ils se font en pourcentage de ces ventes.

Tout ceci revient à dire que dans la situation de crise actuelle, caractérisée par le fait qu'il existe déjà un très grand manque d'activité, toute augmentation des prélèvements pour tenter de revenir à l’équilibre budgétaire, coûterait beaucoup plus cher, qu’elle ne rapporterait.

Il ne s’agit pas dans ce qui se trouve exposé ici, d’un cas d’école théorique, mais bel et bien tout simplement, de ce qui vient de se passer sous nos yeux mêmes, en Grèce, où une politique d’austérité, par des suppressions de prestations, et l’augmentation des prélèvements, afin de tenter de sortir de l’endettement, aura totalement fossoyé ce pays, aujourd’hui à la dérive.

Symétriquement, il n’est pas possible au gouvernement, de diminuer de façon sensible, les dépenses de l’état, pour tenter de revenir à l’équilibre budgétaire. Ceci, parce que la part la plus importante de ces dépenses, consiste en le paiement du “service de la dette”, c’est à dire des intérêts que l’état doit payer aux organismes prêteurs, qui atteint actuellement le chiffre ahurissant de 45 milliards d’euros, soit la totalité de l’impôt sur le revenu. Ainsi, pas un centime de l’argent que donnent par leurs contributions, les citoyens de ce pays, ne sert au fonctionnement de l’état, tout ce que qu’ils payent, ne sert qu’à enrichir des banquiers...

D’autre part, sa marge de manœuvre pour diminuer ses autres dépenses, est très restreinte. Ceci, parce que dans tous les domaines où cette réduction était faisable sans trop de conséquences économiques à effet contraire de celui espéré, c’est à dire essentiellement, les dépenses d’équipement, le désengagement de cet état, qui s’est débarrassé de cette charge sur les régions, au point qu’il n’existe même plus de routes nationales dans ce pays, ou sur des entreprises privées comme Eurotunnel, à déjà été fait depuis longtemps par des dirigeants sans scrupules. Il n’y a donc plus grand chose à gagner comme économies de ce point de vue, pour un état qui ne finance déjà plus rien lui-même.

Quant aux autres dépenses, les prestations sociales, et la charge de son administration, si des économies dans les dépenses de fonctionnement de cette dernière, peuvent être faites, elles seront surtout symboliques, ce qui n’est pas négligeable bien sûr, alors qu’on demande à chacun de faire effort, mais cela n’ira pas loin face aux dizaines de milliards qui sont en jeu.

Du coté de la réduction des prestations sociales, et du nombre des fonctionnaires, il s’agit là typiquement des économies qui, par le fait du “facteur multiplicateur”, c’est à dire la reproduction d’une dépense, par celui qui en a d’abord été le bénéficiaire, et qui fait que grâce à ses nombreux fonctionnaires, la France avait bien mieux supporté la crise de 1929 que les autres nations, parce que ceux-là au moins, pouvaient continuer à dépenser, coûtent beaucoup plus cher que ce qu’elles rapportent. Une telle réduction d’effectif ne vaudrait, que si nous étions en période de forte activité, et qu’il était donc possible aux gens du public, de se recycler dans le privé. Mais transformer des fonctionnaires en chômeurs, ne solutionne rien.

Or, il faut bien que cet état puisse fonctionner malgré tout, et il ne le peut alors, qu’en continuant à s’endetter, puisque les voies de l’augmentation des prélèvements, et de la diminution des dépenses, ne lui sont pas possibles.

Nous constatons ainsi qu’une fois qu’on met la main dans l’engrenage vicieux de l’endettement, on y laisse fatalement tout le bras, et que sauf à imposer à leurs concitoyens, jusqu’à leur ruine totale, des plans d’austérité se succédant sans fin, il n’existe aucun moyen pour les gouvernements de pays copieusement endettés comme le nôtre, pour éviter d’avoir à s’endetter encore plus, et tous les candidats à l’élection présidentielle qui vous disent qu’ils vont mettre fin au déficit budgétaire, sont des menteurs, car ils ne disposent tout simplement d’aucun moyen, pour faire cela.

Tout notre drame dans cette affaire, c’est qu’il ne s’agit en toutes ces sommes accordés aux gouvernements par les établissements prêteurs, que de “monnaie de singe”, que tout le monde s’accorde pour l’instant, ce qui ne va pas éternellement durer, à prendre pour “argent comptant”. Ceci, libellés en une devise, le “dollar”, qui en toute logique économique, ne devrait au jour d’aujourd’hui, absolument plus rien valoir, étant bien entendu que les sommes incommensurables de dollars en circulation, en réserve dans les banques centrales, ou en créances des établissements prêteurs sur les états, ne possèdent aucune contrepartie en biens et en services pouvant être échangés sur cette planète. Et, y mettrait-on la tour Eiffel, les châteaux de la Loire, le Parthénon, la moquée Bleue d’Istanbul, le Taj Mahal, les pyramides d’Egypte ou autres merveilles du patrimoine de notre humanité, qu’il n’est pas certain qu’on y parviendrait.

Puisque tout ce système ne tient que sur une fiction, la valeur à cours forcé du dollar, et que de plus, les sommes en jeu ne cessent de croitre, il est prévisible que ce cinéma ne pourra pas durer éternellement, et que viendra bien le jour où, les premiers à sentir le vent, seront justement ceux qui vont déclencher la tempête. Ceci, en s’employant à se dessaisir au plus vite de leur créances en monnaie de singe, pour de la véritable richesse matérielle, et il est clair que s’il devient contagieux, ce geste se reproduira à une vitesse fulgurante, dans un sauve qui peut général, qui fera tout exploser, et qui portera un coup de grâce aux Etat Unis d’Amérique où, à l’instar de ce qui se passa en Allemagne, les citoyens devront se rendre au supermarché, avec une brouette de dollars pour faire leur courses.

Conscients du danger, les Américains n’ont eu de cesse de dissuader par toutes formes d’intimidation, les détenteurs d’énormes sommes en dollar, de s’en séparer. C’est ainsi qu’ils ne se sont pas gênés pour menacer les richissimes monarchies du golf, lesquelles lassées d’avoir perdu 40% de leur fortune libellée en dollar, par rapport à l’euro, envisageaient de faire de cette dernière devise, leur nouvelle monnaie de réserve, de tout simplement les renverser à la façon de Saddam, en s’inventant comme d’habitude, des raisons humanitaires, ou de droits de l’homme.

Ces monarchies ont bien entendu la mise en garde, et sont aujourd’hui parmi les alliés les plus actifs aux cotés des Américains, non pas parce que ces monarques les aiment, mais parce qu’ils tiennent à leur pouvoir, et à leur fortune.

Mais, ces intimidations n’eurent aucune prise sur le colonel Khadafi qui, riche qu’il était de son pétrole, poursuivait son projet déjà bien avancé de monnaie africaine, pour en finir avec les règlements en dollar et franc CFA, entre nations africaines, et celui de constituer une banque africaine, se substituant au FMI et ses exigences, pour le soutien aux économies de ces nations.

Nous savons quelle fut la suite que ces Américains donnèrent à cet entêtement.

Cependant, il ne s’agit là que de reculer pour mieux sauter, car ces dispositions ne permettront pas pour autant aux nations européennes endettées, de boucler leur budget, et une crise dévastatrice, se trouve fatalement inscrite dans le maintien d’une telle situation. Et ceci, d’autant que les pays du “Brics”, viennent de décider d’opérer leurs règlements avec leurs monnaies nationales, sans passer par le dollar comme c’était alors l’usage, devenu douteux.

Dans ces conditions, il n’existe que deux façons d’en finir, tant qu’il en est encore temps, avec cette menace, deux, et pas une de plus, à savoir :

Faire défaut sur la dette, dire c’est fini on ne paie plus, remettre les compteurs à zéro, et utiliser selon la normalité des choses, la contribution des citoyens pour le fonctionnement de l’état, sans plus avoir la nécessité d’emprunter sans fin, pour payer des intérêts.

C’est ce qu’ont fait les Russes de la révolution bolchévique, et plus près de nous, avec un beau succès, l’Argentine, l’Equateur, et l’Islande, pays dont les économies sont désormais en pleine croissance...

Bien sûr il s’agirait d’un désastre total pour les prêteurs, et surtout, pour le pays détenteur de la devise en laquelle se trouvent libellées ces créances, puisque cela apporterait la preuve que ces avoirs en dollar ne valent rien, chacun se dépêchant alors de s’en débarrasser. C’est pourquoi les puissances financières aidées par la puissance étatique américaine, se sont employées et sont parvenues, à placer leurs hommes aux postes clefs des nations et des institutions européennes, et même à placer deux de ceux-ci, comme étant les principaux favoris pour notre élection, afin qu’aucun gouvernement ne se mette une seconde dans l’idée, d’imiter les Islandais.

Soyons alors bien attentifs au fait que tout ceci signifie clairement, que tous ces gens, ceux des gouvernements sous influence, ceux de certaines institutions internationales, et ceux des puissances financières, ont opté pour la seule autre façon, qui est désormais traditionnelle, pour se sortir de ce genre de situation, c’est à dire “la guerre”, celle qu’ils n’ont de cesse de préparer, et de nous préparer à accepter, contre la Syrie et l’Iran Et si nous n’y sommes pas encore, c’est simplement parce qu’ils ont été momentanément contrecarrés dans leurs plans, par la Russie, et par la Chine, qui les ont privés d’une façade de légalité, pour le faire.

Pourquoi la guerre ?

Tout d’abord, parce qu’il y a urgence ! Les risques de voir tout le système s’effondrer, ou de voir les populations excédées de devoir payer aussi durement que cela leur sera de plus en plus imposé, pour sortir d’un embarras dans lequel les auront plongés, des profiteurs, des tricheurs, des aventuriers déjà fortunés, et des puissances financières prétendant et parvenant, à se substituer aux gouvernements pour la conduite des affaires du pays, vont en grandissant. Il est clair qu’en cas d’effondrement du système, ou de “révolution”, cela entrainera la ruine, et la perte de tout leur pouvoir, par ces puissants, ce à quoi ils ne sauraient se résigner sans manœuvrer pour l’éviter, serait-ce au prix de la plus dangereuse des aventures.

Or, il est certain que, passé l’échéance électorale, le nouveau “pouvoir” mis en place, et de quelque bord qu’il sera, n’en possédera justement plus, car il ne pourra strictement rien, ni pour, ni contre rien, et on n’imagine pas qu’une situation appelée logiquement à se dégrader, puisse continuer à être ainsi subie, sans qu’à aucun moment il ne se produise une contestation de ce pouvoir fantomatique, qui abandonne les citoyens sans aucun recours, face aux difficultés du pays.

Dans ces conditions, “l’état de guerre”, c’est la situation qui offre à un gouvernement prétexte à tous les abus de pouvoir, pour se maintenir contre vents et marées. Ceci, au nom de la défense nationale, et elle condamne au suivisme, comme cela s’est vérifié dans les cas de Côte d’Ivoire et de Libye, une opposition déjà prompte à la traitrise, tout en permettant au gouvernement d’imposer au pays, les dispositions cyniques et impopulaires qui l’arrangent. C’est l’opération par laquelle on réduit toute opposition à néant, ce qui est indispensable dans une situation comme la nôtre, où le gouvernement se trouve déjà totalement discrédité, et susceptible à tout moment d’être emporté par un mouvement spontané, qui pourrait prendre naissance tout simplement, par un incident intervenant au fond d’une banlieue abandonnée.

Pour opérer une nécessaire “diversion”, le schéma consiste alors à s’attaquer à des pays disposant de ressources, afin de pouvoir leur faire supporter, en faisant main basse sur celles-ci, le prix de la guerre qui leur est faite. Il s’agit donc exclusivement de pays pétroliers, Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, Irak, Iran, dénoncés comme “dictatures”, lesquelles semblent être les seules à déranger les habituels donneurs de leçon occidentaux. Il est manifeste à ce sujet, que le dictateur du Belarus ne dérange personne, et quant à celui de Corée du nord, en plus de n’avoir pas de pétrole, il a les poings solides, et il est clair que le souci humanitaire, la main sur le cœur, des occidentaux, ne va tout de même pas jusque là...

Il s’agit donc d’infliger à ces pays d’énormes dévastations, et d’imposer ensuite ses entreprises aux gouvernements complaisants qu’on y installe, pour la reconstruction. Le cas emblématique de ce type d’opération, est l’Irak des Américains. Ceci permet aux agresseurs, d’imposer ce faisant sournoisement, et à leurs propres peuples, les augmentations de prélèvements, et les réductions de prestation, nécessaires au retour vers l’équilibre budgétaire, sans avoir à subir la baisse d’activité corrélative qui rendrait l’opération négative, grâce à ces providentiels et juteux “contrats” extérieurs, et bien sûr, grâce à la très forte activité pour l’occasion, des industries d’armement.

Dans la foulée, ceci permet de procéder à une réduction considérable de la masse monétaire, pour mettre le système hors de danger, par une dévaluation qui ne dit pas son nom, c’est à dire par une très forte hausse des prix, dont on rendra responsable bien sûr, la situation internationale, et qu’on tentera de faire accepter au peuple au nom de l’effort de guerre, mais c’est peut-être là, la fragilité du dispositif, sur laquelle les révolutionnaires devront jouer.

Bien sûr, s’inscrit également dans ce schéma, la volonté de contrer l’énorme montée en puissance de la Chine, en s’attaquant à ses robinets de pétrole syrien et iranien, après s’en être déjà pris aux ivoirien, libyen, et soudanais, puisque c’est là son talon d’Achille, celle pour une nation raciste et belliciste du proche orient, de porter atteinte une fois de plus à ses voisins, et celle pour des regroupements de puissants, d’imposer aux peuples leur domination.

En fait, si sauf “événement” salvateur, nous nous retrouverons fatalement en guerre, c’est tout simplement parce que dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, il faut absolument faire quelque chose, que les gouvernements en place, ne savent absolument pas quoi faire, et que face à la nécessité de faire quelque chose pour ne pas eux-mêmes être défaits, ils feront la seule chose qu’il leur sera encore possible de faire, c’est à dire la guerre, qu’ils n’hésiteront pas à nous imposer, pour pouvoir se sauver, eux, et les puissances financières qui les manœuvrent.

Pourquoi la révolution ?

Parce que c’est la seule façon, si elle intervient avant, d’éviter la guerre programmée par les puissants, qui ne sera pas du tout une du calibre de celles de Côte d’Ivoire ou de Libye, mais une entreprise beaucoup plus dangereuse et à l’issue totalement incertaine, compte tenu des cibles visées. Car, l’armée syrienne vient déjà de faire l’éclatante démonstration de sa très forte capacité à s’opposer à une action hostile, en écrasant la rébellion armée instrumentalisée et équipée par les puissances occidentale, et en faisant même prisonniers à cette occasion, des éléments des forces spéciales française et britanniques.

Quand à l’armée iranienne, forte de 755 000 hommes, faiblement équipés, mais très fortement motivés, comme ceci s’est vérifié dans leur lutte contre les Irakiens, tous les experts militaires s’entendent pour dire que s’en prendre à elle serait de la pure folie. C’est d’ailleurs partant de cette analyse, que certains d’entre eux entreprennent en ce moment une campagne de désaveu de l’actuel président des Etat Unis, auquel on prête ce funeste projet, et qui est décrit pour cela comme étant “imprévisible”.

Il est donc totalement inadmissible, qu’après que nous ayons déjà vu nos existences dévastées, par les manœuvres de puissants, assoiffés d’avoir et de pouvoir, que nous soyons conduits par ceux-là mêmes à notre perte, afin qu’ils puissent se sauver.

Nos pires ennemis sont ces gens, et non pas ceux qu’ils s’emploient à nous inventer à l’autre bout de la Terre, et qui à ce jour, ne nous ont strictement rien fait. C’est donc contre ces ennemis que nous devons combattre, et nous les combattrons...!

Paris, le 8 avril 2012
Richard Pulvar

vendredi 30 mars 2012

LA LEGENDAIRE PAPESSE, NE DEVRAIT-ELLE PAS DEVENIR UNE REALITE ?




Cette histoire de la papesse “Jeanne”, fut relatée des siècles durant par l’église catholique elle-même, avant que des recherches approfondies parviennent à montrer qu’il ne s’agissait en fait que d’une légende. Cependant, certains continuent à y croire dur comme fer.

C’est l’histoire, dans les temps moyenâgeux, d’une jeune femme anglaise, désireuse de faire des études, ce qui, hors les gens de la noblesse, n’était guère possible que pour ceux du clergé, et qui travestie en homme, parvint à devenir moine. Partie d’Angleterre, elle fut connue sur le continent sous le nom de “Jean l’anglais”.

Très douée pour les études, son érudition la conduisit jusqu’à la curie de Rome, où; gravissant les échelons, elle fut nommée cardinal, puis, selon la légende, pape, par acclamation.
Elle était très appréciée par le peuple de Rome, mais au bout de deux ans, un des cardinaux plus observateur que les autres, et convaincu de ce qu’elle était réellement, parvint à la séduire, et bien sûr, elle se retrouva enceinte...

La suite de la légende est beaucoup moins passionnante, puisque démasquée, elle fut lapidée pour les uns, alors que d’autres affirment qu’elle mourut en couches...
Bien qu’il ne s’agisse que d’une légende, une statue la représentant en papesse, portant dans ses bras un bébé, fut érigée sur le lieu supposé de son décès.

Il semble que l’origine de la légende soit dans le fait du pape Jean VIII, nommé pape en 872, et que par dérision, ses adversaires nommèrent “papesse”, à cause de la faiblesse qu’on prétend qu’il manifesta, face à l’église de Constantinople.

Compte tenu de l’époque, le moyen âge, le fait d’une femme étant parvenue par une supercherie, à s’imposer au Saint Siège, ne pouvait relever pour les gens de l’époque, que de la sorcellerie, d’où le sort qui lui fut réservé. Mais ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, c’est que même à notre époque, l’idée qu’une femme puisse effectuer son sacerdoce, puis parvenir à la curie de Rome selon les procédures classiques, pour finalement être nommée “pape”, parait encore totalement invraisemblable, et de fait, il est certain qu’un tel événement n’est pas à la veille de se produire...

Il serait alors faux de croire qu’il s’agit simplement là, d’un archaïsme, parce que tout au contraire, dans des époques bien plus lointaines encore, des femmes ont eu des fonctions bien plus importantes, voire même dans certaines sociétés matriarcales, les plus importantes, dans le ministère des cultes.

En réalité, indépendamment de l’époque, c’est bien dans cet enseignement religieux lui-même, celui dont un travestissement de l’enseignement égyptien originel, par les Hébreux, qui y mêlèrent leur tradition profondément patriarcale, et par le fait fatalement “machiste”, a fait d’une prétendue première femme, la porteuse d’un malheur universel, enseignement qui comme tel, va profondément façonner cette civilisation occidentale, qui explique la constance et la persistance de cette attitude.

Cependant, le fait géniteur étant plus visiblement féminin, c’est tout à fait logiquement que le concept d’une “déesse mère”, ou si l’on préfère, de “Dieu la mère”, qui se trouve à l’origine de tout, donc comme justification de l’existence, a précédé celui d’un “Dieu le père”. C’est d’ailleurs ce concept de la déesse mère, qui se trouve à l’origine du fameux mystère de la “vierge”.

A l’origine en effet, le concept de la vierge ne faisait nullement référence à la notion de “virginité”, tel que dans un sens dévoyé, nous comprenons actuellement ce terme, mais tout au contraire à celle de “fécondité”. Le Mystère résidait alors dans le fait que la déesse mère à l’origine de tout, était par la force des choses, “autoféconde”, ce qui ne manquait pas de subjuguer les anciens.

Et c’est bien cette fécondité, et non pas une virginité dont ils n’avaient rien à faire, puisqu’elle ne produit rien, et qui n’a de valeur que dans les sociétés machistes, qu’ils célébraient dans cette déesse mère. Ainsi, la période des récoltes était-elle dite, période de la “vierge”, et c’est elle qui a donné son nom, à la constellation d’étoiles dont la position dans le ciel signifiait aux anciens, qu’ils étaient parvenus à cette époque.

Il est remarquable que cette notion de fécondité pour la période de la vierge, laquelle donnait alors lieu pour cette raison, à une célébration, “l’augustus”, de la déesse mère, que nous continuons d’ailleurs à célébrer aujourd’hui au 15 août, selon un mot “août”, dérivé de “auguste”, a été reprise par les révolutionnaires, puisque dans le calendrier républicain, cette période porte le nom de “fructidor”.

Ainsi se trouvaient confondues à l’origine, les notions de vierge et de déesse mère, et ceci, selon le concept de Dieu la mère, dont la résonnance “métaphysique” est si puissante, que le machisme des religions du livre n’est jamais parvenu à supplanter la ferveur qui lui était consacrée, même si le culte de celle-ci se trouve camouflé aujourd’hui, sous celui de la vierge Marie.

C’est d’ailleurs, par delà la convoitise de leur richesse par Philippe le Bel, et la crainte de leur trop grande puissance, parce que sans bien sûr le dire, ils ont tenté de faire renaitre le culte de la déesse mère, que les templiers qui lui consacrèrent paradoxalement les plus beaux temples de la chrétienté, sous l’appellation de “Notre Dame”, périront sur le bûcher...

Ils entendaient ainsi renouer avec le culte de “l’Amour universel”, selon un concept de l’Egypte ancienne, c’est à dire ce qui nous détermine à nous fondre en “un”, autrement dit, en “l’Amon”, inconnaissable parce qu’il nous est “futur”, donc situé dans un “au-delà” de nous, en lequel nous sommes voués à nous fondre, et qui constitue la vraie raison de la “religion”.

Dans cette formulation, “Domina”, qui est la corrélation féminine de “Dominus”, terme par lequel se trouve désigné Dieu, montre que les templiers considéraient celle qu’ils célébraient sous couvert de Marie, non pas comme une sainte, mais bien comme une déesse. De plus ce terme domina, qui désigne la “maitresse”, évoque ce qui nous “oblige”, c’est à dire cette attraction future, de l’au-delà. Quant au terme “Notre”, il évoque bien sûr, ce qui nous est “commun”, et qui par cela nous rassemble, en nous faisant être “comme un”.

Ainsi, la fonction religieuse servait-elle bien à “ce qui nous oblige à être comme un”, c'est-à-dire la déesse mère “Nostra Domina”, que nous disons aujourd’hui “Notre Dame”, en demeurant persuadé qu’il ne s’agit que de la vierge Marie, alors que cette dernière ne fut en réalité, qu’une incarnation historique et occasionnelle, de la grande Déesse Mère, qui en eut bien d’autres telles que Isis, ou Neith, tout au cours des temps...

L’intérêt d’envisager une “papesse”, serait tout d’abord de revenir enfin à la vraie religion. Mais nous sommes ici sur un sujet on ne peut plus controversé, et même brulant en ce moment, et parler intelligemment de cette affaire, demanderait de nombreuse pages, ce qui n’est pas l’objet de cette petite communication. Nous verrons cela une autre fois,..

J’ajoute pour mémoire que j’ai déjà publié ici même, un article intitulé “ qu’est-ce que la religion ”, si cela vous intéresse...

Mais l’autre intérêt de cette papesse vaut, même pour ceux qui ne sont pas croyants et qui contestent, avec raison, le rôle de la religion dans nos sociétés.

Il s’agit de mettre fin une bonne fois, à tous ce “machisme”, hérité des religions dites “du livre”, c’est à dire du judaïsme et du christianisme, et de l’islam qui à hérité des deux. Car, c’est bien de cet “ultra machisme” sans limite, cette volonté archaïque, malsaine, et aux implications fatalement criminelles, de domination des uns par certains autres, dont il convient une bonne fois de mettre fin, si nous ne voulons pas que ce soit lui qui, par les attitudes auxquelles il nous condamnera, mettra fin à nous...


Paris, le 30 mars 2012
Richard Pulvar