samedi 19 mai 2012

SE SAVOIR FORCEMENT SOUMIS A LA “LOI”, OU LE MESSAGE DU GRAND SPHINX



Pour avoir subi tant de déceptions, nous avons tous fini par admettre confusément que, décidément, l’action des hommes politiques ne touchait pas à “l’essentiel”. Ceci, en constatant que tout au long des années qui passent, ils ne parvenaient toujours pas à nous libérer de ces mêmes difficultés récurrentes, qui nous offensent dans notre société.

Se pose alors désormais à nous, pour nous sortir de cette impasse, la question de savoir déjà, en quoi consiste très exactement cet “essentiel”, par delà le simple sentiment intuitif que nous pouvons tous en avoir, et nos avis divergents sur ce sujet.

C’est alors qu’on surprendrait beaucoup de nos contemporains, quant à cet essentiel, en leur disant que dans le caractère désormais “irréductible” qui est devenu le leur, telles que nous les affrontons, les difficultés de tous ordres qui aujourd’hui nous étreignent si durement, tant dans nos individualités que dans nos sociétés, sont dues tout simplement mais fatalement, au fait qu’étant devenus ignorants des “enseignements”, nous manquons bien souvent de nous savoir, par nos différents exercices, “fautifs” envers le “temps”.

Or, c’est pourtant très exactement, ce dont il s’agit.

En fait, ce dont il est question ici, c’est de cette obligation de satisfaire par tous nos faits et gestes, et par l’ensemble des dispositions individuelles et sociales qui sont les nôtres, aux exigences et nécessités du temps, selon une science de celui-ci, dont nos sociétés modernes ont hélas perdu la connaissance, mais qui se trouvait au cœur de “l’investigation” des grandes civilisations du passé, qui y ont consacré pour cela, de grandioses sanctuaires monumentaux, et le grand Sphinx du plateau de Gizeh, participait de l’un d’eux.

Aujourd’hui que toute la rationalité de notre époque, qui se prétend d’ailleurs et à tort, en être la seule forme, se trouve dans un échec total face aux nécessités de nos sociétés, il est venu le temps pour nous, de retrouver enfin les chemins de la “sagesse”, en renouant avec le savoir traditionnel et la pratique, des vaillants anciens...

Aux hommes se désolant de ce que le “dieu créateur”, au pouvoir sans limite, duquel rien ne pouvait échapper, n’ait pas tout simplement conçu notre monde épargné par le mal, de façon à ce que l’existence leur soit ainsi moins pénible, le grand Sphinx solidement taillé dans la pierre comme d’un seul bloc, pour pouvoir défier ainsi les siècles, était là pour leur rappeler durablement, que la “contrainte” était la condition inévitable, de “l’existence” de l’humain.

Ceci, parce qu’elle est la conséquence d’une “contradiction fondamentale universelle”, c’est à dire d’une disposition généralement insoupçonnée d’un “ordre” implacable des choses, régissant tout notre univers, c’est à dire le “cosmos”, selon la signification fondamentale de terme, et dont “l’ordre des objets célestes”, n’en est que la représentation la plus spectaculaire.

Il s’agit alors selon le cosmos, en cette “contradiction” à l’origine de leur “contrainte”, d’une contradiction de “l’exactitude”, dont procède logiquement “l’erreur”, et à laquelle les humains ne peuvent définitivement pas espérer se soustraire, tout en demeurant “vivants”.

Car, il s’agit en cette contradiction, de la disposition nécessaire des choses pour que puisse se développer par un exercice établi entre elles, ce phénomène qui est précisément “subjuguant”, en ce sens qu’il nous “oblige”, dont nous en avons la pleine conscience, mais dont le compte rendu nous demeure si difficile, et qui est ce que nous nommons “le temps”.

Ce qu’il faut comprendre dès à présent, c’est que “l’erreur”, qui résulte d’une contradiction de “l’exactitude”, ce que nous nommons tout simplement ici, la “contradiction”, constitue la condition nécessaire au développement du temps, et par là du fait des “êtres”, sous-tendus par le développement de ce temps.

Admettons en effet, et le plus simplement du monde, que si les choses se pouvaient selon l’exactitude, elles seraient dès lors “parfaites”, et ne nécessiteraient, ni de s’acquérir de quoi que ce soit, les unes des autres, ni de se défaire de quoi que ce soit, des unes vers les autres. Etant sans nécessité chacune des autres, elles ignoreraient “l’autrement” de leur état, c’est à dire qu’elle seraient “immuables”. Il ne leur adviendrait rien d’autre, et ne deviendrait rien d’autres d’elles, il ne “se passerait” donc rien entre elles, aucun événement, ni aucune transformation, rien ne bougerait ni ne changerait, ce qui revient à dire clairement, que le temps n’existerait pas.

Partant de là, comprendre une bonne fois que “l’être” se trouve condamné à “l’erreur”, précisément pour pouvoir “être”, puisque cela ne peut bien sûr se faire, que selon le “temps”, c’est comprendre l’origine de toutes nos difficultés, qui sont par le fait rendues inévitables sur cette Terre, selon des “contraintes” qui résultent de la contradiction systématique de nos tentatives d’exactitudes.

Ceci, étant entendu que lorsque nous exerçons, c’est soit pour tenter de combler un manque quelconque, soit pour tenter de nous défaire d’un excédant, et c’est donc forcément dans tous les cas, selon une tentative d’exactitude, qui dès lors, se trouve systématiquement contrariée, pour que nous puissions justement exercer. Car, il doit être également bien entendu, que nous ne pouvons “exercer”, que contre tout ce qui s’oppose à cet exercice. Ceci, en comprenant que nous ne saurions appuyer sur un mur par exemple, si ce mur se dérobait à notre exercice sur lui. Il faut donc dans tous les cas, une contradiction au développement de celui-ci, pour que notre exercice puisse avoir de la consistance.

Il s’agit en cet aspect du cosmos, du principal enseignement contenu dans ce recueil, souvent maladroit et falsifié il faut bien le dire, de la “grande Tradition ésotérique”, que nous connaissons sous l’appellation de la “Bible”. Ceci, dans le fameux épisode de la “Genèse”, où il est fait état de l’erreur fondamentale dite alors, le “péché originel”, qui explique que nous soyons mortels, et chassés du paradis de l’exactitude, qui ne connait pas la contrainte.

Ce n’est pas l’heure pour l’instant, mais nous prendrons une prochaine fois, tout le temps qu’il convient, pour de développer dans toute la richesse de ses multiples significations, cet épisode de la grande Tradition.

Pour le moment, considérons que pour le maintien de notre “être” selon le temps, nous sommes condamnés à constamment devenir “autre”, c’est à dire à parvenir à un “au-delà” de ce que nous sommes déjà, ce qui signifie que nous sommes “obligés” à l’avenir, par le temps. Ceci, selon le sens fondamental de ce en quoi consiste d’ailleurs une “ob-ligation”, c’est à dire le fait d’une “liaison” ( ligation ), “par devant” ( ob ), autrement dit, vers “l’avenir”.

C’est donc bien dans tous les cas de notre exercice, le temps qui, selon ses nécessités contradictoires, nous “oblige”. Ceci, quelque soit la complexité des péripéties de cet exercice, qu’il s’agisse alors du travail, de la création, des arts, de la recherche, de l’amour, de la guerre, ou autre, puisqu’il s’agit d’activités qui ne peuvent manquer de posséder un “ob-jet”, c’est à dire un but projeté ( jet ), par devant ( ob ), autrement dit dans “l’avenir”.

Tout objet de notre exercice étant forcément “à venir”, ceci confirme que c’est bien finalement le temps qui, selon une nécessité de notre être, et par delà toutes les manifestations occasionnelles de celles-ci, nous oblige, dans toutes nos activités.

Nous apercevons ainsi un autre aspect de la contradiction dont nous sommes pétris, selon notre “être”, puisque c’est paradoxalement par une ensemble “d’actes”, que nous tentons d’atteindre “l’ex-act”, c’est à dire ce lieu de “l’exactitude”, qui ne nécessite le fait d’aucun acte, parce qu’il se situe hors du temps, c’est à dire en “éternité”.

A l’opposé de cette éternité, d’un lieu d’exactitude situé au-delà de nous, c’est à dire au-delà de notre “être”, dans ce que nous avons coutume de nommer justement “l’au-delà”, que nous tentons d’atteindre pour l’exactitude, de notre vivant, mais auquel nous ne pouvons finalement accéder, que par le “trépas”, se situe la “temporalité”, d’un lieu de “l’actualité”, c’est à dire de l’ensemble des actes, non seulement dont nous sommes les “sujets”, c’est à dire notre “activité”, mais également de ceux dont nous sommes les objets, selon notre “passivité”.

Observons alors que dans notre collectivité, chacun de nous constitue par son être, l’objet des autres, en leur étant ainsi “futur”, ce qui les “oblige” envers lui. Ceci, de sorte que, l’ensemble des êtres d’une collectivité, constitue globalement, et principalement, ce qui oblige chacun de ses membres, autrement dit, ce par quoi le temps s’exerce sur chacun d’eux, en sous-tendant ainsi leur être.

Ainsi, contrairement à ce que certains pensent encore, une émergence de l’individu n’a pas pu précéder sa “socialisation”, de sorte que l’humain est par nécessité et dès les origines, un être “social”, et il ne peut tenter d’atteindre sa plénitude, autrement dit son “bien être”, hors de ce cadre collectif, et encore moins contre lui...

Comprenons alors que, pour que par ce temps qui nous oblige, selon notre collectivité, “il se passe” pour le mieux, pour nous, et que nous puissions tenter le “bien être”, il nous faut pour cela satisfaire pour le mieux; à ses exigences, c’est à dire à ses nécessités contradictoires, et à ce qui crée sur nous la force de détermination à devenir, donc à exercer et à agir, qui est notre socialisation.

Or, dans notre univers, la tendance à l’erreur, est une tendance naturelle systématique de “tout ce qui est”, relevant en ce sens de “l’universalité” de l’être. Il ne s’agit en fait de rien d’autre, que cette tendance que nous disons “gravitationnelle”, et que nous savons universelle, d’où le rapport de la notion d’erreur à celle de “gravité”. Car, c’est selon cette tendance que, d’une façon générale, “il se forme”, selon le rassemblement gravitationnel d’une pluralité de “parties”, en la singularité d’un “tout”. Ceci, étant entendu qu’il ne peut se constituer d’être, que “sous forme”, ce qui ne peut se faire que selon l’erreur, puisque selon l’exactitude, il ne se forme justement rien.

Dans cette compréhension des choses, la “forme” dont le caractère principal est d’être précisément “fermée”, et dont la ligne directrice de sa réalisation est dans ce sens le “cercle”, constitue selon la “courbure” de cette ligne directrice, une erreur due à une contradiction de la “droiture”, qui constitue quant à elle, la ligne représentative de l’exactitude puisque selon elle, il ne se forme pas.

C’est d’ailleurs ce qui explique qu’aucune formulation d’exactitude, ne peut rendre compte du cercle, selon le fameux problème de la quadrature impossible du cercle, puisque celui-ci procède fondamentalement de l’erreur.

Ainsi, tout dans notre univers, c’est à dire tout ce qui “est”, selon le temps, procède fondamentalement d’une tendance naturelle et systématique à l’erreur, que nous connaissons selon une expression populaire, issue des amères expériences vécues par les uns et les autres, comme étant la “loi du maximum d’emmerdements”, qui est logique de la force de gravitation universelle, selon laquelle “il se forme”.

Comprenant maintenant que la tendance naturelle et systématique à l’erreur, ne peut exercer, qu’en contradiction d’une tendance à l’exactitude qui, n’étant pas naturelle, c’est à dire ne s’imposant pas selon la seule force des choses, ne peut être qu’intentionnelle, en relevant d’une volonté déterminée à cette exactitude, inaccessible selon le temps, mais cependant nécessaire au développement occasionnel de celui-ci, pour un être concerné.

Nous sommes maintenant en mesure de comprendre quelles doivent être nos obligations envers le temps, afin que pour nous “il se passe” pour le mieux, et que nous puissions accéder au bien être, dans la poursuite d’une plénitude de nos êtres.

Nous devons tout d’abord veiller précisément “religieusement”, à nous établir et à demeurer ainsi en toutes circonstances, selon la plus parfaite cohésion sociale possible, car c’est de cette cohésion que naitra, notre détermination à l’avenir et au progrès, et surtout, que se constituera notre capacité à exercer et à agir, afin d’un règlement des difficultés auxquelles nous avons à faire face.

Nous devons d’autre part entretenir là aussi religieusement, un projet de société parfaite, autrement dit une “utopie”, qui n’est évidemment pas à atteindre, et qui ne peut pas l’être, mais qui se doit cependant être constamment poursuivie, afin que par une contradiction naturelle de notre exercice selon cette tendance d’exactitude, il puisse se développer du temps pour nos êtres, et que par cela, il puisse “se passer” pour nous, et pour le mieux.

Dans cette compréhension des choses, ce n’est qu’en nous déterminant au meilleur “avenir”, qu’il nous est possible, par la qualité de “ce qui se passe” alors en cette direction, de nous garantir le meilleur “présent”.

D’autre part, étant obligés selon le temps, nous devons veiller à éviter le définitif, c’est à dire que nous devons faire en sorte qu’il puisse toujours y avoir une “suite”, un “autrement”, et un “autre part”, possibles, à partir d’une situation donnée.

Partant de cela, il est facile de comprendre que notre torpeur actuelle, découle bel et bien fatalement, de notre “défaut” selon ces différents points, à nos obligations.

Il y a tout d’abord, la “désocialisation” dramatique de nos sociétés, qui s’est opérée sous une idéologie totalement malsaine, dite faussement d’ailleurs, “libérale”, de ségrégation, de justification des comportements égoïstes, et de la célébration de la brute prédatrice dite le “gagnant”, au détriment de l’homme socialisé, et qui en réalité a fait de nous tous, des “perdants”...

Sa nocivité totale réside dans le fait que non seulement, elle nous prive de pouvoir connaitre le bien être, mais surtout, parce qu’elle anéantit totalement, par le manque de leur détermination à un avenir défini selon leur concertation, la capacité d’exercice des individus de notre société, en les réduisant à l’immobilisme, tel que nous le constatons...

Ceci pour dire qu’il est temps d’en finir enfin, avec toutes les formes de sectarisme, avec tous les racismes, de race, de sexe, de culture, d’opinion, et de religion, pour que dans notre société enfin solidarisée, les individus puissent retrouver de la “capacité”.

Il y a ensuite, le renoncement aux exigences de “l’utopie”, selon un discours de raison totalement “castrateur”, que pour notre plus grand malheur, les partis politiques de gauche bien mal inspirés, et selon une trahison indigne de leurs idéaux, ont fait leur, et qui fait que, “il ne se passe plus rien”, puisque aucun projet d’exactitude n’est là pour solliciter et orienter notre exercice selon celle-ci, et que cet exercice ne peut plus faire l’objet d’une contradiction naturelle de sa tentative d’exactitude, permettant de lui donner de la consistance.

Hors de cette poursuite de l’utopie, établie selon la logique du temps, nous sommes condamnés à nous agiter d’une façon totalement stérile, et c’est bien ce que nous constatons.
Enfin, et ce n’est pas là, la moindre de nos obligations envers le temps, il nous faut assurer l’avenir et faire en sorte qu’il puisse y avoir suite après nous, en ne manquant pas, par un établissement malheureux de ce qui doit constituer la priorité, de faire les enfants sans lesquels il n’y a tout simplement pas d’avenir...

En fait, tout cela est finalement tout à la fois, banal et moral. Mais il se trouve qu’un des travers de nos sociétés actuelles, c’est que nos contemporains ont désormais perdu de vue, le fait que la morale ne sert pas simplement à satisfaire à un ordre préférentiel et arbitraire des choses, selon nos dispositions affectives, et dont il serait possible de se passer sans pour cela, perdre de l’efficacité productiviste, mais qu’elle est indispensable à la structuration elle-même des sociétés humaines, qui ne peuvent fonctionner correctement, sans une morale.

C’est précisément dans le but d’éviter une rupture du peuple avec ses obligations, qui aurait risqué de mettre fin à leur civilisation, que les Egyptiens bâtirent le grand Sphinx.

Ce grand Sphinx constituait alors le “simulacre” formel de “l’obligation” de l’Egypte, autrement dit, l’élément matériel par lequel s’opérait sur elle, sa soumission à la “Loi”, c’est à dire l’exercice sur elle, d’une puissante métaphysique, logique du développement du temps. Celle-ci va sous-tendre et maintenir cette brillante civilisation durant près de quatre mille ans, laquelle aurait fort bien pu continuer encore, si elle n’avait pris fin sous les attaques brutales, des Assyriens, des Perses, des Grecs, et des Romains, donc d’éléments étrangers à son fait.

Ainsi, se savoir fondamentalement soumis à la “Loi”, et par le fait, dans l’obligation absolue “d’observer”, selon les contraintes de celle-ci, telle est la toute première connaissance des choses qu’il importe aux humains d’acquérir, sous peine de se retrouver dans une incohérence qui ne peut manquer de leur être fatale.

En Egypte, le grand Sphinx était dit, “ Hor-m-akhet”, nom qui fut ensuite hellénisé en “Harmakis”, et signifiant, “Horus de l’horizon”.

Dans la sagesse égyptienne, “Hor”, dont le nom fut latinisé en “Horus”, est un dieu aux attributions si diverses, que certains spécialistes pensent que ce nom regroupe en réalité, une pluralité de divinités.

Pour ce qui nous concerne ici, c’est à dire pour son implication quant à des questions concernant le temps, nous l’envisagerons pour sa qualité de fils “d’Osiris”, cette divinité de l’au-delà, dont les égyptologues, avec la structure psychique d’homme occidental qui est la leur, pour la plupart d’entre eux, ont fait un triste dieu du royaume des morts.

Nous l’envisagerons quant à nous ici, en étant dégagés de cette vision occidentale, comme une divinité de “l’au-delà”, c’est à dire tout simplement de l’avenir, de la réapparition, et de la renaissance, en considérant que la mort n’est en fait, qu’un plongeon dans l’avenir, et que les Egyptiens n’étaient pas du tout préoccupés à ce point de la mort, comme le laisseraient penser les comptes-rendus des égyptologues, puisque celle-ci n’est qu’un passage, le “trépas”, mais qu’ils étaient en fait préoccupés, de ce qui se trouvait “au-delà” de ce trépas, “l’avenir”. Et ceci, comme tous les autres peuples de l’antiquité, y compris ceux de l’Amérique précolombienne, et on pourrait presque dire, comme tous les peuples non occidentaux.

Osiris participant comme principe de réapparition, de ce qui nous détermine à l’avenir, c’est à dire le temps, son fils Horus était quant à lui représenté sous l’aspect d’un “faucon”, qui participait d’une signification de la royauté.

Le faucon est un animal qui possède comme caractéristique particulière, une acuité visuelle absolument exceptionnelle, puisqu’elle lui permet de détecter un malheureux pigeon, situé à plusieurs kilomètres de lui, et d’en faire son “objet”, lequel selon ce que nous avons vu précédemment, lui est “futur”.

Le faucon est donc dans cette compréhension des choses, un animal capable d’envisager le “futur lointain”, autrement dit capable de “prévoir”, et c’est en ce sens qu’il symbolisait, ce qui doit être la qualité première d’un roi, ou d’un gouvernant quelconque, c’est à dire la capacité à “prévoir”.

C’est donc logiquement qu’en tant que principe de prévoyance, à charge de la royauté, Horus était apparenté à un principe d’avenir, Osiris.

L’horizon constitue la limite de ce qui nous est visible. La prévoyance consistait donc à voir au-delà de cet horizon, et c’est pour cela que la fonction de prévoyance dévolue au grand Sphinx, comme obligation à travers lui, faite au peuple égyptien uni en la personne de son “pharaon”, en faisait “Hor-m-akhet”, c’est à dire “l’Horus de l’horizon”, ou encore Harmakis. C’est d’ailleurs en ce sens qu’Horus lui-même était souvent dit, “ Horakty”.

Cependant, des initiés grecs, s’étant faits à la sagesse égyptienne, l’ont désigné selon un autre aspect de sa fonction, comme étant précisément un “sphynx”, c’est à dire ce par quoi, sous la prévoyance de son pharaon, s’opère la “contrainte” d’un peuple obligé selon le temps. Ceci, selon le mot grec “sphynge”, signifiant la contrainte, et découlant d’une forme conjuguée d’un verbe “sphyngô”, signifiant “étrangler”.

Cette contrainte se manifestait alors selon deux tendances contradictoires, d’abord, la tendance selon laquelle la pluralité des membres de ce peuple se trouvait “obligée”, à se fondre en la singularité d’un “tout”, autrement dit d’un “soleil” de cette pluralité, et dont le pharaon en était la représentation. Ceci, selon une signification de ce terme “soleil”, concernant laquelle je vous renvoie à un article publié précédemment ici même, et intitulé : “Le nouvel élu sera-t-il un président soleil...”

Dans ce sens, le grand Sphinx était précisément “orienté”, c’est à dire disposé en direction de “l’orient”, de façon à se situer à l’équinoxe, en direction du “soleil levant”. Ceci, afin qu’à travers lui, la métaphysique “solaire”, qui préside à la “solidarité” du peuple, et à son “élévation”, ou si l’on préfère, à son “éducation”, puisse s’exercer sur celui-ci avec le maximum d’efficacité.

Il s’agit là bien sûr, d’une tendance “culturelle”, aux implications “intentionnelles”, sur nos êtres, et grâce à laquelle, en étant ainsi déterminé à l’exactitude, il nous est possible d’atteindre notre “excellence”.

Cette métaphysique informelle, possède une corrélation formelle, nécessaire à son exercice sur les individus, en la tête humaine du Sphinx, qui est précisément la marque de “l’humanité” de cet animal bipède humanisé que nous disons “homme”, et telle que cette humanité s’oppose à son “animalité”.

De fait, s’oppose donc à cette tendance culturelle d’exactitude, en la contrariant, une tendance “naturelle” à l’erreur, à l’implication “gravitationnelle” sur nos êtres, c’est à dire en fait, “égoïste”, grâce à laquelle il nous est possible d’avoir “consistance”, et dont la corrélation formelle est le corps de lion, correspondant à la fonction “prédatrice” du bipède, autrement dit à son “animalité”, laquelle participe conjointement, en contradiction de son “humanité”, au fait de l’homme.

Le sphinx signifiait donc bien ainsi tel qu’en lui même, c’est à dire en tant qu’hybride homme/animal, qu’une contrainte était systématique du fait même de l’humain, par le fait que celui-ci se réalisait selon son être, d’une contradiction de ce qui l’oblige selon son humanité, c’est à dire sa détermination culturelle qui le fonde précisément en tant qu’homme, signifiée par une tête humaine, par ce qui l’oblige selon son animalité, c’est à dire sa détermination naturelle de prédateur, signifiée par un corps de lion.

D’autre part, une contrainte logique de la “condition humaine”, était due au fait que les individus de notre humanité, se trouvaient obligés dans leur faits et gestes, selon les nécessités de leur collectivité. Cette contrainte se trouvait signifié, par l’orientation du Sphinx en direction du soleil levant.

En fait, si ce grand Sphinx, simulacre formel nécessaire à l’exercice en Egypte, d’une métaphysique établissant la soumission des Egyptiens, unis derrière leur pharaon, à la Loi, n’avait existé, cette civilisation ne se serait certainement pas développée avec la magnificence que nous lui connaissons. Ceci, parce qu’il faut bien qu’il y ait une “représentation” d’une métaphysique, pour que celle-ci puisse être déterminante.

Décrire ici, la modalité exacte de la “magie” qui s’opérait par le moyen du grand Sphinx, et dont l’exercice sur le peuple égyptien, est à l’origine de sa brillante civilisation, nous entrainerait beaucoup trop loin dans des considérations assez délicates de la haute métaphysique, et bien sûr, nécessiterait des pages...Mais, je me propose là également, de vous en faire part, à l’occasion d’un prochain article, qui ne sera consacré qu’à cette question.

Cette nécessité du Sphinx afin de la civilisation égyptienne, semble donner raison à ces quelques chercheurs iconoclastes, qui, constatant que le Sphinx souffre d’une érosion beaucoup plus accentuée que les autres monuments du plateau de Gizeh, et surtout d’une érosion qui aurait selon eux été due, non pas au vent et au sable, comme c’est le cas pour ces autres monuments, mais à l’eau d’importantes précipitations, font reculer l’origine de ce mystérieux monument jusqu’aux époques où existait encore en Egypte un régime de mousson. Il faudrait donc pour cela, remonter jusqu’aux alentours de 10 000 ans avant JC, en faisant ainsi de la réalisation de ce monument, celle d’une autre grande civilisation, dont l’Egypte aurait par le fait hérité.

D’un point de vue de la métaphysique liée à ce monument, nous comprendrons qu’il n’y a pas lieu en effet, qu’il ait succédé à la réalisation de la grande pyramide de Chéops, comme l’entendent ceux qui en font une œuvre de son fils Khephren, mais bien qu’il l’ait précédé, pour justement en rendre la construction possible.

Quoi qu’il en soit, retenons surtout ici son message, à savoir que nous ne saurions être, sans avoir à faire face à l’épreuve, et que nous devons nous garder de faire injure au temps, sous peine d’anéantissement, et que la logique fonctionnelle de celui-ci nous oblige, à une ardente “socialisation”, et à la quête permanente du mieux, en vue d’une société idéale.


Paris, le 19 mai 2012
Richard Pulvar

jeudi 17 mai 2012

LE NOUVEL ELU POURRA-T-IL DEVENIR UN PRESIDENT “ SOLEIL ”, C’EST A DIRE UN “RASSEMBLEUR”



Il le faudrait pourtant...

La notion de “soleil” concernant le représentant d’un peuple, ne fut pas une invention du grand Louis XIV, même si celui-ci poussa “l’absolutisme” jusqu’à se déclarer être “l’état”, lui-même, par delà le seul rassemblement en lui, de ses sujets.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de la lire, je reprends ici l’explication de cette appellation, que j’ai donnée dans un article précédent.

Considérons donc d’un point de vue “cosmologique”, c’est à dire du point de vue de cet ordre logique des choses qui, selon un mot grec qui signifie “ordre”, se dit le “cosmos”, qui régit notre univers dans tous ses aspects, et dont la représentation qui nous est la plus évidente, que nous reconnaissons habituellement par ce nom, est “l’ordre des objets célestes”, que :

La corrélation “singulière”, d’une autre “singularité”, se dit tout simplement le “pareil” de celle-ci.

Mais, la corrélation singulière, cette fois, d’une “pluralité”, ne peut pas se dire le pareil de celle-ci, puisqu’il ne peut justement pas y avoir “parité”, autrement dit le fait de constitution d’une “paire”, selon le rapport d’une singularité à une pluralité.

Il s’agit donc dans le cas de cette corrélation singulière d’une pluralité, autrement dit, en la singularité qui “représente” cette pluralité, du “soleil” de celle-ci.

Ce terme est construit à partir du latin “sol”, qui se décline en “solis”, et qui désigne le soleil, selon une parenté sémantique avec l’adjectif “solus”, qui désigne ce qui est “unique”.
Ainsi, notre soleil astronomique constitue-t-il la corrélation singulière, de la pluralité des planètes de son système.

C’est pourquoi dans les temps anciens, et bien avant Louis XIV, le “Roi” qui par la singularité de sa personne, représentait la pluralité précisément, de ses “sujets”, autrement dit de ceux qui se trouvaient “sous-jacents” à sa royauté, était-t-il dit le “soleil” de son peuple.
C’est d’ailleurs le même mot “Re”, qui chez les anciens Egyptiens, désignait indistinctement le “Roi, et le “soleil”.

En réalité, la raison profonde de l’utilisation de cette métaphore, réside dans le fait que ce n’est que par la “confiance” qu’ils placent en lui, et donc par l’attente de ses sujets, en un roi en lequel ils se reconnaissent volontiers, que celui-ci peut avoir la capacité d’atteindre son “excellence”, et en quelque sorte de “briller” par sa gouvernance, pour le meilleur de ses sujets...

Ceci, de la même façon que ce n’est que par “l’attraction”, logique d’une “attente”, qu’exercent les planètes de son système sur lui, que notre soleil peut “avoir lieu”, de briller.

Ceci signifie que s’il n’y avait pas ce soleil, il tombe facilement sous notre sens à tous, qu’il ne se serait pas constitué autour de lui, un cortège de planètes. Mais ce qui est tout aussi vrai, mais que nous soupçonnons rarement, persuadés que nous sommes a priori, que le fait de notre soleil tel qu’il est, a précédé celui des planètes ensuite constituées autour de lui, c’est que celui-ci n’aurait absolument pas la qualité d’un tel “soleil”, sans ces planètes, c’est à dire qu’il ne brillerait pas de la même façon, s’il n’était entouré de celles-ci, et s’il n’y avait que le “fond de l’univers”, pour solliciter son rayonnement.

Comprenons en effet, que le rapport énergétique selon lequel notre soleil envoi, en tant que lumière, chaleur, ou d’autres manifestation électromagnétiques, de l’énergie en direction des planètes de son système, s’effectue forcément selon une “dynamique”, laquelle sous tend ce “passage”.
Or, il se produit une “dynamique”, entre deux degrés différents d’une même grandeur, correspondant ainsi à une “différence de potentiel” de celle-ci. Et, c’est selon cette différence de potentiel, “qu’il se passe ”, une quantité de cette grandeur, d’un degré supérieur vers un degré inférieur de celle-ci, autrement dit du “plus”, vers le “moins”.

S’il s’agit en cette grandeur, d’une capacité gravitationnelle, autrement dit d’une hauteur, il se passe alors selon elle, du plan le plus haut, vers celui le moins haut...

S’il s’agit d’une capacité thermique, il se passe du plus chaud vers le moins chaud...

S’il s’agit d’une capacité électrique, il se passe du plus de charge électrique, vers le moins de charge électrique, ce que nous avons l’habitude de dire simplement, du plus vers le moins...

C’est donc par définition, selon une “dualité” que s’établit une “dynamique” autrement dit, la capacité énergétique d’un exercice quelconque.

Ceci signifie qu’il n’y a pas de capacité énergétique possible, d’un fait isolé, constitué comme étant “un”. Il s’agit alors constitué comme tel, d’un fait “nominal”, en ce sens que, d’un point de vue cosmologique, le “nom”, est ce par quoi une pluralité de parties se trouve constituée en un “tout”, autrement dit, comme si celles-ci n’en formaient plus “qu’une”.

Dans cette compréhension cosmologique des choses, nous pourrions donc parler de disposition “bi-nominale”, concernant une disposition “dy-namique”.

Ceci signifie qu’il peut se produire une dynamique entre les parties “sous-jacentes” à un tout, par des échanges énergétiques qui s’opèrent entre elles, mais il ne peut absolument pas se produire de dynamique, et donc par le fait, pas de manifestation énergétique de la part d’un “tout”, selon lui-même, c’est à dire comme si celui-ci se trouvait isolé, sans relation avec quelque autre entité.

S’il n’y avait ses planètes, qui constituent d’un point de vue énergétique le “moins” du système, le soleil qui quant à lui en constitue le “plus”, n’aurait précisément pas “lieu” de rayonner, faute de dynamique pour cela, et n’en serait donc pas un, ou du moins, pas de cette qualité, puisqu’il ne lui resterait alors que le fond de l’univers, vers lequel rayonner.

Ceci, aussi certainement qu’il ne s’écoulerait pas d’eau d’une réserve, qui en constituerait le “plus”, s’il ne se trouvait un “moins”, c’est à dire un plan plus bas que celui de cette réserve, pour la recevoir.

Cette réciprocité de la raison d’être de l’un selon les autres, qui se trouve établie entre le soleil et les planètes de son système, étant précisée, soyons bien attentifs maintenant, au fait que la corrélation cosmologique de ce rapport, entre un roi et ses sujets, c’est que si celui-ci ne se révèle pas comme étant effectivement le “soleil” de ceux-ci, parce qu’il n’a pas su s’en montrer le rassembleur, et qu’il ne bénéficie plus dès lors, de leur confiance, c’est toute la dynamique qui permet normalement à ce roi de briller, et à ses sujet de bénéficier de ses lumières, qui se trouve ruinée...

Ceci revient à dire que la “dynamique” qui sous-tend “l’être” même d’une nation, et qui permet à la fois, à son “représentant” d’être bien inspiré dans sa gouvernance, et à ses administrés d’être bien “déterminés” selon cette direction, en leur permettant ainsi d’agir efficacement afin du bon règlement des problèmes que posent les nécessités de leur existence, ne peut être établie que si ce représentant se trouve reconnu et agréé comme tel par tous, et qu’il bénéficie de leur pleine confiance.

Tout l’échec de la présidence qui vient de s’achever, tient au fait qu’elle à vu sévir au poste de celui qui aurait du être un “rassembleur”, tout au contraire un “diviseur”, qui n’a eu de cesse d’opposer des catégories de la population à d’autres, et qui à conduit son action sur l’idée absolument ahurissante, selon laquelle il suffisait du concours d’une frange seulement de la population, les “bons” selon lui, pour que par leur seul dynamisme, il soit possible de parvenir au règlement des difficiles question qui se posaient déjà à celle-ci, lorsqu’il est parvenu au pouvoir.

Nous sommes aujourd’hui à l’heure de constater le bilan catastrophique, d’une politique qui fut en tous ses aspects, constamment sous-tendue par cette sottise conceptuelle...

Tout le challenge du nouveau président, sera de parvenir à faire fonctionner la nation comme un seul homme, et pour cela, de gagner la confiance d’un maximum de ses citoyens. Car, c’est la condition pour que grâce à l’effet de leur attente exerçant sur lui, il devienne un président bien inspiré, et pour qu’une saine dynamique de son “être”, permette à cette nation, grâce à des citoyens bien “déterminés”, de sortir des difficultés qui l’étreignent actuellement.

Le voudra-t-il, en sera-t-il préoccupé, et en sera-t-il capable, telle est la question ?


Paris, le 17 mai 2012
Richard Pulvar

dimanche 13 mai 2012

FAIRE RENAITRE LE REVE




Il manque à notre société, pour sortir enfin des presque “quarante honteuses”, qui ont succédé aux “trente glorieuses”, avec leur cortège d’offenses continuelles, tant à notre affect, qu’à notre intellect, une nouvelle ambition, établie selon un nouveau rêve. Il nous faut pour cela, réhabiliter “l’utopie”, le dépassement de nous mêmes, et la quête du beau et du bien, pour pouvoir en finir avec tous les mensonges de l’actuel système, se prétendant de la raison, et nous réinscrire dans une vérité, c’est à dire dans ce qui va dans le sens de l’humain...

Il nous faut repartir à la découverte d’autres mondes, d’autre choses, pour tenter de satisfaire une saine curiosité, tant quant à notre univers que quant à la connaissance de nous mêmes. Ceci, selon la quête d’excellence qui normalement, nous fonde en tant “qu’humains”, et qui nous détermine à être autre chose que des animaux. Il faudrait en ce sens, reprendre la conquête spatiale, selon des projets audacieux et mobilisateurs, qui seraient les occasions du développement de techniques innovantes, et d’activités pour une grande diversité de métiers, et surtout, dont la réussite serait l’occasion d’une satisfaction et d’une fierté partagées.

Cette remise au goût du jour d’un véritable progrès, qui ne se limiterait pas à quelques gadgets informatiques et du multimédia, sans grand intérêt, comme c’est le cas en ce moment, et qui ne sont finalement que les relais techniques d’une vaste entreprise de domination, pourrait ainsi servir d’appui à la reprise de cette autre forme absolument indispensable du “progrès”, que constituent les avancées considérables, compte tenu du retard accumulé, qui nécessitent d’être accomplies, dans le domaine des sciences sociales, et celui de la politique.

Ceci, pour que nous soyons véritablement installés dans une nouvelle époque, et pas dans les débris d’une ancienne, qui ne nous offrent que de la nostalgie.

Ce n’est d’ailleurs qu’à condition d’un enthousiasme retrouvé, et dans un état d’esprit convaincu de l’intérêt pour tous, de la justice sociale, en comprenant que l’homme ne vit pas que de pain, et que des satisfactions sont à rechercher dans bien d’autres domaines, que celui de la consommation maladive et effrénée, qu’il nous sera justement possible d’accepter les nécessaires réductions de ce degré ahurissant de consommation, mettant parfois en péril jusqu’à l’écosystème, et qui n’est en réalité qu’un dérisoire palliatif, à nos carences affectives inavouées.

Enfin, une investigation déterminée, menée dans les vastes étendues qui demeurent encore inexplorées, des sciences spirituelles, dans leur dimension collective, alors que celles-ci constituaient l’essentiel de la science des brillantes société anciennes, devraient, par une toute nouvelle compréhension du fait de nous-mêmes dans le “cosmos”, nous conduire à nous réaliser enfin, en une humanité digne de ce nom, c’est à dire solidaire, et apaisée...

Bien sûr, rien de tout cela ne peut-être la préoccupation de notre actuelle classe politique, qui de toute évidence, n’est pas faite pour cela...

Ceci pour dire que si nous devons bien sacrifier à nos obligations de citoyens, telle que l’élection législative à venir, où nous devront désigner ceux qui auront à charge de rédiger nos lois, et de contrôler l’action de notre gouvernement, nous devons bien être conscients, dès à présent, qu’il ne s’agit guère plus en cela, que d’un rite, tant ces deux institutions, gouvernement et assemblée, ont peu de prise, comme nous l’avons constaté tout au long de la dernière présidence, sur les cours des choses. Il est clair désormais pour nous tous, que les décisions quant à ce qui nous concerne, et bien souvent nous “contraint”, le plus directement, sont prises ailleurs.

Ceci signifie qu’aussi bruyante que ne manquera pas d’être la campagne électorale à venir, ce n’est pas en cette élection des députés que se situera le véritable “événement”, si celui-ci doit se produire, et que c’est bien à nous, citoyens de ce pays, qu’il nous appartient en hommes responsables, vis à vis de nous mêmes et de nos enfants, de créer cet événement, en ouvrant le vaste débat, quant à ce que devrait être notre nouvelle société, et ne rien espérer de toute l’agitation politico-médiatique, qui ne sert qu’à masquer le total néant conceptuel, de ses acteurs...

Allons enfants...!


Paris, le 12 mai 2012
Richard Pulvar

10 MAI, COMMEMORATION DE L’ABOLUTION DE L’ESCLAVAGE



Fort heureusement, il en est fini de l’esclavage par contrainte de corps...

Cependant, il nous reste encore une très rude bataille à mener contre l’esclavage par contrainte sociale ou économique, et surtout contre ce redoutable esclavage, véritable fléau de notre époque, par contrainte psychique et lavage de cerveau, qui fait tant de ravages, et qui conduit d’honnêtes citoyens, par les rouages vécus comme incontestables, de la démocratie, à se donner eux-mêmes les maitres qui ne manqueront pas de les asservir, sous toutes espèces de prétextes de raisons, et en arrachant pour cela, leur autorisation.

Accéder à la pleine maitrise du jugement que nous devons porter sur les individus et sur les institutions, en constatant tout simplement leur évidente bienfaisance ou malfaisance, sans qu’un empoisonnement médiatique insidieux, ne vienne nous contraindre d’admettre que la seconde, relève des mécanismes inévitables de la vie sociale, telle est la nouvelle bataille que nous devons mener...

Il s’agit en fait d’une bataille pour la “vérité”, sans laquelle il ne peut désormais plus y avoir de “liberté”, telle que celle de contester à juste titre, les outrances de certains qui prétendent que toute critique à leur égard constitue un délit, et surtout pas de paix, compte tenu que certains autres, ou peut-être les mêmes, n’ont de cesse de manipuler le mensonge, pour justifier notre engagement dans des affrontements, à seule fin de leurs intérêts claniques.

Il est temps de se défaire de ces chaines qui nous entravent l’esprit, et par lesquelles certains s’emploient à travestir la malfaisance évidente de leur action, et leur totale impéritie, pour en faire la conséquence de notre refus d’éprouver. Et ceci, en leur montrant justement, que nous ne reculerons pas face aux épreuves que nécessiteront leur mise hors de nuisance, telles que refuser, comme nous en donnent l’exemple avec vaillance, les Islandais, de sacrifier nos existences, pour rembourser des sommes indues, auxquelles leurs complices aux affaires, prétendent définitivement nous enchainer...

Notre enfermement dans une société sans espoir, est devenu la nouvelle cale du navire, les financiers sont devenus les nouveaux négriers, les gouvernants sont devenus les hommes qui portent le fouet, la crainte du chômage est devenue l’entrave universelle, qui verrouille tous nos espoirs de justice et de progrès, et la dette écrasante, les nouveaux champs de canne, dans lesquels certains nous engagent à devoir pour toujours courber l’échine, et ce, jusqu’à nos enfants, et nos petits enfants…

C’est pourquoi face à cette triste perspective, il nous faut aujourd’hui, à l’instar de ces vaillants d’autrefois, nous faire “neg mawon”, et refuser de subir davantage...

Hé cric, hé crac ! Luttons contre les chaines psychiques, sociales, et institutionnelles, du nouvel esclavage, en refusant d’en admettre la fatalité...!


Paris, le 10 mai 2012
Richard Pulvar

mercredi 9 mai 2012

L’HEURE NE SEMBLE PAS ENCORE VENUE, POUR UN NOUVEAU MESSAGE



Les humanistes et les progressistes en seront pour leur espérances, car, au vu de l’extrême pauvreté des débats, et de la constance mécanique des comportements partisans, qui ont concouru à donner sa forme à cette élection présidentielle désenchantée, il semble assez clairement que l’heure pour que puisse être accueilli un tout nouveau message, ne soit pas encore venue. Ceci, pour la raison claire que ce nouveau message n’est même pas attendu.

On aurait pu croire cependant, que les grandes difficultés auxquelles ont à faire face nos concitoyens, que les terribles échéances qu’ils savent les attendre, au vu du spectacle désolant de ceux des autres Européens qui se trouvent déjà broyés par la machine infernale, et que la totale vanité de tout ce qu’ont tenté, ou ont semblé tenter de mettre en œuvre contre elle, des gouvernements de tous bords dans différents pays, et dont nous avons pu constater qu’ils ne constituaient en fait, que des rouages de cette machine, auraient conduit ces concitoyens à un salvateur questionnement.

Ceci, quant à savoir s’il n’était pas enfin venu le temps, vu les urgences, de se montrer un instant raisonnable et responsable, et cesser de s’enivrer de ce délicieux mensonge qu’ils s’offrent à eux-mêmes. Celui-ci consiste à se convaincre que parce qu’issu de leur clan, un nouvel élu, figure emblématique de “l’apparatchik”, tenant d’une doctrine “énarquienne”, dont la mise en œuvre nous vaut de nous trouver dans l’actuel désarroi, pourrait être celui qui s’en viendrait contester celle-ci, pour que ces difficiles questions trouvent enfin une réponse...

Mais il n’en fut rien, et ce furent cette fois encore, les mêmes et éternels réflexes archaïques, de proclamation narcissique et obscène de supériorité de leur clan, et de désir indigne d’une action gouvernementale afin de leur seule satisfaction, serait-ce au détriment des autres, qui ont conduit les uns, à soutenir un sortant, pour conserver à travers lui un sentiment de possession du pouvoir, malgré son bilan catastrophique, et les autres, à soutenir son concurrent, afin de ravir à ceux d’en face, cette jouissance de se réclamer du pouvoir et par cela même, d’un clan supérieur, malgré l’extrême pauvreté de son programme.

Il est clair cependant, que par delà quelques accommodements sectoriels, il n’y a aucune possibilité pour que la politique menée par le nouveau venu, soit fondamentalement différente de celle qui fut poursuivie par son prédécesseur. Et ceci, pour des raisons qui ne tiennent ni à l’un, ni à l’autre, et encore moins aux clans respectifs qui les soutiennent, mais pour des raisons qui sont tout simplement logique d’un “système”, lequel possède évidement une logique fonctionnelle, qui ne peut être mise en cause que par une remise en question de tout ce système lui-même, ce qu’aucun des deux candidats au fauteuil n’avait proposé.

Pour ne pas avoir voulu renoncer aux délices de leur détestation réciproque, et de leurs affrontements traditionnels, les partisans bornés des deux partis gouvernementaux de gauche, et de droite, ont finalement enfermé notre société dans une “schizophrénie” totale, celle qui consiste à attendre par la mise en œuvre d’un mécanisme qui leur pose problème, que celui-ci finisse par créer leur faveur, en changeant simplement celui qui le met en route...

Quelle déraison...!

Cependant, il n’est point besoin d’être expert pour comprendre tout simplement que :
“ C’est précisément par la frustration systématique d’une satisfaction que l’on attend de lui, que fonctionne, et que peut se maintenir, notre actuel système...”

C’est donc une parfaite stupidité, que d’en attendre un règlement possible de nos difficultés, c’est-à-dire de la persistance de différents manques, par son maintien en exercice, puisqu’il n’est justement pas fait pour cela…

Il s’agit d’un système de “marché”, qui n’a de raison d’être que pour permettre par la dynamique d’entreprise qu’il entraine, de mettre fin à des pénuries, mais évidemment pas, à toutes les pénuries. Car, la suppression de celles-ci constituant son “objet”, une persistance malgré cela de pénuries, constitue une nécessité au maintien en exercice de ce système, puisque autrement, celui-ci n’aurait plus d’objet.

Il est en ce sens assez bien adapté, pour des pays où se trouve déjà assuré l’essentiel, c’est à dire l’alimentation de leurs citoyens, étant entendu qu’en deçà de ce stade, d’autres systèmes destinés à mobiliser toutes les énergies pour cet objectif, lui sont concurrents. Il permet alors de mettre en œuvre des entreprises diversifiées, pour la pluralité des produits qui participent au confort de l’existence.

Mais ce système ne vaut strictement plus rien, pour des pays dans lesquels, non seulement l’essentiel est assuré, mais également les éléments d’un confort raisonnable. Car, son mécanisme finit alors par créer, pour qu’il puisse correctement fonctionner, soit des besoins artificiels plus rapidement qu’il ne permet de les satisfaire, pour ne pas tomber en panne “d’objet”, soit de récréer de façon rétrograde, des pénuries là où il ne devrait plus y en avoir, afin de son maintien.

L’exemple emblématique de ce fonctionnement rétrograde du système, est la question du logement dont l’accès est devenu aujourd’hui si difficile, alors qu’il existe pourtant en ce pays, davantage de logements vides, que de mal logés ou de sans-abris. Et ce n’est qu’à condition de cette pénurie artificielle, qu’il peut encore exister un marché du logement.

En réalité, il faudrait totalement changer de système social et économique, mais ceci nécessiterait de changer de “mentalité”, c’est à dire de se défaire enfin de celle qui était déjà la nôtre du temps des cavernes, et se rendre disponible pour entendre un autre message, que tous ceux qui justifient une concurrence effrénée entre les individus, afin de la capture, de la possession, et de la suprématie.

Ce dont il doit être question finalement, c’est de voir enfin le triomphe de l’homme “socialisé”, dans le sens précisément sociologique de ce terme, et non pas politique, sur la bête prédatrice que malheureusement, nous demeurons encore...

Nous n’y sommes pas visiblement, car après cette élection, selon un réflexe prédateur, les uns crient victoire, alors que les autres n’attendent que l’occasion d’autres élections, pour rétablir leur suprématie sur les premiers…


Paris, le 9 mai 2012
Richard Pulvar

NOUS N’EN AVONS FINI, QU’AVEC LE PREMIER “CURIACE”




Nous autres, patriotes, progressistes, humanistes, et citoyens du monde, tous unis en un “Horace” ayant fait serment de vaincre l’injustice, et de lutter pour la liberté, alors que nos deux frères, le défenseur de l’égalité, et celui de l’égalité, conjurés avec nous, ont succombé sous les coups des prédateurs à Rolex, nous n’en avons fini qu’avec le premier des “Curiaces”, celui du mépris, de la haine sociale et raciale, et de l’amour du privilège.

Nous voici maintenant face au second, qui ne fera guère illusion que le temps pour nous de goûter au soulagement de ne plus avoir “l’injure” permanente en spectacle, mais qui dès son discours de victoire électorale, à déjà fait montre qu’il demeure dans le péché, en prétendant qu’il est à sa charge de lutter contre les dictatures...

Qui donc l’en a chargé, et pour qui donc se prend-t-il, pour se prétendre juge de dire tout autour de la Terre, quels sont les bons et les mauvais ?

Ce second Curiace, celui du racisme culturel, de l’interventionnisme colonialiste, et de la prétention sioniste à la suprématie universelle, nous n’allons pas tarder à devoir l’affronter, et bien sûr, nous en triompherons comme du premier...

Restera alors à vaincre le troisième, le plus redoutable et irréductible des trois, parce qu’il s’est établi là où il nous est le plus difficile de le combattre, c’est à dire au fond de nos âmes, et qui est en fait celui de la discorde établie entre nous, qui nous empêche de constater la générosité du ciel, et d’en profiter sur cette Terre, et là, c’est une toute autre affaire...


Paris, le 7 mai 2012
Richard Pulvar

dimanche 29 avril 2012

POURQUOI TEL QUE “NOMME” ET SELON LES ASTRES, LE FUTUR PRESIDENT N’A DEJA PAS QUALITE POUR L’ETRE



Le verbe français “présider”, vient du verbe latin “praesidere”, lui-même construit avec l’adverbe “prae”, signifiant “devant”, et le verbe “sidere”, signifiant “se poser”.

Dans cette compréhension des choses, “présider” signifie “se poser devant”, étant sous-entendu, “devant les autres”, ce qui constitue bien sûr, l’attitude normale et fonctionnelle d’un guide.

Mais les anciens ne procédaient pas comme nous autres aujourd’hui, selon une pensée “analytique”, pour tenter de rendre compte des choses, par la révélation en les différenciant, de leurs aspects “sous-jacents”, afin d’en établir la fonctionnalité. Leur investigation s’opérait tout au contraire, par “l’analogie”, c’est à dire par le recensement, en les identifiant à ceux directement évidents d’une chose, des aspects d’autres choses “adjacents” à celle-ci, c’est à dire venant “s’adjoindre”, à ceux de la chose étudiée, pour en établir la fonctionnalité.

C’est donc selon les “ressemblances” existantes entre les choses selon leur globalité, en non selon les “différences” de leurs particularités, qu’ils parvenaient à la compréhension de ces choses.

Bien sûr, il existe une corrélation directe, entre la façon dont une chose se trouve constituée de parties, et selon laquelle se trouvent établies précisément, ses “particularités”, telles que nous le révèle l’analyse, et, la capacité de cette chose à s’inscrire à son tour selon ses particularités, comme étant la partie d’un ensemble supérieur, c’est à dire sa ressemblance avec d’autres, telle que nous le montre l’analogie, laquelle leur permet alors de s’assembler. Ceci, de sorte que ces deux démarches d’accès à la connaissance des choses, analyse et analogie, demeurent cohérentes, et donc parfaitement fondées, l’une et l’autre.

Cependant, si l’analyse permet d’en comprendre les plus infimes partie, c’est tout au contraire l’analogie qui permet une compréhension globale des choses et par là, des grandes règles qui régissent notre univers en son devenir, selon cette modalité que nous nommons le “temps”. L’analogie confine donc à une étude du rapport de l’espace au temps.

C’est pourquoi, selon cette compréhension globale découlant de leur investigation analogique, il était clair pour les anciens que, corrélativement à la double acception, spatiale, et temporelle, de ce terme, la “disposition spatiale” des choses, autrement dit, le “comment” elles se situaient, ne pouvait manquer d’être corrélative à leur “disposition temporelle”, autrement dit, le “pour quoi” elles se situaient.

Ainsi, présider signifiant déjà “se poser devant”, dans le sens spatial, les anciens pour lesquels les “rites” n’étaient pas du pipeau, mais possédaient une véritable fonctionnalité, considéraient que l’homme en cette posture devant les autres, dans l’espace, le “président”, n’y était pas simplement pour faire le beau, mais qu’il avait alors pour fonction première, de se situer également devant eux, “dans le temps”, autrement dit, “d’anticiper”.

C’est ce qui explique la proximité sémantique entre “sidere” qui décrit le fait de ce qui se pose, autrement dit de ce qui “sied”, selon l’implication “gravitationnelle” de ce terme, et par là temporelle, étant bien entendu qu’il ne peut “advenir” en un lieu, que selon ce qui sied en ce lieu, et le mouvement gravitationnel universel, tel qu’il nous est signifié par les astres, et qui se disait “sidera”, que nous avons coutume de traduire simplement par “les cieux”, en manquant de noter son implication temporelle. En fait “sidera” décrit l’ensemble des objets célestes, selon leur mouvement, par lequel nous apprécions le temps.

Ainsi, “praesidere” se trouve-t-il être homogène à “praesiderare”, qui avait parmi d’autres acceptions, celle de se situer devant (prae), l’implication des mouvements célestes selon lesquels il advient (sidera), ce qui revient clairement à dire “prévoir”. C’est d’ailleurs ce rapport de sidera à l’observation des choses, qui a donné le verbe latin “considerare”, d’où le français, “considérer”.
Dans cette compréhension des choses, le “président” est non seulement celui qui se situe devant les autres, afin de les guider, mais également celui qui pour cela “prévoit”, et il ne peut d’ailleurs guider correctement, que grâce à cela...

Or, il est clair que les candidats à notre élection présidentielle, ne prévoient rien, non seulement à cause de l’extrême platitude de leurs programmes, pour autant que l’on puisse considérer qu’ils en possèdent véritablement un, mais surtout, parce que de manière tout à fait prévisible, la suite logique des événements viendra fatalement faire échec tôt ou tard, à leur présidence.

Il est clair que si, selon une capacité à prévoir qui devrait être la leur, ils se savaient condamnés à l’échec, ils ne postuleraient pas, de sorte que le seul fait de leur candidature, suffit à établir leur totale incompétence en tant que “président”, puisqu’ils se révèlent par cela même, incapables de prévoir...

En réalité, et d’une façon logique, en la position qui sera la sienne, c’est à dire sur le fauteuil présidentiel, le nouvel élu ne possédera, ni les moyens institutionnels, ni politiques, ni économiques, ni sociologiques, ni idéologiques, et ni même la simple légitimité, pour pouvoir procéder à un bouleversement de fond en comble, de tout un système dont il doit justement à son fonctionnement, de se trouver en cet endroit, ce qui signifie clairement, qu’il ne pourra y demeurer sans lui.

Ainsi, pas davantage que Louis XVI, le futur président ne sera nommé pour faire la “révolution” qui de toute évidence, doit intervenir dans notre système socioéconomique. Tel sera donc le rôle d’autres, depuis d’autres lieux, et selon un tout nouveau discours, et il ne nous reste qu’à souhaiter pour le nouvel élu, que sa “sortie” prévisible, se fasse dans des conditions moins dramatiques pour lui, qu’elles ne le furent pour Louis XVI.

Ne prévoyant rien de ce qui l’attend, et s’y précipitant avec joie et bonheur, il est clair que le futur président, n’a d’ores et déjà pas qualité pour l’être “nominalement”, et il ne manquera pas de se faire traiter pour cela, d’usurpateur, avant d’être chassé.

Nous ne tarderons pas à le vérifier...


Paris, le 29 avril 2012
Richard Pulvar

samedi 28 avril 2012

LA REDOUTABLE QUESTION DE "L’AFFIRMATION"




Le succès impressionnant que vient de recueillir un parti d’extrême-droite, au premier tour d’une élection présidentielle, n’est pas tant une surprise, car la désaffection des électeurs pour les partis politiques gouvernementaux, de droite comme de gauche, incapables qu’ils se montrent depuis tant d’années, à apporter enfin une véritable réponse aux difficultés qui étreignent les citoyens de ce pays, était connue, ce qui rendait ce résultat prévisible.

Cependant, pour quelque peu annoncé qu’il fut, et même si ce n’était pas à ce niveau, il n’en est pas moins troublant et inquiétant, parce qu’il décrit clairement un “état d’esprit” grandissant dans le pays, qui conduit un nombre de plus en plus grand de ses citoyens, à s’affranchir de toutes les contingences morales qui, établies sur le souvenir d’un passé extrêmement douloureux, les dissuadaient jusqu’alors de se laisser séduire et convaincre, par les sirènes de la droite extrême.

Celles-ci il est vrai, les chantent bien agréablement, au contraire d’autres raisonnables. Ces dernières les privent en effet d’envisager, quant à leur dure condition qu’ils jugent injuste, et indigne d’eux, quelque autre explication que l’implication logique d’une mise en œuvre dans leur exercice, de leurs capacités personnelles qu’il leur faudrait alors comprendre comme étant insuffisantes, ou le fait de conditions objectives contre lesquelles ils ne peuvent rien.

Bien loin de cela, ces sirènes leur révèlent tout au contraire, que par leur nature même, c’est à dire sans que cela ait nécessité de satisfaire aux patientes épreuves d’un “acquis”, dont ils auraient pu alors bien malgré eux, manquer d’en avoir eu les occasions, mais dans ce qui relève de leurs gènes mêmes, existe une secrète capacité “d’excellence”. Celle-ci constituant l’élément fondamental de leur ressemblance, et par là, de leur appartenance, sa mise en œuvre exige alors d’eux, leur “rassemblement” exclusif, c’est à dire réservé à ceux de leur race.

Ces sirènes flatteuses de la droite extrême, enjoignent alors ces citoyens à se réaliser d’une façon exceptionnelle, par la mise en œuvre de leur capacité jusqu’ici inexploitée, aux heures où leur nation se trouve sous la contrainte. Et ceci, en “s’affirmant” afin d’efficacité, tel qu’en eux-mêmes, c’est à dire dans leur pureté, et contre tous ceux qui, par leur différence, les “altèrent” en leur imposant par le partage du quotidien, une “partie d’autre” dommageable en eux, qui ne leur permet pas de parvenir à leur “plénitude”, condition de leur excellence.

Toute la dangerosité de ce raisonnement, réside dans le fait qu’il n’est ni totalement faux, parce qu’il existe bien des dispositions particulières qui doivent être prises, afin que les nations parviennent à leur excellence, et parmi elles bien sûr, la plus grande cohésion sociale possible. D’où la tentation d’une pureté de la race, au fait de laquelle on attribue alors une part importante du patrimoine culturel de notre humanité, bien sur, en se moquant totalement de la réalité historique des faits, puisqu’il ne s’agit là que d’un prétexte, pour la justification d’un sectarisme.
Et c’est en ce sens que ce raisonnement n’est pas non plus totalement vrai, parce que les conditions de l’excellence des nations, n’impliquent absolument pas nécessairement, et bien au contraire, l’exclusivité raciale. Cependant, pour ceux qui ne sont pas versés en ces questions, un projet construit selon de telles propositions, semble constituer un tout cohérent, ce qui lui vaut, même si ceux-ci ne l’avouent pas volontiers, d’avoir bon nombre de partisans.

Partant de là, l’alternative semble être pour nous tous, soit en son application intégrale, laquelle ne peut conduire qu’à un désastre tel que le nazisme, soit en sa répression intégrale, laquelle ne peut que réduire à l’impuissance, telle que celle qui nous frappe actuellement.

Au cœur de cette question, le fait que sectarisme, racisme, nationalisme, fascisme, et nazisme, correspondent à des “dispositions” des individus et de leurs groupes, qui répondent au départ à une même nécessité, leur “affirmation”, qui est corrélative à leur “détermination”. Tout notre embarras réside alors, dans un rôle semble-t-il nécessaire, que joue le sectarisme, dans la force de détermination d’une nation.

Pour bien saisir ce dont il en retourne, et entrevoir peut-être une voie de l’efficacité, qui n’implique pas la cruauté, considérons tout d’abord que notre humanité est constituée selon une “contradiction fondamentale”, puisqu’il s’agit bien d’une “collectivité d’individus”. Or, il y a fatalement contradiction, entre la nécessité que soit absolument préservée, par delà l’autonomie des individus, la solidarité du groupe, et celle que soit maintenue, en deçà de l’uniformité du groupe, la singularité des individus, autrement dit, la spécificité et l’autonomie de chacun d’eux, au sein de ce groupe.

Ainsi, ceux de nos concitoyens qui selon leur sensibilité, se montrent principalement préoccupés de la solidarité du groupe, se disent “socialistes”, et ceux qui selon leur sensibilité, se montrent plutôt préoccupés par la préservation en ce groupe, de l’autonomie des individus, se disent “libéraux”.

Observons alors que de ce point de vue théorique, c’est-à-dire hors des circonstances de la vie politique, il existe au départ une égale pertinence à se dire socialiste, ou libéral, puisqu’il ne peut se constituer un groupe, que d’individus, ce qui suppose que ceux-ci le demeurent, et qu’il ne peut se réaliser d’individu, qu’à partir d’un groupe, c’est à dire précisément qu’en tant que “partie” de celui-ci, ce qui suppose que la cohésion de ce groupe soit maintenue, même si cette dernière assertion est moins évidente que la première.

Beaucoup se laissent en effet à supposer intuitivement aux origines de notre humanité, une émergence d’individus qui se seraient ensuite socialisés par nécessité. Mais il n’en est rien du tout, car l’humain n’a pu émerger dès le départ, qu’au sein de ce qui constituait déjà forcément, une communauté d’autres êtres, et ceci, selon sa double dimension fondamentale, impliquant la singularité de ses individus, et la collectivité de son groupe.

Ces deux aspects de l’humain, son individualité et sa collectivité, font que l’individu lui-même, et tous ses différents regroupements occasionnels, couple, famille, village, ethnie, nation, jusqu’à notre humanité entière qui est en fait la seule à pouvoir l’être strictement, sont constitués selon une “incomplétude” fondamentale, un manque initial, sorte de péché originel, qui les déterminent selon une nécessité de leur “être”, celle de se constituer comme “un”, autrement dit comme des entiers, à s’acquérir absolument “d’autre”, afin de leur “plénitude”.

C’est précisément selon cette nécessité de tout individu, autrement dit de tout “être”, de s’acquérir “d’autre”, afin de sa plénitude, que se trouvé “obligée” sa dimension collective. Ceci, étant bien entendu que si les individus et leurs groupes se trouvaient déjà “satisfaits”, selon eux mêmes, ils n’auraient pas lieu de s’acquérir de quoi que ce soit d’au-delà d’eux, autrement dit de quoi que ce soit “d’autre”, et rien ne les déterminerait à leur rassemblement.

C’est donc bien à cause d’un manque initial que, selon une détermination précisément “universelle”, c’est à dire la tendance de “tout”, à se constituer comme “un”, afin de se fondre dans le “Tout”, selon le sens fondamental de “uni-versus”, décrivant la “tendance à faire un”, que les humains se trouvent déterminés à se rendre les uns envers les autres, selon bien sûr des démarches occasionnelles diverses. Celles-ci ne sont alors que les modalités historiques, d’une nécessité logique de l’espèce humaine elle-même, qui détermine ses individus à se rassembler, selon ce que nous concevons confusément comme étant un “instinct grégaire”.

Ceci fait que sous-tendue selon cette “détermination universelle”, il existe une volonté confuse et inconsciente des humains de se joindre à d’autres, qui n’est en rien choisie, d’où la perplexité de ceux qui depuis des décennies, tentent stupidement et sans le moindre succès, de s’opposer aux phénomènes migratoires. Et c’est justement ce manque de décision qui fait que, selon la parenté sémantique qui existe entre les termes, “confluence”, et “conflit”, le premier constituant une modalité de rassemblement, tous les niveaux de la collectivité des humains possèdent hélas, un caractère “conflictuel”. Car, il s’agit en fait dans tous les cas, pour les uns, qui sont alors dits les “gagnants” de cette confluence, de s’assurer par une domination de ceux-ci, la participation d’autres à leur succès, autrement dit, à leur plénitude.

Sans qu’elles ne soient réductibles, et fort heureusement, qu’à cette seule dimension, les collectivités d’humains possèdent bien une dimension conflictuelle irréductible et, en dehors d’une pleine et franche “com-préhension” établie entre les membres de celles-ci, c’est à dire une disposition de “partage” impliquant par réciprocité, la “détention commune” de ce qui de l’un, est nécessaire à la plénitude de l’autre, ce qui constitue le cas d’une société idéale, celle-ci ne se trouve alors maitrisée, que par l’exercice sur ces collectivités, d’une “autorité”.

Il s’agit alors en celle-ci, et dans un sens inhabituel qui est donné à ce terme ici, d’une “force de détermination”, qui se trouve exercée sur chaque membre d’une collectivité, par un “objet” qui a pour effet de les solidariser, en les déterminant à lui. Et cet objet qui est issu de leur concertation, est celui qui se trouve “projeté” par ces membres eux-mêmes.

Ceci signifie que hors d’un tel projet, qui peut-être par exemple, celui d’un enfant pour un couple, et qui pour une nation est l’ensemble des espérances de mieux être, dont la marche vers elles constitue ce que nous nommons le “progrès”, il faut donc s’attendre à ce que, comme cela s’est déjà produit par le passé, la perte totale d’autorité des états, et par là de leur capacité à maintenir leur cohésion, conséquence d’un indigne renoncement au progrès, sous des prétextes de raison, soit l’occasion de troubles de la plus grande gravité...

De tout cela, il apparait que l’individu isolé, tout comme le groupe isolé, qui ne peut donc s’acquérir d’autre afin de son être, est au départ, et le demeure, “infirme”, du fait de son incomplétude initiale, en ce sens qu’il se trouve ainsi privé de cette plénitude de sa “forme”, que constitue son “affirmation”, qui est la disposition de sa capacité maximale.

Car, cette affirmation de soi, selon le meilleur de sa forme, constitue la condition d’une pleine capacité de l’individu ou de son groupe, à “exercer”, autrement dit, de leur bonne “détermination”. Et ceci, selon les deux acceptions du terme, celle spatiale de “délimitation”, établie selon des critères physiques, et celle temporelle de “destination”, établie selon des critères métaphysiques. Il se trouve alors que, hors d’une exceptionnelle compréhension établie avec les autres, cette détermination de l’individu ou de son groupe, s’opère selon ce qui les “partage” d’avec ce qui leur est autre, autrement dit selon un “sectarisme” qui les sépare, et qui les spécifie des autres, de sorte que leur affirmation se réalise en fait, contre eux.

C’est ce qui explique que pour sortir des situations de crise, et c’est malheureusement dans une telle situation que nous nous trouvons aujourd’hui, la quête d’efficacité d’un groupe, qui suppose qu’il soit parfaitement “déterminé”, à la fois dans l’espace, comme ensemble cohérent et donc sans aucune altérité, de semblables, et dans le temps, selon une “destination” suprême, métaphysique, qui lui est signifiée par un guide, s’opère par une affirmation de ce groupe, contre les autres, mais notons le bien, pas sans les autres.

En effet, la notion de “partage” évoquée ici, possède les implications logiques de cette représentation emblématique de celui-ci que constitue une “frontière”, à savoir que celle-ci constitue paradoxalement, à la fois l’élément selon lequel deux nations se trouvent séparées, et par le fait délimitées et déterminées l’une “contre” l’autre, et selon lequel elles se trouvent malgré cela unies, cette frontière leur étant fatalement et définitivement commune. Ceci fait que la détermination d’une nation s’opère forcément, solidairement, face à d’autres, et donc fatalement, contre d’autres.

Tout ceci signifie clairement qu’il n’existe aucune possibilité pour une nation dans la difficulté, de mettre toutes ses forces et ses ressources en œuvre, afin d’en sortir, d’une façon sereine et indépendante des autres, puisque son affirmation ne peut se faire qu’en regard de ces autres. Sa capacité à exercer selon cette affirmation, c’est à dire sa détermination, suppose alors un “partage de différenciation”, impliquant un antagonisme, face à d’autres nations.

Il est clair à ce sujet que si, face à la nécessité pour se remettre du désastre de 1918, de mobiliser toutes ses forces et ses ressources, selon une forte détermination, l’Allemagne de l’entre deux guerres n’avait bénéficié d’une solide inimitié accumulée dans les deux guerres précédentes contre les Français, elle n’aurait pas trouvé les voies de son affirmation et de son regain de puissance. On peut donc bien blâmer Hitler, mais si ce n’avait été lui, cela aurait été un autre, par nécessité. C’est en fait principalement la situation qui fut celle de l’Allemagne, qui explique fondamentalement ce drame…

Ceci signifie que tel que cela s’est effectivement produit, le redressement spectaculaire de l’Allemagne, n’a pu s’obtenir que par la préparation puis la mise en œuvre “déterminée”, d’une affirmation de sa race, satisfaisant sa délimitation physique, et d’une agression des autres nations, satisfaisant une destination métaphysique, lui étant signifiée par son guide.

Il est également remarquable à ce sujet, que la France en très grande difficulté de la fin du règne de Louis XVI, n’a rien fait d’autre pour se redresser, ce qui a parfaitement réussi, que d’agresser elle aussi les autres nations, ceci, selon son affirmation républicaine, étant bien entendu que la constitution contre elle de coalitions, était parfaitement prévisible et attendue par les révolutionnaires, dès lors qu’ils en attentaient à la vie d’un souverain de droit divin.

Notons au passage, que contrairement à ce dont demeurent persuadés les racistes, l’élément de “ressemblance” entre individus, permettant leur rassemblement exclusif, afin de l’affirmation de la nation, n’est pas nécessairement racial, car il peut être culturel. Bien des affirmations se sont faites en effet, par des peuples se disant ainsi, porteur de la vraie foi, de la civilisation, des idées républicaines, de la liberté, du socialisme, de la démocratie, ou encore se disant, la nation nécessaire, ou le peuple élu de Dieu, et bien d’autres bobards dont certains continuent de faire des ravages.

Il apparait de tout cela, que les nations en très grande difficulté, telles que certaines nations européennes, et les Etats Unis d’Amérique, et qui ne parviennent définitivement pas à en sortir, sont sournoisement tenaillées, que leurs dirigeants en soient conscients ou non, et qu’ils en soient complices ou non, par la nécessité absolue de se trouver des ennemis, afin de disposer d’un antagonisme permettant à nouveau de s’affirmer, pour retrouver de la capacité...

Les Américains s’en sont trouvés en Irak, en Afghanistan, et contre Al Kaïda, mais dans des conflits d’une telle “asymétrie”, qu’ils ne possédaient aucune occasion, auraient-ils vaincu, ce qui ne fut justement, même pas le cas, de pouvoir partant de là se bomber le torse, afin de leur affirmation.

Les Français quant à eux s’en sont trouvés en Côte d’Ivoire et en Libye, mais personne n’a chanté la gloire de la nation, suite à ces massacres indignes ordonnés par un sinistre agité, du fond du Palais.

Les uns et les autres aimeraient alors bien se payer la Syrie et l’Iran, objectifs beaucoup plus ambitieux, mais qui malgré la propagande, ne suffisent pas à détourner le regard des citoyens de leurs ennemis intérieurs, c’est à dire de tous ces profiteurs du système qui, malgré ces temps difficiles, ne cessent d’abuser et de leur rendre la vie impossible.

Ce qui nous sauve pour l’instant, c’est qu’il n’y a pas encore de jonction possible, entre le besoin d’affirmation des individus, qui se fait forcément contre d’autres, qui conduit certains à la détestation de leur concitoyens d’une autre race, et qui constitue le terrain de chasse de la droite extrême, et le désir d’affirmation de la nation tout entière, contre d’autres, qui demeure quant à lui l’instrument malhonnête de diversion, des partis gouvernementaux totalement défaillants, de gauche, et de droite, quant au règlement des problèmes de la cité.

C’est donc parce que les différents partis de la classe politique française se sont en quelque sorte spécialisés, selon les nécessités électorales de leurs clientèles spécifiques, sur ce marché de la haine et de la détestation d’autres hommes, ou d’autres nations, que nous évitons pour l’instant, mais pour l’instant seulement, de voir tout le pays gagné par un délire fasciste et guerrier, dont les conséquences seraient abominables. Cependant, nous devons demeurer extrêmement vigilants, car les raisons d’un tel régime, c’est à dire l’effroyable médiocrité de l’action publique, sous la conduite d’une classe politique de carriéristes, qui face à leur vanité, n’hésitent pas à aller à la pêche aux voix, par l’exploitation de la haine contre des ennemis intérieurs pour les uns, et des ennemis extérieurs pour les autres, se trouvent bel et bien là.

Pour prendre conscience que tel est bien le risque en notre actuelle situation, soyons attentifs au rapport sémantique qui existe entre les mots, “faisceau, fascination, et fascisme”, lesquels sont construits à partir du mot latin “fas”, désignant le “droit divin”.

Cette parenté explique en effet pourquoi il existe une telle “séduction d’appartenance”, une telle “fascination”, exercée par l’objet “projeté”, d’efficacité, d’excellence et finalement, de “pouvoir”, dès lors qu’il devient celui d’une collectivité d’hommes mis en “convergence” selon lui, et formant ainsi le “faisceau”.

Du fait qu’elle se trouve concentrée selon le faisceau, sur un objet commun projeté, d’acquisition de “pouvoir”, la force attractive, autrement dit “l’attrait”, que cette autorité exerce sur chacun des individus “conjurés”, en les déterminant à cet objet, est extrêmement forte. Et, cette séduction se renforce de leur “satisfaction”, parce que le partage de cet objet commun, non seulement les fait “un”, selon leur groupe, mais en leur permettant également de s’acquérir de leurs comparses par “compréhension”, il les fait “un” selon leur individualité, autrement dit, il leur permet d’atteindre leur plénitude.

Il existe ainsi un délicieux sentiment de “bien-être”, pour les tenants d’un mouvement fascisant, qui est de la même nature que celui qui s’empare des supporters dans un stade, et qui conduit à un “enthousiasme” qu’il devient dès lors extrêmement difficile à combattre.

Observons en effet, que “l’objet” commun projeté, relève comme tel de “l’avenir”, autrement dit d’un “au-delà” métaphysique de l’actualité physique de ses “sujets”. Soyons alors bien attentifs au fait qu’il correspond ainsi, à la disposition selon laquelle s’établit en nous, le sens de la “normalité”. Car, il s’agit bien en celle-ci, de la référence selon laquelle se trouvent qualifies nos actes, quant à leurs implications “à venir”, et qui ne peut procéder que d’une “concertation” logique d’un rassemblement, étant bien entendu que ce sens de la normalité ne peut être réductible aux individus.

Ceci signifie qu’un système fascisant produit selon lui-même chez ses adeptes, un sens de la normalité qui lui est spécifique, et qui laisse à ceux-ci le sentiment serein, d’agir selon le juste “droit”, en appliquant ses préceptes, et on ne pourra pas expliquer autrement, le fait que tant de braves et honnêtes gens, aient pu accomplir tant de cruautés en son nom.

Il s’agit donc d’une puissante “métaphysique” de normalité, même si celle-ci, réduite par le sectarisme de détermination du groupe, à celui-ci, se passe alors de s’inscrire totalement dans l’universalité, et c’est selon ce rapport à la normalité que “fas” désigne un “droit divin”, et que ses adeptes sont bien des “conjurés”. Elle ne peut donc manquer de fortement captiver, tous ceux qui, face à l’impéritie et aux outrances des classes dirigeantes, au désordre social, et aux autres anomalies d’une société dissolue, se trouvent en quête de “droiture”, et en tant que métaphysique, elle s’empare d’eux, par “enthousiasme”, mot construit à partir du mot grec “entheos”, signifiant, “être possédé par un dieu”.

Dans l’état de dysfonctionnement, de déstructuration, et de perte de bien des repères traditionnels de normalité qui étaient les siens, dans lequel se trouve notre société actuelle, celle-ci constitue fatalement, en quelque sorte un “appel”, vers l’instauration en elle d’un régime fascisant, mais pas seulement cela.

Hors de demeurer telle qu’elle est, ce dont il est clair que personne ne veut plus, trois réalisations lui sont alors possibles :

Tout d’abord la “guerre”, comme manœuvre de diversion utilisée par des dirigeants, face à leur totale vanité, pour tenter aussi de redonner grâce à son affirmation face à d’autres, de la capacité à la nation, et surtout, pour éviter la seconde réalisation possible et même de plus en plus probable :

La “révolution”. Celle-ci permettrait d’éviter une guerre qui s’annonce difficile, et à l’issue hautement incertaine. Mais elle présente l’inconvénient, compte tenu des antagonismes sociaux et raciaux exacerbés de notre société, de tourner en une guerre civile dévastatrice.

Le “fascisme”, parce que les bases de son instauration sont là...

Les humanistes, les démocrates, et les pacifistes, ont du pain sur la planche...


Paris, le 28 avril 2012
Richard Pulvar

vendredi 20 avril 2012

L’IMPASSE FRANÇAISE



Nous voici donc à l’heure de vérité, celle où vont être dénoncées brutalement par la simple logique implacable des choses, plus de trente années d’une politique pensée autour du mensonge préféré que les Français exigent encore de s’entendre dire par la classe politique, surtout à la veille de consultations électorales dont cette exigence constitue un des principaux enjeux. Ceci, pour qu’ils n’aient aucunement à charge, une mauvaise conscience quant à des ressentiments difficilement avouables, mais qui les tenaillent. Il s’agit en ce mensonge, d’une prétendue nécessité “objective”, de fermer les frontières, et de procéder dans le même temps, à l’évacuation d’un maximum possible d’immigrés, voire de leurs enfants nés en France.

Le caractère mensonger de cette affaire réside dans le fait que les raisons invoquées pour ce refus de l’autre, ne furent pas celles d’un courage de dire simplement qu’on ne désire pas côtoyer cet autre, parce que tel, c’est à dire parce qu’il est de fait trop étranger par son allure et par ses mœurs, et qu’alors, aucune “sympathie” ne s’établit spontanément avec lui. Et ceci, d’autant que l’état délabré de son pays d’origine semblant en témoigner pour certains, ceux-ci soupçonnent, mais en l’avouant rarement, que par delà ses mœurs inadaptées, de par sa nature même, c’est à dire clairement, du simple fait de sa “race”, cet autre ne sera jamais en capacité de “mériter” au niveau de l’exigence nécessaire, une communauté avec lui.

Pour irrationnelle, face à la fatalité historique des nations, qui les condamnent à s’altérer mutuellement, et peu élégante, surtout eu égard aux proclamations universalistes de cette république quant à elle-même, qu’aurait été cette attitude, elle n’en serait pas moins demeurée légitime. Car, quel qu’il soit, on ne saurait faire reproche aux citoyens, le choix démocratique d’une société à leur stricte convenance, si celui-ci n’emporte pas le projet de porter atteinte à quiconque d’autre, pas davantage qu’on ne peut leur reprocher la volonté, même si en réalité, elle est vaine, de ne pas voir ce choix altéré, par un phénomène migratoire.

Bien sûr, à cette légitimité sera opposée celle de ceux issus des contrées dont on a voulu s’en rendre maitre, pour en tirer profit, au point d’en avoir fut un temps, en quelque sorte “filialisé” leurs patries, à une “mère patrie” lointaine, qui fut dite précisément en ce sens, la “métropole”. Car, après avoir établi en celle-ci, le centre d’une “appartenance culturelle” à laquelle ces peuples soumis, furent contraints, en établissant ainsi fatalement, un “tropisme” déterminant leurs ressortissants à s’y rendre, et le lieu d’institutions qui les régissent jusqu’à aujourd’hui, voici qu’on ne cesse d’ingérer dans les affaires intérieures de ces nations. Ceci, pour y maintenir des liens de domination économique et d’intérêts géopolitiques, et des liens de rayonnement culturel, en leur vendant l’image d’une métropole magnifique, mais leur étant désormais interdite, et dont la quête affamée par ces “mendiants”, permet à ceux qui les rejettent avec mépris, de se bomber le torse en voyant leur fait, l’objet d’une telle convoitise.

Pour les citoyens de l’ancienne puissance coloniale, les liens ainsi maintenus avec les anciennes colonies, malgré des indépendances dont il est temps de constater maintenant, qu’elles ne furent en fait que d’apparence, ne peuvent être que de la nature de la laisse qui relie le maitre à son chien, ce qui n’autorise nullement ce dernier, à s’installer dans le fauteuil du maitre et prétendre ainsi, boire un peu de son whisky, et fumer un peu de son cigare. Ils sont donc bien éloignés de comprendre et d’admettre, eux qui ont pourtant tout le loisir de se rendre et de s’installer à leur guise, dans n’importe lequel de ces pays, qu’il puisse y avoir une forme de réciprocité dans cette situation, et ils ne comprennent pas davantage la légitimité de ceux qui désirent se rendre en un lieu où sont prises les décisions, et ou se trouvent les moyens, la puissance, l’entreprise, et l’argent, qui font la réalité de ce qu’ils vivent chez eux.

Le problème, c’est que cet ethnocentrisme, pour ne pas dire brutalement, ce “racisme”, dont il faudra bien se rendre compte enfin, à quel point il est rendu totalement anachronique, compte tenu des évolutions de notre époque, et qui à nécessité la fermeture des frontières, n’est pas sans conséquences, et celles-ci ne sont pas minces. Mais cette volonté de demeurer rien qu’entre soi, liée à celle aux relents nostalgiques, d’exercer malgré cela un “rôle” particulier dans les affaires du monde, selon un droit du plus fort qu’on s’octroyait sans état d’âme, mettait en évidence une contradiction si injurieuse à l’égard des autres, qu’il fallut le mensonge pour lui faire une raison présentable.

Il fallait en effet pouvoir expliquer que la présence d’expatriés et de militaires français sur des territoires étrangers, s’inscrivait plus dans l’ordre normal des choses, que la présence de travailleurs de ces pays étrangers, en France, exercice délicat qui ne pouvait aboutir qu’à l’incontestable “cas de force majeur”, pour que ne semble intervenir aucun arbitraire malsain, dans la justification de ce déséquilibre.

Ce fut donc officiellement, pour des raisons économiques, et particulièrement à cause d’un déficit du marché de l’emploi, suite à la dépression due au premier choc pétrolier de 1973, que les frontières furent fermées, et elles ne furent jamais rouvertes depuis.

Jusqu’à ce jour, et sous réserve qu’il nous en fasse un jour la confidence, dans quelque tome 3 de ses “mémoires”, il est difficile de faire la part des choses dans cette décision qui fut celle de monsieur Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la république.

Se pourrait-il que cet homme qui fut si longuement vanté comme étant le meilleur économiste de France, avant que cette médaille d’or ne lui fut ravie par celui dont il allait faire son premier ministre, monsieur le professeur Raymond Barre, ait pu commettre, d’un point de vue strictement économique s’entend bien, une telle “bourde” ?

Ne faut-il pas voir plutôt là, une occasion trop belle pour lui, de mettre en œuvre une politique d’exclusion, afin de la préservation d’une identité nationale que comme beaucoup d’autres français, il concevait comme étant figée et définitive, quand on se souvient de cette obsession qui était déjà la sienne, alors qu’il n’était encore que ministre de l’économie et des finances du président Georges Pompidou, en constatant selon ses propres termes, qu’il naissait beaucoup trop d’enfants “étrangers”, en France, par rapport aux enfants français ?

Quoi qu’il en soit, cette décision dramatique, prise il est vrai dans des conditions difficiles, en ces heures ou même la meilleure bonne foi, peut dans l’urgence, être abusée par l’apparence de solutions faciles et radicales, ardemment espérées, et déboucher ainsi sur une de ces bonnes intentions dont on nous dit que l’enfer en est pavé, sera maintenue et même renforcée par tous les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui. Or, c’est bel et bien elle, ce dont beaucoup de citoyens ne prennent pas conscience, c’est bien cette disposition au sujet de laquelle l’INSEE n’a cessé de donner des signaux d’alarmes depuis plus de vingt cinq ans, et auxquelles tous, dirigeants et citoyens sont demeurés sourds, qui va conduire ce pays dans l’impasse totale dans laquelle il se trouve actuellement.

Rappelons rapidement ici, quelle est cette situation.

Ce pays compte actuellement, près de trois millions de chômeurs, chiffre controversé pour son mode de calcul mais qui, malgré bien des astuces pour en diminuer la désespérance, s’est accru de près d’un million d’individus, sur la durée de la seule dernière mandature !

La dette publique s’élève au chiffre astronomique et irréel de 1700 milliards d’euros, chiffre qui là encore, traduisant l’accélération vertigineuse du phénomène, s’est accru de près de 600 milliards, sur la seule durée du quinquennat...!

Le déficit budgétaire, battant tous les records, aura culminé fin 2011, à 98 milliards d’euros, de sorte que le “service de la dette”, c’est à dire la somme des intérêts versés aux établissements prêteurs, s’élevant au niveau inconcevable de 45 milliards d’euros, engloutit la totalité de l’impôt sur le revenu.

L’ensemble des prélèvements, ne permettant pas, loin de là, à l’état de fonctionner, celui-ci est donc condamné à devoir emprunter encore, donc à s’endetter encore, donc à s’enfoncer encore, jusqu’à ce que ce système n’en puisse plus, ce qui se produira tôt ou tard.

Ces messieurs du parti actuellement en charge des affaires, pour lesquels cette situation désastreuse n’est pas le résultat d’une mauvaise gouvernance, mais du comportement de mauvais gouvernés, et s’étant lancés dans une chasse aux sorcières contre des prestations qu’ils disaient abusives, et des dépenses inconsidérées de leur propre administration, ont annoncé d’une façon triomphale, être parvenus à une économie de 200 millions d’euros, soit quelque 0,2 % du déficit...! Ceci a de quoi nous faire garder espoir, pour un règlement de cette affaire vers le quatrième millénaire...!

Quand à ces messieurs du principal parti d’opposition, ils ont pris l’engagement, dans un programme en vue de l’élection présidentielle, qui a le mérite d’exister, ce dont se passe le sortant, d’en finir avec le déficit à l’horizon de 2017, soit à la fin de la mandature du futur “quinquennard”, dont ils espèrent qu’il sera un des leurs. Ceci, sans bien sûr rien nous dire de la façon dont ils comptent s’y prendre, mais en prenant visiblement gage, pour que leur champion s’il est élu, ne soit pas inquiété avant cette date butoir, pour l’échec probable de cette tentative.

Cependant, la raison profonde de ce qui rend tous les gouvernements successifs depuis plus de trente ans, incapables de prélever des fonds au niveau des nécessités de l’état, et encore moins de réduire les dépenses de celui-ci, ce déficit sans cesse aggravé, de la ressource face à la nécessité, constitue elle, un sujet totalement tabou dans le débat public français. Ceci, probablement parce que tout le monde comprend confusément, que, par delà les explications faciles, les véritables raisons imposeraient aux Français de faire des choix redoutables.

Car la question se pose bien ainsi. Et si la raison de toutes les difficultés auxquelles doit faire face le pays, et pour lesquelles on se contente d’explications conjoncturelles, résidait fondamentalement, dans le fait que ce pays de France est tout simplement en train de mourir de sa belle mort, c’est à dire de mourir tout simplement de vieillesse, pour ne pas avoir fait à temps, des choix, même difficiles, lui permettant de garder sa jeunesse ?

Lorsqu’au soir du 31 décembre 1962, le général de Gaulle, président de la république, présente ses vœux à la nation, il ne manque pas de lui dire comment seront les bienvenus, les bébés qui naitront dans cette année 1963 à venir. Dans ces années des trente glorieuses, où la France était plus jeune, et par le fait, plus optimiste et dynamique que jamais, ses statisticiens avaient fait la prévision au général de Gaulle qui s’en félicitait, que la France de l’époque, peuplée de quarante cinq millions d’habitants, terminerait le siècle, forte d’une centaine de millions d’habitants. Et ceci, en tablant sur le nombre de naissances qu’il y avait à l’époque, c’est à dire 1,1 million de naissances par an, chiffre considérable par rapport à la population de l’époque, si on le rapporte aux quelques huit cent milles naissances d’aujourd’hui, pour une population de 65 millions d’habitants, qui s’est pourtant accrue de vingt millions d’âmes.

Il est manifeste aujourd’hui qu’ils se sont trompés, et ce, sur deux plans. Tout d’abord, il n’ont pas anticipé la modification de mœurs, qui allait entrainer une dénatalité vertigineuse, et il n’ont pas vu non plus que si malgré cela, la population continuerait à augmenter, ce serait non pas à cause des naissances, mais à cause du prolongement spectaculaire de l’espérance de vie, les deux phénomènes conjugués, conduisant à notre situation actuelle, celle d’un pays de vieillards, duquel une classe politique totalement défaillante, attend cependant qu’en son état, il accomplisse des exploits olympiques, pour pouvoir se sortir de son embarras. Déraison...!

C’est bel et bien là que se situe le mal français, qui est en fait celui de la vielle Europe, le déficit démographique, tant par le nombre, que par le vieillissement des citoyens, et ce qui est extraordinaire, c’est que tous ces gens qui nous gouvernent, ou qui prétendent le faire, s’en moquent éperdument, n’en font même pas état dans cette campagne électorale de caniveau, qui doit pourtant présenter le futur président. S’il leur arrive d’effleurer simplement ce sujet, c’est concernant la difficulté évidente qui sera celle d’assurer les retraites, pour lesquelles ils n’envisagent pas un seul instant, de rétablir déjà la sociologie de ce pays dans une cohérence, mais feignent d’être en mesure de trouver une astuce budgétaire, le coup d’un fort en math, permettant qu’un pays de plus en plus vieillissant, puisse malgré tout continuer à assumer sans limite, ses charges grandissantes ! Quelle illusion...!

Soyons sérieux ! Il doit être bien clair pour nous tous, que ces gens, gouvernants, ou opposants, peuvent bien nous promettre de faire pour la prochaine fois, puisque c’est toujours la prochaine fois que parviennent enfin les solutions, toutes les cabrioles qu’ils voudront, rien, absolument rien, ne sauvera un pays qui crève tout simplement de vieillesse...

C’est donc bien, en le déficit démographique et le vieillissement corrélatif du pays, en ce domaine où selon un aveuglement triste et borné, personne ne veut absolument la voir, que se situe la cause profonde et fondamentale de toutes nos difficultés, et tous ceux qui prétendent qu’ils parviendront à un règlement de celles-ci, tels que ceux qui se présentent à l’élection présidentielle, sans jamais aborder cette question, signalent simplement, qu’ils n’ont en fait aucune réelle compétence, pour pouvoir prétendre à cette haute fonction.

Prenons bien une bonne fois, la pleine mesure de la situation extrêmement défavorable qui est devenue la nôtre dans ce monde changeant, pour comprendre que la préoccupation première d’un homme ou d’une femme se proposant pour présider à la destinée de la nation, ne peut certainement pas se réduire à cette actuelle scolastique technocratique insipide, dans laquelle on évite de parler de l’essentiel, c’est à dire la nécessité fondamentale d’un peuple, qui est tout simplement et avant toute autre chose, d’assurer son “être” lui-même.

Nous pouvons pour illustrer cela, observer sur une quarantaine d’années, soit de 1970 à 2010, l’ampleur de l’écart qui s’est établi entre l’évolution démographique de notre pays, et celle des pays dits “émergents”, qui nous condamne à une débâcle définitive face à ceux-ci, s’il ne se trouve personne en situation dans ce pays, pour prendre enfin cette affaire, avec tout le sérieux qu’elle nécessite.

Le Brésil, pays du “Brics”, à vu sa population doubler, passant de 90 millions d’ha, en 1970, à 180 millions d’ha, en 2010. Il vient de ravir la place de sixième puissance économique mondiale, à la Grande Bretagne, et talonne désormais la France...

L’inde, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 550 millions d’habitants, en 1970, à 1100 millions d’Ha, en 2010.

L’Afrique du Sud, pays du Brics, à vu sa population doubler, passant de 25 millions d’habitants, en 1970, à 51 millions d’habitants, en 2010.

La Chine, pays du Brics, à vu sa population presque doubler, passant de 800 millions d’habitants en 1970, à 1400 millions en 2010.

Ces chiffres de croissance démographique, tout comme ceux corrélatifs de croissance économique qui pour ces pays, sont souvent à deux chiffres, donnent le vertige...

Ainsi face à nous, la capacité concurrente pour ces seuls pays bouillonnants, s’est-elle accrue de 1300 millions d’hommes supplémentaires...! Et face à cela :

La France, pays de la vielle Europe fatiguée, a vu sa population passer de 55 millions d’habitant en 1970, à seulement 65 millions d’habitant en 2010, soit un déficit désastreux, un manque de près de 40 millions d’habitants, par rapport à ce qu’aurait du être sainement cette croissance, sur la base du niveau de population et de la natalité des années soixante. Or, dans cette situation déjà défavorable, le pire pour nous semble être encore à venir.

En effet, pas davantage qu’ils n’ont vu venir la Chine, l’Inde, la Corée du sud, le Brésil, l’Afrique du sud, et le renouveau de la Russie, compte tenu de ce que demeurent leur préjugés racistes, les peuples de l’occident sont bien éloignés d’imaginer une seule seconde, que le continent africain pourrait à son tour leur opposer un jour une rude concurrence. Mais ils se trompent. Car beaucoup de ces pays ont déjà des taux de croissance de l’ordre de 7 %, et il en est même un, l’Angola, pour se lancer à la conquête économique du Portugal, l’ancienne métropole coloniale. Et pour se convaincre de cette évolution, il faut se souvenir qu’en 1950, époque du “temps béni des colonies”, le continent tout entier n’était fort que de 220 millions d’habitants. L’Europe quant à elle, alors forte de plus du double d’habitants, pouvait facilement le dominer. Mais soixante années plus tard seulement, et très exactement au premier semestre de l’année 2009, c’est alors qu’il a franchi le cap du milliard d’habitants, qu’il doublera, dans seulement les quarante années à venir...!

De tout cela, il apparait clairement que c’est d’une seule et même “détermination”, que nous désignons justement comme étant “l’envie”, qui donne celle d’avoir des enfants, et celle d’entreprendre, et qu’il existe une corrélation directe, entre le dynamisme démographique, et le dynamisme économique. Ceci, de sorte qu’à contrario, un pays à la démographie chancelante, ne peut manquer de se retrouver tôt ou tard, dans de grandes difficultés économiques, et c’est bien ce que nous constatons.

Ceci signifie que ce n’est absolument pas vrai, que nous parviendrons au nécessaire rééquilibrage budgétaire, entre la ressource et la nécessité, afin du règlement des difficultés économiques et sociales, dans un pays de vieillards où le poids considérable et sans cesse grandissant de la population dite “à charge”, est devenu totalement “écrasant”, sur les épaules de la population dite “active”. Cela ne peut tout simplement, “physiquement” pas fonctionner.

Quand à prétendre en guise de règlement de ce problème, maintenir quelques années de plus ces vieillards en activité, alors qu’il n’y a justement déjà plus d’activité, et qu’il serait surprenant qu’il suffise de maintenir quelqu’un en poste, pour qu’il ait quelque chose à faire, et tout cela, pour espérer faire efficacement concurrence, à la jeunesse pleine de vie et d’envie, des pays émergents, relève de l’incohérence gouvernementale la plus grotesque.

En fait, nous savons très bien que le relèvement de l’âge de départ à la retraite ne maintiendra pas, dans le cas général, les gens en activité, puisque pour la plupart d’entre eux, ils ne parvenaient déjà pas à l’ancienne limite de 60 ans, étant licenciés ou mis en préretraite bien avant. Ils seront donc maintenus au chômage jusqu’à 62 ans, plutôt que jusqu’à 60 ans, et c’est d’ailleurs bien ce que nous constatons, avec l’augmentation considérable du nombre de ces chômeurs tous ces derniers mois.

Evidemment, ceci aura pour conséquence de soulager un peu les caisses de retraite, qui verront venir à elles les gens plus tardivement, permettant au gouvernement de donner l’illusion d’avoir un peu arrangé le problème, toute cette charge étant alors reportée sur l’assurance chômage, d’où il est possible de se débarrasser des chômeurs de longue durée, parvenus en fin de droit, en faisant ainsi disparaitre la misère des statistiques, afin de garantir la réélection. Voici où nous en sommes...!

Cependant, toutes ces magouilles de faussaires ne changeront rien à la réalité physique des choses, à savoir que ce pays n’en peut plus, qu’il est condamné à des plans d’austérité dévastateurs, pour ne pas crouler sous le poids de sa dette, et que face à ce que met en place la concurrence internationale, ce qui pour l’instant semble n’être qu’une reculade, risque de devenir assez rapidement une dégringolade vertigineuse.

Pour être clair une bonne fois quant à cette question, admettons qu’en aucune façon, ne pourrait fonctionner un pays qui ne serait peuplé que de bébés. Ceci signifie qu’il existe fatalement un âge moyen de la population d’un pays, “en deçà” duquel, quoi que l’on fera, cela ne marchera pas. Il peut y avoir discussion quant au niveau de ce seuil d’impossibilité, mais il ne peut pas y en avoir, quant à son existence, car il existe bel et bien une limite en deçà de laquelle, cela ne peut pas fonctionner.

Symétriquement, admettons qu’en aucune façon, ne pourrait fonctionner un pays qui ne serait peuplé que de vieillards fatigués, ce qui signifie pareillement, qu’il existe un âge moyen de la population, “au-delà” duquel quoi que l’on fera, cela ne marchera pas. Là également, il peut y avoir discussion quant au niveau de cet âge moyen limite, mais pas quant à sa réalité. Dès lors, le fait que depuis près de trente ans, tous les gouvernements successifs, toutes couleurs confondues, n’ont fait que constater leur totale vanité face à l’augmentation graduelle et irrépressible du déficit budgétaire, et de la dette publique corrélative, confirme, et sans que nous ayons à faire de savants calculs pour l’établir, que nous sommes bel et bien parvenus au-delà de la limite du vieillissement tolérable, dans une zone désormais, sans aucune solution budgétaire possible.

Cette fatalité correspond d’ailleurs au fait que, lorsque des gouvernements promettent aux entrepreneurs de diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises, il ne s’agit là que d’une mystification, que du baratin de spécialistes de la “ventilation” des comptes. Car, la charge ne se décide pas, elle s’impose selon la réalité physique du pays, et il est clair qu’un pays vieillissant, ne peut voir que sa charge augmenter, soit pour le paiement des retraites, ou pour le paiement des soins.

Partant de là, même si elle se trouve partiellement financée par l’emprunt, et même si les artistes de Bercy s’y prennent de façon à ce qu’il n’en paraisse rien, cette charge ne peut manquer d’être plus ou moins directement celle qui pèse sur les entreprises, puisque ce sont elles qui font la richesse du pays, et donc fatalement les seules qui peuvent, et doivent payer, et il est clair que sauf à euthanasier massivement les plus vieux, il faut bien qu’elles payent, et elles seront condamnées à le faire de plus en plus.

Il s’en suit, face à la concurrence étrangère, une perte de compétitivité que les entrepreneurs essaient de compenser par une politique de bas salaires aux conséquences dévastatrices, quant à la dramatique diminution que cela provoque de la demande intérieure, et quant à l’injustice, totalement démotivante, qui est ainsi faite à leurs employés.

Il faut donc bien prendre conscience que le vieillissement de la population, possède une double conséquence dommageable, d’une part, une augmentation de la charge, et d’autre part, une diminution de la ressource, à cause d’une perte de compétitivité des entreprises, que des gouvernements mal inspirés tentent de compenser par des allègements de charges, qui ne font que fossoyer définitivement tout espoir de voir les finances publiques se rétablir vers une normalité.

Il faut tout simplement en convenir, un pays de vieillards, cela ne marche pas...!

Les mœurs des Français ayant changé, et comme on ne saurait leur intimer l’ordre de faire des enfants, il s’en est suivi une dénatalité désastreuse et, plutôt que constater l’évidence, à savoir qu’ils étaient entrés dans cette ère d’individualisme, d’égoïsme, et de sectarisme, laquelle sévit jusqu’à aujourd’hui, et tâcher d’en comprendre les causes, afin d’en trouver les remèdes, ces Français l’ont justifié par la grande difficulté qu’ils avaient, compte tenu de la rigueur des temps, à donner une éducation de qualité à plusieurs enfants. Il s’agit là bien sûr, d’un argument totalement stupide puisqu’il s’avère que leurs parents quant à eux, ont disposé de moyens bien moindres pour cela, et pourtant, ces Français sont là, et ne prétendent pas pour autant avoir été ratés...!

Le problème, c’est que c’est le même phénomène de ces gens qui “n’aiment plus”, et surtout pas les autres, qui va les conduire à la fois, à refuser de s’encombrer d’une collection de mômes, au détriment de leur carrière et de leurs priorités narcissiques, et surtout à refuser comme la peste, la seule façon qu’il leur restait alors dans ces conditions, pour compenser la dénatalité et sortir de cette impasse, c’est à dire le recours logique à l’immigration, celle-là même qui avait assuré à ce pays ses “trente glorieuses”.

Toutes les années qui suivirent cette faste période, sous les vociférations d’un tribun devant lequel tous s’agenouillaient, tout en le proclamant infréquentable devant les caméras, le racisme décomplexé est devenu à la mode, et malheureusement, cette mode n’est toujours pas passée, malgré l’évidence des mensualités redoutables dont ce pays doit s’acquitter actuellement, pour le coût ahurissant qui aura été, et qui demeure celui, de cette délectation du rejet de l’autre et du dénigrement stupide.

En réalité, il n’y avait bien qu’un appel massif à l’immigration, qui aurait permis de rétablir la sociologie de ce pays dans une cohérence la rendant viable, c’est à dire de faire en sorte que le rapport de la population à charge sur la population active, ne conduise pas à l’écrasement pur et simple de cette dernière, tel que c’est le cas actuellement, en rendant ainsi possible la création de nouveaux emplois.

Ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, c’est que c’est précisément au prétexte de réserver par priorité l’emploi au nationaux, et éviter d’entretenir des immigrés au chômage, que la décision de fermer les frontières fut prise. Et ceci, selon un principe absolument ahurissant, qui serait une surprenante loi de la variation d’un taux, en fonction du nombre auquel ce taux s’applique. Au terme de cette loi, 10 % de 1000 ferait bien 10 %, mais 10 % de 10 000, ferait plus que 10 %, ce qui justifierait de renvoyer les immigrés chez eux.

En fait, il n’y a que selon un argument aussi totalement tordu, qu’il est possible de justifier sur le plan économique, une fermeture des frontières et le renvoi des immigrés, en vue de la protection du marché de l’emploi. Car le chômage s’établissant selon un taux, qui traduit la chance d’un individu de trouver un emploi, on peut renvoyer du pays autant de monde que l’on veut, ce taux ne variant pas, les chances pour un individu de trouver un emploi ne seront absolument en rien améliorées.

Tout ceci s’est construit autour de l’idée intuitive, largement promue par un parti extrémiste, et selon laquelle il suffisait de renvoyer chez eux, autant d’immigrés qu’il y avait de chômeurs dans le pays, pour pouvoir revenir ipso facto au plein emploi, et symétriquement, qu’en fermant les frontières, cela évitait que les nouveaux arrivant ne fasse que grossir la horde des sans emploi. Notre malheur c’est que cette sottise monumentale, constitue depuis près de quarante ans, une sottise gouvernementale...!

Il doit être bien entendu ici, que les individus d’un pays travaillent pour eux, c’est à dire pour satisfaire leurs besoins et ceux des personnes à leur charge, et que ces individus ne travaillent pas pour rien. Ceci signifie très clairement qu’il ne peut exister aucune occasion de travail dans un pays, détachée de la nécessité des gens qui y vivent, et c’est bien parce que ceux-ci nécessitent de se loger, de se nourrir, de se vêtir, de s’éduquer, de se soigner, et de satisfaire à de nombreux autres besoins, que nous avons des occasions de travailler, pour satisfaire mutuellement les besoins les uns des autres.

Ainsi, même si le schéma de la satisfaction de nos besoins, passe par le circuit complexe de l’exportation et de l’importation, il n’existe aucune occasion de travail dans un pays, qui ne soit liée à la nécessité des gens qui y vivent, parce que ces gens ne travaillent, redisons le, que pour la satisfaction de cette nécessité.

Toute la stupidité, il faut le dire, tristement grotesque de la fermeture des frontières, et du renvoi des immigrés, consiste à croire qu’il serait possible de renvoyer des gens dans leurs pays d’origine, et qu’il resterait toujours autant de travail à faire dans le pays qui les renvoie, probablement parce que celui-ci to

Et dire qu’il s’est trouvé des gouvernements, pour organiser à grand frais, une telle sottise...!

L’individu qui quitte un pays, emporte avec lui l’occasion de travail qui était liée à la nécessité d’y satisfaire ses besoins, occasion perdue donc pour le pays, et pour ceux qui y restent et qui n’auront pas davantage d’occasion de travail après ce départ. Car, même si le poste qu’occupait cet individu se trouve maintenu, il n’empêche que tous ceux auprès desquels il s’approvisionnait, son logeur, son épicier, son boulanger, son médecin et autres, eux, auront du travail en moins.

Ainsi, tout départ d’un individu d’un pays, entraine la suppression de tout le travail qui était nécessaire pour qu’il y vive, et ce, même s’il se trouvait au chômage. Ceci, de sorte qu’en aucune façon, un renvoi des immigrés chez eux, n’est de nature à améliorer le marché de l’emploi, bien au contraire.

Symétriquement, empêcher les immigrés de venir, c’est se priver de tout le travail qui serait nécessaire pour qu’ils puissent vivre ici. Et là où cette politique raciste est désespérante, c’est que si nous accueillions un million de travailleurs immigrés supplémentaires, avec un taux de chômage actuel aux environ de 10%, ces immigrés produiraient bien sûr dans un premier temps, 100 000 chômeurs de plus, mais ils produiraient parallèlement, un million “d’actifs” de plus, parmi lesquels 900 000 posséderaient un emploi.

Ceci produirait un gain très appréciable d’activité, mais surtout, améliorerait d’une façon très sensible, le rapport de la population “à charge”, sur la population “active”, ce qui permettrait par cet “allègement de charge”, de redonner du tonus aux entreprises.

L’avantage d’une telle opération serait donc double, parce que par leurs cotisations, ces immigrés contribueraient grandement à la satisfaction de la nécessité, et par le gain de productivité correspondant à une diminution corrélative de la charge des entreprises, ils provoqueraient une augmentation de la ressource, tout ceci allant dans le sens d’un retour à la normale budgétaire.

Enfin, l’autre avantage de ces immigrés et qui n’est pas le moindre, c’est qu’il est encore dans leur mœurs d’avoir des enfants, et qu’ils permettraient par cela à terme au pays, de se rétablir dans une cohérence démographique...

C’est donc bel et bien, parce que les frontières furent fermées, abandonnant ce pays au vieillissement, que le chômage s’y est installé durablement, parce qu’il est par le fait devenu structurel, jusqu’à faire les ravages d’aujourd’hui, qu’aucun des candidats au fauteuil, ne sera jamais en mesure de régler.

Les Français avaient donc le choix, de faire des enfants, mais n’ont pas pris cette option. Dès lors l’alternative était, soit d’avoir recours à l’immigration, pour que la population du pays demeure dans une cohérence viable, soit de faire les sacrifices et de payer le prix de ce refus.

C’est parce qu’ils n’ont choisi ni l’un ni l’autre, et que pour ne pas payer directement le prix de leur refus, ils se sont endettés, et que jusqu’à aujourd’hui, ils ne veulent ni l’un, ni l’autre, qu’ils se trouvent dans l’impasse, car en sortir, nécessitera une bonne fois, de choisir...


Paris, le 9 avril 2012
Richard pulvar