vendredi 3 février 2012

SCIENCE ET CROYANCE




L’opposition séculaire dans laquelle s’est trouvée entretenue, dans cette civilisation qui est la nôtre, ces deux exercices de la pensée humaine que sont la science et la croyance, ce qui ne fut pas le cas partout ailleurs, est telle, qu’il ne serait pas inutile, puisque la première fut à l’origine d’une contestation de la seconde, qui pour cette raison, a un instant contesté la légitimité de l’exercice même de la première, de vérifier dans quelle mesure la science, puisque c’est en fait son rôle, peut rendre compte de la croyance, c’est à dire nous expliquer pourquoi son fait. Est-ce que vraiment, comme nous aurions aujourd’hui tendance à le croire, nous nous trouvons là, dans deux démarches définitivement inconciliables, qui ne permettent en aucune façon la participation de l’une, à l’autre ?

Nous sommes à une époque bien curieuse où, après que nous ayons cessé de croire aux dieux, en constatant que leur célébration millénaire n’avait en rien soulagé l’âpreté de nos existences, la persistance de notre besoin fondamental d’espérer un mieux “ à venir ”, nous a logiquement conduit à ne plus croire qu’en la science, comme moyen d’accéder à ce mieux. Ce changement d’itinéraire de notre quête d’autre, s’est fait d’autant plus facilement qu’à la différence d’enseignements qui ne situaient le bien être que dans un au-delà merveilleux, les bienfaits de la science pouvaient quant à eux, être escomptés dès maintenant, et ici-bas. D’autre part, les explications de cette science quant à la raison des choses, prolongeant la compréhension intuitive que nous en avions, nous ont finalement et curieusement parus bien plus digne de “foi”, que l’extraordinaire mythologique et impalpable, des énoncés religieux. Par cette différence d’attitude quant à la façon d’envisager notre monde, nous avons accédé à cette ère rassurante de rationalisme scientifique où, enfin libérés de ces outrances dogmatiques qui ne nous vouaient qu’à l’expiation d’une faute originelle sur cette Terre, nous y avons découvert un mieux-être possible. Ceci, grâce à la maîtrise des choses que nous permettait d’obtenir une investigation méthodique, et sans a priori, menée sur celles-ci.

Il est incontestable aujourd’hui, que des énoncés scientifiques vérifiés par l’expérience de pratiques mise en œuvre à partir d’eux, nous ont permis d’obtenir une formidable efficacité opérationnelle sur les choses qui nous entourent, et ont entraîné une transformation considérable de notre mode de vie, dont la positivité tient à ce qu’elle s’inscrit dans ce que nous considérons comme étant une logique des temps. C’est pourquoi nous inclinons à penser que, par delà quelques égarements occasionnels, toujours susceptibles d’intervenir dans son parcours, mais qui ne sauraient la dévoyer définitivement, la science demeure par nature même, apte à nous rendre compte avec exactitude, des différents aspects de l’univers. Ceci, d’autant que jusqu’à ce jour, nous demeurons convaincus pour la plupart d’entre nous, que tels que nous les constatons, ces aspects dits objectifs, ne doivent rien à notre imaginaire.

Cependant, il se pourrait fort bien que notre vigilance ait été prise en défaut, à cause de la grande confiance en elle, que nous inspirent les résultats obtenus grâce aux énoncés de la science, et que notre acquiescement de ceux-ci, ne soit finalement pas mieux fondé que celui qui en son temps fut le nôtre, des énoncés religieux. Ceci pour dire qu’il se pourrait fort bien qu’il ne s’agisse dans l’un et l’autre cas, que de “croyance”, quant à la représentation religieuse ou scientifique, que nous sommes amenés à nous faire, des aspects non directement évidents des réalités de l’existence.

Observons en effet que, dans notre entreprise, bien des résultats concrets ont été obtenus par la mise en œuvre de techniques élaborées sur la base de concepts scientifiques qui, par la suite, se sont révélés être inexacts. C’est ainsi que la conception, la mise au point, et l’exploitation pendant des décennies, de nombreux types de machines à vapeur, qui à l’origine étaient dites “machines à feu”, s’est-elle faite sur la base du concept incertain d’un “fluide calorique”, censé les traverser de part en part, à la façon dont un fluide hydraulique traverse un moulin à eau. Ce concept de fluide calorique, qui nous posait déjà une difficulté de représentation, et qui fut développé par le grand Carnot, fut abandonné plus tard pour faire intervenir dans la résolution thermodynamique de ces machines, celui encore plus spéculatif et ésotérique, “d’entropie”. Or, bien qu’il fut dès lors établi que le concept de fluide calorique, prétendait une chose qui n’existait finalement pas, les machines, toutes conçues autour de cette idée ont, quant à elles, continué de parfaitement fonctionner.

De la même façon, c’est en envisageant la nécessité mécanique de propagation d’une onde dans “l’éther”, et en établissant une analogie entre cette propagation et la transmission du mouvement par un train d’engrenage, que le grand Maxwell a formulé ses fameuses équations sur l’électromagnétisme. Aujourd’hui, le concept d’éther, qui a pourtant sous-tendu son raisonnement, a été abandonné parce qu’il était devenu encombrant. Mais, il n’empêche que des appareillages de toutes sortes, conçus pour des ondes censées se propager en lui, continuent eux aussi, de parfaitement fonctionner. Citons également la relativité du grand Einstein, que certaines observations quant à la vitesse de la lumière, tendent déjà à malmener, alors que sa fameuse formulation d’équivalence entre la masse et l’énergie, qui fait justement intervenir cette vitesse de la lumière, constitue la proposition à partir de laquelle se sont développées, les armes et les industries nucléaires qui constituent pourtant bien des réalités.

Tout ceci fait apparaître d’une façon très surprenante, mais pourtant clairement, que ce n’est pas parce qu’un raisonnement scientifique permet, par les démarches pratiques qu’il implique, d’obtenir à un moment donné de bons résultats, qu’il est pour autant incontestable. Nous pouvons d’ailleurs pour nous convaincre de cela, constater le cas des “tradi-praticiens” qui tout autour de la planète prodiguent leurs soins, sans autre justification scientifique qu’une évocation des esprits, et qui selon ces énoncés, obtiennent pourtant eux aussi, des résultats. Ainsi, une théorie scientifique peut elle se trouver formellement vérifiée par l’expérience, nous laissant ainsi croire en sa véracité incontestable, puis se trouver totalement infirmée une autre fois, par d’autres expériences. Où se situe donc la vérité scientifique ?

Admettons maintenant qu’à l’époque où les ingénieurs traitaient d’un fluide calorique, sans douter le moins du monde de sa réalité, il ne s’agissait en la conviction qui était la leur de l’existence réelle de celui-ci, que d’une “croyance”, c’est à dire de la conviction de la réalité d’un fait non directement constaté, mais dont la supposition se trouvaient étayée par le constat de manifestations lui étant attribuées. Ceci, étant bien entendu qu’aucune mise en évidence formelle de ce fluide n’aurait été possible, telle que par exemple, il aurait pu être contenu et observable dans un récipient. Observons alors que pareillement, bon nombre d’objets extraordinaires, révélés selon les résolutions mathématiques de notre science moderne, demeurent strictement hypothétiques, dans la mesure où ils ne sauraient en aucune circonstance faire l’objet d’une mise en évidence formelle. Ainsi en est-il par exemple, pour ne citer que certains des plus extravagants, des neutrinos ou des quarks. Mais soyons conscients qu’il en est déjà ainsi du simple “électron”, même si, compte tenu de l’étendue des nombreuses applications issues de ce concept, nous l’envisageons désormais comme si sa réalité concrète avait été formellement établie, autrement dit comme si quelqu’un en avait déjà vu un. Car, pour considérer ce cas emblématique parmi d’autres, il demeure que par delà les manifestations que nous supposons être celles de sa présence ou de son passage dans certains objets, ce en quoi consiste fondamentalement un électron, tel qu’il est supposé être une particule concrète de matière, ne pourra jamais faire l’objet d’une mise en évidence formelle. Ceci signifie qu’en aucune façon, il ne nous sera possible d’isoler, d’observer, et de décrire ce grain de matière, comme nous le ferions par exemple pour un grain de sable.

De tout cela, nous devons convenir que, face à de nombreuses propositions scientifiques qui résultent, non pas de l’observation directe des choses, mais de constructions intellectuelles qui se proposent de décrire une réalité imperceptible de celles-ci, laquelle ne peut être comme telle, qu’une réalité supposée, nous ne sommes là qu’en présence d’intimes convictions, même si celles-ci se trouvent sérieusement argumentées. Il s’agit donc bien, autrement dit, de “croyances” quant à une réalité incertaine des choses.

Pour bien saisir sur quoi se fonde cette proposition, observons que la science que nous envisageons spontanément comme si elle était une, se développe en réalité selon deux catégories bien distinctes d’investigations, dont les implications sont différentes.

Il y a tout d’abord le cas du simple recensement des choses et de la description de celles-ci telle qu’elles se “présentent” simplement à nous, qui constitue l’objet d’une science “descriptive”, dont il nous faut remarquer et retenir qu’il s’agit d’une science de “l’actuel”, en ce sens qu’elle n’a rien de spéculatif, autrement dit, rien de “prévisionnel”. Cette catégorie de la science, la descriptive, ne pose pas de problème.

L’autre cas d’investigation scientifique, est celui d’une mise en évidence de choses qui sont cette fois situées hors de notre champ de perception directe, par un raisonnement, et qui constitue quant à lui l’objet d’une science “démonstrative” qui elle, pose un vrai problème. Ceci, parce que par une accumulation de données qui nous sont intuitives, et que nous nous passons de justifier en considérant que la véracité de leur signification va simplement de soi, la base axiomatique à partir de laquelle se développe cette science démonstrative est devenue par trop considérable, pour que ses propositions ne s’en trouvent pas fragilisées.

Considérons en effet à ce sujet, le cas de la simple notion “d’unité”, dont nous sommes a priori tous convaincus de bien comprendre ce dont il s’agit, selon toutes ses implications. Partant de là, le fait pour nous d’envisager tout objet comme étant “un”, alors même que nous le savons parfaitement constitué d’une pluralité de parties, autrement dit que nous le savons en être “plusieurs”, ne suppose même pas qu’il y ait débat quant à cette ambivalence fondamentale, tout à la fois singulière et plurielle, du fait de toute unité.

Or, s’il se confirme selon cette ambivalence, que le simple ne serait en fin de compte, qu’un aspect occasionnel du multiple, ceci laisserait entrevoir que dans sa singularité, et aussi élémentaire que puisse nous sembler une entité quelconque, celle-ci ne peut manquer d’être déjà constituée, selon un autre de ses aspects. Ainsi, en ne se laissant pas abuser par une approche intuitive et réductrice du fait d’unité, et en considérant que celui-ci masque en fait, une complexité, il apparait simplement que la quête de la particule strictement élémentaire, c’est à dire de celle qui ne serait “constituée” en aucune façon, puisque toute constitution suppose une pluralité de parties, et qui obsède encore les physiciens jusqu’à aujourd’hui, est désespérément vaine. Et ceci, en comprenant qu’il ne peut rien exister, qui en soit constitué.

Nous constatons par cet exemple que dans notre investigation scientifique, il existe déjà une incertitude quant aux données de base elles-mêmes telles que le simple et le multiple, à partir desquelles se développent nos raisonnements, et qui demeurent généralement incontestées, parce que nous ne sommes en rien préoccupé à priori d’en établir l’ambivalence. Mais, comprenons bien que s’il n’avait existé depuis toujours, cette base axiomatique de données fondamentales nous permettant d’initialiser nos développements, et si nous avions été par trop préoccupés de rigueur scientifique dès les prémices de notre quête historique de la connaissance, hors des simples évidences objectives, nous n’aurions rien pu établir comme vérité par quelque démonstration que ce soit. Car nous aurions été engagés dans une procédure sans fin, de justification des données à partir desquelles se font les démonstrations, par des éléments devant à leur tour être justifiés, et ainsi de suite.

Ce n’est donc qu’à condition de se passer de justification quant aux notions intuitives qui sont les nôtres, que nous avons pu établir par démonstration, des vérités à partir d’elles. Cette facilité nous a permis de concevoir autour de nous, un univers rassurant d’objets certains, c’est à dire d’objets dont il ne faisait aucun doute pour nous, que les caractères fondamentaux que nous leur reconnaissions, étaient objectivement les leurs, et non pas des produits de notre “imaginaire”, dus à une “interprétation” de leurs différentes significations, autrement dit des “croyances”. Mais c’est précisément là où nous nous trompons...

Comprenons maintenant que, si cette convention que constitue la base axiomatique de nos raisonnements, ne nous pose pas trop de problèmes, quant à la justification des objets ou des phénomènes courants de notre environnement qui, nous étant naturellement perceptibles, participent en ce sens à l’ensemble de ce qui nous est “présent”, autrement dit à “l’actuel”, il en va tout à fait différemment quant à vouloir pénétrer l’intimité secrète de la matière ou, explorer les confins de l’univers. Car, il s’agit en fait en ces lieux situés hors de notre champ de perception, de ce qui constitue l’en deçà, et l’au-delà, problématiques l’un comme l’autre, de cet actuel.
A cet instant de notre développement, il nous importe de préciser la signification exacte que nous donnons ici au terme “actuel”, en disant qu’à la différence de son “activité” qui constitue l’ensemble des actes dont un être est le sujet, son “actualité”, c’est la contradiction d’actes que constitue le rapport de ceux dont il est l’objet, à ceux dont il est le sujet, et dont se réalise cet être lui-même en un fait alors temporel. Ceci, en comprenant bien qu’il ne se peut pas d’être, qui ne soit tout à la fois l’objet d’autre, et le sujet d’autre. Tout être est donc actuel par définition, et ce que nous désignons ici comme étant nominalement “l’actuel”, constitue le domaine où s’exerce l’être. Notons alors que hors de celui-ci, c’est à dire à l’en deçà et à l’au-delà de lui, se situe un domaine exempte d’actes, d’où ceux-ci se peuvent seulement, qui est autrement dit “ex-act(e)”, hors de toute actualité, et donc hors du temps, et qui constitue ainsi un lieu “d’exactitude”.

Par rapport à ces notions temporelles qu’habituellement nous manquons de considérer, nous pouvons encore formuler tout cela en disant que la science descriptive est une science de la simple “vision” des choses, autrement dit de tout ce qui peut être “montré”, c’est à dire signifié “dans l’instant” avec certitude, parce qu’il s’agit tout simplement de “ce qui est”. Ceci, alors que la science démonstrative est tout à la fois, une science de la “prévision”, et de la “révision” des choses. Il s’agit autrement dit, d’une science de tout ce qui ne pouvant être directement “montré”, selon l’objectivité physique des choses, nécessite d’être “démontré”, c’est à dire signifié “dans le temps”, et non pas dans l’instant, selon l’antériorité d’une cause, et la postérité d’un effet, pour pouvoir être établi, et qui ne peut l’être que de façon incertaine, puisqu’il s’agit alors non pas, de décrire ce qui est, mais d’imaginer “ce qui doit être”.

Insistons bien ici sur le fait qu’à la différence de ce qui se trouve simplement montré, le démontré ne peut en aucune façon être l’actuel. Car, la science démonstrative à pour objet d’établir par “révision”, l’en deçà de l’actuel, autrement dit l’ensemble des faits préalables tels qu’ils se trouvent justifiés en vue de ce qui “est”, et par “prévision”, l’au-delà de l’actuel, c’est à dire de l’ensemble des faits consécutifs tels qu’ils se trouvent justifiés quant à eux, à partir de ce qui est.

Nous accédons ainsi à un constat extrêmement problématique par rapport à notre vison commune des choses et nos habitudes conceptuelles, à savoir que les différents aspects non directement évidents des choses, selon notre perception de celles-ci, ne peuvent participer de leur réalité actuelle, car “l’en deçà” de ce qui est, autrement dit de “l’être”, lui est “passé”, et “l’au-delà” de l’être, lui est “futur”. Ceci à une implication fondamentale aux développements innombrables, à savoir que le passé d’un être lui est “sous-jacent”, alors que son avenir lui est “adjacent”...

Ceci étant, nous devons déjà comprendre par ce constat que, n’ayant pas même pour objet d’établir l’actuel perceptible, c’est à dire tout ce qui formellement “est”, déjà et encore, et qui constitue l’objet de la science descriptive, la science démonstrative ne peut en fait rendre compte dès le départ, d’aucune réalité, compte tenu que celles-ci évidemment “sont”, et ne peut rendre compte que de la “potentialité” de ce qui, selon elle, “doit être”.

Nous venons d’établir que la science démonstrative n’ayant pas pour objet ce qui est, elle ne peut nous signifier que ce qui, sauf erreur, doit être. Comprenons bien dès maintenant, que c’est précisément dans le fait qu’elle ne traite pas du champ de l’erreur, que se situe curieusement son insuffisance. Car, il se trouve en réalité que, par le fait d’une dynamique de tendances contradictoires exerçant sur les choses, laquelle constitue fondamentalement le phénomène selon lequel il se développe du temps, la “constance” des choses qui est la résultante même de leur exactitude, se trouve contrariée par une “circonstance” de celles-ci. Ceci, de telle sorte que d’une façon générale, il ne “se forme” dans notre univers, que selon une contradiction de ce qui normalement “doit être”, c’est à dire de “l’exactitude” des choses, et qu’en conséquence, aucune des réalités de cet univers, ne se peut selon cette exactitude.

Tout ceci revient à dire que s’il est un domaine hors du temps et hors de l’être, où se peut l’exactitude, le domaine temporel des êtres où cette exactitude se trouve contrariée, constitue fondamentalement par cela, celui de “l’erreur”.

Ce rapport fondamental de “l’erreur” au “temps” demeure habituellement méconnu. Mais, notons bien que c’est ici que science et croyance se rejoignent, car ce que nous évoquons ainsi, n’est rien d’autre que l’objet d’un des tout premiers enseignements de la grande Tradition, qui fait état d’un monde “spirituel” de “l’exactitude”, situé au-delà des formes actuelles de l’être, et que par habitude nous désignons tout simplement comme étant “l’Au-delà”. Et ceci, en opposition à un monde “temporel” de “l’erreur” qui est quant à lui, notre monde “d’ici bas”.
Si la science démonstrative ne peut que proposer ce qui doit être, en lieu de ce qui est, c’est parce que, même si ses démonstrations ne peuvent être établies que selon le schéma temporel de cause à effet, ses formulations courantes en font cependant une science “d’exactitude” qui, notons le bien, peut être rapprochée en cela des préceptes religieux qui, eux aussi, traitent de l’exactitude de ce qui doit être.

Observons en effet, qu’un des caractères particuliers de la science démonstrative, relève du fait que par ses formulations, elle implique “immédiatement” la postérité d’un effet, à partir de l’antériorité d’une cause, en ignorant par cela superbement le temps nécessaire au fait du second, à partir de la première. C’est ainsi qu’en proclamant l’égalité entre le résultat d’une opération, et l’opération elle-même, comme dans la formulation 2+2 = 4, elle établit une stricte identité entre l’opération telle qu’elle s’engage, 2+2, à l’antériorité de son fait, et l’opération telle qu’elle est accomplie, 4, à la postérité de son fait. Or, il doit être clair pour nous tous que dire “je peins le mur”, n’équivaut strictement pas à dire “le mur est peint”, même si nous savons qu’il le sera finalement. En admettant que tel qu’il se trouve constitué, autrement dit “formé” dans son unité, un tout contient quelque chose de plus que la disparité préalable de ses parties, nous comprendrons que ce que 4 contient de plus que 2+2, c’est une “valeur d’opération”, qui est concrètement une “valeur de forme”, homogène à une “durée”, que les formulations ignorent totalement. Ceci, alors qu’elle n’a pourtant rien d’insignifiant, puisque ce n’est rien d’autre que cette quantité de “temps” qui, selon un phénomène que nous disons “température”, se trouve mise en œuvre dans des manifestations énergétiques, telles que celles qui accompagnent la réduction d’un tout, en une pluralité de parties, et que nous disons à cause de cela, “exothermiques”.

Retenons de tout cela, qu’aucune réalité formelle ne peut se former immédiatement, pour pouvoir concrétiser les formulations d’exactitude de la science démonstrative, et qu’en ce sens, les propositions de cette science demeurent formellement invérifiables, ce qui fait que leur acquiescement relève bien ainsi d’une forme de croyance. Notons à cette occasion que, compte tenu du rapport contradictoire du “peut-être” face à “l’être”, et même s’il est supposé décrire l’être, dans la mesure où il participe du peut-être, le “probable” bien sûr n’est pas, mais surtout, qu’il ne sera jamais “tel que prévu”. Car, étant supposé en lieu d’un constat impossible de l’actuel, il ne peut être établi que selon des formulations d’exactitude, qui ne peuvent rendre compte d’aucune réalité temporelle. Le probable relevant ainsi dans ses formulations, de l’exactitude, et non pas du réel, nous pouvons dire de toutes ces théories probabilistes à la mode, que, dans leur complexité qui est telle que plus personne n’y comprend rien, elles décrivent ce qu’elles veulent, mais certainement pas la réalité.

Rappelons à ce sujet que, ce qui nous fait prendre bien des propositions scientifiques pour des faits avérés, alors qu’elles n’ont jamais cessé de n’être que des suppositions, c’est qu’elles nous semblent être formellement vérifiées par les opérations qui sont rendues possibles à partir de leurs concepts. Cependant, il est manifeste que, par les “progrès” de la science elle-même, nombre de ces suppositions se sont trouvées un jour fatalement infirmées, après qu’elles nous aient pourtant semblé largement confirmées par l’expérience.

Observons bien ici ce paradoxe qu’emporte en elle-même la notion de “progrès”, telle qu’elle se trouve appliquée à la science démonstrative. Car selon ce progrès, les propositions incertaines de ses démonstrations, mais qui nous semblent un moment être définitivement confirmées par l’usage, sont cependant condamnées à être infirmées tôt ou tard par d’autres démonstrations ou un autre usage. C’est d’ailleurs précisément par le fait que des concepts vérifiés d’hier, tels que le phlogistique, le calorique, ou l’éther, sont devenus des erreurs aujourd’hui, que nous sommes en mesure de constater qu’il y a du progrès dans cette science.

Ce constat nous rappelle non seulement, que la résolution de certaines réalités proposées comme telles par cette science demeure artificielle, mais il révèle surtout le caractère fondamentalement limité dans le temps, de la cohérence des propositions scientifiques qui concernent les aspects non directement évidents des choses.

Tout se passe en effet comme si nous étions condamnés à ne pouvoir que tenter de nous approcher de ces aspects cachés des choses, selon une succession de propositions qui s’infirment les unes après les autres, mais sans jamais devoir y accéder. Comprenons alors que c’est précisément en cette prétention qui leur est commune, de décrire l’aspect caché des choses, c’est à dire tout à la fois, l’en deçà “immanent” aux formes de l’actuel dont elles procèdent nécessairement toutes, et l’au-delà “transcendant” ces mêmes formes, auquel celles-ci aboutissent fatalement, que la science démonstrative s’identifie fondamentalement à la croyance religieuse, avec ceci que la croyance, elle, ne prétend pas démontrer ses propositions par de savantes formulations.

Ce qui est évoqué ici, c’est le fait que par des propositions quant à ce qui doit être, que, compte tenu de son inconsistance formelle, la science ne peut tenter de vérifier que par ses propres développements intellectuels, et qui ne recueillent alors notre acquiescement d’enfants ébahis, que grâce à l’autorité de leurs auteurs, cette science a dans ces aspects, rejoint le domaine de la croyance dont quelques instants, elle nous avait semblé s’être radicalement détachée.

La science démonstrative nous pose finalement deux problèmes particuliers, elle ne peut pas rendre compte de l’actuel procédant de l’erreur, par ses formulations d’exactitude, et d’autre part, elle ne peut pas davantage rendre compte du domaine de l’exactitude elle-même, parce que située hors du temps, et ignorant par cela toute relation temporelle de cause à effet, ce qu’est l’exactitude, demeure fondamentalement “indémontrable”. Celle-ci ne peut être que décrite, comme pour les préceptes religieux, et toute notre difficulté en ce sens, vient du fait que l’exactitude ne possède aucune “représentation concrète”. Nous découvrirons cependant, au cours d’une prochaine communication, qu’il nous est possible d’en avoir une “présentation discrète”, selon la disparité des choses de notre univers.

Considérons maintenant que dans la mesure où la science démonstrative, qui permet d’établir des révisions et des prévisions, à partir ou en vue des formes de l’être, et selon ses principes, ne saurait rendre compte de ces mêmes principes, qui relèvent de l’exactitude indémontrable, il faut bien que quelque chose d’autre intervienne, comme une perception “intuitive” de la logique des choses, dépassant nos cheminements intellectuels, pour que ces principes puissent être établis.

C’est bien à une telle perception intuitive de l’aspect “secret” des choses, dont il nous appartiendra une prochaine fois d’établir les dispositions de son fait, que nous devons d’être habités, même sans le concours de l’expérience, par ces convictions indémontrables qui constituent la base de notre croyance.

Nous apercevons finalement que science et croyance ne sont pas antinomiques, mais complémentaires, puisque les principes à l’aide desquels nous nous employons à rendre compte des choses de notre univers, n’ont pu être ni montrés, ni démontrés, et partant de là, leur “révélation” à notre conscience, n’a pu se faire que selon le mode de l’intime conviction, qui est celui de la croyance. Rappelons à ce sujet que ce en quoi consiste la croyance, se manifeste bien au-delà des seules préoccupations religieuses, et nous pouvons remarquer à cette occasion que, bien avant qu’aucun n’ait été en mesure d’en fournir une justification logique, nombre de découvertes et d’inventions ne doivent en réalité leur fait, qu’à l’intime conviction préalable de leurs inventeurs.

Ainsi en est-il par exemple du grand Marconi, intimement convaincu que les ondes radioélectriques, alors réputées ne pouvoir se propager qu’en ligne droite, pourraient malgré tout se transmettre par delà la rotondité de la Terre, et qui, se rendant en Angleterre, parvient avec son appareillage à transmettre un message jusqu’en France, à la faveur d’un phénomène qui ne sera identifié que bien plus tard. Ainsi en est-il également du grand Einstein, qui a “senti” l’affaire de la relativité, avant qu’à l’aide d’un ami mathématicien, il ne soit parvenu à la formuler.

En fait, c’est précisément cette capacité à faire parvenir “par-devers” soi, donc de façon “intuitive”, ce qui ne peut être acquis par un constat objectif des choses, et selon un cheminement en nous-mêmes, que certaines traditions désignent comme étant celui d’un “vent interne”, que décrit mine de rien le terme “inventer”. Il se confirme par l’expérience que, bien avant qu’elle ne soit l’objet d’un encadrement et d’un approfondissement scientifique, qui pourrait laisser croire qu’elle ne fait écho qu’à l’objectivité des choses, toute invention est le produit d’une intuition qui en constitue l’occasion, et quant à laquelle nous n’avons bien sûr aucune décision.

La difficulté qui est la nôtre maintenant, quant à la nécessité pour nous d’envisager avec sérénité cette question de la croyance, tient tout d’abord dans le fait que les doctrines religieuses emportent bien trop souvent, des tas de choses qui n’ont rien à y faire, telles que les dispositions par lesquelles certains exercent leur prétention sur les autres. D’autre part, contrairement à la façon dont ils ont été envisagés des siècles durant, qui malheureusement demeure encore celle de certains intégristes, les énoncés ne traitent normalement pas de la réalité des formes de l’être, mais des principes du peut-être qui sous-tendent ces formes, puisqu’ils concernent non pas ce qui est, mais ce qui doit être.

Il apparaît ainsi que c’est bien d’une acception littérale et maladroite de termes, qui n’étaient alors que des métaphores destinées à signifier des principes informels du peut-être, par des formes de l’être qui en relevaient, qui, dans une large mesure, nous ont valu les égarements des exégètes, de sorte que, pour nous réconcilier avec les énoncés religieux, il nous faudrait déjà les rétablir dans leur signification logique.

Que nous faut-il retenir de tout cela ? Eh bien c’est que la science démonstrative tout comme la croyance, et bien que ni l’une ni l’autre ne peuvent le justifier, s’établissent sur le “vrai”, c’est à dire sur l’ensemble des “principes éternels”, qui dans l’acception moraliste des religieux sont alors des “préceptes”, et qui sous-tendent les “vérités”, qui quant à elles, en sont les “formes temporelles”, autrement dit “occasionnelles”. Ceci signifie que si le vrai demeure bien sûr immuable, les vérités quant à elles, ne demeurent telles que pendant une durée déterminée, et c’est précisément cette détermination dans le temps, qui en fait des réalités.

Leur caractère temporel fait que les vérités sont des “déviations” du vrai, autrement dit des “erreurs”, mais qui constituent des approximations qui demeurent un moment suffisantes, d’un vrai qui nous est définitivement inaccessible, puis qui se révèlent ensuite insuffisantes, pour la poursuite de notre investigation, ce qui nous contraint à passer à une suivante. Elles s’enchainent alors selon une résolution cyclique qui est celle du temps, et de telle sorte que nous sommes à la veille de redécouvrir des vérités, qui furent celles d’époques très lointaines.

Ceci pour dire toute la vanité de ceux qui prétendent rendre compte de l’univers selon une vérité de quinze milliards d’années, et la stupidité de tous ces intégristes religieux, qui pensent que les préceptes doivent se traduire selon une forme définitive...


Paris, le 3 fevrier 2012
Richard Pulvar

dimanche 29 janvier 2012

LA SECRETE GESTATION PARISIENNE DE L’UNIVERSALITE




Pour l’instant il ne s’y passe rien, alors que se manifestent bruyamment partout ailleurs des mouvements d’indignés, et compte tenu des difficultés sociales redoutables auxquels nous avons à faire face, on peut dire qu’en cette ville de Paris, il ne s’y passe “anormalement” rien. Il nous faut donc conclure que c’est parce que “l’événement” s’y trouve en secrète gestation. Car en fait, la grande révolution “universaliste”, doit normalement prendre naissance à Paris, puisque telle est la vocation nominale du “Par-Isis”.

Cette irruption d’une considération “ésotérique”, concernant des questions de politique qui, par nécessité même, reposent sur des raisonnements relevant de la plus grande rationalité, et concernant qui plus est, notre république laïque, ne pourra manquer de surprendre certains, et de faire perdre à leur yeux de sa crédibilité au propos. Cependant, on surprendrait beaucoup de nos concitoyens, dans leur refus légitime de ne pas voir la gestion de la “chose publique”, qui comme telle, doit être dégagée de toutes considérations religieuses, athées, ou même, anticléricales, totalement polluée par celles-ci, en leur disant à quel point ces considérations se trouvent cependant, par une gestion secrète de toutes nos institutions civiles, que font des groupes à l’identité obscure, totalement au centre et malgré nous, de notre quotidien.

En réalité, c’est une douce illusion républicaine et démocratique, que de nous croire les seuls maîtres à bord de notre beau navire national. Car, s’il est évident que de nombreuses contingences “physiques”, naturelles, s’imposent à nous, par delà nos choix, moins évidentes, mais toutes aussi effectives, sont les contingences “métaphysiques”, souvent insoupçonnées, qui s’imposent à nous par le fait que si nous demeurons en principe responsables devant les autres, de nos actes, que nous avons devoir de maitriser, il est clair que nous ne pouvons avoir aucune maîtrise, quant à la constitution en nous, des “intentions” qui président à ces actes.

Il est facile de comprendre que c’est par ces intentions, telles qu’elles nous obligent, que, in fine, s’opère la véritable maitrise de nos existences, de sorte que comprendre par quoi, de quelle façon, et à quelle fin, nous nous trouvions déterminés, constituait une préoccupation quotidienne des peuples de la lointaine antiquité. Nous ne comprendrons d’ailleurs rien, sauf à les prétendre, comme le font facilement beaucoup de nos contemporains ignorants des choses, d’être d’une grande naïveté, à leur constante préoccupation astrologique, et aux constructions monumentales, titanesques parfois, qu’ils ont alors consacrées pour cette discipline, si nous manquons de comprendre que pour eux, connaitre les voies de la destinée, et leur finalité, telle que celles-ci la déterminaient, était fort logiquement la toute première des démarches à faire, avant d’entreprendre quoi que ce soit, pour ne par risquer l’échec.

Etant bien entendu que ce par quoi se trouve constituée, tant l’intention de chacun, que la détermination de tout un groupe, n’émerge pas du néant, tout ceci revient à dire qu’il existe bel et bien une disposition des choses, selon une résolution de celle-ci qui est logiquement, tout à la fois spatiale et temporelle, qui établit donc notre “vocation” à exercer, dans un lieu, et dans une période déterminés, selon un mécanisme qu’il nous reste alors à comprendre.

Il ne faut rien chercher de compliqué à tout cela, et comprendre le plus simplement du monde que nos intentions, répondent à des nécessités. Celles-ci peuvent alors être physiques, et par cela évidentes, telle que celle de nous alimenter. Mais elles peuvent être également métaphysiques, et donc sans évidence, ce qui nous laisse sans alerte quant aux contraintes métaphysiques qui sont les nôtres. Ces dernières s’imposent alors à nous, comme des besoins “affectifs”, dans le sens large de ce terme, c’est à dire dans le sens de tout ce qui procédant d’autres, est nécessaire à notre structuration psychique, aussi certainement que le besoin de manger, correspond à une nécessité de notre structuration physique...

Tout le drame de nos sociétés modernes, réside précisément dans l’ignorance totale qui est celle de la plupart des gouvernants, des “nécessités affectives” de tout fait social, alors même que l’adage dit pourtant bien que, “l’homme ne vit pas que de pain”, et seuls quelques grands “meneurs d’hommes”, qui malheureusement furent pour la plupart, des dictateurs, ont su répondre à cette nécessité.

Ces nécessités physiques ou métaphysiques, sont évidemment logiques des conditions dans lesquelles nous nous trouvons, c’est à dire de la “disposition” globale des choses qui nous entourent, parmi lesquelles bien sûr, nos semblables, qui subissent les mêmes contraintes environnementales que nous, disposition qui est donc celle du “lieu” où nous nous trouvons, et à “l’instant” où nous nous y trouvons. Et ceci, selon la double implication tout à la fois spatiale, et temporelle, du terme “disposition”, la temporelle étant “intentionnelle”, ce qui prend donc en compte la “fonctionnalité” envers nous, des choses de cet environnement.

Comprenons alors que, puisque la disposition des choses créant notre nécessité, et à laquelle répond notre intention, possède une résolution spatiale et temporelle, ceci signifie que certains éléments de cette disposition, variant avec le temps, sont “événementiels”, et tel que nous le pressentons intuitivement, il est certain que notre intention s’établit en fonction des différents événements que nous vivons, et elle ne nous semble alors ne répondre qu’à cela. Mais, ce que nous ne soupçonnons habituellement pas, c’est que certains autres éléments de cette intention, ne relèvent pas de la “circonstance” temporelle des événements, mais de la “constance” spatiale des choses, qui est celle du “lieu” dans lequel nous nous trouvons.

Ceci signifie que sans jamais en prendre conscience, parce que justement aucun événement ne signale ce fait, nous sommes bel et bien “déterminés” à exercer, en fonction du “lieu” dans lequel nous résidons, selon une vocation qui est donc une “vocation de ce lieu”, c’est à dire telle que celui-ci se trouve “nommé”.

Ce qui se trouve évoqué ici, c’est le fait d’un rapport fondamental existant entre les deux aspects, “subjectif” et “objectif”, de ce que nous appelons une “vocation”, c’est à dire celle d’un sujet qui exerce afin d’un objet, donc objectivement, et celle d’un objet qui détermine un sujet à exercer, donc subjectivement, et le “processus de nomination”, selon lequel ils se trouvent “nommés” l’un et l’autre, par nous. C’est d’ailleurs cette relation qui nous vaut l’ambivalence existante entre ces deux termes, le “nom”, c’est à dire ce par quoi nous sommes appelés, et la “vocation”, c’est à dire ce à quoi nous sommes appelés.

Cette histoire du rapport fondamental existant entre “nom” et “vocation”, et qui explique que nous sommes individuellement déterminés selon le nom que nous portons, et collectivement déterminés, selon le nom de l’endroit où nous résidons, est une question passionnante, mais dont la difficulté réside dans le fait que son explication fait intervenir des quantités d’autres notions, dont l’exposé ici nécessiterait de nombreuses pages.

Dans la difficulté qui est la mienne ici, et qui est de ne pas faire trop long pour avoir des chances d’être lu, mais de faire malgré tout suffisamment précis, pour avoir des chances d’être compris, je vais vous en dire quelques mots, en m’excusant par avance du caractère fatalement insuffisant de cette explication, mais sans en percevoir pleinement toute la logique, ceci vous permettra, je l’espère, d’entrevoir un peu ce dont il s’agit.

Attardons-nous donc quelques instants sur des considération “cosmologiques”, en rappelant tout d’abord que les anciens Grecs opposaient la notion de “Chaos”, c’est à dire le “désordre”, à celle de “Cosmos”, c’est à dire “l’Ordre”, celui selon lequel se trouvent régies les choses de notre univers. Dans cette compréhension des choses, et selon le sens que nous donnons ici à ce terme, la “cosmologie” c’est l’étude de l’ordre universel des choses, ce qui va bien plus loin que le sens habituel que lui donnent les astrophysiciens, pour lesquels il s’agit de l’étude de l’ordre des seuls objets célestes. Nous devons alors comprendre qu’il ne s’agit là que de l’aspect le plus spectaculaire du “Cosmos”, c’est à dire de cet ordre universel, qui régit non seulement les objets célestes, mais tout le reste, de l’atome jusqu’à la galaxie.

Ainsi, d’un point de vue cosmologique, le “nom”, est l’exercice d’une contradiction partielle et occasionnelle du “Mon”, terme qui désigne la tendance globale des choses de notre univers, à n’en former plus “qu’une”, selon le sens fondamental de “uni-versus”.

Le Mon, qui procède de ce que les anciens Egyptiens nommaient justement “A-mon”, avec la valeur privative du “a” préfixe, pour bien signifier qu’il ne pouvait être l’objet de son propre exercice, est donc la tendance globale des choses, autrement dit de “tout”, à se fondre dans “le Tout”, cet Amon, qui par cet exercice, leur est “futur”. Ceci, étant entendu que les choses ne peuvent tendre que vers ce qui leur est “à venir”. Il s’agit donc ici, d’un phénomène “gravitationnel” déterminant les choses au Tout, donc à leur “avenir”, et dont la manifestation la plus spectaculaire, est bien sûr la gravitation des objets célestes. Ainsi, pour connaitre, non pas “l’avenir”, comme prétendent stupidement le faire les astrologues d’aujourd’hui, mais la “tendance globale des choses”, et pouvoir vérifier ainsi qu’une action entreprise ne sera pas contrariée par celle-ci, les augures de l’antiquité observaient le “Mon” selon les “astres”, dans des observatoires qui étaient précisément dit “mon-asterium”, ou plus exactement au pluriel “mon-asterii”, terme qui à bien sûr donné en français le mot “monastère”.

Le Mon étant une manifestation du “Mana”, celui là même des gens de l’ile de Pâques, (nous développerons une prochaine fois), l’officiant du monastère était nommé le “mana-ke”, ou le “mono-ke”, avec “ke”, qui est un descriptif de l’homme dans sa “quête”.

Un de ces “mana-ke”, un perse du troisième siècle, devint célèbre en étant connu sous le nom de “Manichée”, et pour avoir énoncée une doctrine selon laquelle l’homme résultait d’un affrontement entre la lumière et les ténèbres, portant le nom de “manichéisme”.

Le terme “mono-ke” fut hellénisé en “monocheus”, puis latinisé en “monachus”, qui à donné en français le terme “moine”. Mais le nom “mana-ke” fut par l’usage, donné tant à l’officiant, qui était un “indicateur” du Mon, qu’à son registre servant lui aussi d’indicateur, et sur lequel il consignait ses observations selon un calendrier que les Arabes nommeront alors, “al manach”. C’est également par le terme “manach”, que les bretons désignent un moine.

Le “nom” quant à lui, contrariant partiellement le “Mon”, est ce par quoi une pluralité de parties se constitue en un “tout”, donc “comme Un”, de façon spécifique au sein du “Tout”, qui lui et lui seul, est véritablement “Un”. Il s’agit d’ailleurs en ce qui est Un, d’une autre signification, cohérente à la première, du terme “Amon”, dit “l’unique”, et par lequel s’exerce le Mon, exercice comme tel, de la “destinée”, le “Tout” étant la destination finale de “tout”.

C’est donc selon un exercice désigné “nom”, qu’un “tout” quelconque, autrement dit, un “entier”, se trouve constitué. Ceci, par un ensemble de parties qu’en ce sens il “comporte”, et selon la disposition desquelles s’établit alors son “comportement”. Ceci, étant entendu que la capacité à exercer d’un individu par exemple, constitué comme étant “un”, est évidemment logique de la façon dont il se trouve constitué, c’est à dire selon la diversité et la complexité de ses parties, par laquelle se trouvent établis ses caractères précisément dits, “nominaux”. C’est en ce sens que sa réponse à une sollicitation quelconque, est dite “comportementale”.

Ainsi sommes-nous tous pareillement sollicités selon le Mon, exercice de la destinée, mais c’est par la diversité des réponses à cette sollicitation, chacun selon la façon dont il se trouve constitué, que s’établit la diversité des comportements individuels. C’est bien sûr en rapport à cette réponse, que se trouve établie la “vocation” de chacun, puisqu’un individu ne peut être logiquement “voué”, qu’à ce dont il est capable. Ceci revient à dire qu’il existe une stricte correspondance entre la vocation d’un tout, et sa capacité à l’accomplir, selon la façon dont il se trouve constitué par son nom, d’où la corrélation existante entre vocation, et nom.

Il nous reste alors à comprendre quel est le rapport entre le nom que nous donnons aux choses selon le processus de “nomination”, et le nom, processus de constitution de ces choses.
Là encore, il faudrait des pages, mais disons pour faire court, que la façon dont nous désignons les choses, est logique de la façon dont nous en percevons, consciemment où non, des caractères logiques de leur constitution, selon la pluralité de nos sens, et de la façon où, partant de ces informations, nous les concevons en entités, selon la singularité de notre sens. Ce sont les éléments principaux de la chose ainsi conçue, que nous exprimons selon une logique du langage qui là également, nécessiterait des pages pour être exposée, mais sur laquelle nous feront par nécessité l’impasse, non sans avoir dit cependant, que dans ses axes principaux, il existe une, et une seule structure logique universelle du langage, qu’il s’agisse alors du langage articulé des humains, ou du langage que constitue les “entretiens” s’opérant entre les différentes parties de notre univers, qui s’échangent entre elles, et selon lesquels se développent les différentes manifestations physiques en celui-ci.

Or, il se trouve que pareillement, c’est selon un même logique universelle que s’opère la constitution physique d’entités, et la constitution psychique, autrement dit métaphysique de celles-ci, telle que nous les concevons. Ceci signifie clairement que c’est la même logique qui préside à la constitution formelle et concrète d’une réalité physique, comme étant “une”, que celle qui préside à la façon dont nous la concevons par notre psychisme, puisque là aussi nous la faisons “une”, et c’est pour cette raison même, qu’il y a identité entre ces deux procédures.

Dès lors, puisque nous désignons les choses telles que nous les concevons, et que nous les concevons telles qu’elles se trouvent constituées, le nom que nous donnons aux choses, étant descriptif de leur constitution, établit en ce sens leur capacité comportementale, et par là, leur “vocation”.

Ainsi en est-il du nom qui fut donné à la ville de Paris, et selon lequel se trouve établie sa vocation universaliste, puisqu’il s’agit du “Par-Isis”, c’est à dire de “l’enceinte sacrée”, dans laquelle doit s’opérer la gestation de la fonction “isiaque”, de la “Mère” universelle, Isis, celle dont l’église catholique va faire “Marie”.

Il s’agit en cette fonction, du rassemblement des parties dispersées d’un tout, afin d’une “renaissance” osirienne, de ce tout. Ceci, selon la tradition égyptienne qui nous dit qu’Isis s’est employée à rassembler les parties dispersées de son frère “Osiris”, assassiné puis découpé en morceaux ensuite dispersés, par son autre frère “Seth”, afin de lui redonner vie.

Notre humanité s’est réalisée dans la disparité actuelle de ses parties, c’est à dire selon sa déclinaison en une pluralité de races, par l’exercice d’un “sectarisme”, dont le principe se trouve signifié dans la tradition par Seth. Ceci, à partir de l’espèce unique “homo”, qui est une espèce “d’hominidés” s’étant constituée par hybridations successives à partir d’une pluralité d’espèces “d’hominiens”, et afin que par cette “polarisation raciale”, elle puisse procéder à l’acquisition de données nécessaires à son évolution, selon un des pôles, et procéder parallèlement à la rétrocession de données périmées, selon l’autre pôle. Ces deux fonctions, relevant de deux déterminations opposées, ne pouvaient être effectuées par une seule et même catégorie d’hommes.

Pour ceux qui veulent en savoir plus à ce sujet, je les renvoie à un développement publié ici même et intitulé “quant au sexe, et à la race”, que vous trouverez dans mes articles.
Parvenue au fait de ce sectarisme “sethien”, il faut maintenant afin de sa renaissance en une nouvelle humanité, que s’opère un rassemblement de ses parties afin que celles ci se fondent en une entité, sous un exercice dont la tradition désigne le principe, par Isis.

Telle est donc la vocation telle que nommée de la ville de Paris, à savoir rassembler selon certaines institutions, et c’est bien ce qu’elle à fait jusqu’à ce jour, les peuples de toute la Terre afin de parvenir à une nouvelle humanité, par le rétablissement de celle-ci dans son universalité d’origine, objet de la grande “révolution universaliste” qui doit s’y développer. Nous devons donc comprendre que son immobilisme actuel, autrement inexplicable, doit être significatif d’un calme précurseur à de profonds bouleversements. Mais ce que nous devons surtout comprendre, c’est que cet espace fut ainsi nommé, le Par-Isis, et en cela, consacré à la déesse Isis, dans des temps immémoriaux, par des explorateurs africains, en quête d’excellence, et peut-être ancêtres lointains de certains de ceux qui aujourd’hui, sont tout blancs. Ceci, à cause de leur découverte d’un “tellurisme” tout à fait particulier, qui s’exerce dans cette région du monde, qui de ce point de vue, n’est pas une région comme les autres, parce qu’elle constitue ce que la tradition désigne comme étant une “terre de lumière”.

C’est d’ailleurs à ce tellurisme particulier que nous devons que la ville de Paris soit dite “ville lumière”, parce que sise en terre de lumière, autrement dit en “Lu-tetia”.

Pour ceux que cette question intéresse, et pour une meilleurs compréhension des choses, je les invite là encore à consulter un article que vous trouverez situé dans les fins fonds des tout premiers que j’ai publiés ici, et intitulé “celle qui fut enlevée”, et un autre plus récent intitulé “liberté, égalité, fraternité”.

Ce tellurisme particulier de la ville de Paris, se manifeste par le fait qu’il permet à ceux qui s’y trouvent soumis, de tenter là, d’atteindre leur “excellence”, mais sa particularité réside dans le fait que cette faveur ne concerne pas les hommes conçus et nés à Paris, car il ne produira rien de plus sur ces hommes que ce qu’ils sont déjà. Ceci signifie qu’il faut un degré de contradiction, entre la constitution d’hommes conçus ailleurs, et l’exercice d’un tropisme auquel ils n’auraient pas offert résistance, s’ils avaient été conçus selon lui, en ne permettant pas que ce tellurisme puisse réaliser une détermination intéressante et exceptionnelle sur eux.

Ceci, étant bien entendu que nous ne saurions nous appuyer et exercer sur un mur, si ce mur se dérobait, ce qui signifie que dans tous les cas, il ne peut y avoir exercice, que sur un objet offrant une résistance à cet exercice.

Ainsi, si nul n’est prophète en son pays, nul ne devient davantage génie en son village, et la “terre de lumière” n’est une terre d’excellence, que pour des hommes venus d’ailleurs. C’est précisément ce que ne comprennent pas les Français, qui se demandent que viennent donc faire aussi nombreux, ces gens d’aussi loin jusqu’à chez eux, alors même qu’ils savent maintenant, qu’ils n’y seront pas les bienvenus. Ils sont alors bien loin de réaliser que le tellurisme exerçant en ce lieu, pour des hommes qui n’y sont pas nés, les conduisant à un haut niveau de conscience, et que la conscience étant précisément ce par quoi notre humanité se constitue comme étant “une” ( il faudrait beaucoup développer ici, nous verrons donc cela une autre fois…), c’est tout à fait logiquement que les explorateurs africains ont consacré l’endroit à la déesse Isis. Mais ce faisant, ils ont par cette nomination même, voué cet endroit à exercer son attraction sur tous les autres hommes, qui se trouvent ainsi selon leur comportement, plus ou moins fortement déterminés à s’y rendre, et sans même rien comprendre à ce qui justifie cette détermination.

Il est facile d’admettre que ce n’est certainement pas l’amabilité des Parisiens, ni la qualité de l’accueil fait aux étrangers, qui fait que cette ville est la plus visitée au monde. Elle constitue donc, au-delà de son attrait touristique immédiat, le lieu d’une quête d’excellence, pour des hommes qui sont donc prêts, à “affronter” pour cela.

Il faut dire que de leur coté, les candidats à l’aventure ne savent pas eux-mêmes plus précisément d’où leur vient leur obsédée et puissante motivation, et se donnent curieusement des prétextes de facilité de l’existence, qu’ils espèrent trouver, comme raison de leur périple. Ceci alors qu’en réalité, sans jamais en prendre conscience, ce sont justement les épreuves, toutes celles qu’on ne cesse de mettre en travers de leur route pour les dissuader de venir, qu’ils s’en viennent confusément chercher, affronter, afin de se réaliser, en triomphant d’elles, sur ce qui constitue leur terre d’excellence, celle-ci ne pouvant être partout.

Il est de fait que dans la mémoire des hommes, le lieu d’un mieux s’est toujours trouvé dans un ailleurs, et que la quête “d’excellence”, fut bien souvent liée à “l’exil”, tel que celui des populations européennes vers les Amériques. Mais ce qu’il est intéressant de noter ici, c’est que ces hommes viennent ici parce qu’ils se veulent dans “l’événement”, c’est à dire là ou les choses se passent. Mais ce dont ils ne prennent pas conscience eux-mêmes, c’est que par leur initiative, qui est constamment dissuadée, mais dont ils transgressent l’interdit, c’est précisément eux, qui par cette attitude, constituent l’événement qu’ils étaient venu chercher.

Il n’est qu’à constater l’importance qui pourrait paraître démesurée, du débat quant à l’immigration, à chaque élection, pour comprendre que même si c’est par facilité électorale, que des candidats peu scrupuleux, s’en viennent solliciter les bas instincts racistes de certains électeurs, il demeure évident que dans la totale platitude du débat social actuel, c’est bien cette question obsédante qui constitue le véritable événement, c’est à dire le seul susceptible d’être l’occasion de changements. Car, s’il doit se produire des changements fondamentaux dans la structure sociale du pays, au vu de la stérilité conceptuelle totale des leaders politiques autochtones, il est clair qu’il n’y a plus que du coté de l’immigration, comme dernier espoir, que nous pouvons attendre qu’un véritable souffle novateur, puisse enfin se développer.

Si donc il ne se passe actuellement rien à Paris, c’est tout simplement parce que les acteurs désignés par le cosmos afin du formidable “événement”, c’est à dire tous ces hommes venus de différentes contrées d’Afrique ou d’Asie, et des Antilles, n’ont pas encore pris conscience, que désormais, c’est à eux d’agir, parce que c’est eux qui se trouvent en terre de lumière, et qui possèdent donc sur celle-ci, la capacité comportementale nécessaire pour cela.

Il ne faut pas être surpris de cette spectaculaire et accablante incapacité métropolitaine, qui fait que le pays tout entier se trouve plongé dans une sorte de coma. Comprenons en effet, que les peuples comme le grand peuple français, qui ont produit tant de choses dans leur civilisation, ne l’ont pas fait en respirant simplement l’air du temps, mais en “usant” d’une capacité considérable qui fut la leur, et dont ils s’illusionnent aujourd’hui, en être encore en possession, alors même qu’ils en ont justement largement “usé”.

Ceci signifie qu’il n’existe selon la logique du cosmos, aucune possibilité “d’usure”, d’un “inusable”, ce qui revient à dire que tout ce dont nous “usons”, et bien s’use fatalement, serait-ce une donnée métaphysique impalpable telle que la “capacité” d’un peuple à exercer, qui ne constitue précisément une capacité, que parce qu’elle se trouve quantifiée, limitée, et contenue d’une façon ou d’une autre, en ses objets.

L’illusion des Français est donc de se croire, parce que demeurés globalement blancs, aussi “capables” que leurs vaillants ancêtres, parce que selon le discours imbécile de certains racistes, ils ont eu la faiblesse de croire que cette capacité était liée à leur génétique. Ils ne comprennent alors absolument rien à ce qui leur arrive, contraints de constater par la force des choses, leur incapacité d’aujourd’hui, pour prix de laquelle ils cherchent alors des coupables, au sein d’eux-mêmes. Et ceci, en fermant également les frontières aux autres races, suspectées de participer à l’affaiblissement de la nation, par un affaiblissement de sa race.

Or, c’est précisément de ce point de vue qu’ils ont tout faux…!

En réalité, la capacité d’un peuple, est une donnée qui s’établit lors de la constitution de celui-ci, par le rapprochement, le plus souvent conflictuel, d’au moins deux autres peuples lui donnant naissance. Ainsi en a-t-il été des Gallo-romains, issus de la rencontre conflictuelle entre Gaulois et Romains, et des Français, principalement issus de la rencontre conflictuelle entre les Gallo-romains et les Francs, étant entendu, qu’il y a eu bien d’autres composantes dans le fait français, qui lui ont justement donné toute sa force.

Car, l’intérêt, c’est de voir le nouveau peuple se constituer malgré un très haut degré de contradiction établi entre ses différentes composantes, puisque c’est selon cette différence, laquelle constitue en quelque sorte l’équivalent de la “différence de potentiel” d’une capacité électrique, que s’établit précisément la capacité de ce peuple à exercer. Elle s’entretient alors au cours de l’histoire, au gré des différents flux migratoires, qui constituent autant d’occasion de “recharger” la batterie…

Dans ces conditions, et tel que nous pouvons le constater en France, une politique raciste de fermeture des frontières, contient en elle-même, la punition de sa félonie.

Il doit être entendu une bonne fois concernant cette affaire, que le “fait civilisateur”, est la “métaphysique culturelle” d’une “collectivité”, qui se situe comme telle, au-delà de la singularité des individus, et que dans ces conditions, c’est une démarche totalement imbécile, que de vouloir lui trouver des explications dans la “physique naturelle” de ces individus, autrement dit dans leur génétique.

Tout ceci signifie simplement que l’explication d’un alignement de colonnes, ne tient pas dans la nature de ces colonnes, pour que certains puissent venir dire que c’est parce que ces colonnes sont d’une race supérieure aux autres, qu’elles se trouvent si bien alignées. Il est temps d’en finir avec toutes ces sottises racistes, qui consistent à vouloir expliquer la grande intelligence de l’organisation de la fourmilière, par une intelligence supérieure de la fourmi.

Ceci, d’autant que la grande diversité actuelle des composantes de la société française, permet de comprendre que si celle-ci se constituait enfin, en s’acceptant telle qu’elle est, c’est-à-dire sans que certaines de ses parties ne viennent contester la légitimité des autres, d’en être, le fort degré de contradiction existant entre ses parties, permet de dire qu’une renaissance de la société française, s’acceptant à un carrefour de son histoire, du même ordre que ceux que furent la rencontre Gaulois et Romains, où la rencontre Gallo-romains et Francs, devrait déboucher sur une des plus brillantes civilisations que notre Terre aura porté.

Malheureusement, les Français européens, ne sont plus en situation de pouvoir mener favorablement cette affaire, et c’est maintenant aux hommes venus d’ailleurs d’exercer.

Il est temps qu’ils perdent leur complexes, avec ce sentiment d’être éternellement des étrangers malgré les années qui passent, et mêmes pour certains, le sentiment culpabilisant de se trouver sur la terre des autres contre la volonté de ces derniers. Il faut qu’ils se sentent enfin entièrement responsables du devenir de ce pays dans lequel ils vivent, et qu’ils doivent malgré bien des griefs, servir pour le mieux, en prenant conscience qu’ils seront de toutes les façons, les premières victimes d’une dégradation de la situation, qu’ils auront laissé s’établir.

Il faut qu’ils pensent également à leur obligation “sacrée” de mettre fin par leur action, à la politique raciste, belliciste et colonialiste, par laquelle ce pays, désormais aux mains de gangsters internationaux, ne cesse d’offenser et de martyriser la terre de leurs ancêtres, et ses peuples.

Et surtout, il faut qu’ils se gardent bien d’insulter le cosmos qui les a fait venir ici, en établissant ainsi leur vocation, et par-là, leur lourde “charge”, envers notre humanité entière, qu’ils ne doivent absolument pas trahir, car le ciel n’offre pas des chances pour qu’on vienne les gaspiller, il est généreux, mais susceptible...


Paris le 27 janvier 2012
Richard Pulvar

lundi 23 janvier 2012

N’OUBLIONS PAS ABIDJAN ET TRIPOLI !



Au comble de leur infamie, après s’être mis d’accord pour s’en aller bombarder, massacrer, et dévaster, à des milliers de kilomètres de chez eux, des populations et des villes, de pays lointains dont ils ne savaient rien, et qui ne leur avaient strictement rien fait, les partis crapuleux de gauche et de droite, fauteurs de ces crimes et de ces malheurs, semblent là encore s’être mis d’accord, pour exclure de leurs affrontements électoraux, ces questions de politique étrangère, là où il y aurait bien sûr le plus à dire, quant à leur totale malfaisance...

Tout se passe donc comme si la survie du porte-monnaie des Français, question d’un intérêt universel comme chacun sait, constituait un sujet qui ne souffrait pas le moins du monde d’être concurrencé par les questions quant à la survie des gens de ces contrées dévastées, par ceux qui en leur nom, ont massacré des dizaines de milliers de personnes, pour pouvoir s’approprier les richesses de leurs pays, et que l’intérêt du porte-monnaie gaulois, valait davantage que la vie de ces gens, et constituait un sujet plus grave et plus préoccupant, que le malheur des survivants.

Ainsi, au mépris du droit des peuples de pays souverains, de disposer d’eux-mêmes, au mépris de leur liberté, de leur dignité, et de la vie même de leurs ressortissants, et à tout le racisme crasseux de ceux qui pensent qu’étant d’une essence supérieure à celle des gens du Sud, il leur appartient de décider à leur place de ce que doit être leur forme de gouvernement, s’ajoute le mépris de considérer si l’action d’une sauvagerie inouïe, menée coutre eux, au motif de leur apporter encore une fois, la “civilisation”, aurait eu quelque conséquence qualifiable dans un sens ou dans un autre, eu égard sait on jamais, à quelques buts de guerre, puisqu’il y eut bel et bien “guerre”.

Rien de tout cela ne semble avoir d’intérêt pour les braves et honnêtes citoyens de ce pays massacreur, et c’est au comble de l’indécence que nous voyons se congratuler, ces gens d’un parti prétendument “progressiste”, pour la logorrhée de leur champion déclinant son catalogue de bonimenteur, bien sûr de tradition en saison électorale, sans qu’à aucun moment, le moindre compte ne lui soit demandé, quant au trois actes qui furent de loin les plus graves de cette triste mandature, et pour lesquels il a apporté son franc soutient, c’est à dire les trois guerres criminelles et imbéciles, dans lesquelles la nation toute entière s’est trouvée engagée.

Le courage n’est visiblement pas de ces rangs là. Mais, malheureusement il demeure que jusqu’à ce jour, même si tous ces gens ne veulent d’évidence plus rien en savoir, hors la capture des richesses de la Côte d’Ivoire et de la Libye, qui était le véritable motif de ces croisades colonialistes, ni la démocratie, ni la justice, ni la liberté, ni le droit, et surtout pas la paix, n’ont à ce jour été apportés dans ces pays qui, en plus de la dévastation totale de leurs équipements publics, et le pillage de leurs ressources naturelles, se voient infligés une dette pour leur faire payer les bombes qu’on leur à balancées, et dont on espère que les traitres placés à leur tête, s’en acquitteront.

A cette heure où nous parlons, on se bat encore dans ces contrées, et des nouvelles d’exactions de la part des marionnettes au pouvoir en Côte d’Ivoire nous parviennent tous les jours. Quant à la Libye, nous en sommes déjà à l’heure des règlements de compte entre factieux, probablement à cause de mécontentement quant au partage du gâteux, que constitue la partie restreinte des avoirs de cette république, restituée par les braqueurs occidentaux.

De ces désastres causés en leur nom et par leurs forces armées, nos braves concitoyens n’en ont cure, et ils s’en iront aux urnes, avec l’espoir que la victoire de leur champion, les soulagera d’une partie de leurs impôts, et sans se soucier de savoir combien les bombes qui furent achetées avec ceux qu’ils ont déjà payés, ont pu tuer, avec leur consentement implicite, de gens qui ne leur avait pourtant absolument rien fait...

Le bellicisme ne peut pas être célébré, comme étant une option progressiste, à chacun donc, d'être digne de son droit de vote...

Paris, le 23 janvier 2012
Richard Pulvar

dimanche 22 janvier 2012

TELLE EST L’ORIGINE DE LA DOULEUR AFRICAINE




“ La race noire est le débris d’un monde antérieur, elle a survécu misérablement, au théâtre de sa gloire et de sa puissance.”

Cette phrase, totalement surprenante pour son époque (1845), est celle de l’écrivain et homme politique français, Alphonse Esquiros (1812-1876). Elle résume fort bien tout, mais nécessite maintenant malgré cela, que nous en disions plus...

Ainsi, à cette heure d’une renaissance qui à enfin sonné pour eux, les Africains doivent comprendre que s’ils ont enduré en endurent encore tant de difficultés, c’est tout simplement parce qu’ils reviennent de très loin, et que l’histoire se moque de l’éphémère des hommes, car elle ne révèle sa logique, qu’en termes de siècles et de millénaires...

Pour vous rendre compte à quel point cet homme, Alphone Esquiros, était visionnaire, constatez ce qu’il écrivait déjà en cette année 1845, soit plus d’un siècle et demi avant notre actuelle mondialisation Vous apprécierez...

“ Il se passe en ce moment sous nos yeux un grand fait, qui, à demi voilé encore dans les ténèbres de son origine, échappe à notre attention ; ce fait est celui du mouvement des races les unes vers les autres. Jusqu’ici les divers groupes du genre humain vivaient isolés : les gouvernements et les institutions contribuaient à fomenter entre les peuples des divisions infinies. La nature, de son côté, avait pourvu à la conservation des caractères qui distinguent les races en les séparant par des mers, des montagnes, des fleuves, des distances, autant de limites qui suffisaient à les contenir. Cet isolement a été nécessaire. Il importait que les différentes fractions du genre humain ne confondissent pas les traits et les nuances qui les constituent, avant que le développement se fût conformé chez chacune d’elles au type idéal qui lui est propre.

Cette condition a été remplie. Aujourd’hui une tendance contraire se manifeste : les races se recherchent ; ni les institutions politiques dans lesquelles l’ignorance s’efforçait de les parquer, ni les obstacles matériels, ne les divisent plus. Le genre humain est à cette heure comme un serpent qui cherche à réunir ses tronçons dispersés çà et là par les bouleversements du globe et par les révolutions de l’histoire”.

Quelle modernité ! Impressionnant n’est-ce pas pour cette époque ?

Ainsi, Alphonse Esquiros, personnage que malheureusement je découvre seulement, nous dit selon sa troublante inspiration, que la race noire, c’est à dire celle telle qu’il pouvait la constater à son époque, n’était que les “débris d’un monde antérieur”. Il situait donc bien ses faits, à l’antériorité du monde européen, et ajoutait de façon inattendue, qu’elle a survécu misérablement, au “théâtre de sa gloire et de sa puissance”.

C’est donc, après Favre d’Olivet, mais bien avant Leo Froebenius, Salomon Reinach, et quelques autres, un des rares auteurs européens, à avoir envisagé, non seulement, l’idée d’une antériorité des civilisations africaines, sur les européennes, mais surtout, à avoir rendu compte du fait que l’état déplorable dans lequel se trouvait l’Afrique, à l’heure où après trois siècles d’hémorragie humaine à cause de la traite esclavagiste, les colonialistes s’apprêtaient à lui porter le coup de grâce, résultait en réalité, d’un long déclin.

Reinach et surtout Froebenius, l’ayant découvert, ont bien compris que l’extraordinaire richesse de “l’oraliture” africaine, n’était certainement pas le produit de peuples “primitifs”, comme l’ont cru et le croient encore, bon nombre d’Européens, mais tout au contraire, de peuples ayant parcouru un long “cycle”, qui les a fatalement ramenés à des situations proches de celle du départ de leur longue aventure. Ceci, selon une logique temporelle dont je vous entretiendrai par un nouvel article qui sera intitulé :

“ La ronde des races, et des civilisations ”

A bientôt donc.


Paris, le 17 janvier 2012
Richard Pulvar

QUAND LA DEMOCRATIE EN EST REDUITE A SON SIMULACRE




C’est un fait incontestable, il se trouve à chaque fois une large majorité des Français, contre chacun des quatre candidats déclarés, les mieux placés pour l’élection présidentielle, susceptibles d’accéder au second tour, et de finalement l’emporter.

Le vainqueur qui ne représentera en réalité que son clan, et même qu’une fraction de celui-ci, ne le sera que parce que ses concurrents seront jugés encore plus néfastes que lui. Ceci, de sorte que l’élection aboutira à la désignation aux plus hautes responsabilités de la nation, d’une personne dont en fait, une large majorité des citoyens n’aura pas voulu..!
Est-ce bien cela la démocratie..?

C’est la mise en œuvre des procédures administratives et partisanes, qui n’ouvrent désormais la voie des investitures, qu’à des carriéristes de la politique, qui nous vaut d’être dans cette impasse...

Partant de là, le rôle de tout citoyen digne de ce nom, dans sa pertinence, sa dignité, et sa responsabilité, est de constater que nous sommes parvenus à un tel niveau d’incohérence de nos pratiques, qu’il dénature totalement notre démocratie, la réduisant à un simulacre d’elle, et donc de s’opposer vivement contre ce mensonge, plutôt que d’espérer de la façon la plus malhonnête qui soit, et au mépris le plus total de ses concitoyens, que c’est finalement son champion qui en tirera avantage...


Paris, le 21 janvier 2012
Richard Pulvar

NE PAS SE TROMPER DE COMBAT




Un ordre mondial est nécessaire, car le désordre actuel dans lequel règne sans limite la loi du plus fort, ne nous réserve que des affrontements de plus en plus violents, compte tenu des ambitions légitimes des nations du Sud, et de leur croissance démographique, quant à la répartition des espaces, des ressources naturelles, et des richesses produites, et ce désordre ne peut conduire à terme, qu’à la soumission du plus grand nombre, par quelques puissants.

D’autre part, il est manifeste qu’une réorganisation totale du système monétaire international s’impose, pour que le fruit du travail de millions de gens de soit pas détourné, ou ruiné, par les spéculateurs, les faux monnayeurs institutionnels, et les usuriers.

Ce contre quoi il nous faut donc luter, c’est contre le “Nouvel Ordre Mondial” tel qu’il nous est imposé par des obscurs, et tel qu’il verra fatalement la victoire de ces “comploteurs”, si, compte tenu que la nature a horreur du vide, manquant en cette circonstance de nous doter d’un ordre, voulu, pensé, promu, par nous, et pour nous mêmes, notre seule opposition à leur entreprise malfaisante, se résume à :

“Pas d’ordre du tout, et chacun dans son coin”.

Cette tendance individualiste de replis sur soi, promue avec des thèmes comme le retour à une monnaie nationale, et la fermeture des frontières aux productions étrangères, après celle existante déjà concernant les personnes, ne peut conduire qu’à une impasse. Car, ces dispositions autarciques rétrogrades, ne règleront en rien le problème de la très grande diversité des produits qu’aucune nation ne saurait satisfaire par elle-même, d’une façon qui rendrait ces produits accessibles à tous, ni symétriquement, celui des exportations qui sont nécessaires à toute économie, et surtout pas celui des “outils” de règlement de ces échanges.

Cette attitude ne correspond finalement qu’à un refus d’affronter, en ignorant leur nécessité, les épreuves de notre époque, qui verra selon la logique historique des choses, l’émergence à plus ou moins long terme, d’une conscience et d’une citoyenneté universelles, et qui nécessitent dès à présent, la mobilisation de notre imaginaire, et de toute notre meilleure volonté, pour y parvenir positivement...

Penser et promouvoir un ordre mondial social et juste, par la concertation la plus large possible, afin de son libre acquiescement par les peuples du monde, est la seule façon d’éviter le cataclysme de civilisation, qui sinon ne manquera pas de se produire, par les affrontements qui se préparent au nom du “nouvel ordre mondial”, des prédateurs et des profiteurs.


Paris, le 19 janvier 2012
Richard Pulvar

COMPRENDRE LES CHANGEMENTS DU MONDE





Il s’agit en l’illustration ci-dessus, du train à grande vitesse chinois. Il ne s’agit pas simplement d’une copie de notre TGV, même s’il n’est pas douteux que les chinois s’en sont bien inspirés, mais celui-ci est de plus, construit en matériau composite-carbone, selon des techniques jusqu’alors réservées à l’aéronautique, ou à la formule 1, afin de gagner du poids. Il ne constitue donc pas une simple copie du nôtre, mais bel et bien un modèle plus évolué, qui promet des performances encore supérieures à celles du TGV, et qui nous fait perdre un des derniers domaines, où nous pouvions encore prétendre à l’exception de notre compétence.

Les Chinois ayant signé avec Airbus, un accord selon lequel ils fabriqueront une partie des avions qu’ils ont achetés, il n’est pas douteux qu’en fin de ce contrat, ils seront en mesure de très sérieusement menacer, tout comme le sont déjà les ambitieux brésiliens avec Embraer, le monopole que se partagent actuellement Airbus et Boeing, pour la fabrication d’avions de ligne commerciaux.

Tous les jours qui passent nous apportent des signes de la nouvelle donne qui se met en place au niveau mondial, face à laquelle les peuples de l’occident, persuadés que la mondialisation ne consiste en fait, qu’à ce que tous les autres peuples deviennent comme eux, demeurent impassibles, et enfermés comme à leur habitude, sinon dans le mépris, mais pour le moins dans un désintérêt total de ces autres, ne mesurant pas qu’au train où vont les choses, eux qui se vivent encore comme le nombril du monde, finiront bientôt aux marges de celui-ci.

Il y a bien sûr, les performances économiques et technologiques des pays émergents, tels que ces surprenants Iraniens, désormais capables de placer avec leur propre fusée, un satellite sur orbite, et qui n’ambitionnent rien de moins que de procéder d’ici quelques années, à un vol habité, par leur propres moyens, ce qu’aucun pays européen n’est en mesure de faire, et que ne peuvent faire pour l’instant, que les Russes, ou les Chinois, depuis la mise à la retraite des navettes Américaines. Ils ont également surpris tout le monde, en parvenant à détourner, un des drones les plus sophistiqués des Américains, et aveugler à l’aide d’un laser, un de leurs satellites espions.

Mais, par delà même ces péripéties, c’est dans l’établissement de relations et d’accords de plus en plus nombreux entre pays du Sud, tant sur le plan économique, que politique, et auxquels tentent par tous les moyens de s’opposer les nations occidentales, que se dessine le plus manifestement, le déplacement du “centre de gravité” de notre humanité.

Il y a eut bien sûr, ces nombreux voyages du président chinois Hu Jintao, à travers tout le continent africain où, presque partout, mais à l’exception notable de la Côte d’Ivoire où l’ancienne métropole coloniale n’a pas hésité à provoquer une guerre civile et un coup d’état, pour éviter cet événement, les commis chinois ont supplanté les colons français dans leur traditionnel “pré carré”. Il y a également les deux importants voyages effectués en Chine, et en Afrique du Sud, par madame la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, ancienne militante progressiste qui fut dans son jeune temps, emprisonnée puis torturée du temps de la dictature, et qui est parvenue à la tête de cette nation optimiste, qui vient de ravir à la Grande Bretagne sa position de sixième puissance économique mondiale, et qui talonne désormais la France.

Deux autres événements récents, confirment cette tendance des choses. Il y a le fait que trente trois pays d’Amérique latine et des Caraïbes y compris Cuba, viennent de se fondre dans une zone de libre échange la “C.E.L.A.C.”, qui rassemble pratiquement tout le continent, à l’exception notable des Etats-Unis et du Canada, ce qui est tout à fait inattendu. Ceci, quand on songe que toute la politique des Etats-Unis a été jusqu’ici, soit d’établir avec ces pays des relations bilatérales de libre échange, pour éviter qu’ils ne constituent une telle zone, soit d’en constituer une avec eux dans laquelle ils constitueraient bien sûr la partie dominante, et en excluant bien d’autres tels que Cuba, ou le Venezuela. Il ne pouvait rien leur arriver de pire...

L’autre événement inquiétant pour ces Américains, c’est que Chinois et Japonais qui, par delà leur antagonisme ancestral, ne cessent d’augmenter le volume de leurs échanges, ont décidé d’effectuer désormais leurs règlements, directement avec leurs monnaies nationales, plutôt que de passer par le dollar tel que c’est le cas habituellement, pour les règlements entre nations. Il y a dans cette attitude, d’une part l’expression d’une méfiance parfaitement fondée, quant à la solidité de la monnaie américaine, une défiance, quant à sa prétention de demeurer une monnaie de réserve internationale, et l’ambition de lui substituer le Yen et le Yuan. Il est clair que la fin de l’existence du dollar comme monnaie de réserve, signerait le déclin définitif des Etas-Unis d’Amérique, qui depuis soixante ans, ont financé toutes leurs guerres, par l’inflation internationale, autrement dit sur le dos de tous les autres pays...

Ces temps, ceux de la domination, de l’intimidation, et de l’exploitation des autres, par les peuples occidentaux, “atlantistes” et bellicistes, semblent prendre fin, et c’est ainsi que, s’étant une dernière fois faits avoir, par les manœuvres onusiennes de ces néo-colonialistes, dans l’affaire de Libye, et dans celle tout aussi lamentable de Côte d’Ivoire, Russes et Chinois ont clairement fait savoir, qu’ils ne manqueraient pas de réagir “par les armes” s’il le fallait, contre toute attaque occidentale visant leur allies Syriens et Iraniens, et les Russes ont déjà entrepris de doter les premiers, de puissants moyens de défense. Le nouveau ton est donné...

Quel dynamisme dans ces pays dit “émergents”, quel enthousiasme, quel optimisme, quelle confiance en eux, et quelle volonté déterminée d’aller de l’avant ! Et comment ne pas être décontenancé, et profondément attristé, pour ne pas dire carrément écœurés, de constater qu’à l’heure ou nous trouvons jour après jour repoussés vers ce qui constituera à n’en point douter, d’ici peu de temps, le “groupetto” des nations larguées, les mentalités et l’état d’esprit détestables, qui se sont emparés de notre pays, et qui ruinent toutes ses chances de salut.

Comment avons-nous pu en arriver là ? Comment avons-nous pu supporter sans réagir plus vigoureusement, que toutes les mandatures à la tête du pays depuis près de quarante ans, n’ont été l’occasion toutes les unes après les autres, que d’une augmentation systématique, régulière, et implacable, de toutes les tares qui crucifient notre société ?

En réalité, il s’est produit ce qu’il pouvait y avoir de pire pour une société française, qui était déjà de longue date fragilisée par les drames que furent la défaite humiliante de 1940, avec l’occupation, et les lamentables guerres coloniales d’Indochine puis d’Algérie, toutes autant épreuves qui avaient déjà tant divisés et férocement opposés les citoyens de ce pays, dont les blessures s’étaient à peine cicatrisées. Nous avons vu l’utilisation ces trente dernières années, par une classe politique de carriéristes irresponsables, n’étant uniquement préoccupés que de se faire élire, de la flatterie des plus bas instincts de leurs clientèles respectives, selon l’exemple qui était donné par un parti politique alors triomphant, en usant de cette technique.

On peut bien sûr se défausser avec le dollar, le pétrole, l’euro, l’Europe, les Russes, les Chinois, les Américains, le réchauffement climatique, les banques, les martiens, et bien sûr et surtout, les immigrés, mais combien même il y aurait là de véritables raisons de problèmes, tout cela ne justifiera jamais l’incapacité totale qui est la nôtre d’y faire face, même un instant. Il faut avoir l’honnêteté de le constater, c’est bien la sale mentalité qui règne dans ce pays, rendant les gens incapables de la moindre solidarité afin d’affronter les épreuves, qui, comme cela s’est produit en 1940, ce que d’aucun ne veulent voir, préférant bien sûr mettre en cause, la seule impréparation des militaires, nous condamne à la défaite. Or dans de telles conditions, il fallait bien s’attendre à ce que la rude concurrence internationale de ces dernières décennies, ne nous laissa aucune chance.

Lorsqu’au soir du 31 décembre 1962, le général de Gaulle, président de la république, présente ses vœux à la nation, il ne manque pas de lui dire comment seront les bienvenus, les bébés qui naitront dans cette année 1963 à venir. Dans ces années des trente glorieuses, où la France était plus jeune, et par le fait, plus optimiste et dynamique que jamais, ses statisticiens avaient fait la prévision au général de Gaulle qui s’en félicitait, que la France de l’époque, peuplée de quarante cinq millions d’habitants, terminerait le siècle, forte d’une centaine de millions d’habitants. Et ceci, en tablant sur le nombre de naissances qu’il y avait à l’époque, c’est à dire 1,1 million de naissances par an, chiffre considérable par rapport à la population de l’époque, si on le rapporte aux quelques huit cent milles naissances d’aujourd’hui, pour une population de 65 millions d’habitants, soit vingt millions de plus.

Il est manifeste aujourd’hui qu’ils se sont trompés, et ce, sur deux plans. Tout d’abord, il n’ont pas anticipé la modification de mœurs, qui allait entrainer une dénatalité vertigineuse, et il n’ont pas vu non plus que si malgré cela, la population continuerait à augmenter, ce serait non pas à cause des naissances, mais à cause du prolongement spectaculaire de l’espérance de vie, les deux phénomènes conjugués, conduisant à notre situation actuelle, celle d’un pays de vieillards, duquel une classe politique totalement défaillante, attend cependant qu’en son état, il accomplisse des exploits olympiques, pour pouvoir se sortir de son embarras. Déraison...!

C’est bel et bien là que se situe le mal français, qui est en fait celui de la vielle Europe, le déficit démographique, tant par le nombre, que par le vieillissement des citoyens, et ce qui est extraordinaire, c’est que tous ces gens qui nous gouvernent, ou qui prétendent le faire, s’en moquent éperdument, n’en font même pas état dans cette campagne électorale de caniveau, qui doit nous conduire jusqu’à l’élection de 2012. S’il leur arrive d’effleurer simplement ce sujet, c’est concernant la difficulté évidente qui sera d’assurer les retraites, pour lesquelles ils n’envisagent pas un seul instant, de rétablir déjà la sociologie de ce pays dans une cohérence, mais proclament qu’ils trouveront une astuce budgétaire, permettant qu’un pays de plus en plus vieillissant, puisse malgré tout continuer à pleinement assumer ses charges. Déraison...!

Soyons sérieux ! Il doit être bien clair pour nous tous, que ces gens, gouvernants, ou opposants, peuvent bien nous promettre de faire pour la prochaine fois, puisque c’est toujours la prochaine fois que parviennent enfin les solutions, toutes les cabrioles qu’ils voudront, rien, absolument rien, ne sauvera un pays qui crève tout simplement de vieillesse...

Prenons bien une bonne fois, la pleine mesure de la situation extrêmement défavorable qui est devenue la nôtre dans ce monde changeant, pour comprendre que la préoccupation première d’un homme ou d’une femme se proposant pour présider à la destinée de la nation, ne peut certainement pas se réduire à cette actuelle scolastique technocratique insipide, dans laquelle on évite de parler de l’essentiel, c’est à dire la nécessité fondamentale d’un peuple, pour qu’il puisse tout simplement demeurer en vie.

Voyons sur une quarantaine d’années, de 1970 à 2010, les aspects de cette évolution du monde, qui nous condamnent à une débâcle définitive, s’il ne se trouve personne en situation dans ce pays, pour prendre enfin cette affaire au sérieux.

Le Brésil, pays du “Brics”, à vu sa population doubler, passant de 90 millions d’ha, en 1970, à 180 millions d’ha, en 2010.

L’inde, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 550 millions d’habitants, en 1970, à 1100 millions d’Ha, en 2010.

L’Afrique du Sud, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 25 millions d’habitants, en 1970, à 51 millions d’habitants, en 2010.

La Chine, pays du Brics, à vu sa population presque doubler, passant de 800 millions d’habitants en 1970, à 1400 millions en 2010.

Ces chiffres de croissance démographique, tout comme ceux corrélatifs de croissance économique qui pour ces pays, sont souvent à deux chiffres, donnent le vertige...
Ainsi face à nous, la capacité concurrente pour ces seuls pays bouillonnants, s’est-elle accrue de 1300 millions d’hommes supplémentaires...! Et face à cela :

La France, pays de la vielle Europe fatiguée, a vu sa population passer de 55 millions d’habitant en 1970, à seulement 65 millions d’habitant en 2010, soit un déficit désastreux, un manque de près de 40 millions d’habitants, par rapport à ce qu’aurait du être sainement cette croissance, sur la base du niveau de population et de la natalité des années soixante.

C’est là, précisément là, et pas ailleurs, en ce domaine où selon un aveuglement triste et borné, personne dans ce pays ne veut absolument la voir, que se situe la cause profonde et fondamentale de toutes nos difficultés, et tous ceux qui prétendent qu’il parviendront à un règlement de celles-ci, sans s’attaquer à cette cause, sont des fumistes, des menteurs et des charlatans, tels que ceux dans ce cas, qui se présentent sans honte, à l’élection présidentielle.

Ce n’est pas vrai, absolument pas vrai, que l’on parviendra au règlement de quelque problème social et économique que ce soit, dans un pays de vieillards où le poids considérable de la population dite “à charge”, est devenu totalement “écrasant”, sur les épaules de la population dite “active”, parce que cela ne peut tout simplement, physiquement pas marcher. Quand à prétendre en guise de règlement de ce problème, maintenir quelques années de plus ces vieillards en activité, alors qu’il n’y a justement déjà plus d’activité, et qu’il serait surprenant qu’il suffise de maintenir quelqu’un en poste, pour qu’il ait quelque chose à faire, et tout cela, pour espérer faire efficacement concurrence, à la jeunesse pleine de vie et d’envie, des pays émergents, relève de la sottise gouvernementale la plus grotesque.

En fait, nous savons très bien que le relèvement de l’âge de départ à la retraite ne maintiendra pas, dans le cas général, les gens en activité, puisque pour la plupart d’entre eux, ils ne parvenaient déjà pas à l’ancienne limite de 60 ans, étant licenciés ou mis en préretraite bien avant. Ils seront donc maintenus au chômage jusqu’à 62 ans, plutôt que jusqu’à 60 ans, et c’est d’ailleurs bien ce que nous constatons, avec l’augmentation considérable du nombre de ces chômeurs ces derniers mois.

Evidemment, ceci aura pour conséquence de soulager un peu les caisses de retraite, qui verront venir à elles les gens plus tardivement, permettant au gouvernement de donner l’illusion d’avoir un peu arrangé le problème, toute cette charge étant alors reportée sur l’assurance chômage, d’où il est possible de se débarrasser des chômeurs de longue durée, parvenus en fin de droit, en faisant ainsi disparaitre la misère des statistiques, afin de garantir la réélection. Voici où nous en sommes...!

Cependant, toutes ces magouilles de faussaires ne changeront rien à la réalité physique des choses, à savoir que ce pays n’en peut plus, qu’il est condamné à des plans d’austérité dévastateurs, pour ne pas crouler sous le poids de sa dette, et que face à ce que met en place la concurrence internationale, ce qui pour l’instant semble n’être qu’une reculade, risque de devenir assez rapidement une dégringolade vertigineuse.

Les mœurs des Français ayant changé, et comme on ne saurait leur intimer l’ordre de faire des enfants, il s’en est suivi une dénatalité désastreuse et, plutôt que constater l’évidence, à savoir qu’ils étaient entrés dans cette ère d’individualisme, d’égoïsme, et de sectarisme, laquelle sévit jusqu’à aujourd’hui, et tâcher d’en comprendre les causes, afin d’en trouver les remèdes, ces Français l’ont justifié par la grande difficulté qu’ils avaient, compte tenu de la rigueur des temps, à donner une éducation de qualité à plusieurs enfants. Il s’agit là bien sûr, d’un argument totalement stupide puisqu’il s’avère que leurs parents quant à eux, ont disposé de moyens bien moindres pour cela, et pourtant, ces Français sont là, et ne prétendent pas pour autant avoir été ratés...!

Le problème, c’est que c’est le même phénomène de ces gens qui “n’aiment plus”, et surtout pas les autres, ce qui continue, qui va les conduire à la fois, à refuser de s’encombrer d’une collection de mômes, au détriment de leur carrière et de leurs priorités narcissiques, et surtout de refuser comme la peste, la seule façon qu’il leur restait pour sortir de cette impasse, c’est à dire le recours logique à l’immigration, celle-là même qui avait assuré à ce pays ses “trente glorieuses”.

Toutes les années qui suivirent cette faste période, sous les vociférations d’un tribun devant lequel tous s’agenouillaient, tout en le proclamant infréquentable devant les caméras, le racisme décomplexé est devenu à la mode, et malheureusement, cette mode n’est toujours pas passée, malgré l’évidence des mensualités redoutables dont ce pays doit s’acquitter actuellement, pour le coût ahurissant qui aura été, et qui demeure celui, de cette délectation du rejet de l’autre et du dénigrement stupide.

C’est donc en prétextant de la défense de l’emploi, que les frontières furent fermées, et ce bobard grotesque, qu’une analyse de collégien permet d’infirmer, était tellement attendu, que non seulement sa pertinence n’eut jamais à être établie, mais il constitue désormais un sujet tabou. Car mettre en évidence aujourd’hui la nécessité de l’immigration, ce que l’INSEE ne cesse de clamer depuis plus de vingt-cinq ans, serait démontrer la faillite totale de tous ces gouvernements toutes couleurs confondues, qui depuis près de quarante ans, nous ont engagés dans cette voie sans issue que constituait pour nous, celle de la fermeture des frontières, et ceci, à seule fin de se garantir des résultats électoraux. Et voici pourquoi nous en sommes là...

En réalité, il n’y avait bien qu’un appel massif à l’immigration, qui aurait permis de rétablir la sociologie de ce pays dans une cohérence la rendant viable, c’est à dire de faire en sorte que le rapport de la population à charge sur la population active, ne conduise pas à l’écrasement pur et simple de cette dernière, tel que c’est le cas actuellement, en rendant ainsi possible la création de nouveaux emplois.

C’est donc bel et bien, parce que les frontières furent fermées, que le chômage dans ce pays s’est installé durablement, parce qu’il est par le fait devenu structurel, jusqu’à faire les ravages d’aujourd’hui, qu’aucun des candidats au fauteuil, ne sera jamais en mesure de régler.

Ceci étant, on aurait pu croire qu’en n’ayant pas vu venir, ni l’Inde, ni la Corée du sud, ni la Chine, ni le Brésil, ni l’Afrique du sud, ni le renouveau de la Russie, les cadres politiques français auraient eu la prudence de tâcher de ne pas se faire surprendre une fois de plus, avec l’Afrique. Mais leurs préjugés racistes sont tels, et ils leurs sont si agréables, que ces messieurs ont bien l’intention de continuer à considérer qu’au moins ceux-là, compte tenu de ce qu’ils considèrent comme étant leur insuffisance génétique nominale, ne seront et pour la nuit des temps, jamais en mesure de leur contester leur suprématie. Mais ils se trompent...

Ne pas voir venir l’Afrique, sera la dernière faute, et la plus dramatique, qui sera celle de la classe politico-médiatique française car :

En 1950, époque du “temps béni des colonies”, le continent tout entier n’était fort que de 220 millions d’habitants. Soixante années plus tard seulement, et très exactement au premier semestre de l’année 2009, c’est alors qu’il a franchi le cap du milliard d’habitants, qu’il doublera, dans seulement les quarante années à venir...!

Qui peut croire que les classes dirigeantes françaises, pourront encore durablement s’offrir, leur si délicieux dénigrement du nègre...?


Paris, le 30 décembre 2011
Richard Pulvar

AU CREPUSCULE DE CETTE DEMOCRATIE DE REGLEMENTS DE COMPTES




Constatant la perplexité de beaucoup d’entre nous, et face au péril redoutable d’une reconduction des mêmes, afin de pire encore, des amis alarmés n’ont de cesse de nous dire, selon ce qui semble alors relever du plus élémentaire bon sens :

“Il faut absolument voter pour le candidat de gauche (celui qui sera dit comme tel), quel qu’il soit, et aussi peu engageant soit-il, afin de faire d’abord et surtout échec à la droite”.

Voici où nous en sommes! Et, ce faisant, ces chers amis qui ne doutent pas un seul instant, que telle doit être la seule et unique position envisageable pour un homme de progrès, ne mesurent pas les lourdes implications de ce désinvolte “quel qu’il soit”, qui est pourtant ce par quoi notre démocratie se trouve aujourd’hui fossoyée.

Il est clair pour nous tous, que nous ne voyons par comment la nation pourrait survivre à un autre quinquennat de tous les désastres. Mais, qui ne comprend que cette démocratie, déjà si copieusement bafouée par le fait que tous les jours, et selon un usage pourtant régulier de ses procédures, une majorité des citoyens de ce pays se voit imposer des dispositions qu’elle réprouve, ne survivra pas davantage, si les élections se suivant, il n’est à chaque fois question de voter pour un candidat, que pour éviter absolument que ne passe l’autre ?

Comment pourrons-nous accéder enfin au choix du meilleur, lorsque la proposition qui nous est faite n’est à chaque fois, que d’éviter le pire ?

La démocratie, c’est par définition l’expression d’un choix, et hormis le référendum, où il constitue une des deux réponses possible à une question donnée, et dans la mesure où, concernant l’élection des personnes, il correspond en fait à un “non choix”, le “vote contre”, auquel nous sommes si souvent conviés, est en réalité “attentatoire”, à la démocratie.

En aucune circonstance, nous ne devrions nous trouver à devoir voter pour le candidat d’un parti, dont nous n’approuvons pas la ligne politique, à seule fin d’éviter que nous ayons à faire à quelqu’un que nous redoutons davantage encore. Le vainqueur ne doit ainsi l’être, que parce qu’il est “bon”, et reconnu tel, et certainement pas parce qu’il semble moins mauvais. Car, c’est bel et bien d’avoir accepté par facilité, cette façon de faire depuis bien longtemps, qui fait qu’aujourd’hui nous ne nous retrouvons qu’avec des mauvais, dont certains le sont davantage encore que les autres.

Notre vigilance aurait du être de ne jamais céder au chantage malhonnête de ces partis, qui nous imposent de voter pour des énergumènes sortis vainqueurs de leurs luttes intestines, parce que plus exercés que les autres dans les coups fourrés nécessaires pour cela, et qui dès le départ ne nous inspirent rien qu’à les voir, que des regrets. Car c’est bien trop facile, et pour tout dire totalement ignoble, pour tous ces partis à l’étiquette usurpée, de ne se passionner à longueur de temps que de leur nombril, de n’être en rien préoccupés de séduire l’électeur en se montrant capables de novation, d’ignorer totalement les expressions pourtant manifestes de son inévitable insatisfaction, telles que l’abstention, et de venir ensuite à l’heure de l’élection, s’offrir sans aucune gêne dans toute sa médiocrité, et toute son inconséquence, à son suffrage. Et ceci, avec l’assurance et le sourire narquois de celui qui se délecte d’avoir piégé le chaland, en se disant que de toutes les façons, celui-ci n’aura pas d’autre choix. Cela a assez duré...!

Cette exigence est d’autant plus impérative, vu ce qu’il s’est logiquement produit. Car, alors que nous avions à faire face à une droite rétrograde et archaïque, mauvaise par nature, mais qui, dans cette époque où la probité et la convenance, couvertes qu’elles sont d’humilité, ne constituent en rien l’avantage d’un candidat, semblait malgré tout en mesure de l’emporter. Nous nous sommes alors réjouis bien trop vite d’avoir pu lui opposer efficacement, quelques grandes gueules du clan, bien sûr narcissiques, autistes, et méprisantes à souhait, ce qui n’était qu’avantage, tant qu’elles furent dirigées contre les autres, mais qui, par delà leur indéniable capacité à remplir les urnes, se révélèrent les acteurs d’autant d’injures aux idéaux de gauche.

La réponse de ceux d’en face fut alors logiquement, selon le même souci d’efficacité, de nous opposer eux aussi avec succès, la pire des droites, celle qui sévit encore actuellement.

En fait, voici à quoi conduit l’usage du “vote contre”, à un affrontement médiocre pour la plus grand malheur de la nation, entre la pire des gauches, et la pire des droites.

La raison de cette fatalité, c’est que dès lors qu’il n’existe plus comme c’est le cas en ce moment, un véritable projet politique, qui est tout autre chose qu’une “carte” de faveurs, destinée à sa clientèle, projet dont la rédaction en incombe fondamentalement à la gauche, selon sa vocation progressiste, les candidats ne peuvent pas se faire valoir autour de celui-ci, au cours de quelque débat de fond, sérieusement argumenté. Dès lors, il ne leur reste plus pour se départager, que de sacrifier à ce triste concours de “beuglante”, auquel nous assistons.

Dans ces conditions, il apparait que les “dispositions” qui permettent à un candidat de conquérir le pouvoir, c’est à dire, la gouaille, la crânerie, l’exhibitionnisme, l’outrance, et la célébration de la brute prédatrice, dénommée pour l’occasion le “winner”, ce dernier délire séduisant la foule des humbles, qui rêvent chacun d’en devenir un, sont justement celles qui, une fois le pouvoir conquis, ne permettent absolument pas d’exercer celui-ci correctement. Car là, il convient de bien reposer les pieds sur la terre, car aucune grande gueule n’a jamais fait trembler un déficit.

Il apparait ainsi que les conditions mêmes dans lesquelles se déroule désormais cette élection, c’est à dire sans un véritable débat public quant à ce que devraient être les relations entre citoyens, nous condamnent dans tous les cas de figure, à ne pouvoir envoyer au Palais, qu’un clown grotesque champion de la baliverne, et c’est bel et bien ce que nous constatons.
Soyons sérieux une bonne fois, et ayons le courage de constater les choses !

Par l’ensemble des comportements qui demeurent les siens, et qui sont principalement sous-tendus par un égoïsme, individuel, ou clanique, la société française actuelle, au fait de ses divisions et en proie à des règlements de comptes incessants, n’offrira jamais comme telle, ni les moyens, ni les occasions, de réussir, à un dirigeant partisan, de quelque bord qu’il soit.

Cette idée selon laquelle, par ces temps de crise, et face à la redoutable concurrence internationale, conditions nécessitant que la nation s’emploie à cent dix pour cent au moins de ses moyens, un candidat “non choisi”, mais bénéficiant du “vote contre”, et donc cristallisant dès le soir de l’élection, plus de quarante pour cent de la population, vent debout contre lui, alors même qu’une large part de ceux qui ont voté pour lui, ne l’apprécient en rien, pourrait constituer l’occasion d’une amélioration de notre situation, n’est que de la pure déraison...!

Ce n’est pas vrai, tout simplement parce que cela ne peut pas être vrai...!

Il est temps d’en finir avec cette idée qu’une partie seulement de la nation, qui dans son délire, se prétend plus digne d’elle que l’autre, suffit au fonctionnement de cette nation, et qu’on peut donc s’offrir comme le fait “l’agité”, d’humilier et de démotiver l’autre. Car c’est justement en la démonstration du contraire, que consiste son bilan on ne peut plus accablant. Allons-nous recommencer, au prétexte de nous la faire cette fois, en rose...?

Soyons clair. Ce dont le pays à besoin en ce moment, c’est d’un “rassembleur”, qui viendra fédérer toutes les énergies, pour que nous puissions conserver une chance de nous en sortir. Ce ne sera donc pas l’homme d’un parti, et si nous voulons conserver une chance de demeurer en “démocratie”, et ne pas constituer par des désordres postélectoraux prévisibles, la faveur d’un aventurier vindicatif s’en allant haranguer les foules, nous devons absolument refuser cette “négation” totale de la démocratie, que constitue une élection de “non choix”, où quel que sera l’élu nommé pour nous éviter le pire, il sera justement celui qui nous y conduira.

Enfin, et cela n’est pas le moindre, cette gauche noyautée par un lobby malfaisant, se montre définitivement indécrottable concernant les délicates questions de politique étrangère. Ainsi, reprenant à son compte les arguments de propagande d’une droite qui la savait suffisamment inconséquente, pour ne pas s’employer par elle-même, à une recherche de la vérité, n’a-t-elle cessé de soutenir les actions bellicistes du pire racisme, et de la pire des traditions colonialistes, en Côte d’Ivoire et en Libye, au prétexte de la défense de la veuve et de l’orphelin, et de l’instauration de la démocratie à coup de bombes et de dizaines de milliers de victimes. Elle se moque aujourd’hui de constater, que la réalité quotidienne de ces pays dévastés, dans lesquels il n’y a davantage, ni liberté, ni démocratie, lui donne absolument tort.

Or, cette même gauche qu’il convient bien de dire totalement “défroquée”, quant aux idéaux humanistes et pacifistes qui devrait normalement être les siens, s’apprête, en collusion une fois de plus avec l’infâme gnome du Palais, à nous engager dans la plus inutile et désespérante des aventures guerrières, celle dont tous les spécialistes de par le monde disent clairement, qu’il s’agit de la guerre à ne surtout pas faire. Ceci, compte tenu déjà de la capacité des pays visés, à savoir la Syrie et l’Iran, pays qui à ce jour ne nous ont strictement rien fait, mais contre lesquels une gauche irresponsable s’applique à collecter des prétextes, qui lui permettront de nous engager dans le conflit, et compte tenu surtout de leurs puissants alliés, qui ne font nullement mystère de ne jamais permettre que ces pays se trouvent comme d’autres, impunément agressés.

Honte sur tous ceux qui le jour où le malheur viendra, nous frappant aveuglément tous, ne pourront manquer de constater que c’est bel et bien leur bulletin de vote qui en est la cause. Car, pas un homme de conscience ne prendrait un tel risque, pour la seule satisfaction totalement dérisoire de pouvoir se dire au soir d’une élection déjà désenchantée, “on a gagné”.

Cette attitude archaïque de brute épaisse, dans laquelle gauche et droite communient, en plus d’être totalement indigne d’un pays civilisé, constitue celle des pires dangers qui nous menacent, bien avant les questions sociales sur lesquelles elles s’opposent, et ceci doit suffire à faire comprendre, qu’il ne peut y avoir aucune issue positive, dans le fait de jouer l’une contre l’autre, puisque de toutes les façons, avec l’une ou avec l’autre, le pire se produira…!

Nous ne voterons donc, ni pour la gauche, ni pour la droite, car une guerre criminelle de gauche, n’a pas plus de légitimité qu’une guerre criminelle de droite. N’acceptons plus d’avoir à choisir le mauvais contre le pire, car c’est justement en cette situation que consiste le pire pour une démocratie, c’est à dire le manque de véritable choix. Et si nous ne parvenons pas à temps, à éviter cette mascarade d’élection en faisant campagne contre sa tenue insolite, laissons alors le champs du “possible” ouvert, par une incertitude, qui constituera l’occasion de la révélation de “l’illustre inconnu”, qui doit forcément exister quelque part là, dans cette nation de soixante cinq millions d’habitants, tout comme l’incertitude de 1940, fut l’occasion d’un général de Gaulle. Ceci, plutôt que de nous laisser enfermer dans la certitude d’une procédure qui conduira, qui peut en douter, à l’heure ou la défaite économique totale du pays, sous la conduite du “polichinelle”, se fait grand jour, à l’échec immanquable du nouveau “quinquennard” quel qu’il sera, et qui héritant de cette situation détestable et ingérable, ouvrira par la contestation dont il ne manquera pas d’être l’objet sitôt en place, le champ du grand règlement de compte...

Ceci, en prenant conscience une fois pour toutes, qu’il y a deux catégories de règlements, qui ne peuvent en aucune circonstance être superposés :

Le règlement de comptes, et le règlement des problèmes.

Il faut donc en toutes circonstances, préférer le second au premier, et pour cela, s’en offrir l’occasion en appelant au vaste débat national, que la situation impose, plutôt que de nous prétendre par cette élection, en situation de faire, pleins d’optimisme, un choix positif pour l’avenir de la nation et de nos enfants, puisque ce n’est tout simplement pas vrai…


Paris, le 14 janvier 2012
Richard Pulvar