dimanche 22 janvier 2012

TELLE EST L’ORIGINE DE LA DOULEUR AFRICAINE




“ La race noire est le débris d’un monde antérieur, elle a survécu misérablement, au théâtre de sa gloire et de sa puissance.”

Cette phrase, totalement surprenante pour son époque (1845), est celle de l’écrivain et homme politique français, Alphonse Esquiros (1812-1876). Elle résume fort bien tout, mais nécessite maintenant malgré cela, que nous en disions plus...

Ainsi, à cette heure d’une renaissance qui à enfin sonné pour eux, les Africains doivent comprendre que s’ils ont enduré en endurent encore tant de difficultés, c’est tout simplement parce qu’ils reviennent de très loin, et que l’histoire se moque de l’éphémère des hommes, car elle ne révèle sa logique, qu’en termes de siècles et de millénaires...

Pour vous rendre compte à quel point cet homme, Alphone Esquiros, était visionnaire, constatez ce qu’il écrivait déjà en cette année 1845, soit plus d’un siècle et demi avant notre actuelle mondialisation Vous apprécierez...

“ Il se passe en ce moment sous nos yeux un grand fait, qui, à demi voilé encore dans les ténèbres de son origine, échappe à notre attention ; ce fait est celui du mouvement des races les unes vers les autres. Jusqu’ici les divers groupes du genre humain vivaient isolés : les gouvernements et les institutions contribuaient à fomenter entre les peuples des divisions infinies. La nature, de son côté, avait pourvu à la conservation des caractères qui distinguent les races en les séparant par des mers, des montagnes, des fleuves, des distances, autant de limites qui suffisaient à les contenir. Cet isolement a été nécessaire. Il importait que les différentes fractions du genre humain ne confondissent pas les traits et les nuances qui les constituent, avant que le développement se fût conformé chez chacune d’elles au type idéal qui lui est propre.

Cette condition a été remplie. Aujourd’hui une tendance contraire se manifeste : les races se recherchent ; ni les institutions politiques dans lesquelles l’ignorance s’efforçait de les parquer, ni les obstacles matériels, ne les divisent plus. Le genre humain est à cette heure comme un serpent qui cherche à réunir ses tronçons dispersés çà et là par les bouleversements du globe et par les révolutions de l’histoire”.

Quelle modernité ! Impressionnant n’est-ce pas pour cette époque ?

Ainsi, Alphonse Esquiros, personnage que malheureusement je découvre seulement, nous dit selon sa troublante inspiration, que la race noire, c’est à dire celle telle qu’il pouvait la constater à son époque, n’était que les “débris d’un monde antérieur”. Il situait donc bien ses faits, à l’antériorité du monde européen, et ajoutait de façon inattendue, qu’elle a survécu misérablement, au “théâtre de sa gloire et de sa puissance”.

C’est donc, après Favre d’Olivet, mais bien avant Leo Froebenius, Salomon Reinach, et quelques autres, un des rares auteurs européens, à avoir envisagé, non seulement, l’idée d’une antériorité des civilisations africaines, sur les européennes, mais surtout, à avoir rendu compte du fait que l’état déplorable dans lequel se trouvait l’Afrique, à l’heure où après trois siècles d’hémorragie humaine à cause de la traite esclavagiste, les colonialistes s’apprêtaient à lui porter le coup de grâce, résultait en réalité, d’un long déclin.

Reinach et surtout Froebenius, l’ayant découvert, ont bien compris que l’extraordinaire richesse de “l’oraliture” africaine, n’était certainement pas le produit de peuples “primitifs”, comme l’ont cru et le croient encore, bon nombre d’Européens, mais tout au contraire, de peuples ayant parcouru un long “cycle”, qui les a fatalement ramenés à des situations proches de celle du départ de leur longue aventure. Ceci, selon une logique temporelle dont je vous entretiendrai par un nouvel article qui sera intitulé :

“ La ronde des races, et des civilisations ”

A bientôt donc.


Paris, le 17 janvier 2012
Richard Pulvar