mercredi 26 octobre 2011

VANITE D’UN ACHARNEMENT THERAPEUTHIQUE SUR UNE SOCIETE MORIBONDE, QUE SON ECHEANCE HISTORIQUE CONDAMNE A TOUS LES EC




Pourquoi tout va si mal dans cette société où s’accumulent jour après jour dans une spirale désespérante, des difficultés inextricables ?

C’est tout simplement parce que nous ne nous sommes pas encore résignés à en finir une bonne fois, avec cette société qui, bien qu’elle n’ait pas démérité, se trouve d’évidence, en sa phase terminale, et qu’aucun traitement ne sauvera. Car, rien en ce monde n’a vocation à l’éternité, pas davantage cette société que quelque autre réalité, et que cette mort naturelle signifie tout simplement que ce qui fut fondamentalement sa “vocation”, a été accompli, et ce, depuis longtemps. Or, le maintien obstiné d’une société qui, ayant réalisé cette vocation, se trouve désormais sans objet, celui-ci étant “achevé”, ne peut lui réserver par delà cette “échéance”, qui est l’aboutissement logique de sa détermination à un objet, qu’une grimaçante “déchéance”, que rien dans la logique des choses, ne permettra d’éviter, et que manifestent tous ses “échecs”.
Retenons bien la logique implacable qui enchaine ces trois mots d’une même origine, à savoir que, par delà “l’échéance”, il ne peut y avoir que les “échecs”, d’une “déchéance”. Car, nous nous trouvons depuis quelques années déjà, bien au-delà de l’échéance.

Entendons-nous bien ici.

Si ce qui aura été, et qui demeurera pour l’histoire, malgré tout les griefs que peuvent lui faire en toute légitimité, les peuples non européens, la fantastique civilisation occidentale, se trouve maintenant dans un “échec” total, c’est tout simplement parce que mine de rien, depuis longtemps, et sans que nous n’en ayons pris conscience, elle a parfaitement “réussi”. Dès lors, en comprenant bien qu’une fois que vous avez gagné la course, il ne vous sert plus à rien de continuer de courir, comprenons que toute réussite, n’implique à son instant même, que des “échecs”, pour la poursuite sans objet de la course qui y a conduit. Et ceci, parce qu’il n’existe absolument rien du fond de l’univers, susceptible d’aménager pour cette civilisation, ce qui constituerait alors un surprenant espace de “sur-réussite”, pour qu’elle puisse avoir encore positivement, objet à “courir”.

Non, il faut se rendre à l’évidence, cette civilisation occidentale ne peut plus avoir encore positivement “cours”, tout simplement parce quelle n’a plus d’objet.

Parler de “réussite” ici, consiste à considérer le sens purement technique de ce terme, dégagé de toutes considérations morale ou humaniste, pour lesquelles il ne serait évidemment pas adapté, concernant cette civilisation qui sur ce point, aurait du bien mieux faire. Mais ceci signifie tout simplement que ce pour quoi, dans la logique historique de notre humanité, cette civilisation était fondamentalement faite, c’est à dire sa “vocation”, a bien été parfaitement “accomplie”.

Il s’agissait en fait en cette vocation, de permettre à notre humanité d’accéder à une parfaite maitrise des choses matérielles, qui la rendrait heureusement maitresse de sa destinée. Et il est de fait que, le très haut niveau actuel des sciences et des techniques, auquel, grâce à sa grande rigueur organisationnelle, cette civilisation occidentale nous a permis d’accéder, fait qu’aujourd’hui, plus aucune de ces pénuries qui étreignent encore, honte sur nous, une si grande partie de notre humanité, ne possède en réalité, de stricte justification objective.

Car, ce sont bien les lamentables conflits archaïques et persistants entre les hommes, qui nous privent de faire fructifier le legs considérable de cette civilisation à notre humanité, afin de parvenir à la suffisance pour la totalité de celle-ci.

En ne perdant pas de vue que ce qui a principalement motivé sa “course”, avec tous ce que cela suppose alors de “concurrence”, de rivalités, et de conflits entre les hommes, pour la capture et la possession de biens, ce sont les insuffisances matérielles, et particulièrement alimentaires qui ont si terriblement malmené notre humanité des siècles durant, il est facile de comprendre que ce système justifié et dynamisé par la pénurie, ne saurait gérer la satiété. C’est ce qui explique que depuis des années déjà, cette civilisation occidentale ne se maintient qu’à la faveur de “contre-objets”, c’est à dire en récréant ça et là artificiellement, les pénuries qui la justifient.

Il nous faut donc passer à tout autre chose, c’est à dire à un système où la coopération et l’entente entre les humains, primeront sur leurs rivalités. Mais, il se trouve que par nature même, l’actuel système n’a justement pas vocation à établir cette entente, et tous ceux qui le dirigent déjà, ou qui aspirent à le faire, et qui tentent ou prétendent vainement, favoriser un règlement de nos problèmes actuels, par sa gouvernance, serait-elle la meilleur et la mieux intentionnée, nous condamnent, par maladresse ou par intérêt, à demeurer dans la tourmente. Car, c’est sur la base d’une démarche “sectaire” de ses créateurs, que s’est établie sa réussite.

Observons en effet, qu’en opposition avec celle d’autres hommes situés sous d’autres latitudes, “l’investigation” de l’homme occidental, procède spontanément, principalement par “l’analyse”, c’est à dire par une préoccupation à établir “ce qui différencie”, afin de comprendre dans la spécificité de ses formes, le monde qui l’entoure. Or, l’implication comportementale de cette disposition psychique, correspond à un “sectarisme”, selon lequel il sera préoccupé d’établir et de maintenir “tout ce qui sépare”. C’est à cette disposition psychique fondamentale, qu’il doit bien sûr, la rigueur, la précision, et la ponctualité, qui sont de ses qualités naturelles, de même que l’extrême sélectivité et l’élitisme, selon lesquels se trouve structurée sa société. Mais malheureusement, c’est également cette disposition qui vaudra aux autres peuples d’avoir à subir, tout le “racisme” qu’historiquement, il leur aura constamment manifesté.

L’homme occidental, s’il s’est montré très efficace pour nous décrire la pluralité des formes de notre univers, il n’est pas au départ, psychiquement équipé, pour pouvoir en envisager spontanément “l’unité”. Pour comprendre cela, imaginons qu’au lieu de posséder un angle de vision d’à peu près 180°, il ne soit que de quelques fractions de degré. Nous serions en mesure de distinguer un détail sur la surface de la Lune, mais nous ne pourrions jamais comprendre la Lune, que nous ne verrions jamais en son entier. Ceci signifie qu’une capacité à envisager la particularité, relève de dispositions opposées à celles d’une capacité à envisager la globalité.

Bien sûr, il demeure qu’un exercice “culturel” permet par définition même de pourvoir aux insuffisances, ou de se défaire des excès, de nos dispositions “naturelles”, de sorte que même un occidental préoccupé de cette question, pourra accéder par son “intellect”, à ce à quoi d’autres accèdent directement par leur “affect”. Mais, cet exercice nécessite qu’il ait une saine motivation pour se charger de parcourir cette voie, ce qui n’est pas le fait de tous.

Ainsi, dans la mesure où l’accès à cette vision du monde ne lui est pas spontanée, ce n’est donc pas prioritairement à l’homme occidental, de conduire notre humanité dans la voie de “l’universalité”, alors même qu’ainsi que nous pouvons l’apercevoir en ces temps d’un mouvement de mondialisation qui s’impose malgré bien des réticences, tel est bien le rendez-vous qui nous est actuellement fixé.

A l’opposé de cela, l’investigation des hommes de la partie méridionale de notre planète, procède spontanément quant à elle, principalement par “l’analogie”, c’est à dire par une préoccupation à établir “ce qui identifie”, afin de comprendre dans la finalité unitaire de ses formes, le monde qui les entoure. L’implication comportementale de cette disposition psychique, correspond à ce que l’on pourrait qualifier techniquement de “totalitarisme”, en étant bien d’accord qu’il ne s’agit évidemment pas ici, d’une description du cas extrême de l’organisation politique ainsi nommée, mais qui cependant, selon une préoccupation d’établir et de maintenir “ce qui rassemble”, se traduit bien par un moindre degré d’autonomie des individus, ou si l’on préfère, un moindre degré d’individualisme, de ceux-ci. Ceci, au sein de sociétés régies par des règles coutumières souvent rigides, et volontiers liberticides. Bien sûr, c’est cette disposition psychique fondamentale, qui fait que ces hommes manifestent bien plus d’empathie, de solidarité, de générosité, et une bien plus grande sociabilité, que les occidentaux. Or, ces qualités font actuellement si cruellement défaut, dans nos sociétés matérialistes d’aujourd’hui, qu’elles constituent l’occasion historique de ces hommes, qui vont avoir en charge d’aider à une profonde “re-socialisation” de sociétés dissolues, auxquelles un individualisme outrancier, a fini par faire perdre leur sens et leur raison d’être.

Pour comprendre l’origine et la nécessité de cette différenciation, accordons-nous ici, le temps d’une approche “cosmologique”, même si elle et un peu délicate, de cette question.

Considérerons que notre univers d’une façon générale, et notre humanité qui participe de lui, en particulier, sont établis selon une “contradiction fondamentale”, qui est celle selon laquelle un “tout”, se trouve nécessairement constitué d’une pluralité de “parties”. Dans une telle disposition, il existe une contradiction logique entre ce qui tend à assurer la cohésion du tout, et ce qui tend à maintenir la spécificité des parties, étant bien entendu que si celles-ci se confondaient totalement en lui, ce tout ne serait précisément plus “constitué”, puisque cette disposition suppose la persistance de parties. Or, en aucune façon il ne saurait “être”, quoi que se soit de non constitué, car une telle chose ne pourrait, ni apparaitre, par la “constitution” d’une pluralité de parties, dans la singularité d’un tout, ni disparaitre, par la “restitution” de ces parties en leur individualité

Si elle se pouvait, une telle chose serait alors, éternelle, et immuable, ce qui est totalement antinomique avec la fonction d’être, qui implique la temporalité, et la variabilité.

Il vient de cela que notre humanité qui est constituée selon la résolution contradictoire que constitue une “collectivité d’individus”, n’échappe donc pas à la nécessité d’être sous-tendue dans la réalité de son “être”, par la contradiction de ce qui tend à la faire collectivité, c’est à dire “une”, et ce qui tend à sa réalisation en une pluralité d’individus, c’est à dire “multiple”. Or, si cette contradiction de forces était “statique”, il ne se passerait évidemment rien, de sorte qu’elle ne saurait sous-tendre l’être de notre humanité qui nécessite quant à lui, “qu’il se passe”. Il s’agit donc d’une contradiction de forces “dynamiques”, dont le modèle est la contradiction de forces selon laquelle se trouve établie le mouvement du “pendule”, où, au développement de l’une dans un mouvement, correspond la potentialisation graduelle de l’autre, jusqu’à l’inversion de ce mouvement, et qui possède donc, tout comme le mouvement de ce pendule, une résolution sinusoïdale, “périodique”.

Tout ceci pour dire que la dynamique qui sous-tend l’être de notre humanité, lui impose “d’évoluer” tout au long des siècles, entre deux phases périodiques contradictoires, l’une de la spécification “sectaire” de ses parties, et l’une de la reconstitution “totalitaire” de son unité, et c’est bien dans une telle phase que nous sommes entrés depuis quelques années, telle qu’elle se manifeste, même si ce n’est pas pour l’instant de façon très heureuse, avec ce que nous nommons, faute d’autre terme, la “mondialisation”.

Cette dualité de tendance afin de son “évolution”, nécessite corrélativement une dualité en deux catégories spécifiées, de ses acteurs, c’est à dire les humains. Ceci, étant bien entendu que les tropismes selon lesquels nous nous trouvons déterminés, ne sauraient déterminer une seule catégorie d’acteurs, dans deux directions opposées. Il en faut donc deux, les “sectaires”, et les “totalitaires”.

Tout ceci montre que nous sommes en route vers l’universalité. Celle-ci verra à terme, la fin de tous ces “dinosaures” sectaires et racistes, qui pourtant pérorent encore, parce qu’ils ne mesurent pas qu’ils se trouvent en cette affaire, face à deux colosses, Eros, et Chronos, contre lesquels ils sont totalement insignifiants, et qui ne les laisseront plus mal faire encore, le temps s’étant désormais fait l’allié de la tendance à l’unité. Ce mouvement verra également, n’en déplaise à certains “néanderthaliens”, qui prétendent s’y opposer, la ruine définitive des frontières, la libre circulation des hommes et des idées, et la création de “l’internation”. Quant à ceux qui font projet de s’opposer à la mondialisation, il font encore plus fort que celui qui combattait les moulins à vent, car voici qu’ils prétendent combattre le vent lui-même, celui implacable de l’histoire, qui les volatilisera.

Telle que nous l’indique l’ampleur des problèmes insolubles qui se posent à nous, et l’insuffisance conceptuelle des ceux qui ont à charge de les régler, mais qui n’osent pousser plus loin une analyse de la situation qui les montrerait clairement incompétents pour pouvoir procéder aux changements nécessaires, nous sommes clairement à un point d’inflexion de l’histoire de notre humanité, qui nécessité de nous repenser nous-mêmes, selon nos nécessités collectives. Car dans l’insatisfaction de celles-ci, nous ne pouvons justement pas prétendre à cette humanité, et il ne nous restera alors, par cette négation du fait de civilisation lui-même, que l’espace de prédation de la bête, pour tenter de nous en sortir chacun individuellement.

Nous autres les humains, possédons au sein de notre humanité, une double dimension. Une “individuelle” d’abord, celle selon laquelle se trouve établie notre “nature”, c’est à dire celle de l’animal bipède qui participe de nous, mais auquel nous ne sommes pas réductibles. Car, nous possédons également une dimension “collective”, selon laquelle s’établit cette fois, notre “culture ”, laquelle s’exprime en contradiction de notre nature, qu’elle contraint alors, soit en réprimant ses aspects socialement néfastes, soit en exploitant au-delà de leur simple expression naturelle, ses aspects socialement positifs.

C’est cette dualité de la condition humaine, que représentaient les anciens Egyptiens, avec le grand sphinx, où une conscience culturelle d’homme, représentée par la tête humaine du sphinx, contrariait le corps d’un animal voué à la prédation, c’est à dire un corps de lion. Ceci, pour bien nous signifier que l’animal prédateur, est celui qui a la maitrise sur les autres, mais que l’humain quant à lui, est celui qui à la maitrise sur lui-même.

Soyons alors bien attentifs au fait que c’est précisément par cette contrainte de notre nature par notre culture, cette dernière étant une expression de notre dimension collective, donc logique de notre “socialisation”, que nous sommes et demeurons des “humains”, autrement dit, des animaux bipèdes heureusement “humanisés”, c’est à dire soumis à des “scrupules”, qui n’encombrent en rien les autres animaux chez lesquels le vol, le viol, le meurtre, l’inceste, constituent des expression naturelles non contraintes. Car, la dissolution actuelle de nos sociétés, par le fait que des années durant, on n’y a fait que célébrer sous l’appellation de “gagneur”, la brute prédatrice au détriment de l’homme socialisé, tend logiquement à nous ramener au stade ancestral où nous n’étions que des animaux.

Refusons de redevenir des animaux, tel que ce système malfaisant nous y engage, et dans la logique duquel des gouvernements de prédateurs, n’envisagent rien d’autre que d’user de prétextes humanitaires, et de brutalité militaire, pour procéder à de véritables “braquages” de nations entières, afin de faire tout simplement main basse sur leurs ressources pétrolières.
C’est ce système qu’il nous faut défaire, avant qu’il ne nous défasse, et ne nous ne finissions par croupir comme des bêtes, dans la honte de nous-mêmes.

Bien sûr, du fond de la totale insignifiance dans laquelle ils s’abandonnent avec délectation, dans leur microcosme à l’abris de la tourmente qui nous affecte, ceux qui font projet d’assumer la conduite des affaires du pays, alors qu’ils ne possèdent même pas le début du règlement d’un seul de nos problèmes, tout simplement parce qu’il ne peut y avoir qu’échec dans la poursuite de ce système, semblent ne pas douter que nous leur accorderons encore, des années de nos existences, afin qu’ils puissent simplement se flatter d’être chefs.

Mais nous n’avons pas besoin de ces gens, parce qu’ils ne sont pas, et ne seront jamais dans cet “événement”, qu’ils ne comprendront jamais, bouffis qu’ils sont dans leur suffisance, indifférents qu’ils sont à notre peine, et enfermés qu’ils sont dans leur certitudes bornées.

Rassemblons-nous pour repenser de fond en comble, ce que devra être notre nouvelle société d’hommes et de femmes désireux d’humanité. Nous sommes un peuple majeur, et c’est maintenant à nous d’agir pour nous-mêmes, et surtout pour nos enfants...


Paris le 26 octobre 2011
Richard Pulvar

lundi 24 octobre 2011

DICTATURE ET LIBERTE




Ce n’est que lorsque le peuple se soumet de lui-même, aux règles implacables d’une dictature, sous le prétexte que la loi qui le contraint, n’est, par le moyen de ses représentants, qu’une émanation de lui-même, qu’il s’agit alors en une telle société, d’une société dite “libre”.

Nous avons vu comment la justification d’un “interventionnisme ”, qu’il nous faut désormais craindre devenir systématique, des puissances occidentales et particulièrement, de la France et des Etats-Unis d’Amérique, nations rivales depuis toujours, dans leur égale prétention à se poser en modèle de société pour les autres peuples, dans les affaires intérieures de pays souverains, aura été de prétendre lutter pour le seul bénéfice de ceux-ci, contre les dictatures qui les contraignaient, et de leur apporter par cela, la “démocratie”.

Tout a déjà été dit, sur le caractère outrancier de ces justifications mensongères, et quant aux raisons véritables et inavouables, de ces interventions guerrières criminelles. Mais, ce qu’il nous faut remarquer ici, c’est que combien mêmes ces intentions proclamées auraient-elles été sincères, elles n’auraient pas pour autant été fondées. Car, elles font suite en réalité, à d’autres justifications de cette détermination à ingérer chez les autres, tout aussi mensongères, mais dont on aurait pu à l’époque, soutenir les intentions déclarées, qui étaient alors de faire acquérir à des peuples lointains, la “vraie foi”, celle des Européens selon eux-mêmes, afin de gagner pour ces peuples, le salut de leurs âmes, et de les faire bénéficier des avancées sociales de la “civilisation”, dont là encore, les européens se proclamaient en être les seuls porteurs.

Il est clair qu’aujourd’hui nous envisagerions ces prétentions avec beaucoup plus de circonspection, et nous devons en faire de même, par delà le fait qu’il ne s’agit ici que d’un prétexte, quant à la positivité de cette intention, aurait-elle été sincère, de porter la démocratie chez les autres peuples en luttant contre la dictature, car il s’avère que cette démocratie, ne peut absolument pas s’imposer chez quelque peuple que ce soit, comme une incohérence trop flagrante dans son développement historique autonome.

Ce dont il s’agit ici, c’est en fait de la question particulièrement délicate, du rapport fatalement contradictoire de l’autorité nécessaire, donc d’un encadrement de “la liberté”, pour faire en sorte que puissent précisément être respectées “les libertés ”.

Toute notre difficulté dans cette affaire, vient de cette habitude lointaine que nous avons de parler de “la liberté”, d’une façon globalisante et comme telle, “indéterminée ”. L’idée qu’il est nécessaire que soit instaurée et défendue à tout prix, “la liberté”, est l’objet d’un acquiescement consensuel et spontané, quasi religieux, dont la contestation devient dès lors particulièrement périlleuse, pour ceux qui s’y tentent. Et ceci, alors même qu’en toute rigueur, et par delà les acceptions confuses que peuvent en avoir les uns et les autres, cette idée “in extenso” de “la liberté”, ne veut strictement rien dire. Car, jusqu’aux confins de notre univers, “l’indéterminé”, précisément parce que tel, ne peut avoir d’existence.

En réalité, il faudrait parler plus exactement des “libertés”, c’est à dire de nos seules expressions sans contraintes, autorisées parce qu’elles ne portent pas atteinte à l’ordre public, et étant bien entendu que dès lors qu’on parle d’ordre public, il s’agit en celui-ci d’une atteinte à l’expression sans limite, donc indéterminée, de la liberté.

Car, il est bien évident qu’on ne saurait sainement invoquer une liberté des voleurs, des violeurs, et des assassins, de se satisfaire, alors qu’il s’agit bel et bien dans ces cas, de libertés d’agir que ces gens s’accordent, et que dans sa globalité, la liberté indéterminée contient.

Donc la “liberté”, sans autre précision, cela ne veut strictement rien dire, puisqu’il peut se réaliser d’elle, tout et son contraire. Il ne peut y avoir positivement, c’est à dire en accord avec nos aspirations fondamentales, que des “libertés”, sérieusement encadrées, et par cela même, “garanties”, par les règles inflexibles d’un ordre public très strict.

Partant de là, tout le paradoxe qui nous pose problème ici, c’est que ce n’est que par une “restriction autoritaire”, que l’on pourrait même dire “dictatoriale”, dans la mesure où elle se passe totalement de la libre appréciation par chacun de nous, de son bien fondé, du champ global d’expression de la liberté, que nous sommes en mesure de bénéficier des libertés.

En réalité, dans les pays dits “libres”, les citoyens s’accordent, par la voie de leurs représentants, auxquels ils confient la charge de dire les lois, et en leur faisant confiance pour cela, pour s’imposer à eux mêmes, toutes les restrictions à leur liberté, qui leur permettrons de pouvoir bénéficier en toute sécurité et en toute sérénité, c’est à dire à l’abri des malveillants, pourchassés quant à eux par la loi, des libertés dont ils disposent selon cette loi, et seulement de celles-ci.
C'est donc paradoxalement, “le plein accord”, autrement dit, “l’auto-soumission”, des citoyens à des “lois”, qui constituent autant d’empêchements implacables à l’expression de leur totale liberté, qui fait de ces pays, des espaces de liberté, autrement dit des sociétés libres. Et ceci, parce que ces lois sont supposées n’être que des émanations du “peuple” lui-même, formulées pour lui par ses représentants, alors que ce n’est pas le cas des dictatures, qui se passent de feindre d’avoir assis leur autorité, sur la volonté du peuple.

Mais en réalité, loin d’être des endroits paisibles de toutes les expériences possibles, les pays dits libres, disposent en fait d’un arsenal répressif impressionnant, pour contraindre sans aucun ménagement, tous les marginaux que leur philosophie rend insoumis aux règles dictatoriales qui les régissent. Mais fort heureusement, ces procédures sont rarement utilisées, ce qui ne permet pas de révéler la base dictatoriale des dispositions qu’elles protègent. Et ceci, tout simplement parce que les citoyens de ces pays ont acquis par l’usage et sur la durée, cette saine habitude “d’auto-discipline” et de soumission totale à la loi. Ceci les amène à respecter sans en ressentir aucune contrainte, un nombre incalculable d’interdictions et d’obligations, qui encadrent très strictement leurs moindres faits et gestes, et dont à la longue ils n’ont même plus conscience. Mais tout cela deviendrait vite pour eux un véritable empoisonnement, s’ils devaient avoir un jour le moindre doute quant à légitimité de ces règlements, c’est à dire quant au fait qu’il s’agit bien en ces dispositions, d’une manifestation de leur propre volonté, traduite selon des textes par leur représentants. Car c’est alors qu’ils se sauraient en dictature, en se soumettant exactement aux mêmes règlements, et sans que ceux-ci pourtant, ne les contraignent davantage en rien.

Nous pouvons nous faire dès aujourd’hui, une idée de ce que pourraient être ce ressentiment, à l’heure où les citoyens de ce pays, sont de moins en moins persuadés que le fait pour des gouvernants, de venir faire les poches de leurs concitoyens, pour aller renflouer des “banksters ” les ayant financés pour qu’ils accèdent au pouvoir, correspond effectivement à l’expression d’une volonté d’une majorité d’entre eux. L’heure du désenchantement, et de la révélation du caractère dictatorial de ce régime, dont personne n’avait cure tant que tout de passait bien, approche.

Retenons donc bien à cette occasion, que tant que les choses se passent bien dans un pays, les citoyens de ce pays se moquent bien de savoir s’ils sont sous un régime dictatorial ou non.

C’est ainsi que s’étonner qu’un dictateur officiel, c’est à dire un homme qui ne s’était par retranché comme beaucoup d’autres, derrière un simulacre de procédures démocratiques, pour justifier son exercice du pouvoir, ait pu tenir malgré cela la barre dans son pays pendant plus de quarante ans, c’est ne pas vouloir savoir si ceci étant, ses habitants vivaient bien.

De tout cela, il apparait qu’être “libre” dans une société, ce n’est pas pouvoir se livrer simplement à la seule réalisation de notre bon vouloir, car bien des contraintes sociales viendront s’opposer bien vite, et parfois durement, à ce projet. Mais, c’est de se trouver dans une situation où, compte tenu de notre “auto-discipline acquise”, les intentions qui sont alors les nôtres d’exercer, à partir de cette base culturelle, se trouvent parfaitement en accord avec la nécessité sociale, telle que celle-ci se trouve déterminée strictement par la loi. Dans ce cas en effet, cette société qui dès lors, n’oppose rien à la réalisation de notre projet, devient pour nous un espace de liberté, dans lequel nous ne subissons aucune contrainte...

Il n’y a donc liberté, que par auto-soumission à la loi dictatoriale, dès lors que les formes “apparentes” de sa rédaction, peuvent laisser penser qu’il s’agit bien en celle-ci, de l’expression de la volonté du peuple, et ce, même si en réalité, il est clair qu’il ne s’agit tout simplement, que de celle des dirigeants, dont c’est le rôle de définir en leur âme et conscience, ce qui pourrait constituer la faveur du peuple.

La conséquence de tout cela, c’est que pour les pays dans lesquels les populations ne sont pas encore acquises à l’impérieuse nécessité de respecter scrupuleusement la loi en toutes circonstances, parce que la rédaction de celle-ci s’est faite bien trop éloignée d’eux, pour qu’elle puisse paraitre être une émanation de leur volonté majoritaire, et où elles ne bénéficient donc pas de cette “auto-discipline acquise”, qui éloigne dès le départ les citoyens, d’envisager des projets “anti-sociaux”, il n’y a alors plus que des régimes très autoritaires, qui permettent de faire respecter un tant soit peu la loi. Et ceci, afin que puissent au moins être aménagées, quelques libertés fondamentales.

Avant donc de pouvoir ainsi atteindre la liberté des pays dit “libres”, ceux qui n’en sont pas encore à ce stade, ne peuvent paradoxalement pas faire l’économie, d’une phase transitoire autoritaire historique, pour pouvoir passer de la “pagaille”, à cause de laquelle se trouve niées bien des libertés fondamentales, telles que celle de pouvoir “aller” tranquillement en tous lieux et en toutes circonstances, sans se faire ni voler, ni agresser, ni assassiner, à la situation des sociétés libres.

Dès lors, s’en venir d’au-delà des mers, dans des contrées dont on ignore tout, en prétendant instaurer en deux coup de cuillère à pot, un mode de fonctionnement occidental dit “démocratie”, en ne tenant aucun compte du fait que les régimes autoritaires qui persistent ça et là, correspondent tout simplement à une phase logique du développement historique de ces nations, c’est les engager dans des spirales désastreuses à l’irakienne, où huit années après que la “tyrannie” fut prétendument remplacé par la “démocratie”, on y vit tous les jours dans la terreur, dans la privation totale de cette liberté fondamentale de pouvoir aller en sécurité, et on y meurt dans des attentats d’une totale cruauté.

C’est malheureusement ce même scénario, que certains, parvenu par la combine et par la compromission, à se hisser aux plus hautes responsabilité de leurs nations, ont infligé à deux nouvelles nations, la Côte d’Ivoire et la Libye, qui se trouvent bel et bien l’une et l’autre, face à un développement à l’irakienne.

Il est plus que temps d’en finir une bonne fois, compte tenu de ses implications désastreuses, avec cette mentalité stupide et totalement malfaisante, de colonialiste.

Evidemment, tout cela ne signifie pas qu’il faut se résigner à supporter toutes les dictatures infâmes qui offensent encore notre planète. Mais, dans les formes accablantes que celles-ci prennent parfois, il en incombe à ceux qui sont directement concernés, et à ceux-là seulement, de s’employer avec toute leur énergie et leur sens du sacrifice, à s’en défaire. Ceci, de façon à ce que cette action révolutionnaire s’inscrive dans la logique historique de leur pays, en traduisant par cela même, la maturité politique à laquelle est parvenu leur peuple. Car, celle-ci constitue la seule garantie pour celui-ci, de parvenir dans un délai raisonnable à sortir des troubles, et que puisse s’établir le règne de la loi acceptée par tous, afin de la liberté.


Paris, le 24 octobre 2011
Richard Pulvar

dimanche 23 octobre 2011

QUAND LA VOIE VERS UNE MEILLEURE DES GUERRES, DEVIENT L’ISSUE RECHERCHEE PAR DES DIRIGEANTS EGARES






Qui peut sérieusement continuer à croire encore, si ce n’est pour tenter sans courage, de se soustraire au constat d’une vérité angoissante, que les hommes qui sont actuellement en charge de la bonne conduite de nos nations, et qui pour la plupart, se trouvent en situation depuis des années déjà, parviendront finalement à sortir nos sociétés de la tourmente dans laquelle elles se trouvent désespérément plongées ? Ceci, compte tenu que c’est précisément par le fait de tout ce qu’ils ont mis en œuvre, ou manqué de mettre en œuvre, donc par le fait de la politique elle-même qui toutes ces années fut la leur, et par le fait de strictement rien d’autre, que nous nous sommes retrouvés plongés et maintenus depuis, dans ces embarras. Et ce, sans que jamais une analyse courageuse, honnête, et responsable des choses de leur part, ne les conduise à constater humblement, que c’est vers d’autres voies jusqu’ici inexplorées, qu’il conviendrait désormais de porter l’effort.

De la même façon, qui peut se persuader, alors que nous constatons jour après jour, l’aggravation d’une situation hors de tout contrôle, qu’une capacité des citoyens à s’adapter à la difficulté croissante, pourrait leur permettre d’encaisser indéfiniment les mauvais coups, sans que jamais les raisons de leur résignation ne soient désavouées, face à l’évidence du malheur définitif auquel ces dirigeants inconséquents, les condamnent, eux et leurs enfants.

Car, sauf s’il se produit l’imprévisible, c’est à dire la révélation soudaine parmi nous, d’un “sauveur” aux capacités surnaturelles, il est bien évident que ce ne sont pas ceux qui convoitent depuis des années les fonctions des hommes en place, en se contentant simplement de se féliciter d’être selon leur seule conviction, un choix préférable, et sans jamais considérer que cette prétention ne peut être fondée, que pour des gens ayant produit un effort intellectuel à la hauteur de cette ambition, qui par un assaisonnement différent du même fourrage pour bestiaux, nous le rendront digeste.

Il est remarquable à ce sujet que parmi les différentes nations prises dans cette même tourmente, ils s’en trouvent dirigées par l’une ou par l’autre des deux familles politiques traditionnellement opposées, sous les appellations devenues d’ailleurs totalement fallacieuse à cause de cela même, de la gauche et de la droite, et il n’apparait pas que les politiques mises en œuvre par les unes, soient sur ce point, davantage couronnées de succès que celles mise en œuvre par les autres, ce qui permet de constater simplement qu’elles se valent totalement, par le fait qu’elles ne valent justement rien.

Il doit donc être évident pour nous tous aujourd’hui, même si nous ne sommes pas en mesure de dire quand, à quel endroit, et dans quelles circonstances cet événement se produira, et que nous sachant impuissants à l’en empêcher, nous préférons n’en rien savoir par avance, que selon la logique implacable des choses, nous atteindrons tôt ou tard un dramatique et inévitable “point de rupture”, dont les conséquences, comme il est facile de l’imaginer, vu le niveau extrême d’exaspération des uns et des autres, risquent d’être absolument dévastatrices, en nous réservant un océan de malheurs...

Des "conjoncturistes", ayant établi le caractère inéluctable de cet événement, et en ayant informé les gouvernants qui, ne sachant comment y faire face, feignent alors de n’en rien savoir, l’ont décrit comme étant similaire à la “chute de l’empire romain”, et il est clair que, pour le moins, cela risque d’en être fini de cinq siècles de domination occidentale sur le reste du monde, et de la prétention de cette civilisation à se poser comme modèle pour celui-ci.

Mais ce sont surtout les idées de loi, de justice, de société, et de nation, elles-mêmes, avec tout ce que celles-ci impliquent d’obligations, d’interdictions, et de civilités nécessaires, et qui, parce que leur vocation nominale de mieux être pour les citoyens, totalement trahies par ceux-là mêmes qui devaient les faire aboutir, les auront amenés dans une débâcle totale, qui se trouveront fatalement contestées, en faisant que cette régression sociale et économique, risque fort de correspondre à l’époque d’un retour vers la plus archaïque des barbaries...

Face à cette perspective cauchemardesque, il y a deux attitudes.

Celle des progressistes, des vrais, c’est à dire d’aucun de ces lamentables carriéristes, aux seules préoccupations alimentaires, dont les différentes politiques d’ouverture menées afin de se les acquérir, pour feindre la conciliation, ont montré que leur conscience politique était totalement réversible, ni ceux qui ont fait de ces faussaires leur compagnons de combat, les vrais donc, veulent considérer cet événement comme une chance exceptionnelle pour engager enfin la grande rénovation nécessaire, afin d’éviter la décadence de toute une civilisation, et même mieux, de tenter à partir de cela, “l’universalité”.

Face à eux, il y a les conservateurs, lesquels évidemment, constituent également les “profiteurs” du système. Ceux-ci bien sûr ne pousseront jamais l’abnégation jusqu’à renoncer à leur privilèges d’avoir, de pouvoir et de situation, pour laisser à d’autres la charge de tenter un sauvetage de cette société, dont les réformes nécessaires les désavantageraient forcément. Mais ils ne renonceront surtout pas à l’idée flatteuse d’un narcissisme maladif, qu’ils se font d’eux-mêmes depuis toujours, comme étant ces êtres superbes d’une exceptionnelle virtuosité intellectuelle, dont les privilèges ne sont que le reflet de leurs heureux caractères génétiques, qui leur vaut de plus, d’être mieux vus que les autres, sous le regard du ciel. On comprend bien que renoncer à cela correspondrait pour ces mabouls, à un suicide. Pour ces gens, l’exercice du pouvoir leur revient de plein droit, en tant qu’hommes d’une espèce supérieure.

Tout leur problème se situe donc là : comment se sauver, eux et leur clan de superbes, sans risquer d’être emporté par la débâcle générale, mais sans pour autant desserrer leur mainmise sur les instruments de la possession et du pouvoir, pour empêcher celle-ci.

C’est alors qu’une fuite en avant, dans des aventures qui les rendraient incontestables, et seraient susceptibles de donner au renoncement par les citoyens, de leurs attentes légitimes, la valeur du sacrifice, leur semble être la seule voie devant être poursuivie en la circonstance, celle de la “guerre”.

Pourquoi la guerre ?

Parce jusqu’à maintenant, c’est historiquement toujours elle qui a permis de sortir des grandes crises économiques et sociales, depuis les guerres de la révolution et de l'empire, jusqu’à celle dite du "golf", qui aura vu les monarchies du golf persique, financer à grand coup de pétrodollars, la quasi totalité de l'effort de guerre américain, censé les libérer d’une menace irakienne, et au bénéfice de l'industrie américaine, à une époque où l’économie de ce pays commençait déjà à chanceler.

La société en déliquescence dans laquelle nous nous trouvons, risque à tout moment de s'effondrer dans une pagaille telle, que cela risquerait de conduire à de sérieux affrontements, voire à des guerres civiles, dans plusieurs pays occidentaux, ce qu'il convient absolument d'éviter par tous les moyens, y compris celui de guerres injustes menées en diversion, sur des théâtres lointains, si cela pouvait permettre la sauvegarde des nations menacées. Et ceci, d’autant que parmi ces nations, ils s’en trouvent qui possèdent l’arme nucléaire, et on ne peut se résoudre à l’idée qu’un groupe d’exaltés, puisque tels sont le plus fréquemment, les vainqueurs de telles révolutions, puisse avoir le doigt sur une gâchette nucléaire, rendant ainsi notre planète tout simplement invivable.

Dans ces conditions, la morale, la justice et le droit ne pèsent pas bien lourd, et s’il faut massacrer injustement des centaines de milliers d’hommes, les responsables totalement aux abois des pays occidentaux, qui sont culturellement incapables d’envisager que la justice, l’égalité, et la redistribution des cartes, afin que tout un chacun puisse participer au jeu social, constituent les véritables instruments pour la sauvegarde de leurs sociétés, n’hésiteront pas une seule seconde à le faire. Ceci, comme ils l’ont d’ailleurs déjà montré à plusieurs reprises, et ainsi que nous pouvons déjà constater les préparatifs qui sont les leurs, contre la Syrie, et contre l’Iran, il est manifeste que tel est bien le calcul qu’ils ont fait.

A ceux qui sont incapables de comprendre l’histoire en marche, et la nécessité de réformer profondément les mécanismes et les structures selon lesquelles les différentes communautés d’hommes se trouvent précisément constituées comme telles, autrement dit, ceux qui ne comprennent à l’heure d’une menace de révolution, pourquoi celle-ci est arrivée, et qui se feront toujours surprendre, préoccupés qu’ils ne sont alors qu’à protéger leur intérêts, et assurer leur survie morale, en imposant à toute la planète, une vision des choses qui les célèbre, il leur faut maintenant absolument une guerre.

Ceci, d’abord pour relancer la machine de production et réactiver tous les mécanismes économiques et financiers, mais surtout pour maintenir fermement en les privant de légitimité, tous ceux qui autrement, voudraient s’en prendre à un système qui a fait leur malheur, et qui, par leur vindicte, placeraient leur pays au bord de graves troubles sociaux, pouvant déboucher sur une révolution ou une guerre civile.

La guerre extérieure est donc en ce sens, le moyen détourné du règlement de graves problèmes intérieurs. Car, à cette occasion, une discipline nationale et patriotique, largement admise par les peuples, depuis la fondation des nations modernes, exige que l’on soit prêt à offrir sa poitrine aux balles ennemies, pour la défense de la patrie en danger, et que pour le moins, on fasse en ces graves circonstances, le sacrifice de ses revendications personnelles, seraient-elles parfaitement légitimes. Au nom de la guerre donc, tout le monde s’écrase, y compris tous ceux qui constituent habituellement les grandes gueules de l’opposition et qui, piégées par la nécessité de se montrer solidaires, élection oblige, de la troupe au champs de bataille, qu’on y a d’ailleurs envoyée sans même leur demander leur avis, se retrouvent à soutenir les opérations les plus aventurières, illégales, impérialistes, et criminelles, en trahissant ainsi le choix qui fut celui d’humanistes en leur faveur.

Quelle guerre, et contre qui ?

Quels que soient les préparatifs faits actuellement contre ce pays, il est clair qu’une guerre contre l’Iran serait désastreuse pour toute la région, et que les assaillants n’auraient aucune chance d’investir ce pays comme ils l’ont fait pour l’Irak. Il ne faut pas oublier qu’avant d’être envahie, l’Irak avait déjà subi 12 années d’un embargo qui l’avait mise sur les genoux. L’invasion ne fut alors qu’un coup de grâce, mais ce pays n’aurait jamais été conquis, s’il n’avait d’abord été si affaibli.

Dans le cas de l’Iran, il est clair que les choses ne peuvent pas se passer comme cela, et qu’une victoire militaire des assaillants n’est absolument pas envisageable, mais tel n’est pas en réalité, le but de la manœuvre.

Le but est tout d’abord de détruire les capacités nucléaires de l’Iran, tant qu’il en est encore temps, pour que la guerre surtout demeure possible, étant bien entendu que dès lors que ce pays possédera l’arme nucléaire, aucune guerre contre lui ne sera possible. Il s’agit donc dans un premier temps, de se garantir une possibilité de toujours pouvoir faire la guerre, autrement dit, une guerre pour protéger la guerre, que les accords entre nations, et l’évolution des opinions, tendent à ruiner

Pourquoi l’Iran et quelques autres ?

Parce qu’il faut qu’une opération aussi incertaine et dangereuse qu’une telle guerre, qu’aucun différent avec un ennemi ne justifie, autrement dit une guerre “gratuite”, faite pour elle-même et sans autre raison qu’un bénéfice qu’espèrent en tirer ceux qui la décident et qui la mènent, en se moquant éperdument de ses conséquences dramatiques et de tout le mal qu’à cette occasion, ils infligeront à des milliers d’innocents, soit malgré cela “rentable”. Ceci, sur un maximum de plans, c’est à dire avec des gains géostratégiques et économiques, et bien sûr, des retombées positives sur le plan intérieur, puisque tel est initialement le but de la manœuvre. Il faut donc pour cela qu’une telle guerre soit surtout “vendable” à l’opinion. Or, le discrédit de longue date porté sur l’Iran des ayatollahs, est déjà suffisant pour que l’opinion ne s’émeuve pas plus que cela, du fait que, même hors de toute légalité et de toute légitimité, par le fait qu’il s’agit d’un pays souverain qui ne nous a absolument rien fait, qu’on veuille chasser ses chefs pour mettre à leur place des “démocrates”, tout comme ce fut le cas pour la Côte d’Ivoire de Gbagbo, la Libye de Khadafi, l'Irak de Saddam, et en vue pour la Syrie de Bachar.

C’est pourquoi une campagne indigne et incessante de dénigrements, et d’accusations mensongères, qu’une large frange de l’opinion et d’une opposition défroquée, se délecte à considérer comme n’étant que la vérité démontrée, se trouve systématiquement préalablement orchestrée, contre ces dirigeants, bien avant les premières frappes.

Tous les bobards de la machine à décerveler sont déjà prêts à servir, et une fois de plus, cette guerre où vont être assassinés par centaines de milliers, les gens d’un pays qui n’aura strictement rien fait à ses assaillants, sera présentée comme une action humanitaire, pour sauver un peuple ami de la tyrannie, et les opinions occidentales ne demandent que de croire à cela, puisque cette mythologie les situent comme étant les premiers de la classe, voués à faire la leçon aux autres...

Enfin, il faut bien que cela soit un endroit où il est possible de se refaire, d’un point de vue économique, des dépenses extrêmement coûteuses de ce type de guerre, en faisant main basse sur les richesses du pays agressé. C’est pourquoi, seule une poignée de pays pétroliers, comme l’Irak, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Congo, la Libye, a droit à la sollicitude des occidentaux, pour y faire régner la démocratie, et il ne reste plus que trois de ces pays où les conditions pour y faire une guerre rentable selon tous ces critères, se trouvent encore réunies, à savoir : l’Iran des ayatollahs, la Syrie de Bachar, et le Venezuela de Chavez.

Notre choix maintenant, c’est de promouvoir dès à présent, l’idée d’une désobéissance civile, comme prélude à une révolution qui devrait pouvoir se dérouler dans le calme, grâce à l’ouverture d’un vaste débat national, comme s’il s’agissant de l’ouverture “d’états généraux”, ou de nous préparer à voir triompher l’obscénité, l’infamie, le crime de guerre, et le pillage des nations les plus faibles...


Paris, le 23 octobre 2011
Richard Pulvar

jeudi 20 octobre 2011

GAUCHE-DROITE OU LA CLASSIFICATION FALLACIEUSE





D’où vient-il que nous utilisons les appellations “gauche” et “droite”, pour désigner l’affinité politique d’un individu, d’un parti politique, ou d’un gouvernement ?

L’origine de cette classification, qui deviendra finalement d’un emploi international, se trouve en France, dans le comportement qui fut celui des députés, à l’occasion d’un débat et d’un vote qui eurent lieu à l’assemblée nationale d’août 1789. Ce dont il était question, c’était d’établir ce que devait être le poids de l’autorité royale, face au pouvoir de l’assemblée populaire, dans la future constitution. C’est alors que pour en convenir entre eux, les députés de l’aristocratie et du clergé, qui étaient partisans du fait que le roi puisse disposer d’un veto, se sont spontanément regroupés sur la droite du président de séance, parce que cette position par rapport à l’autorité, correspondait habituellement aux places d’honneur. Il ne restait plus alors aux députés du Tiers état, opposé à l’idée de veto, que de se rassembler sur la gauche du président, sous l’étiquette de “patriotes”. Le clivage gauche-droite était né.

Après la révolution, cette “opposition” bipolaire, entre les tenants d’un ordre établi, et les partisans d’un progrès social bousculant celui-ci, deviendra l’usage dans les différents systèmes d’assemblées. Au 19e siècle, elle va s’étendre à l’ensemble de l’Europe, et aux pays d’Amérique du sud, par des révolutions qui faisaient référence à la révolution française. Au 20e siècle, elle s’étendra à l’ensemble des pays décolonisés.

Les pays anglo-saxons ont eux aussi été influencés par cette classification, et c’est ainsi qu’en Grande Bretagne, la montée progressive du parti travailliste, au dépends du parti libéral, va conduire à une opposition gauche-droite, entre les travaillistes et les conservateurs.

Il est intéressant de noter que ce clivage gauche-droite possède dans la plupart des cas, une représentation “physique”, dans le positionnement des députés dans leurs assemblées, qui, à l’instar de ceux de 1789, siègent selon leur couleur politique, à gauche ou à droite du président de séance.

L’usage de cette bipolarisation eut une telle fortune, que jusqu’aux années 1980, c’est à dire avant que, face aux difficultés, la gauche au pouvoir ne reprenne à son compte et sans jamais l’avouer, des recettes d’une conduite technocratique de la politique, chères à la droite, et qui se trouvaient pourtant jusqu’alors, largement décriées, nous savions tous spontanément et sans la moindre ambiguïté, ce en quoi se différenciait clairement une politique de gauche, d’une politique de droite. Ceci, même si au sortir de la guerre de 1940, dont on eut tôt fait de dire que le cortège de malheur dont elle fut l’occasion, était une expression de la droite, et même, de l’extrême droite, en oubliant que les macabres théoriciens qui la rendirent inévitable, se regroupaient sous l’étiquette d’un parti dit “National-Socialiste”, et qui de fait, se trouvait jusqu’alors classé à gauche, plus personne dans ce pays ne voulu porter l’étiquette devenue alors infâmante de droite. Durant toutes ces années, ces gens se proclamaient alors “républicains ”, ou encore “démocrates”, mais ne se réclamaient au grand jamais, de la droite, terme réservé pour les plus archaïques et racistes partis, de la droite extrême.

C’est ainsi qu’un de ces hommes de droite, Jacques Chaban-Delmas, dans sa rivalité avec un autre, Valery Giscard d’Estaing, pour la conquête du fauteuil élyséen, accusa le second de commettre la faute gravissime selon lui, de “réveiller” la vieille droite, c’est dire...

C’est l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, après vingt trois longues années d’un exercice du pouvoir sans partage, par la droite, qui va contraindre petit à petit ces messieurs, obligés qu’ils se trouvaient alors d’aller à la pêche aux suffrages dans les tinettes de l’extrême droite, de se reconnaitre alors pour le moins, et afin de cela, de la simple droite. Il est vrai que les générations ayant connu la guerre, disparaissaient peu à peu, et avec elles, la honte de se réclamer d’un courant de pensée, qui fut celui de gens qui avaient lâchement collaboré avec l’occupant.

Ainsi, le clivage gauche droite fut-il réaffirmé pendant quelque temps, jusqu’à ce que, poussée par la formidable force manipulatrice d’un tribun aussi charismatique que ténébreux, vers les thèses les plus extrémistes, s’est déclarée une droite se disant “droite décomplexée”, et qui en reprenant ces thèses à son compte, s’est installée en ce lieu qui demeurait jusqu’alors celui de la droite extrême, permettant ainsi à cette dernière d’aller encore plus avant dans ses outrances, mais en déplaçant par cela même, toute la distribution des affinités politiques de ce pays, vers cet extrême.

Il aurait fallu que face à cet ouragan, la gauche résiste et s’accroche fermement pour conserver ses positions traditionnelles, et même, donne vaillamment de la voix pour créer un courant inverse. Mais il lui aurait fallu tout à la fois, des convictions indifférentes aux sirènes de la facilité électorale, et un leader à la dimension de la bataille devant être engagée, et il est manifeste que, pour des raisons qu’il nous appartient maintenant d’élucider, les deux lui ont fait cruellement défaut.

Aujourd’hui, force est de constater, que sous une étiquette revendiquée de “gauche”, un parti ayant par le fait capturé les attentes et la confiance des humanistes, des hommes de progrès, et de bonne volonté, et ayant plusieurs fois capitalisé sous son nom, les suffrages de tout ceux là, vient rien de moins que de les “trahir”, en reprenant à son compte les thèses les plus infâmes d’une droite colonialiste et rétrograde, pour engager le pays dans deux guerres criminelles, qui auront eu pour seul effet, de dévaster deux nations souveraines, qui ne nous avaient strictement rien fait, en y causant la mort de dizaines de milliers de personnes... !

Entendons-nous bien ici.

Combien même les justifications avancées par la droite pour ces opérations guerrières, auraient été parfaitement fondées, et nous savons d’ores et déjà qu’elles ne l’étaient pas, puisque la véritable raison de celles-ci, “l’avidité”, n’a pas tardé à se manifester, il n’était pas, et il ne pouvait pas être, dans le rôle fonctionnel d’une véritable gauche, d’aller dans ce sens. Son rôle était tout au contraire d’exercer avec force, et jusqu’à la dernière heure, en vue d’un règlement pacifique du conflit. Et ceci, d’autant que les occasions d’un tel règlement se sont effectivement présentées, mais ont été balayées d’un revers de manche par ces responsables "néanderthaliens", qui ne rêvaient que d’en découdre au plus vite.

Ce n’est pas vrai qu’il peut y avoir aussi facilement unanimité, sur une question aussi grave et aussi incertaine, tant quant à ses raisons, que quant à ses buts, que la guerre. Et ceci, en faisant que des responsables puissent y engager le pays avec toute la désinvolture que nous avons constaté. Il doit y avoir contre vents et marées, une opposition farouche à celle-ci, laquelle ne peut efficacement être le fait que de l’opposition parlementaire. Car ce n’est pas vrai dans de tels conflits, qu’une vérité monolithique se trouve toute entière d’un seul coté. Ainsi demeure-t-il donc forcément un risque, même si celui-ci peut sembler minime, que cette action soit en réalité mal inspirée, et les livres d’histoire sont remplis des récits de tels égarements. Dans ces conditions, il est du devoir sacré d’une opposition digne de ce nom, de maintenir jusqu’au bout une autre option possible que l’option militaire, et c’est ce qu’à manqué de faire une gauche défroquée.

Toute la question qui se pose à nous maintenant, est de savoir si nous devons simplement nous contenter de constater qu’il y a effectivement eu “trahison”, ou s’il nous faut considérer que nous nous trouvons face à l’incohérence historique d’une classification “gauche-droite ” des affinités politiques, dépassée, parce que dans nos sociétés sophistiquées, elle est par trop insuffisante pour pouvoir rendre compte de la grande diversité des opinions, et permettre à tout un chacun d’y trouver sa véritable place ?

Un premier problème tient déjà à la relativité de ce positionnement “gauche-droite”. Suffit-il en effet à un parti, d’être situé à la gauche d’un parti reconnu de droite, pour qu’il puisse par cela se prétendre aussi facilement de gauche, ou, cette qualité nécessite-t-elle d’être référencée par rapport à des options philosophiques clairement énoncées, qui les situeraient peut-être tout les deux, à droite ?

Car, pour ceux qui ont connu cette époque, un rapide parcours de nos souvenirs des années soixante, ces années florissantes des trente glorieuses, de plein emploi, de dynamisme, d’innovation et d’optimisme, mais également et corrélativement à cela, de redoutables conflits sociaux, où, encadrés par des syndicats puissants, des cortèges de plusieurs centaines de milliers de manifestants, constituaient la réponse immédiate à la moindre tentative d’atteinte aux droits des travailleurs et aux avantages acquis, il apparait que notre gauche d’aujourd’hui, championne des privatisations, scandaliserait même les partis de droite de l’époque qui eux, nationalisaient...

Il apparait ainsi que n’étant pas contraint de se positionner par rapport à des options philosophiques énoncées et consignées, dans ce qui pourrait constituer une sorte de “charte” de la gauche, n’importe quel turlupin, cadre d’un parti de gauche, peut, comme un certain maire médiatique de la banlieue sud, sortir de véritables insanités racistes et rétrogrades, et continuer pourtant à se réclamer de la gauche, et d’être reconnu comme tel par ses ouailles.

Tout cela n’a aucun sens !

D’autre part, il est clair que vu la multiplication des objets, lesquels ne sont plus réduits aux essentiels tels que se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner, et s’instruire, comme c’était le cas auparavant, objets dont le règlement pouvait très facilement être consensuel pour une large partie de la population, et qu’interviennent maintenant, des questions telles que l’euthanasie, les mères porteuses, le mariage homosexuel, ou l’homoparentalité, il n’est guère plus possible de se trouver d’accord avec la totalité du programme d’un parti quel qu’il soit. Ceci, alors même qu’en votant pour lui, nous lui donnons quitus, quant à l’application de mesures qui ne correspondent pas à nos options, qui peuvent même aller jusqu’à gravement offenser notre conscience, mais qui font partie d’un lot dans lequel se trouve certaines de nos espérances.

C’est d’ailleurs très certainement ce danger, de se voir imposer par le fait d’un choix global, sous la simple étiquette d’un parti dont on admet pourtant l’essentiel des propositions, une disposition qui nous offenserait, qui explique une partie du phénomène abstentionniste

Comment faire dès lors, devons-nous inventer une forme de démocratie dont la prise de décision se ferait en quelque sorte “à la carte”, au cas par cas, ce qui signifierait clairement la fin des partis politiques ?

De la même façon, nous pouvons nous retrouver avec un panel d’options personnelles, dont la totalité ne peut être représentée que par une pluralité de partis différents. N’oublions pas que c’est en rassemblant une option de droite, le nationalisme, et une option de gauche, le socialisme, que ce monsieur Adolf à obtenu son grand succès populaire...

Tout cela indique bien que la classification traditionnelle gauche-droite selon laquelle se trouve établi le positionnement des partis politiques, n’est plus adaptée.

Nous pourrions alors en revenir à une expression de la dualité gauche-droite, sous la forme plus explicite de “conservatisme-progrès”. Mais, l’expérience nous a montré que la contestation d’un ordre établi, pour le remplacer par un nouvel ordre, ne participe par pour autant, nécessairement du progrès. Ainsi en a-t-il été de la contestation “d’un droit du sol”, traditionnel et de longue date dans ce pays, par un anachronique “droit du sang”, qui n’a fait que nous faire reculer dans les âges, et le pire dans cette affaire, c’est que cette réforme fut le fait de gens de droite, qui devraient logiquement être classés plutôt dans les conservateurs...

Un vaste chantier de mise à niveau de notre démocratie s’ouvre donc devant nous, mais il doit être clair dès maintenant, que ce n’est pas la bataille annoncée entre les deux créatures antédiluviennes qui participeront au sprint final à l’horizon de 2012, qui nous conduira vers la voie du règlement de ces questions...


Paris le 19 octobre 2011
Richard Pulvar

mercredi 19 octobre 2011

LA REVOLUTION, LA GUERRE, ET LE NEANT




Personne ne niera encore aujourd’hui, à l’heure où celles-ci se trouvent assaillies par une suite sans fin de calamités irréductibles, face auxquelles l’impéritie de l’action publique, ne nous laisse plus que nos bras levés vers le ciel pour en espérer le salut, à quel point tous les mécanismes sociaux, économiques, et politiques, de nos sociétés fatiguées et désenchantées, nécessitent d’être très profondément réformés

Cependant, cette prise de conscience de la nécessité, ne s’accompagne curieusement pas d’une prise de conscience corrélative, des moyens adaptés pour la satisfaire. Des millions d’honnêtes citoyens continuent ainsi de croire, et ne veulent visiblement rien savoir d’autre, que la mise en œuvre tranquille et sereine des procédures habituelles de l’ordre établi, telles que les échéances électorales auxquelles certains se préparent avec confiance et enthousiasme, pourraient constituer les occasions de profondes réformes de ce même ordre, autrement dit de la contestation de celui-ci, par lui-même.

Soyons sérieux !

Si c’est l’organisation de la vie publique, autour de partis politiques mis en ordre de bataille, et qui sont de ce fait, fatalement voués à une forme d’intolérance, à l’heure où c’est de concertation dont à surtout besoin le pays, si c’est donc cette structure elle-même qui pose problème, ce que semble confirmer les taux d’abstention croissants qui se succèdent, au fur et à mesure des consultations, il ne faut évidemment pas compter sur ces partis, pour se déclarer eux-mêmes inutiles, voire nocifs...

Jusqu’à présent, c’étaient les révolutions, ou les vastes mouvements de contestation populaire tels que ceux de 1936 et de 1968, et les guerres, qui constituaient les véritables occasions de remise en cause de l’ordre établi, afin de l’instauration d’un autre mieux adapté aux nouveaux temps alors venus. Mais, il se trouve que les conditions d’une saine révolution ne semblent par réunies. Tout d’abord, à cause de la structure démographique de notre société, c’est à dire son extrême vieillissement, puisqu’il est clair qu’une révolution ne se fait pas avec des retraités qui n’aspirent qu’à des derniers jours tranquilles. Quand aux “jeunes”, ceux dont dispose encore ce pays, c’est à dire ceux des banlieues, qui constituent le terreau sur lequel pourraient germer les idées révolutionnaires, contestés qu’ils ont été depuis leur berceau, quant à leur simple “appartenance” à cette nation, par un discours raciste et permanent, pourvoyeur de suffrages, sur l’identité nationale, ils ne sont évidemment pas spontanément convaincus, d’avoir avant combien d’autres, ni à leur place, à se battre afin de la félicité d’une “mère” qui s’est montrée si indigne envers eux.

Ainsi, à part une bavure policière de trop intervenant au fond d’une banlieue perdue, sous la menace de laquelle nous demeurons en permanence, mais événement détestable, sur lequel nous ne saurions fonder sainement un espoir de mobilisation, il est clair que la seule insatisfaction, et aussi péniblement qu’elle serait vécue, ne suffira pas à faire abandonner leur quotidien, à des millions de gens. Car ceux-ci se sont trouvé fragilisés, et finalement inhibés, par la maltraitance du système qui sur la durée, leur a fait perdre tout espoir dans la faisabilité en elle-même, d’une société meilleure. Ceci alors qu’en même temps, un battage médiatique incessant, tout à la gloire des tenants et des servants du système, et vantant les vertus indépassables des procédures démocratiques, les confine dans un ultra-conformisme bétonné.

Quant à la guerre, celle-ci ayant normalement pour objet un intérêt, qu’il soit territorial ou autre, les nations occidentales l’ont logiquement exportée loin de leurs frontières, dans ces pays “exotiques”, où il existe encore véritablement un “intérêt”, c’est à dire des espaces, des ressources, et des marchés, ce qui n’est plus le cas chez leurs voisines immédiates, auxquels auparavant elles s’en prenaient. Mais ces guerres lointaines, pour si coûteuses qu’elles soient, ne provoquant pas de destruction sur leur sol, et n’infligeant pas d’horreurs à leur population, et de plus, menées désormais par des professionnels payés pour en assumer le risque sur leur vie, ne sont plus de nature à provoquer des bouleversements au sein des nations, et elles sont même souvent favorablement accueillies, par tous ceux qui veulent jouir par cela, de la démonstration de la supériorité guerrière de leur race.

Cependant, cette impérieuse nécessité que soit défait périodiquement l’ordre établi, afin que puisse en être instauré un autre, est connue et reconnue depuis la nuit des temps. Ainsi, c’est cette nécessité qui se trouvait déjà signifiée dans la mythologie de l’Egypte ancienne, par la dualité de la fratrie Seth-Osiris, où ce dieu du désert, de la destruction, et de la “radiation”, qu’était Seth, était pourtant dit “frère” du dieu de la renaissance “Osiris”, dont les parties du corps, découpées et “dispersées” par Seth, qui fut en ce sens l’auteur de sa “disparition”, furent ensuite rassemblées, mais sous une autre forme, par leur sœur “Isis”, la grande déesse du rassemblement, de l’unité, de l’universalité, et par cela, de la chose “sacrée”.

Notons au passage que c’est à cette déesse Isis, que fut consacrée dans des temps immémoriaux, et par des hommes venus d’Afrique, qui donc se trouvaient en cette terre bien avant que n’y parviennent des hommes blancs, le “Par-Isis”, nom prétendument issus, selon des faussaires de l’histoire ayant sévit en plein délire colonialiste, de la fin du dix neuvième siècle, d’une soit disant tribu celtique, qu’aucun ouvrage ancien ne cite. Ceci, alors que cette histoire des origines africaines, et sacrées, de ville de Paris ( le “Par” désignant l’enceinte sacrée ), connue et colportée au fil des siècles, fut parfaitement rapportée par Corrozet, un historien de l’époque de François Ier. Ayant rappelé cette origine, celui-ci nous enseigne en plus, qu’une statue de bois à l’effigie de la déesse, c’est à dire sous les traits d’une femme noire, située en l’église Saint Germain des Prés, et dite à cause de cela “l’idole saint germain”, était l’objet d’une telle vénération de la part des fidèles que, bien qu’il ait tenté de la faire passer pour une représentation de la vierge Marie, le clergé à du se résigner à la brûler...

Ceci fait nominalement de la ville de Paris, le lieu de la grande révolution universaliste qui devrait normalement se produire selon la logique des temps. Malheureusement, cela ne semble pas en prendre le chemin. Mais, nous verrons, restons optimistes...!


Croire qu’il serait possible d’accéder à des formes bien plus positives de l’organisation sociale, tout en restant accroché de façon crispée, à celles qui participent à notre familiarité d’aujourd’hui, voila le non sens, malheureusement si largement partagé dans cette société, qui nous vaut l’immobilisme, c’est à dire le néant actuel, expression dramatique du triste “ni-ni”, cher aux pseudos progressistes, où rien ne se passe, où rien n’advient, tout simplement parce que rien ne s’en va. Toujours les mêmes institutions, toujours les mêmes leaders politiques, toujours le même discours.

Dans ces conditions, seule une mort lente, cette longue déliquescence dans laquelle nous semblons bien engagés, sans jamais parvenir à nous en libérer, constitue l’issue logique de ce manquement général de prise de responsabilité, face à cette réalité grimaçante de notre “société en danger”, qui devrait normalement mobiliser toute les énergies, et toutes les bonnes volontés...

Paris le 18 octobre 2011
Richard Pulvar

vendredi 14 octobre 2011

LE DENI DE PROGRES ET LA PERTE D'INTELLIGENCE



Souvenez-vous !

Ceux qui ont vécu ces instants, s’en souviendront avec émotion, et il importe pour les autres, les plus jeunes d’entre nous, qu’ils s’en aillent en quête de leurs témoignages. Ceci, pour prendre conscience que nous vivons depuis près de quarante ans, dans une anomalie que plus personne ne dénonce, tant elle a fini par sa persistance, à prendre l’allure de la normalité. Car, il doit bien être entendu, par tous ceux qui constituerons les nouveaux actifs de ce pays, et qui n’auront comme première illustration du monde du travail, que les guichets de l’ANPE, que la persistance de plusieurs millions de chômeurs dans un pays, relève tout simplement d’une totale anomalie, d’un dysfonctionnement profond des mécanismes d’une société, qui est inacceptable comme tel. Et ceci, même si par le plus grand des malheurs, nous nous sommes résignés à cause de l’usure de tant d’années, et faute de ne jamais parvenir à nous doter des structures sociaux-économiques convenables pour pouvoir nous en débarrasser, à en souffrir.

Nous sommes en juillet1969, l’homme vient de poser le pied sur la Lune, réalisant ainsi un de ses plus vieux rêves, et certainement, avec la quête déraisonnable de l’immortalité, un de ceux qui lui semblaient pourtant les plus difficilement accessibles. Le rêve est devenu réalité et le cortège triomphal des “héros”, véritables demi-dieux, rentrés sains et saufs d’une mission dont nous n’étions alors en rien préoccupés, emplis que nous étions d’enthousiasme, de considérer à quel point elle fut pleine d’incertitude, sillonne les rues de New-York sous les acclamations délirantes du public, et pour la première fois, sous le regard de téléspectateurs du monde entier, grâce à l’apparition récente de la toute nouvelle “mondovision”.

Regardez comme tous ces gens sont beaux !

Nous sommes en ces instants, bien éloignés de supposer, plein de confiance que nous étions alors en l’avenir, selon ce qui était l’état d’esprit du moment, que nous assistions là, au summum magnifique, subjuguant, et fastueux, de l’évolution des sociétés occidentales qui, malgré l’apparition depuis, des nouvelles technologies dites de l’informatique et d’internet, lesquelles nous maintiennent faussement dans une illusion de leur progrès, se sont engagées peu après cette époque flamboyante, dans une régression vertigineuse. Car il est clair que même armée de ces nouveaux instruments, plus aucune nation sur cette Terre n’est en mesure d’envoyer un homme sur la Lune, et aucune d’elles, le voudraient-elles, ne le sera avant longtemps. C’est ainsi que du temps de ce monsieur Bush, c’est-à-dire bien avant 2008, les américains ont caressé un instant le rêve de retourner sur la Lune, aux alentours de 2020 ! Quant à l’administration de ce monsieur Obama, qui avait repris le projet à son compte, elle se ravisa en constatant que l’Amérique ne possédait déjà plus la capacité technologique pour une telle entreprise, puisqu’elle ne savait jusqu’à récemment, qu’envoyer des gens faire des ronds à 350 km de la Terre, ce qu’elle ne peut même plus faire maintenant, puisqu’elle vient de remiser sa dernière navette spatiale, mais surtout, qu’elle n’avait même pas les moyens financiers et industriels, pour une telle aventure.

Quand aux Chinois, les seuls à posséder à la fois les moyens financiers et industriels pour cela, ils ont le projet d’envoyer un des leurs sur la Lune, mais pas avant 2025 !

Nous sommes en tout cela, bien éloignés du feu sacré qui s’était emparé de ces deux nations ennemies de la guerre froide, l’Union Soviétique, et les Etats-Unis d’Amérique, lorsqu’en ce matin d’automne 1957, les journalistes de la radio ( la télévision ne fonctionnant que le soir, et n’étant à la disposition que de quelques privilégiés ), étouffés de stupéfaction, préféraient nous faire entendre le fameux “bip, bip, bip” du premier “ Spoutnick”, le premier satellite artificiel de la Terre, dont les Russes venaient de réussir le lancement.

Ainsi, un objet de notre Terre, et fabriqué par la main de l’homme, venait pour la première fois d’échapper à celle-ci, et évoluait dans l’espace. Pour bien prendre la mesure de la splendide performance des ingénieurs de cette époque, et de l’état d’esprit désormais perdu, qui leur valait d’être aussi talentueux, il faut prendre conscience que plus de cinquante années plus tard, c’est toujours la même fusée, la célèbre “Semiorka”, que nous devons au génie de l’ingénieur Korolev, que le premier secrétaire du parti, Nikita Kroutchev, avait fait sortir du goulag où il croupissait, pour qu’il puisse se mettre au service de la nation, qui se trouve toujours utilisée, pour envoyer des hommes dans l’espace ! Et de plus, en toute exclusivité, puisqu’il n’y a désormais plus de navette américaine, que la navette russe s’est contentée d’un seul vol inaugural, et que l’agence européenne ESA, n’a jamais caressé une telle ambition.

Rendez-vous compte ? Qui aurait l’idée de fabriquer un modèle d’automobile de 1957, pour le proposer à la vente, parce que désormais seul capable de produire une automobile ! Parler ici de régression n’est pas qu’une façon de parler. Car, alors que les Russes eux-mêmes après leur premier exploit, ne pensaient pas être en mesure de lancer un homme dans l’espace avant une dizaine d’années, quatre années seulement ont suffi pour cela, et lorsqu’en 1963, le président Kennedy donne le feu vert du programme Appolo de lancement d’hommes vers la Lune, six années seulement, d’un travail acharné il est vrai, bénéficiant d’une mobilisation nationale sans faille, suffiront pour qu’un premier homme puisse poser le pied sur la Lune. D’où vient-il donc qu’aujourd’hui, plus rien ne soit possible ?

Si je vous parle avec nostalgie de cette aventure spatiale, qui se développe faut-il le rappeler, dans des années de plein emploi où, concernant la France, les caisses de l’état étaient pleines, le commerce extérieur florissant, et où personne ne parlait encore de dette publique, c’est parce que l’état misérable dans lequel croupis désormais cette activité, témoigne bien de ce qui a été perdu depuis. Il s’agit de cet état d’esprit faisant une large part à la confiance dans la nation et dans ses chefs, et à l’engagement de tous au service de celle-ci, qui permettait de faire des exploits, avec des moyens dérisoires, par des gens pour lesquels la notion du progrès, dont ils se faisaient alors les serviteurs, conservait toute sa valeur.

Qu’on songe que les ingénieurs de la Nasa, qui ont conçu l’impressionnante Saturn V, dont chacun des cinq moteurs développant une puissance terrifiante, engloutissait rien de moins que 3000 litres de carburant à la seconde, pour arracher de terre et propulser vers le ciel, cette fusée de 120 mètres de haut et d’un poids total au départ de plus de 3200 tonnes, utilisaient encore de simples règles à calcul pour cela ! Qu’on songe aussi que l’ordinateur de bord de la capsule Appolo, avait une puissance qui n’atteignait même pas celle de certaines calculettes d’aujourd’hui ! Cependant, nous serions quant à nous bien incapables maintenant, avec des moyens bien plus luxueux, de réitérer un tel exploit.

Vu leurs résultats, ces vaillants étaient-ils fondamentalement, c'est-à-dire par nature, davantage capables d’intelligence que nous ? Bien sûr que non. Cependant, ils évoluaient dans un cadre social qui demeurait adapté à leur époque, et qui lui, était en ce sens plus intelligent, puisqu’il leur permettait d’exercer pleinement leur effort, et d’exprimer leur talent, et c’est justement ce qui n’existe plus pour bon nombre d’entre nous, dans nos sociétés d’aujourd’hui.

Préserver absolument pour chaque citoyen au sein de la nation, un espace permettant le plein exercice de son effort et de ses talents, voici ce qui a manqué d’être garanti par les dirigeants inconséquents de nations, où les chômeurs se comptent désormais par millions. Or, cette mise sur la marge de tant des siens, participe du mécanisme même de la déchéance d’une société, par le fait que ceux-ci n’y sont justement plus “associés”, selon le sens fondamental du terme “socius”.

Tout ceci revient à dire simplement, que le chômage qui frappe une société, et qui envoie jour après jour une partie croissante d’elle, en marge d’elle, constitue par définition même, sa “déchéance”, que dès lors, il ne sert strictement à rien de nier. Nos actuelles sociétés en proie au chômage permanent, constituent en ce sens des sociétés en carence d’intelligence, et sont par rapport aux sociétés de plein emploi qui les ont précédées, des sociétés “déchues” de cette position. Car, il doit être bien entendu, que le rôle fondamental d’une société, c’est de permettre aux individus qui la constituent, de bénéficier des synergies qui normalement s’y développent, pour un règlement plus facile de leurs problèmes que s’ils se trouvaient isolés. Une société dans laquelle, quoi qu’ils fassent, les individus ne parviennent pas à régler leurs problème, est une société qui ne leur vaut rien, et qui donc ne vaut rien tout simplement, puisqu’on ne voit pas pour quoi d’autre que ses membres, une société devraient valoir.

Nous établissons ainsi clairement, que nos sociétés actuelles ne valent rien !

L’intérêt maintenant d’une illustration de ce problème, par l’évolution régressive des activités spatiales, c’est que celle-ci met clairement en évidence dans ce domaine, le fait d’une insuffisance intellectuelle de nos actuelles sociétés, par rapport à celles qui les ont précédées, puisqu’il est manifeste que celles d’aujourd’hui sont incapables de reproduire ce que faisaient les précédentes.
Soyons maintenant bien attentif au fait que ce constat de l’incapacité de notre société de reproduire un exploit d’il y a quarante ans, relève en fait d’un phénomène insoupçonné, aux implications terrifiantes, mais dont beaucoup auront du mal à constater et à admettre la réalité. Car, il se trouve que nous évoluons désormais dans des sociétés que nous pouvons dire “imbéciles”, par le fait qu’elles ne parviennent plus à régler le moindre de leur problèmes, ainsi que l’actualité nous le montre en ce moment, concernant les questions monétaires, dont la calamité n’est pas tombée du ciel, mais traduit tout simplement une incohérence de nos structures socio-économiques que nous ne parvenons toujours pas à régler. Tout le drame, c’est que ces sociétés imbéciles, ne peuvent manquer d’être constituées d’imbéciles, étant entendu que si des imbéciles n’ont aucune chance de se constituer en une société intelligente, des êtres intelligents refuseraient quant à eux, de se constituer en une société imbécile.

Tout ceci signifie qu’il existe fatalement une stricte corrélation, entre le degré d’intelligence selon lequel se trouve établie une société, et qui se traduit par la plus ou moins grande facilitation qu’elle permet à ses membres, de régler leurs problèmes, et le degré d’intelligence que sont susceptibles alors d’y manifester ces membres eux-mêmes, et ceci, tout à fait indépendamment bien sûr, des caractères de leur encéphale, lequel n’a évidemment pas été modifié sur seulement une quarantaine d’années.

Exprimé encore différemment, ceci signifie qu’une société, et tel est bel et bien le cas de la nôtre actuellement, qu’un manque de pertinence et de vigilance des dirigeants, a laissé gagner par une perte graduelle d’intelligence, en refusant de poursuivre une voie du progrès qui contrariait les intérêts de quelque puissants, est une société qui, par ce que dès lors, elle est devenue elle-même, c'est-à-dire une société imbécile, contrarie la capacité de ses membres eux aussi, d’y développer de l’intelligence. Ceci, dans une situation telle, qu’il ne se trouve logiquement plus personne au sein de cette société, hors quelque marginaux non concernés, pour être en mesure de lui porter secours, et c’est bien ce que nous constatons…

En clair, cette société devenue complètement “conne”, et c’est visible, à cause de tant d’années de renoncement dans la poursuite de la voie du progrès, qui seule, lui aurait évité de devenir archaïque et incohérente par rapport aux nécessités de notre époque, et dans laquelle nous pataugeons malheureusement depuis tant d’années, a achevé de nous rendre “cons” nous-mêmes, ce qui nous conduit à considérer que ce sont les temps qui deviennent difficiles !

Non, utilisons bien les dernières cartouches d’intelligence qui nous restent, pour constater que c’est bel et bien nous, qui devenons de moins en moins capables d’assumer des problèmes récurrents qui sont le lot de notre humanité depuis des millénaires, et ce n’est pas parce que nos tentatives désordonnées de les régler confinent à une ahurissante complexité, comme le foutoir monétaire dans lequel nous nous trouvons, que ce sont les problèmes qui eux-mêmes, sont devenus plus complexes. Car, dans la distance qui sépare un “sujet” de son “objet”, et qui rend le premier plus ou moins capable de traiter efficacement le second, il n’existe aucun repère absolu permettant de dire en cas de difficulté croissante, s’il s’agit d’un objet qui devient plus difficile, ou d’un sujet qui devient plus imbécile, puisque l’un ou l’autre confinent à établir la même distance. Cependant, le constat d’une permanence de l’objet, tel que développer de l’activité, qui est le même depuis des siècles, permet d’affirmer que ceux qui aujourd’hui se montrent incapables de le faire, sont bel et bien devenus imbéciles face à cet objet demeuré constant, et c’est bien ce que nous sommes en ce moment.

Tout ceci pour dire l’extrême urgence qu’il y a pour nous, d’en finir une fois pour toute et au plus vite, avec cette société de chômage permanent, qui est par le fait une société en totale déchéance, rendant ses citoyens de plus en plus stupides, à commencer bien sûr par ceux-là mêmes qui prétendent en prendre les commandes, comme le triste et lamentable individu qui sévit actuellement au palais…

Paris le 12 octobre 2011
Richard Pulvar

jeudi 13 octobre 2011

IMPOSTURE

Ainsi nous y sommes, à cette heure redoutable de vérité, où il apparait que toutes les douleurs qui affectent ce pays, tous ses dysfonctionnements, sont tout simplement le résultat de plus de trente années de lâcheté, où sa politique officielle, qu’elle fut alors menée par des gouvernements de droite comme de gauche, fut, concernant la question de l’immigration, strictement encadrée par les concepts racistes de l’extrême droite qui sur ce point, font encore majorité dans le pays. De fait, aucun des grands responsables politiques n’a eu, ni le courage, ni même la conviction philosophique, qui l’aurait engagé à combattre sans relâche ces idées, et surtout pas au péril de sa réélection.

Constatons-le :

“ Le racisme est une lâcheté qui se paie à crédit, mais avec des intérêts redoutables ”.
Durant toutes ces années, où d’aucun ne soupçonnait un seul instant qu’une logique des choses risquerait de le rattraper un jour, toute une nation, tout un peuple, s’est plu à se laisser bercer par ces sirènes de l’extrême, qui résonnaient agréablement aux oreilles de tous, car, elles faisaient même des plus modestes, des êtres supérieurs à tant d’autres, par le seul et simple fait de leur appartenance raciale, sans qu’ils aient eu alors rien à prouver, ni aux autres, ni à eux-mêmes. C’est alors que les récriminations haineuses contre ceux du fond de banlieues désolées et de bidonvilles, auxquels il était fait reproche les implications comportementales délictueuses, qui étaient la conséquence prévisible de leurs mauvaises conditions d’existence, mais auxquelles on s’est alors acharné à montrer leur raison génétique, ont-elles été légitimées par des dirigeants en quête de clientèle.

C’est en fait la crise pétrolière de 1973, laquelle deux ans plus tard, allait sonner le glas des “trente glorieuses”, qui allait leur offrir l’occasion de combler leurs ouailles. Il sera donc décidé de fermer les frontières, prétendument, pour réserver le marché de l’emploi, alors en dépression vertigineuse, plutôt au citoyen de ce pays, qu’à ceux qu’on n’appelait pas encore des “immigrés”, terme possédant désormais la connotation des toutes les irrégularités, mais des “travailleurs étrangers”, terme qui rappelait quant à lui, la raison fondamentale de leur présence en ce pays. Nous sommes en effet en ces années, bien avant qu’il ne soit question de regroupement familial. Ils s’agit donc bien en ces étrangers, de travailleurs migrants, qui s’en viennent quelques années, pour amasser et envoyer en leur pays, une large part de leur maigre rémunération, puis qui s’en retournent leur mission accomplie, auprès des leurs.

Une rapide analyse permet de constater que si la fermeture des frontières à certes, empêché bon nombre de rentrer, elle a surtout empêché un nombre bien plus grand, de sortir, ces migrants redoutant de ne plus pouvoir revenir. Ainsi se sont-ils trouvés sédentarisés, ce que justement, on voulait éviter, en évoquant de plus la légitimité d’un regroupement familial. D’autre part, en considérant les quelques quatre cents mille chômeurs recensés au début de cette fermeture, aux quelques 2,7 millions officiels, ou aux quatre à cinq millions officieux une trentaine d’années plus tard, il est manifeste que la méthode n’a en rien fait la preuve de sa positivité.
Et si c’était justement le contraire ?

Si la persistance désespérante des problèmes de toutes sortes qui assaillent cette nation n’était que la conséquence logique de cette fermeture des frontières ?

Qui donc, parmi tous ces responsables politiques, si volontiers imbus de leur personne, alignés derrière une opinion publique égarée, qu’ils avaient justement à charge de bien orienter, mais que par cela même ils ont renforcée dans son erreur, et qui, après avoir maintenu trente années durant ce pays dans une voie sans issue, en lui faisant ainsi endurer les pires calamités, aurait aujourd’hui le courage de reconnaitre qu’il y a eu dès le début de toute cette affaire, une erreur dans la compréhension des choses, induite par le climat général d’un racisme archaïque et indigne contre les étrangers ? Il lui faudrait bien du courage parce qu’alors, quelle faute !

Cependant, s’il n’était cette incapacité de se résoudre à une réalité accablante, face aux implications de laquelle la rue ne manquerait pas de se révolter, qu’il y a-t-il de compliqué à comprendre dans le fait que toutes les difficultés récurrentes, face auxquelles une succession de gouvernements de toutes tendances, s’est montrée totalement inefficace, ne tient qu’au fait que les solutions ne furent jamais recherchées là où elles devaient logiquement se trouver, tout simplement parce qu’un a priori raciste, n’a pas permis de faire une saine analyse de la situation.
Soyons clairs, quel que puisse être le drame intervenant dans l’histoire d’une nation, qui la mettrait soudainement face à de redoutables difficultés, même depuis la pire de celle-ci, un bon usage de l’intelligence humaine doit forcément permettre de mettre en œuvre quelque action, qui conduira tôt ou tard à une amélioration, aussi minime soit-elle, de cette situation, et ce n’est d’ailleurs que par le constant d’une telle amélioration, et par cela seulement, qu’il est possible de conclure à la pertinence de l’action engagée.

Si donc plus de trente années durant, toutes les politiques menées par différents gouvernements, se sont trouvées continuellement accompagnées d’une dégradation graduelle et permanente de la situation, jusqu’à nous conduire en la réalité d’aujourd’hui, où tous les voyants sont au rouge, et où se cumulent à un degré désormais insupportable, toutes les tares possibles susceptibles d’affecter un système social, c’est bel et bien parce qu’il s’est produit une défaillance globale de ces responsables. Car il n’est pas acceptable d’invoquer sans cesse, la seule objectivité d’une difficulté, pour expliquer qu’aucune action ne soit parvenue depuis si longtemps, à en réduire un temps soit peu les effets nocifs. Il apparait donc que, soit les responsables ont fait preuve d’une incapacité définitive à faire face à une difficulté identifiée, soit qu’à cause de la sourde obsession raciste qui, quoi qu’ils peuvent bien dire, les travaille, ils n’ont jamais été en mesure d’admettre dans son évidence, la nature de cette difficulté.

En reprenant maintenant une démonstration qui a déjà été faite ici, nous seront d’accords pour dire qu’une société qui ne serait composée que de bébés, n’aurait aucune possibilité de fonctionner, et que pareillement, une société qui ne serait composée que de vieillards grabataires, n’aurait pas davantage de possibilité de fonctionner.

Ceci signifie très clairement, qu’il existe un âge moyen “minimal” de la population d’une nation, en deçà duquel, quoi que l’on fera, cela ne fonctionnera pas, parce qu’on ne peut faire une nation qui ne soit composée que de bébés, et que symétriquement, il existe un âge moyen “maximal”, au-delà duquel quoi que l’on fera, cela ne marchera pas, parce qu’il n’est pas possible de faire une nation qui ne soit composée que de vieillards. Ceci, étant entendu que cet âge moyen doit résulter d’une répartition de la population en une pluralité de classes d’âge, puisque une nation qui ne serait composée à la fois, que de bébés ou de vieillards, présenterait cependant un âge moyen qui semblerait alors acceptable.

Cette réserve faite, admettons qu’il peut y avoir discussion, quant au niveau de ces âges moyens, minimal et maximal d’une population, mais il ne peut pas y avoir discussion, quant à la réalité de ces limites d’âge, entre lesquelles doit alors absolument se maintenir, une démographie viable.
Ce qui peut donc faire débat ici, c’est la proposition selon laquelle, l’âge moyen de la population française, au-delà duquel, quoi que l’on fera, cela ne marchera pas, a été non seulement atteint, mais dépassé depuis longtemps, cette assertion se vérifiant immédiatement, par le constat qu’effectivement, tout ce qui se met en œuvre dans ce pays depuis des années, et quel que soit alors le gouvernement, de gauche ou de droite, ne parvient toujours pas à régler d’une façon satisfaisante, le moindre des problèmes qui se posent à lui.

En se souvenant opportunément, que la vieillesse conduit logiquement à la mort, et en comprenant que le vieillissement continuel d’une population ne peut guère réserver quoi que ce soit d’autre à celle-ci, tout ceci revient à dire tout simplement, que la population française actuelle, est beaucoup trop vielle pour que les choses dans ce pays puisse évoluer d’une façon positive, et qu’il est tout à fait vain et illusoire, d’espérer que par un quelconque artifice, il serait possible d’échapper aux implications logiques et implacables de ce vieillissement.

C’est bel et bien tout simplement le vieillissement excessif de la population française, qui se trouve à l’origine de ce poids devenu insupportable, de la population dite “ à charge ”, sur la population dite “ active”, et qui se trouve à l’origine de la perte de compétitivité de nos entreprises, lesquelles doivent assumer des charges sociales en conséquence, du déficit permanent des organismes sociaux et des caisses de retraites, des déficit publics en tous genres, et du terrible endettement abyssal, que tout ceci implique fatalement.

S’ajoute à cela, une perte spectaculaire de dynamisme, d’optimisme, d’exigence, d’esprit d’entreprise, de créativité et d’innovation, tout cela comparé à l’enthousiasme bruyant et fascinant de ces pays dit “émergents”, emportés par la fougue de leur magnifique jeunesse, et il doit être en ce sens bien entendu, qu’on ne saurait prétendre faire un pays plein d’avenir, avec une population de plus en plus vieillissante !

L’imposture dont il est alors question ici, c’est celle de ces ténors politiques, candidats au poste de “grand timonier” de notre nation, et qui ne font pas même mine d’évoquer, sur les différentes estrades sur lesquelles, ils ou elles, font campagne, leur volonté et leur stratégie pour s’attaquer enfin au vrai et redoutable problème qui désarme et désespère cette nation, c’est à dire sa passivité suicidaire face au vieillissement dès lors irréparable, de sa population.

Dans une telle situation, nous devons conclure, soit à une incompétence inadmissible de ces gens, compte tenu de la fonction qu’ils ambitionnent d’assumer, soit à leur volonté malhonnête et irresponsable de privilégier leur seul plan de carrière politique, plutôt que d’avoir à affronter à contre courant, et au prix d’une déconvenue électorale certaine, le flux majoritaire de l’opinion. Car, celui-ci se trouve alimenté depuis des années, par le discours de propagandistes extrémistes, ou celui de carriéristes politiques opportunistes, dans le sens d’un refus, tant de la différence, que de la ressemblance, c’est à dire un refus de tout “autre”.

Or, il est clair que parvenir à un rajeunissement salutaire de la population de ce pays, ne peut évidemment pas se faire par une politique nataliste, ce qui aurait été l’option idéale. Car, ses finances dévastées ne lui permettent absolument pas, d’assumer sur au moins une vingtaine d’années, avant de pouvoir en récupérer le fruit, par la mise efficace au travail de la nouvelle génération ainsi formée, les sommes considérables que cette opération nécessite, et que l’urgence absolue dans laquelle il se trouve, face à la nécessité d’équilibrer au plus vite ses comptes, ne lui accorde pas un délai aussi long. C’est alors qu’on se souvient de ce qui a constitué pour ce pays, une faveur absolument déterminante, au sortir de la deuxième guerre mondiale, où tout était à reconstruire, où il y avait donc beaucoup plus de travail que de bras pour le faire, mais où, sorti exsangue du conflit, ses finances ne lui aurait aucunement permis, ni de supporter une surenchère pénalisante due à la rareté de la main d’œuvre, ni d’engager des sommes faramineuses dans une politique nataliste, dont le retour sur investissement ne se ferait pas avant une bonne vingtaine d’années.

C’est là que se situe le secret bien vite occulté, en toute ingratitude, tout comme sera occulté le sacrifice de ceux d’ailleurs auxquels il doit sa liberté, de la magnifique renaissance de ce pays dans l’après guerre, dans cette périodes fastueuse, consacrée désormais dans les mémoires, comme étant celle des “trente glorieuses”, ces années magnifiques de 1945 à 1975. Il fut fait alors appel tout d’abord, aux travailleurs du sud de l’Europe, puis à ceux de l’empire colonial, celui là même qui avait valu à ce pays, malgré bien des vicissitudes, de pouvoir s’asseoir à la table des vainqueurs, et d’obtenir par la même occasion, la position qui lui est aujourd’hui si enviée, de membre permanent du conseil de sécurité des nations unies.

Autant dire que rien, absolument rien de ce qui aura été la félicité de la France, depuis l’après guerre jusqu’à aujourd’hui, n’aurait été sans son empire colonial, et sans les hommes issus de cet empire, auxquels elle voue aujourd’hui un mépris d’autant plus détestable, qu’il se double d’une sottise raciste totalement inconséquente, vis à vis d’hommes sans lesquels, il sera bien temps qu’elle le constate enfin, elle ne possède absolument aucune solution, pour pouvoir enfin se sortir de sa torpeur.

L’avantage décisif qu’à constitué le recours à l’immigration dans la France dynamique des trente glorieuses, repose sur trois économies fondamentales. Tout d’abord, l’économie considérable du coût de “ fabrication” en quelque sorte, du travailleur. Car, à l’instant où il se présente pour offrir ses bras et sa vaillance au pays d’accueil, tout le coup de sa mise en état de travailler, depuis sa naissance, aura été entièrement supporté par son pays d’origine. Il s’agit donc pour la nation d’accueil, d’un travailleur absolument gratuit pour sa disponibilité, qui présente ainsi pour cette nation, le même avantage qui serait celui d’un heureux industriel, pouvant disposer sans avoir jamais à les payer, les machines qu’il utilise pour ses fabrications. Il est facile de comprendre qu’il ne s’agit pas là, d’un mince avantage.

La deuxième économie est bien sur celle non négligeable, de son coût d’exploitation, le travailleur immigré étant connu pour être moins cher que les travailleurs nationaux. Et la troisième économie est celle considérable également de temps, car ces travailleurs ont été disponibles immédiatement, ce qu’aucune politique nataliste n’aurait permis d’obtenir.

C’est articulée sur ces trois avantages, que réside pour l’essentiel, l’exceptionnelle réussite économique de la France des trente glorieuses. Mais son ingratitude quasi-culturelle, et le racisme viscéral de nombre de ses élites dirigeantes, vont l’amener à ignorer cette réalité, et l’engager dans une lutte acharnée, malhonnête, imbécile et suicidaire, contre l’immigration.
En fait, il manque actuellement à ce pays, les quatre à cinq millions de jeunes gens, qui seraient nécessaires pour que sa démographie soit rétablie dans une cohérence viable, et qui auraient à ce jour été acquis, si un racisme inavouable n’avait pas été à l’origine de la décision de fermeture des frontières.

Bien sûr, la population de ce pays aurait été davantage encore “teintée” qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais le rapport de la population à charge sur la population active, demeurant ce qu’il était dans les années de boum économique, autrement dit, les conditions sociologiques et démographiques de l’efficacité économique ayant été maintenues, nous nous serions épargnés un océan de calamités de tous ordres. Nous n’aurions pas désespéré les jeunes générations, lesquelles se savent déjà injustement pénalisées par la régression économique, par une forme de démobilisation nationale, et par un endettement invraisemblable et malhonnête de ce pays, qu’elles auront à charge de supporter.

Ce qui est le plus ahurissant dans cette affaire, c’est que la justification de la fermeture des frontières afin de la protection du marché de l’emploi, relève d’une désespérante idiotie conceptuelle, car c’est tout au contraire cette fermeture des frontières qui se trouve à l’origine du désastre économique que nous subissons, impuissants, depuis cette époque.

Le raisonnement totalement stupide qui sous-tend cette affaire lamentable depuis plus de trente ans, consiste à dire en quelque sorte que, moins il y aura de candidats sur le marché du travail, plus il y aura de travail pour ceux qui restent. C’est une extrapolation de cette même idiotie qui amène certains à conclure qu’en empêchant les étrangers de s’installer dans le pays, et mieux encore, en s’arrangeant pour que ceux déjà installés s’en aillent, le travail disponible le sera par préférence, au bénéfice des nationaux, de sorte qu’ainsi, en renvoyant un nombre d’étrangers équivalent à celui des chômeurs, il serait même possible de revenir à la faste période du plein emploi. Et youppie... !

Avant même de considérer que les emplois abandonnés par des immigrés, ne sont pas des emplois que des nationaux, bien plus nécessiteux au niveau des rémunérations et des conditions de travail, seraient en mesure d’assurer dans les mêmes conditions, et qu’il existe ainsi des pans entiers de l’économie de ce pays, qui ne peuvent fonctionner qu’avec une main d’œuvre immigrée, ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est le fait que ce raisonnement de disqualification des immigrés, repose sur l’idée confuse que le travail disponible dans cette nation, tomberait en quelque sorte du ciel. Dès lors, tous ces gens ne voient pas pourquoi le ciel se montrerait moins généreux, et pourquoi il ne continuerait pas à en distribuer toujours autant, même lorsque des hordes d’immigrés seront reconduites chez eux. Et ceci, de façon à ce que les nationaux puissent se partager eux seuls, le travail disponible, et en avoir ainsi, enfin libérés de cette concurrence, beaucoup plus pour chacun d’eux...

C’est donc par le fait de n’être en rien préoccupé de savoir par quel miracle du travail se trouve à faire dans une nation, qu’il est possible à certains, de tenir de tels raisonnements. Or, ce qui pourrait sembler simplement regrettable s’il ne s’agissait que d’une discussion de piliers de bistro au “café du commerce”, devient scandaleux, quant on sait que tel est le discours qui se trouve couramment entretenu, par nombre des responsables politiques en vue, de ce pays.

Soyons clairs, s’il peut bien-sûr exister çà et là, quelque rentiers ou pensionnés, susceptibles de dépenser tout leur effort, pour la seule satisfaction de l’œuvre accomplie, nous admettrons cependant que dans le cas général, ceux qui travaillent, ne le font pas pour rien. Ils le font, pour pourvoir à la satisfaction de leurs besoins, et ceux des personnes à leur charge, mais certainement pas sans la nécessité objective et contraignante, d’avoir à le faire. Ceci signifie clairement que, sauf à envisager que les gens travailleraient pour rien, et quelque puisse être alors la complexité du circuit selon lequel leur effort aboutira à leur satisfaction, c’est à dire même si ce circuit passe par celui des exportations et des importations, il ne peut en aucun cas y avoir d’occasion de travail dégagée de leur nécessité.

C’est donc bien tout simplement, parce que l’ensemble des citoyens d’une nation, a besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se soigner, de s’instruire, de se déplacer et de se divertir entre autres, que se trouvent établies les occasions d’œuvrer des uns et des autres au sein de cette nation. Ceci revient à dire qu’en aucune façon, il ne peut y avoir d’occasion d’œuvrer dans une nation, dégagée de la nécessité des gens qui s’y trouvent, donc, sans la présence effective de ces gens, au sein de cette nation.

Ainsi, l’idée intuitive selon laquelle, en renvoyant des dizaines de milliers de gens vers leur pays d’origine, il demeurerait toujours autant de travail à faire dans le pays d’accueil, de sorte que les nationaux de ce pays auraient alors beaucoup plus de chance d’en avoir, n’est-elle qu’une idiotie grotesque concernant les citoyens ordinaires, mais “coupable” concernant ceux qui se proposent de nous diriger, et qui ne s’offrent même pas l’instant d’une réflexion ni d’une documentation, pour s’en rendre réellement capables...
Se priver des résidents étrangers qui se trouvent installés dans une nation, c’est se priver en même temps du volume d’activité corrélatif à leur nécessité, et donc à leur présence, de sorte que cela ne peut augmenter en aucune façon, les chances des nationaux face au marché de l’emploi, il faut cesser de dire des sottises ! Tout ceci correspond d’ailleurs fort logiquement, au fait que le chômage s’établit selon un “taux”, qui traduit en réalité une insuffisance de l’appareil économique du pays, du aux archaïsmes et aux dysfonctionnements structurels divers, en tête desquels, le poids écrasant de la population à charge sur la population active, et qui bien sûr ne disparaissent pas avec le départ des étrangers. Et de fait, ce taux qui mesure également les chances d’un individu face au marché de l’emploi, ne se trouve en rien modifié par le nombre auquel il se trouve affecté, de sorte qu’avec un taux de chômage de 10% par exemple, les chances pour un individu de trouver un emploi demeurent strictement les mêmes, qu’il y ait alors 10 ou 100 millions d’hommes en cette nation.

Symétriquement, accueillir des étrangers, même en période de fort taux de chômage, n’aggrave en rien le problème puisque dans un premier temps, ce taux demeurerait inchangé. Mais toute la subtilité dans cette affaire, réside dans le fait que si d’aventure nous devions accueillir 5 millions de travailleurs par exemple, et bien, avec un taux de chômage de 10 %, ceux-ci produiraient dans un premier temps, bien sûr, 500 000 chômeurs de plus, mais, notons bien qu’ils produiraient corrélativement, 4 500 000 travailleurs de plus ! Et c’est précisément là, que les choses deviennent intéressantes !

En effet, grâce à l’amélioration considérable que, dans un second temps, cet apport massif d’actifs produirait, quant au rapport de la population à charge sur la population active, c’est alors que par une cohérence démographique retrouvée, et ses implications économiques, ce taux de chômage baisserait considérablement. Dès lors, il doit être bien clair pour nous tous que, sauf à euthanasier les vieux, les malades, les infirmes, et les mères au foyer, et à limiter la scolarisation à l’âge de quatorze ans, pour obtenir une amélioration sensible de ce rapport, il n’y a que par cet appel massif à la main d’œuvre étrangère, qu’il est possible d’y parvenir.

Nous sommes par ce constat, bien éloignés des justifications fallacieuses, de cette guerre raciste, brutale et bornée, et pour tout dire, totalement indigne, contre les immigrés, qui sévit depuis tant d’années dans ce pays.

Bien sûr, après avoir soutenu le contraire des années durant, et avoir à cause de cela, placé le pays au bord du gouffre, on n’imagine pas qu’il s’en trouvera beaucoup de ces gens, pour tenter simplement de vendre cette vérité inattendue, à la population de ce pays !

Ainsi, l’imposture dénoncée ici, réside dans le fait que, parmi tous ces gens qui de proposent à nos suffrages, pour endosser vis à vis de nous tous, la plus lourde des charges et la plus grande des responsabilités, afin de conduire d’une main ferme et assurée, le peuple vers la voie du règlement de ses problèmes, il ne s’en trouve absolument aucun, soit par calcul politicien, ou tout simplement par incompétence, pour faire savoir clairement aux gens de ce pays, qu’il ne se fera aucun règlement des problèmes qui les étreignent depuis des années, sans devoir faire un appel massif, aux immigrés, après les avoir si stupidement pourchassés !

Paris le 5 octobre 2011
Richard Pulvar