jeudi 14 juin 2012

LES FEMMES, L’ARGENT, ET LE POUVOIR, LA TRILOGIE DE LA QUETE MILLENAIRE DES HOMMES




Elle aura fait grand bruit, cette affaire pourtant plutôt minable, il faut bien le dire, qui vient d’opposer la compagne d’un dirigeant, à “l’ex” de celui-ci devenue sa rivale déclarée.

Par delà la péripétie elle-même, et notre désolation de constater si peu de bonne tenue, au niveau le plus élevé de l’état, cette histoire scabreuse présente cependant l’avantage d’être parfaitement descriptive, et même emblématique, de tous ces tourments de l’âme humaine, auxquels la condamne la contradiction chez cet animal bipède “socialisé”, que nous appelons “l’homme”, d’un libre cours donné par ses actes, à des incitations logiques de sa “nature”. Ceci, par un ensemble de règles à finalité “sociale”, qui constitue comme tel un fait “culturel”, en ce sens qu’il s’oppose au “naturel”, et que nous appelons, la “morale”.

Cette affaire n’est pas tant invraisemblable, car elle a mis en œuvre des sentiments, bien sûr, inavouables, mais qui à un instant de notre vie, nous ont probablement tous habités. Mais elle est fondamentalement “immorale”, dans la mesure où elle révèle un sérieux manque d’une maitrise d’elles-mêmes des protagonistes, qu’à ce niveau de responsabilité, il leur est fait pourtant devoir d’acquérir absolument, et dont la pratique constitue précisément, l’objet de la morale.

Il y eut pour commencer, la manifestation inappropriée de l’ambition d’une femme, désireuse de se faire élire, mais à la faveur du travail de fond patient et besogneux d’un autre, à son détriment, et au mépris le plus total de l’électorat qui, s’il faut en croire les sondages, n’est pas du tout disposé à se laisser ainsi imposer par un état major parisien, un choix qui n’est pas le sien. Et tout ceci, pour garantir la carrière d’une “apparatchik”, pour laquelle cette circonscription ne sera jamais qu’un banal “marche pied”, pour lui permettre d’atteindre le “perchoir”, autrement dit, la présidence de l’assemblée nationale, objet réel de son ambition.

Il y eut ensuite, la réaction de jalousie maladive et infantile d’une autre, qui n’a pas supporté que la première reçut des encouragements de la part de celui qui est devenu son compagnon, et qui s’est offert la liberté d’un règlement de compte de la plus totale obscénité. Et ceci qui plus est, en usant d’une notoriété liée à son statut, celui de “première dame” qui, pour n’avoir rien d’officiel, se trouve cependant consacré par l’usage depuis des lustres, pour interférer dans les affaires de l’état, afin de ses histoires personnelles...

Entre l’ambition insatisfaite de l’une qui, n’ayant depuis toujours que le confort de son “ego” d’enfant gâtée comme objectif, ne sera jamais parvenue à revêtir d’une façon crédible, des habits indiquant son dévouement à la nation, et la jalousie possessive de l’autre, il y a bien sûr de quoi faire dire aux spécialistes de la psychologie des profondeurs.

Cependant, par delà toutes les considérations morales qui ont bien sûr leur importance, car ce qui est en cause, c’est une nécessaire “convenance” devant être établie entre citoyens, afin de relations “civilisées” entre eux, il nous faut malgré tout avoir l’honnêteté de constater que le reproche explicite que nous faisons à ces femmes, et particulièrement à celle qui s’est montrée incontrôlée et par laquelle le scandale est arrivé, se double d’un reproche “indicible”, qui va quant à lui, bien au-delà de la stricte objectivité des faits.

En fait, c’est ce “non dit” et “mal vécu”, qui explique l’ampleur du vacarme provoqué.
En réalité, parce qu’il se trouve normalement inattendu à ce niveau, d’où il a par le fait reçu une publicité tapageuse, cet incident est dénonciateur de quelque chose que nous savons bien confusément, mais qui se trouve habituellement caché sous le boisseau des convenances. Il s’agit de ces inclinations comportementales, qui sont logiques de notre nature profonde, mais auxquelles s’opposent nos exigences culturelles, et dont l’expression non contrariée par celle-ci, confine en ce sens à “l’immoralité”. Notre inconfort provient alors du fait que c’est pourtant bien selon cette immoralité, que se trouvent établis depuis toujours dans nos sociétés, les rôles de “pouvoir”.

En effet, parvenant à la suite de nombreux autres, et particulièrement de toutes les frasques du précédent locataire du “palais”, cet incident nous rappelle de façon dérangeante, mais cette fois indiscutable, que les histoires de femmes innombrables et souvent indécentes, auxquelles ceux-ci s’adonnent, et qui du fait de ce libre cours, sont strictement “immorales”, sont, selon toutes leurs turpitudes, inévitables de la carrière des hommes de “pouvoir”.

Osons ce constat une bonne fois, à savoir que : “les femmes, l’argent, et le pouvoir”, sont bien les éléments d’une “trilogie” qui règle depuis des millénaires, et bien malgré eux, la démarche des hommes, selon qu’ils se trouvent alors plus ou mois mus par “l’ambition”. Ceci, selon une quête incessante et parfois éreintante, mais condamnée à l’insatisfaction...

Comprenons ici, que si les histoires de “sexe” et de “fric”, sont indissociables des rouages du pouvoir, et qu’il serait illusoire d’espérer et d’exiger en ce domaine, autre chose que la plus grande discrétion, ce que certains reconnaissons le, parviennent à faire avec talent, c’est tout simplement parce que c’est selon une seule et même “détermination”, que s’exerce conjointement en ces trois domaines, la quête des hommes.

Faisons ici un petit clin d’œil. Il y a en effet ceux qui courent d’abord après l’argent, afin d’accéder ensuite aux femmes et au pouvoir, ceux qui courent d’abord après le pouvoir, afin d’accéder ensuite à l’argent et aux femmes, et ceux qui courent d’abord après les femmes, afin d’accéder ensuite à l’argent et au pouvoir. Tel fut en ce dernier cas, mis à part le général de Gaulle, et en attendant davantage d’informations quant au nouveau “quinquennard”, celui de tous les autres présidents de notre cinquième république, qui ont tous commencé par épouser une riche héritière, avant d’aller s’acheter un Labrador.

Ce monsieur Jospin quant à lui, avait bien fait l’acquisition d’un Labrador, mais il ne disposait pas de la riche héritière, et on sait ce qu’il advint de lui...

Pour reprendre notre sérieux après ce petit amusement, disons qu’il s’agit finalement en cette quête des hommes, d’une quête non pas “du”, mais “de” pouvoir, selon une acception générale de ce terme qui va bien au-delà de la seule activité des hommes politiques, et qui consiste en une capacité à “donner suite” selon une tentative de dépassement de ce qui est déjà, autrement dit de “l’actuel”.

Comprenons alors que “pouvoir” consiste en ce sens, à être capable d’un “au-delà” de l’actuel, selon une détermination à “l’avenir”, et particulièrement d’un au-delà de soi-même.

Observons et retenons bien que cette notion de “pouvoir” est strictement corrélative à la notion du “temps”, dont nous demeurons généralement totalement inconscients, d’en être des acteurs, et par le fait, souvent maladroits. Ceci, selon l’ensemble de nos actes, et dans ce que nous désignons pourtant bien comme étant d’une façon générale, “l’actualité”.

Dire en effet, “je peux”, en se reconnaissant ainsi du “pouvoir”, c’est proclamer qu’on est capable par ses actes, d’impliquer ce qui selon son choix, doit être “après”, c’est à dire d’impliquer un fait “à venir”, autrement dit “d’ob-liger”. Ceci, selon la signification fondamentale de ce terme qui évoque le fait de “lier” (liger), “par devant” (ob), autrement dit, vers “l’avenir”, selon l’entendement habituel par lequel nous situons l’avenir devant nous, le tout donnant au terme “obliger”, la signification de “contraindre à venir”.

Tout ceci, en participant de la sorte par certains aspects occasionnels de la réalité formelle des choses, dont nous provoquons le fait, autrement dit, que nous faisons “advenir”, à la réalisation du temps.

C’est en ce sens que nous parlons de “puissance”, concernant l’individu en capacité de “procréer”, c’est à dire d’impliquer cet au-delà de lui-même que constitue sa descendance. Ceci, selon un acte qu’il convient précisément de dire “adultère”, selon le sens fondamental de la locution latine, “ad ultera”, signifiant “vers l’au-delà”, et qui désigne la démarche de ceux qui par l’acte sexuel, impliquent un au-delà d’eux mêmes. Dans cette compréhension des choses, “l’adulte” est l’individu en âge de procréer.

C’est donc parce que le pouvoir, autrement dit la capacité à obliger les choses, est au départ indissociable de la capacité à procréer, l’une et l’autre de ces capacités, étant établies selon un même “tropisme”, que les femmes y jouent un rôle essentiel.

Il s’agit alors en ce tropisme, de celui qui “sous-tend nos êtres”, en nous déterminant à l’avenir, autrement dit, à un au-delà de nous-mêmes, et c’est parce qu’il agit dans le sens du dépassement de soi, que ce même tropisme se trouve être celui qui sous-tend l’activité de tous les génies et de tous les créateurs, tels qu’ils se montrent capables des idées novatrices qui permettent qu’il advienne autre que ce qui est.

Ainsi, s’il est connu depuis la lointaine antiquité que les hommes de pouvoir sont des grands consommateurs de femmes, et les exemples qui, en regard de la modération qu’impose la morale en ce domaine, étant plus scandaleux les uns que les autres, ne manquent pas de remplir toutes les époques de nos livres d’Histoire, il est remarquable que le même appétit, est celui de tous les hommes d’exception. Il en est ainsi des peintres, des sculpteurs, des musiciens, des écrivains, des philosophes, des scientifiques, des acteurs, des chanteurs, des grands sportifs, et même des grands humanistes, dont les vies dissolues dues à la force irrésistible que les séductrices, qu’elles l’aient été consciemment ou non, ont exercé sur eux, aura été le tribut à payer pour la force qui leur a valu leur talent et leur génie.

Ceci fait que dans l’ombre des hommes d’exception, qui ont conservé leur attirance naturelle préférentielle pour les femmes, se trouve au moins une “maitresse” femme. Ceci correspond au fait que les hommes d’exception, qui n’ont rien décidé et strictement rien fait sur eux-mêmes pour l’être, sont tout simplement ceux que par une constitution qu’ils ne doivent qu’à leurs parents, et aux hasards de la combinaison de leur génome, sont rendus les plus perméables au tropisme qui les détermine à “l’au-delà”, et sous l’exercice duquel ils tentent alors l’exploit, qui notons le bien, est logique d’une “course à la mort”...

C’est pourquoi il est absolument ridicule de souhaiter qu’il y ait davantage de ces hommes et qu’ils cessent ainsi d’être l’exception, car nous sommes là dans les franges ambigües où le génie et la folie ne se trouvent discernés, que par la positivité ou la nocivité que constituent pour les autres, les produits de leurs expressions.

En clair, si de tels hommes étaient plus nombreux, notre monde deviendrait vite invivable. Bravo donc au génie pour certaines de ses œuvres, mais vive la simple normalité.

Toute la subtilité maintenant dans cette affaire, réside dans le fait que ce fameux “tropisme”, ou si l’on préfère, cette “attraction”, qui détermine les hommes à “l’au-delà”, qui sous-tend leur quête d’argent et de pouvoir, qui sous-tend leurs exploits, alimente leur génie, crée leur appétit des femmes, lequel peut devenir insatiable pour ceux d’exception, mais qui les condamne fatalement à se rendre en cet au-delà, c’est à dire à la mort, résulte finalement et tout simplement, d’un exercice sur eux, opéré selon plusieurs “stimuli” visuels, auditifs, olfactifs, ou tactiles, plus ou moins “sournois”, justement “par les femmes”.

Ainsi en est-il de “l’érection” de l’homme, laquelle se manifeste tout d’abord par sa “station debout”, qui est la disposition de l’homme dans sa quête d’excellence, et qui se manifeste également dans la disposition de son sexe à procréer, qui est la disposition de l’homme dans sa tentative d’au-delà de lui, ni l’une ni l’autre de ces deux attitudes, qui sont des manifestations de sa puissance, ne seraient sans l’attraction exercée sur lui par la femme, qui crée son désir d’au-delà.

Ceci signifie que s’il n’était les femmes, qui constituent les véritables instruments de l’exercice “secret” du pouvoir, les hommes n’étant que les instruments de la manifestation objective de ce pouvoir, celui-ci n’existerait pas, et rien de notre humanité ne serait.

Comprenons alors qu’il ne s’agit en rien d’autre en ce “tropisme”, en cette attraction exercée par la femme sur l’homme, qui le détermine à vivre, à exercer, à créer, à découvrir, à exceller et à tenter l’exploit, mais qui selon cette poursuite de “vivre”, le condamne à la mort, que de ce qui se trouve décrit dans les écritures, comme étant la “tentation”.

C’est cette notion de tentation, qui a fait qu’à travers une femme dite la “première” d’entre elles, la célèbre “Eve”, selon une métaphore pour désigner en réalité ce qui constitue ce qui est “premier” à la femme, c’est à dire son “principe”, l’exercice de la séduction afin à la fois, de la création, et de la procréation, par l’homme, les femmes furent victimes de cette accusation millénaire, d’être à l’origine de la soumissions de l’homme, à la contrainte, laquelle est logique de ce qui “l’oblige”, et de sa mortalité...

Bien sûr, il faudrait développer beaucoup plus, mais cela prendrait des pages...

Une prochaine fois peut-être, mais en attendant, ce qu’il convient de bien retenir de tout cela, c’est que les hommes n’ont d’occasion d’exceller, que lorsqu’ils se trouvent soumis à une forte séduction qu’exerce sur eux les femmes, d’où toutes ces histoires où se mêlent sans cesse, la politique, l’argent, le pouvoir, et les femmes...


Paris, le 14 juin 2012
Richard Pulvar

lundi 11 juin 2012

CEUX QUE LA “REPRESENTATION” NE REPRESENTERA PAS




Il y a ceux qui se félicitent de leur victoire, et ceux qui pour faire bonne figure malgré leur amertume, suite au profond désaveu que viennent de leur infliger les citoyens de ce pays, se félicitent d’avoir cependant, échappé à l’écrasement. Et, les uns et les autres demeurent-ils ainsi convaincus, de constituer les éléments essentiels de “l’événement”.

Mais il n’en est rien du tout, car nous venons d’assister une fois de plus, à la victoire incontestable du puissant parti des “abstentionnistes”, qui avec 43% des inscrits, soit près d’un électeur sur deux, constitue de très loin, le mouvement le plus important de notre démocratie, même s’il s’agit d’un mouvement de défiance envers celle-ci.

Bien sûr, selon la logique des choses, il ne sera pas représenté, mais ceci pose alors la question du sens qu’il convient de donner à une “représentation nationale” qui ne représente qu’un citoyen de ce pays sur deux, alors qu’il est clair que c’est bien avec la totalité de ces citoyens, qu’il va pourtant falloir œuvrer, si on entend le faire efficacement.

S’il est de tradition que quelques pêcheurs à la ligne préfèrent le fil de l’onde, aux files d’attente devant les urnes, on ne saurait rapporter le niveau si important des abstentionnistes à cette catégorie de population, et il y a pour beaucoup d’entre eux en cette attitude, une autre façon, paradoxale il est vrai, d’endosser leur responsabilité civique, qui nécessite d’être bien comprise par ceux du pouvoir.

Il est aussi absolument nécessaire que ces électeurs du parti vainqueur, qui comme nous le constatons, ne rassemble en fait sur son nom, que 34% des suffrages exprimés, et qui par l’artifice du scrutin d’arrondissement, se trouve en situation d’emporter plus de 50% des sièges à l’assemblée, ne perdent surtout pas de vue, à l’heure où ils se congratulent avec l’illusion totale que la faveur dont bénéficie leur parti, correspond à une “volonté du peuple”, qu’en tout état de cause, avec 34% de 57% d’électeurs, leur parti ne représente en définitive que 19% des électeurs, soit moins d’un électeur sur cinq...!

Toute la faillite de notre “démocratie” se situe là, dans ce formalisme des procédures, qui consiste à considérer que l’ensemble des élus d’un parti politique, représentant pourtant clairement, moins d’un citoyen de ce pays sur cinq, constitue sa “représentation majoritaire”, et que dès lors, c’est en toute légitimité qu’il peut s’adonner, comme cela est de coutume sous cette cinquième république, à un exercice sans partage du pouvoir.

Il doit bien être clair à l’esprit de tous, que les redoutables épreuves auxquelles le pays devra faire face, ne permettront pas de continuer d’user avec autant de délice et de facilité, de ce mensonge...

D’autre part, nous devons considérer qu’aussi salvateur qu’ait été le “courant d’air”, qui a permis que nous soyons enfin débarrassés de l’ignoble marionnette, par la manipulation de laquelle, les puissances d’argents, les puissances étrangères, et autres lobbies malfaisants, ont contraint cinq années durant notre nation, ne suffit pas à ce que la majorité de ses citoyens s’en retrouvent “inspirés”, et qu’il nous faut autre chose que de nous débarrasser de “l’autre”, pour que nous puissions “être”.

Ceci pour dire que le champ de l’idée, ne peut continuer d’être ainsi à ce point déserté. Or, comprenons bien que si tous les concepts “majoritaires”, ceux par l’expression desquels on se fait élire, et qu’on accède ainsi au pouvoir, ont tous, sur le constat des trente années qui viennent de s’écouler, conduit à cet échec total que constitue notre actuelle situation, c’est tout simplement parce que les idées “d’exception”, nécessaires à la sortie des difficultés, ne peuvent justement pas relever d’un fait majoritaire, étant bien entendu que l’exception ne saurait constituer le commun.

Si donc les procédures démocratiques, confinent à toujours maintenir dans la “marge”, qui est logiquement la seule à pouvoir en produire, les idées d’exception, c’est la question de la capacité même de notre démocratie, à permettre la sortie des difficultés, qui se trouve alors posée. Les anciens quant à eux, avaient bien compris cette incohérence due à la faiblesse opérationnelle de la démocratie, et sous la république romaine, lorsque la situation l’imposait, on nommait un “dictateur” pour une durée limitée à un an, à charge pour lui de prendre les dispositions autrement improbables, permettant de sortir des difficultés.

Nos procédures démocratiques, basées sur le fait majoritaire, et donc fatalement commun, ne permettent en aucune façon par le formalisme de leur application “dogmatique”, que les idées réellement novatrices, puissent trouver leur cheminement dans nos sociétés. C’est ce qui nous vaut le désintérêt de nombre de nos compatriotes, pour des élections dont ils comprennent bien qu’elles n’amèneront aucun des “bouleversements” nécessaires, pour qu’il puisse s’opérer un véritable nouveau départ, en vue de la réalisation d’une nouvelle société.

En fait, il nous faut avoir l’honnêteté intellectuelle de constater aujourd’hui, que d’une façon totalement inattendue, quant à son objet proclamé, que ce dont nous souffrons aujourd’hui, c’est bel et bien et tout simplement d’une paradoxale “ dictature démocratique”, basée sur l’idée fausse selon laquelle la vérité constituerait forcément, une qualité du nombre.

En réalité les majorités se trompent, elles se trompent souvent, et quand elles le font, c’est lourdement, et malheureusement, durablement...

Ceux du plus grand nombre auront-ils la sagesse au moins de s’enquérir, même si c’est pour ne point s’en faire, de l’avis des moins nombreux ? Rien n’est moins certain...


Paris, le 11 juin 2012
Richard Pulvar

DE LA GAUCHE “CAVIAR” A LA GAUCHE “PETARD”, OU EST DONC PASSEE L’IDEE DE “PROGRES” ?




Plusieurs parutions de ces derniers jours confirment ce que nous savions déjà tous confusément, à savoir que les nombreuses “frasques” de l’ex-patron du FMI étaient connues, non seulement des services qui l’avaient interpelé dans des situations “bizarres”, mais aussi des camarades de son parti, dont certains, mis en cause avec lui dans l’affaire du Carlton, étaient ses compagnons d’aventures...

Il s’agit là des mœurs dissolues et des faiblesses d’un homme, faillible comme nous tous, et qui au départ, relèvent davantage encore de la psychologie des profondeurs, que de la brigade des mœurs, et qui n’auraient pas nécessité de sortir de la sphère privée, s’il n’avait été, d’abord la charge qui était la sienne, et qui lui imposait d’avoir la plus grande rigueur comportementale, ensuite l’ambition qui était la sienne, d’accéder à la magistrature suprême de notre nation, et surtout, s’il n’y avait eu ce grave dérapage du Sofitel, issue prévisible de tant d’années de laisser aller.

Mais, par delà cette défaite personnelle d’un homme, là où les choses ne vont plus du tout, c’est que nombre parmi ceux de ce parti politique se réclamant cependant du “progrès”, et qui étaient parfaitement au courant de ses travers, se sont opposés vent debout à la dénonciation de son crime, et ont acclamé comme un héros, celui dont la fortune lui ayant permis de s’offrir les services des ténors de la procédure, avait conduit à sa relaxe. Ceci, dans la manifestation la plus outrancière qui soit, du déni de justice.

Ces gens ont donc couvert, en niant toutes les évidences, pour la raison que, selon les procédures, elles ne suffisaient pas à formellement l’établir, le crime odieux d’un homme fortuné, commis contre une modeste femme de ménage, sur le lieu de son travail, et tout cela, au nom de la justice, de l’égalité, et du progrès. Et c’est alors qu’ils se présentent aujourd’hui, à nos suffrages...

Dans un autre registre, mais toujours au compte de ceux qui a tue-tête, se réclament du progrès, même s’il s’agit là d’une autre formation, nous voyons aujourd’hui la promotion de l’idée selon laquelle, il n’est pas bien qu’une société continue d’encore formuler des interdits, à partir du constat historique de la nocivité totale de certains comportements, sous le prétexte que ceux-ci s’étant banalisés, il convenait de les considérer désormais comme faisant partie des mœurs habituelles, et acceptables...

Tout se passe donc, comme si “l’exigence”, celle que nous nous devons d’avoir, tant vis à vis de nous-mêmes, ce qui nous impose une extrême rigueur comportementale, que pour les sociétés que nous constituons, ce qui nous impose la plus grande vigilance, quant au respect formel des idéaux proclamés, pouvait être étrangère à l’idée de “progrès”.

En réalité, dissocier l’idée d’exigence de celle de progrès, c’est trahir cette dernière...


Paris, le 9 juin 2012
Richard Pulvar

BRISER LES MIROIRS DEFORMANTS




Ce système médiatique ne gagne son argent, qu’en servant à une clientèle particulière, qui se prétend volontiers comme étant de plein droit, la propriétaire exclusive de la nation, les images les plus négatives possibles des minorités auxquelles cette catégorie de gens, conteste précisément, leur séjour en ce pays. Ceci, afin de lui fournir taillés à sa mesure, de justes prétexte pour cette volonté d’exclusion, et lui permettre se faisant, de s’attribuer aussi facilement qu’il lui suffit de se le dire à elle-même, tous les mérites de cette société, en se dégageant symétriquement bien sûr, de toute responsabilité quant à ses échecs. Ceci, comme s’il était possible que dans une société, le fait des uns, soit indifférent au fait des autres...

Que signifierait la réussite dans une société où elle serait la même pour tous, et symétriquement, par quoi se signalerait l’échec, si nous étions tous en proie aux mêmes tourments ?

Il doit donc être bien clair une bonne fois pour toutes, que dans une société comme la nôtre, où nous sommes à ce point rendus “dépendants” les uns des autres, la réussite des uns, n’a de sens et ne s’obtient qu’au prix, sinon de la défaite des autres, le terme serait trop fort, mais pour le moins, au prix de leur “modestie”. Des lors, cette modestie ne doit pas être tenue pour infamante, car elle constitue la condition même, absolument indispensable à la réussite des premiers.

Ce qui est absolument ahurissant, c’est de voir comment tous ces crâneurs, prédateurs, et égocentriques, se lèvent le matin, se rendent aux toilettes, en se moquant pas mal de savoir par quel miracle les eaux usées sont-elles évacuées, se rendent dans leur salle de bain, en se moquant de savoir par quel miracle il y a-t-il de l’eau, préparent leur café en se moquant de savoir par quel miracle il y a-t-il de l’électricité, et quelque chose à manger, s’habillent en se moquant de savoir par quel miracle les habits sont fabriqués, transportés, et commercialisés.

Ils s’installent ensuite leur voiture en se moquant de savoir par quel miracle à-t-elle été fabriquée, puis prennent la route en se moquant de savoir par quel miracle celle-ci existe, et se trouve entretenue, et parviennent à leur bureau en se moquant de savoir par quel miracle ils disposent afin de leur travail, du courrier, du téléphone, de l’internet, de tous les services extérieurs, et surtout de tous ceux fournis par leurs collaborateurs, sans lesquels ils ne seraient absolument pas en mesure de faire le moindre geste intelligent et productif.

Ainsi, ces individus qui, sans le concours de tout ces gens pour lesquels ils n’ont qu’un profond mépris, vivraient tout simplement à poil, à la belle étoile, sans rien pour se laver, et surtout sans rien à becqueter, et ne disposerait même pas d’une feuille de papier ni d’un simple crayon, pour pouvoir prétendre leur génie, mais qui en proie à l’avidité et à la convoitise, sont parvenus à se hisser à des postes constituant leur privilège, prétendent-ils que c’est eux qui font tourner le pays, et réclament-ils pour eux-seuls les bénéfices de la globalité des actions à laquelle ils ne font que participer, comme les autres...

Le fait incontestable c’est que s’il n’était le concours, par le fait même de notre constitution en collectivités d’individus, de tous ces gens qui s’acceptent dans leur modestie, non pas par médiocrité, mais tout simplement parce qu’ils donnent à leur vie un tout autre sens que la poursuite effrénée du pouvoir et de la possession, rien, absolument rien, de la réussite de tous ces crâneurs et de ces profiteurs, ne serait possible...

Ceci pour dire qu’une société se doit d’encourager à la réussite certains de ses fils, pour son bénéfice global, et non pas pour que ces derniers se réalisent en simples profiteurs. Dès lors, leur réussite doit se constater positivement, par le bénéfice global que la société en récupère, et les vaillants doivent pouvoir se positionner de façon “positive” en disant :

“Voici ce que je suis, car voici ce que j’ai fait”.

Malheureusement, c’est justement cette détermination positive qui fait cruellement défaut aujourd’hui, où les profits énormes des uns, correspondent à la défaite totale des autres.
Dans ces conditions, les crâneurs et les profiteurs ne pouvant plus dire ce qu’ils sont, par ce qu’ils font, s’emploient alors à se positionner de façon “négative”, en disant :

“Voici ce que je ne suis pas, car voici ce que je ne fais pas”

Ainsi, pour se donner du poids par ce positionnement négatif, s’emploient-ils avec la complicité des médias, à salir autant qu’ils le peuvent et à longueur de temps, tous ceux avec lesquels ils veulent établir leur différence, en relatant à longueur d’éditoriaux, la défaite morale et sociale de certains enfants des minorités, qui depuis le berceau, n’ont pas bénéficié de l’encadrement qui aurait du faire d’eux, des hommes pleins de fierté et de responsabilité.

Or, il est bien connu que pointer du doigt le défaut de l’autre, ce n’est certainement pas pour l’aider à en sortir, et que la mise sans cesse en évidence de la défaite de certains des quartiers, est devenu le filon que s’emploient à exploiter dans leur lâcheté, les prédateurs, pour maintenir ces enfants désorientés, dans leur errance.

Dans ces conditions, le pire des dangers, c’est l’identification confuse par eux-mêmes, à cause de ce véritable “lavage de cerveau”, de ces hommes fragiles avec l’image détestable que les profiteurs leur renvoient sans cesse, en se prétendant n’en être que les miroirs.

Il faut donc briser ces miroirs déformants, qui renvoient aux minorités, des images qui permettent des généralisations outrancières, afin de priver de ressource les ressortissants de ces minorités. Ceci, à force de leur répéter par ces images, en finissant par les convaincre, qu’ils n’en possèdent pas...

C’est pourquoi, un travail de militant consiste désormais, à faire la promotion des images positives des minorités, telles que celle de cette jeune femme pilote de jet, pour que ceux des quartiers comprennent que rien ne leur est inaccessible, et pour faire à l’occasion un joyeux pied de nez à tous ces crâneurs, qui ne soupçonnent même pas, lorsqu’ils s’en vont prendre leur avion pour s’en aller traiter leurs importantes affaires, qui donc pilote cet avion...


Paris, le 3 juin 2012
Richard Pulvar

lundi 4 juin 2012

JETES DANS LES OUBLIETTES DE L’HISTOIRE


Son allure et sa tenue, tout comme le fait qu’il ait eu l’occasion et les moyens de se faire réaliser ce magnifique portrait, montrent d’évidence qu’il s’agissait d’un dignitaire de haut rang...

Pourtant, nous ne savons strictement rien de cet homme, ni son nom, ni de quelle origine était-il, ni quelle était sa fonction, ni même l’époque exacte qui fut la sienne, et s’il n’y avait eu la survivance de ce tableau, comme de nombreux autres pour en établir ainsi le témoignage, nous demeurerions encore totalement dans l’ignorance du fait que de nombreux hommes dits “de couleur”, ont animé depuis toujours, les différentes cours européennes.

Mais si les portraits ont survécu, par le fait que les tableaux possèdent par eux-mêmes de la valeur, il n’en fut pas de même de la mémoire de tous ces illustres, qui ne pouvaient compter que sur le bon vouloir de ceux qui les suivent, pour en entretenir le souvenir. Car, il vint une époque où parler de la valeur de certains nègres ou métis, s’inscrivait trop en faux, contre la propagande nécessaire pour que soit maintenue, malgré une contestation naissante, la déportation esclavagiste, et justifiées ensuite, les entreprises colonialistes.

C’est ainsi que, contrairement à ceux qui pensent que la conscience humaine poursuit immanquablement sa marche graduelle vers le progrès, celle-ci peut à certaines époques, comme cela semble hélas être le cas, pour notre époque actuelle, subir une terrible régression. Ce fut le cas, de la seconde partie du 17e siècle, à la fin du 19e siècle, période contenant pourtant celle dite des “lumières”, où allait se constituer graduellement et par ces nécessités, le “mythe du nègre”, comme n’étant qu’un animal, tout juste d’un niveau supérieur à celui du singe. Il fallait donc que les valeurs de nègres connus des époques anciennes, fussent oubliées...

Bien sûr, malgré tout le zèle que mirent certains comme Gobineau et bien d’autres, tout au long du 19e siècle, dans la prétention scientifique de leurs théories racistes, les penseurs dans leur ensemble, n’allèrent quant même pas jusqu’à déclarer le nègre inférieur, mais considéraient tout simplement que leurs sociétés avaient été tenues à l’écart du train de l’histoire, et qu’il appartenait dès lors aux nations occidentales, de venir les atteler à nouveau à celui-ci.

Il sera très difficile, compte tenu de ce qu’en auront été les conséquences dramatiques, dans la redoutable époque coloniale, de faire admettre que cet argument possédait cependant, un fond de vérité, même si cela ne pouvait justifier bien sûr, les massacres et les atrocités, dont il fut le prétexte.

C’est d’ailleurs ce même argument qui fut repris, mais pour le coup, carrément hors de propos, et selon une formulation totalement maladroite, parce qu’elle ne concernait pas une période particulière de l’Histoire, mais prétendait en rendre compte dans son intégralité, en devenant fausse par le fait, il y a seulement quelques années, par un président de la république qui de toute évidence, répugnait à ouvrir les livres de cette Histoire à laquelle il faisait ainsi référence.

Il aura fallu rien de moins que deux guerres mondiales, une première où l’orgueilleuse métropole a du faire un appel désespéré à ces citoyens de seconde catégorie, afin de son salut, et une seconde où, si promptement et piteusement vaincue sur son propre territoire, elle n’a du de pouvoir s’assoir à la table des vainqueurs, que parce qu’elle avait pu reconstituer une armée à partir de son empire, grâce au ralliement d’un de ses illustres représentant, le gouverneur Eboué, pour que l’état d’esprit change enfin dans ce pays.

C’est ainsi que la quatrième république verra la reconnaissance de la valeur de nombreuses personnalités africaines ou antillaises, auxquelles seront confiées de hautes responsabilités politiques. Ceci, au point qu’un de ces nègres, monsieur Gaston Monnerville, s’en viendra occuper pour une longue période de vingt et une années, la fonction de président du Sénat, ce qui en fera durant tout ce temps, le second personnage par ordre hiérarchique, de l’état français...

Imagine-t-on ceci aujourd’hui, où une femme noire, simplement ministre de la justice, constitue déjà l’occasion d’un vacarme ahurissant ?

Malheureusement cette reconnaissance tardive, n’allait suffire, ni à faire oublier, ni même à mettre simplement fin, comme en Algérie, à toutes les outrances de la colonisation, et à la mentalité si détestable des colons, qui allaient fatalement condamner l’empire. De plus, les conséquences dramatiques de la chute de celui-ci, allaient raviver un racisme qu’on espérait sur le déclin. Non pas tant celui des particuliers, que les nombreuses fréquentations et même, alliances conjugales, dans un monde désormais ouvert, mettent à l’abri de ses excès, mais un effroyable “racisme d’état”, devenu quasiment institutionnel. Ceci, tant il se montre absolument indispensable pour la conquête de larges franges de l’électorat, par la “magie” que constitue l’explication simple qu’il permet de donner, à tous les problèmes qui affectent cette société.

Ainsi, le mythe du nègre de race inférieure, a-t-il été remplacé d'une façon rentable, par celui de “l’immigré”, fauteur congénital de délinquance, en faisant des défaites de celui-ci, non pas une conséquence de son mode de vie déplorable, ce qui engage la responsabilité des autorités, mais tout simplement une conséquence incurable de ses gènes...

Dans cet état que d’aucun de ceux qu’il protège encore, pour combien de temps, nul d’ailleurs ne le sait, ne veut reconnaitre qu’il est bel et bien devenu tout simplement un état raciste, il serait totalement illusoire d’espérer qu’il fasse sienne, la lourde charge de placer tous ses enfants sur un pied d’égalité, dans les meilleures conditions possibles, afin de leur réussite.

Car ceci implique que soit urgemment restauré le “narcissisme” nécessaire à chacun, pour qu’il puisse déjà, au moins s’accepter tel qu’il est, étant bien entendu qu’il ne saurait fonctionner convenablement sans cela. Ceci imposerait à cet état, non seulement de renoncer aux discours les plus rentables d’un point de vue électoral, mais de plus, de procéder à la réhabilitation historique, de ceux dont il méprise aujourd’hui les semblables.

Ce sont donc de vaillants militants, qui s’emploient avec ferveur, à sortir des oubliettes de l’histoire, tous les exemples de brillantes réussites, permettant à ceux de la même catégorie d’hommes que ceux-là, de ne pas désespérer de leur nature, de ne plus se sentir orphelins d’excellence, et de tenter donc celle-ci, en toute confiance, et avec détermination.

Qu’on ne s’y trompe pas, c’est de la réussite de cette réhabilitation que dépendra, pour tous les citoyens de ce pays, quels qu’ils soient, la réussite de toute cette société. Car, celle-ci nécessite que les uns et les autres puisse enfin s’agréer, ce qui ne peut se faire que pour autant que les premiers s’acceptent déjà, et que les seconds, au vu de vérités réhabilitées, les reconnaissent...


Paris, le 1er juin 2012
Richard Pulvar

mercredi 23 mai 2012

SEPT MILLIARDS D’HOMMES TOUT AUTOUR DE NOTRE TERRE, ET TOUT DE JOUE AUTOUR DE CETTE SIMPLE TABLE




Observez, nous sommes là, à la table des puissants de ce monde, et cette atmosphère feutrée, devrait plutôt nous rassurer, car elle est certainement de nature à favoriser la sérénité et la familiarité nécessaires, pour inspirer de la sagesse quant aux décisions devant être prises. Car c’est bien là, dans une telle intimité, permettant les audaces, parce que sans témoins, et à l’abri des indiscrétions, et non pas dans les grandes messes de ces impressionnants congrès, qu’alors, les yeux dans les yeux, se prennent les réelles décisions, parfois les plus graves, dont hors de toute trace écrite, les accords se trouvent scellés par de simples poignées de mains.

Cette poignée d’homme et une femme, peuvent prendre de réelles décisions, parce que justement ils ne sont qu’une poignée, et c’est précisément selon cette volonté de créer un cadre restrictif permettant de fermement décider et d’agir, ce que, l’expérience le montre bien, le grand nombre ne permet pas, que ce qui fut d’abord le G7, autrement dit le groupement des sept premières puissances économiques du monde, élargi ensuite en G8, avec l’entrée de la Russie d’après la chute de l’empire soviétique, à été créé.

Cependant, en observant cette table, en plus du fait qu’il ne s’y trouve qu’une femme, il est remarquable que un milliard d’hommes sur tout un continent, l’Afrique, n’y possède pas le moindre représentant, pas davantage que plus d’un milliard d’autres, en Inde, ni un milliard et demi d’autres encore, en Chine, et si le hasard n’avait pas voulu qu’un nègre se trouve président des Etat Unis, il ne s’y serait pas trouvé un seul, alors qu’il se trouve au moins ici, un japonais, pour représenter les peuples asiatiques.

Nous sommes ici dans le cas paradoxal, d’absences qui pèsent très lourdement...

Bien sûr, le fait de prodigieux pays dits “émergents”, parmi lesquels celui qui est entre temps devenu rien de moins, que la deuxième puissance économique mondiale, c’est à dire la Chine, désireux d’avoir eux aussi leur mot à dire quant à la conduite des affaires de ce monde, va conduire à la création d’un G20, plus représentatif de notre humanité.

Cependant, par son plus grand nombre, et surtout, par la bien plus grande diversité de pays décideurs, selon des intérêts qui bien souvent s’opposent, cette autre structure, se trouve fatalement moins porteuse de décisions importantes, que la première.

C’est ce qui explique que s’est finalement créé, face à ce G8 qui ne concerne que l’un d’eux, à savoir la Russie, et en marge d’un G20 manquant d’efficacité, un groupe de pays dits du “BRICS”, regroupant alors le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, et plus récemment, l’Afrique du sud.

Par le nombre réduit de pays qu’il rassemble, devenus très puissants économiquement, et qui possèdent par le fait des intérêts convergents, ce groupe parvient ainsi à prendre des décisions importantes, dont la plus spectaculaire et celle qui est le plus de nature à bouleverser les façons des pays du monde entier, c’est de se passer désormais de la monnaie américaine, le dollar, de s’en passer pour l’instant, comme monnaie pour le règlement de leurs échanges. Mais, nous comprenons bien qu’à terme, ceci signifie de se passer fatalement du dollar, même comme monnaie de réserve, alors que les énormes liquidités libellées en cette monnaie, et qui ont tant favorisé l’économie du pays émetteur, les Etats Unis d’Amérique, sont en principe faites, depuis les accords de Brettons Woods ayant établi le “gold exchange standard”, autrement dit, “l’étalon de change équivalent à de l’or”, pour financer l’économie mondiale.

Nous constatons ainsi qu’un groupe de huit pays d’un coté, le G8, et un groupe de cinq pays de l’autre, le Brics, regroupant finalement, seulement une douzaine de pays, puisque la Russie appartient aux deux groupes, et ceci, sur près de deux cents nations qui actuellement, siègent à l’Organisation des Nations Unies, décident de l’essentiel de ce qui présidera à la destinées de toutes les nations de ce monde.

Quant aux décisions prises par les représentants de ces pays au sein de leurs groupes, elles ne font l’objet d’aucun mandat spécifique délivré par leurs peuples, et relèvent d’un arbitraire d’usage, lié à leur fonction de dirigeants, auxquels nous reconnaissons confusément, pour des raisons pratiques évidentes, un droit d’initiatives pouvant être prises malgré tout, sans quelque consultation préalable du peuple, et curieusement, au nom même de celui-ci.

C’est ainsi que notre actuel président, s’en est allé au G8, puis auprès de cette autre instance internationale que constitue l’Otan, pour “décider”, alors même que la nouvelle assemblée censée contrôler l’action gouvernementale, n’a même pas encore été élue, et qu’aucune déclaration de politique générale n’a encore été faite par le premier ministre, devant celle-ci, afin d’une approbation de sa politique par les représentants du peuple.

Ceci étant, qu’en est-il alors des choix, des préférences, des propositions, des refus, des attentes, des exigences, et des espérances, formulées par des centaines et des centaines de millions d’hommes, tout autour de cette planète, à l’occasion de ces vastes consultations, désormais ritualisées, des grandes messes démocratiques, en remplissant de leurs volontés diverses, des urnes sacrées, et en ne doutant pas ainsi, qu’au moins pour une majorité d’entre eux, ces volontés trouveront la voie de leur réalisation ?

Comment, et par quel cheminement, une telle diversité des visions de ce que doit être pour chacun, la façon de vivre sur cette Terre, une telle diversité des besoins des différents peuples, selon la nature du lieu où il se trouvent, et selon leurs cultures, avec de telles divergences d’intérêts, pourraient-elles remonter jusqu’à la poignée de décideurs, pour trouver par eux, leur expression, leur défense, et leur promotion, à l’heure du débat...?

Il est clair qu’il n’en est rien, et qu’il n’a pas été dans la préoccupation des fondateurs de ces groupes de puissants, de faire en sorte que, puisqu’ils décident malgré ceux-ci, du sort de bien d’autres peuples, une procédure permette que ces peuples qui ne sont pas conviés, parce qu’ils n’ont pas de poids, et qui sont par le fait rendus sans voix, puissent au moins être vus, à défaut d’être entendus, et c’est sur l’initiative personnelle du président Obama, que quelques représentants africains ont été conviés à certaines discussions, en aparté du sommet.

D’ailleurs, même lorsque ces peuples sans poids se trouvent conviés au débat, comme c’est le cas dans cette Organisation des Nations Unies, ils ne servent finalement que de caution démocratique et de faire valoir, au tout puissant groupe très restreint, que constituent, les cinq membres permanents du conseil de sécurité, qui sont les véritables “patrons” de l’organisation, et qui d’ailleurs appartiennent parallèlement, au G8, pour quatre d’entre eux, et au Brics, pour deux d’entre eux.

Ceci s’est parfaitement illustré avec cette question de l’adhésion de la Palestine, comme état membre à part entière de l’organisation, qui recueille l’adhésion des trois quarts des membres, mais à laquelle s’oppose obstinément, un seul membre permanent du conseil. Les voies faisant appel directement à l’assemblée générale, pour alors contourner cet obstacle totalement antidémocratique, sont complexes et longues, et ont très peu de chance d’aboutir.

En fait, comprenons pour ce qu’il en est, que c’est finalement l’homme “le plus fort”, d’un courant de pensée qui, dans son parti, est “le plus fort”, sans pour autant être majoritaire, lequel parti dans son pays, est “le plus fort”, sans pour cela jamais être strictement majoritaire, qui rejoint ses pairs issus des pays “les plus forts”, au sein de communautés d’états où ils ne sont selon ce critère, logiquement pas majoritaires, et qui fini par accéder à ce club très fermé, des puissants de ce monde.

Ceci signifie clairement que l’accès en situation de prendre les décisions, se fait tout simplement et comme depuis toujours, selon la voie “des plus forts”, et certainement pas, tel que nous en conservons encore “l’illusion”, selon celle des plus nombreux, et ceci, pour un exercice du pouvoir qui, selon son imposition à nous devient alors, la “loi des plus forts”...!

Il nous faut aujourd’hui avoir le courage, et la plus grande honnêteté intellectuelle, pour ne pas continuer à nous mentir encore à nous mêmes, et constater enfin ce qui devient maintenant une évidence, à savoir qu’au bout de deux siècles et demi de luttes acharnées, de sacrifices, et d’engagements passionnés, pour la faire triompher, nous assistons à la défaite spectaculaire, inattendue, mais cependant, techniquement logique, de “l’idée démocratique”.

Ceci, à cause de la “faiblesse opérationnelle” de la démocratie, qui était déjà connue dans l’antiquité, puisque sous la république romaine, lorsque les affaires du pays allaient mal, on nommait un “dictateur”, pour une durée de un an seulement, afin que sous son autorité sans faille, le pays puisse se sortir de la difficulté...

Nous pouvons formuler cela en disant ainsi que :

“Tel qu’il se constitue, par la soumission du nombre, le pouvoir ne se partage pas.”

Il est remarquable en effet, que le pouvoir procède du rassemblement du nombre, sous une autorité unique, qu’elle soit alors physique, institutionnelle, ou morale, mais que c’est bien par un maintien autoritaire de cette unité, qu’il se pérennise, et que tout partage du pouvoir, confine à une négation de celui-ci.

C’est ce que nous avons vécu sous la quatrième république, dans laquelle l’option démocratique de constitution de l’assemblée à la proportionnelle, à réduit cette république à l’état d’impuissance permanente.

Il a fallu l’arrivée d’une cinquième république, avec l’usage, très astucieux il faut bien le dire, de cet énorme mensonge antidémocratique que constitue le scrutin d’arrondissement, permettant à ceux qui sont de fait les plus forts, simplement parce que les moins minoritaires, mais pas strictement majoritaires, de bénéficier cependant d’une “représentation” majoritaire, pour que puisse être restauré du pouvoir, tout en satisfaisant à l’illusion démocratique. Ceci, en permettant à ces plus forts, d’obtenir plus de cinquante pour cent des sièges à l’assemblée, en n’ayant pourtant rassemblé sur leur nom, que trente pour cent des suffrages.

Ce système qui a permis de maquiller la loi du plus fort, en expression démocratique, perdure jusqu’à aujourd’hui.

Toute la puissance de l’illusion démocratique réside dans le fait que, parce qu’ils participent effectivement à la constitution du pouvoir, par leur bulletins de vote et leur suffrages rassemblé sur le nom d’un candidat, les citoyens sont persuadés qu’ils participent par cela même, à l’exercice de ce pouvoir, et à celui des décisions qui lui est lié.

Mais il n’en est rien, et leur erreur vient d’une totale confusion entre la “constitution” du pouvoir, et “l’exercice” de celui-ci, qui demeure l’apanage exclusif de celui sur le nom duquel ce pouvoir s’est trouvé constitué, et qui se déliterait s’il devait être partagé...

Bien sûr, l’immense avantage de ce système, par rapport à l’ancien régime, c’est que la constitution du pouvoir consacrant “le plus fort”, s’opère par la voie paisible des urnes, au lieu de résulter d’une acquisition au fil de l’épée, comme cela se faisait auparavant. Mais il est clair que la création d’institutions telles que l’E.N.A. par exemple, n’avait pour finalité que de recréer une nouvelle aristocratie, républicaine celle-là, laquelle n’a d’ailleurs pas tardé à se montrer aussi abusive que l’ancienne, pour établir les rouages du pouvoir, selon un exercice de celui-ci, par les plus forts.

Notre difficulté d’aujourd’hui, vient du fait que la prétention démocratique pouvait encore faire illusion, dans le cadre relativement restreint des nations, car l’exercice du pouvoir par les plus forts, demeurait malgré tout celui de nationaux, établis comme tels par les citoyens. Mais aujourd’hui, le phénomène de “mondialisation”, révèle de façon criarde, tel que nous le voyons dans le cas de pays martyrisés comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, et bien sûr tous les pays faibles du sud, dont c’est déjà le lot depuis bien des années, et auxquels on impose leur “tyrans”, que les décisions les plus déterminantes quant à notre façon de vivre, sont prises par des gens, le plus souvent même, des anonymes, auxquels nous n’avons délégué aucun pouvoir, ni formulé aucune demande. Nous ne le connaissons en effet, ni d’Eve ni d’Adam, et nous ne disposons contre leur action, d’aucun recours, sinon la révolte...

Soyons alors bien attentifs au fait que si malgré notre mauvaise humeur, et tous ces mouvements d’indignés matraqués sans égard tout autour de la Terre, sans que rien n’y fasse, ces puissants s’imposent malgré tout à nous, c’est simplement parce que c’est nous-mêmes qui, sans en prendre conscience, constituons par nos comportements malheureux, leur grand pouvoir...

En effet, et contrairement à ce que proclament à loisir certains, le phénomène de mondialisation ne résulte nullement d’un quelconque “complot” de puissants contre nous, même si d’évidence, nombre de profiteurs, d’exploiteurs, et des mafias de toutes sortes, l’exploitent autant qu’ils le peuvent, d’une façon “opportuniste”, comme les virus qui s’en donnent à cœur joie, contre un organisme déjà affaibli.

En réalité, ce phénomène résulte “mécaniquement”, d’un enchainement logique de faits, résultant tous plus ou moins directement, de la demande constante et totalement irresponsable, de toujours plus de consommation, de la part des peuples occidentaux, et d’autres qui aujourd’hui, empruntent la même voie.

Dans ces conditions, il fallait bien s’attendre à ce que des manipulateurs ne cessent de tendre la bouteille aux alcooliques qu’il entendaient soumettre à leur volonté, pour pouvoir les dépouiller, tels que ces banquiers qui aux Etats Unis, n’ont cessé d’encourager les gens à s’endetter, pour pouvoir consommer toujours plus, avec des contrats à taux variables, qui ne leur laissaient aucune chance de s’en sortir, en cas du moindre pépin.

C’est en effet la volonté de gains de productivité, afin de dégager des marges, pour pouvoir donner un peu plus de salaires, beaucoup plus de dividendes, et contribuer davantage, ou s’en soustraire carrément, à la charge croissante des états, tout comme pour obtenir des produits les moins chers, pour pouvoir faire face à la redoutable concurrence internationale, qui va conduire logiquement aux licenciements massifs, aux fermetures d’usines, aux délocalisations, aux déréglementations, et à la suppression totale de la protection, des production nationales, et des producteurs nationaux.

C’est l’extrême rigueur que ce système impose à tous, dans une concurrence furieuse entre les individus et entre les nations, qui, exigeant l’extrême efficacité des entreprises, des institutions financières, des états, et des instances internationales, constitue la faveur des puissants, devenant des “prédateurs” qui opèrent dans des structures restreintes et fermées, seule capables de décision et d’action...

Ceci étant, nous ne pouvons pas manquer de comprendre que selon la logique des choses, la mondialisation qui va faire voltiger ces dernières protections que constituaient les cadres étatiques des nations, ne peut logiquement confiner, qu’au “totalitarisme”, sauf s’il devait se produire une révolution universelle, proclamant les droits de “citoyens du monde”, selon une constitution universelle, mais là, il s’agit d’une toute autre affaire...



Paris, le 22 mai 2012
Richard Pulvar

lundi 21 mai 2012

ET MAINTENANT, FAISONS CHANTER CE LENDEMAIN



L’élection est passée...

Nous avons évité le pire en envoyant se faire voir à Marrakech, au pays de certains de ces immigrés qu’il adorait tant, ce bref, agité et incontrôlé...

Mais, le nouveau président a déjà prévenu, il sera “normal”, et c’est bien le minimum que nous devons attendre de lui. Cependant, ceci signifie clairement qu’à partir du “mieux”, que constitue malgré tout cette normalité, par rapport aux cinq années d’indignité que nous venons de subir, l’exception, et le meilleur quant a eux, demeureront par le fait, à charge de nos seules initiatives de citoyens.

Ce que nous devons attendre de ce nouveau gouvernement, c’est tout d’abord qu’il rétablisse le droit fondamental des uns et des autres, à déjà simplement “être ce qu’ils sont”, dans cette société, selon leur précieuse diversité, dès lors qu’ils ne contreviennent pas à la loi, et d’être donc parfaitement fondés à y “participer”. Ceci, afin qu’étant reconnus par le fait, comme possédant forcément des qualités logiques de ce qu’ils sont, ils puissent user de celles-ci, pour œuvrer positivement, avec la volonté farouche de réussir, dans une société enfin devenue incontestablement “la leur”, pour le meilleur d’eux-mêmes, et celui des autres.

Mettre tous les citoyens de ce pays, dans les conditions où ils pourront donner le meilleur d’eux mêmes, telle est, et demeurera, la lourde et incontournable responsabilité du nouveau gouvernement. Et nous comprenons bien, qu’il ne s’agit pas tant en celles devant être prises, de dispositions aux implications matérielles, même si cela à son importance, mais il s’agit d’abord et avant tout, du rétablissement de la raison d’être de chacun parmi “les siens”, de la jouissance et de la fierté de la pleine “appartenance” à un groupe, sans laquelle l’individu n’est plus qu’un “infirme”, pour le plus grand dommage de ceux qui en l’excluant, le “manquent”.

Cependant, il doit être bien entendu que ce fantastique défi que constitue, partant de là d’où nous venons, la volonté d’atteindre le meilleur de vivre, ne peut constituer l’objet d’une collection d’énarques, encadrée par deux “éléphants”, dont l’action s’inscrit dans un cadre de “normalité” définie par leur chef, qui ont alors fondamentalement pour fonction, de rétablir si besoin est, et maintenir en état de correctement fonctionner, tout l’appareil d’état, et donc certainement pas, de remettre en cause les mécanismes fondamentaux de celui-ci.

Ainsi, une équipe de gens parmi le plus compétents, professionnels et donc fatalement, carriéristes, spécialistes des sciences politiques et économiques, encadrée par ceux auxquels l’expérience a enseigné à quel point il était périlleux, de tenter de tourner les vieilles valses à l’envers, ne peut-elle selon cette composition même, que mener une politique “conservatrice”. Ceci, eu égard à la nécessité, et même si sur des formes accessoires, il lui sera heureusement possible, d’éviter le pire de la régression sociale dont l’équipe précédente avait fait son credo, dans une marche vers le moyen-âge à laquelle, en lui donnant le nom fallacieux de “réforme”, elle nous obligeait.

Car il est clair que l’actuelle équipe, ne produira aucune de ces “bourdes” dramatiques, et a priori irresponsables, dont l’Histoire témoigne, telles que couper la tête d’un roi de droit divin, et qui, dans un premier temps, ne peuvent entrainer que des désordres et de furieux affrontements, avant que bien plus tard, on puisse constater qu’elles furent cependant, mais à ce prix, les occasions de véritables changements, et finalement d’un nécessaire progrès.

Ainsi, dans la situation dans laquelle nous nous trouvons, le véritable coup de “génie”, et compte tenu du contexte, de “folie”, consisterait à faire défaut sur la dette astronomique qui nous étrangle, et dont nul à cette heure n’est capable de dire, comment serait-il possible autrement d’en sortir.

Bien sûr, un tel coup d’audace ne manquerait pas de nous plonger au départ, dans une grandiose pagaille. Mais, cette “déraison”, permettrait enfin de mettre fin une bonne fois, au moins pour le bénéfice des générations à venir, ce qui n’est pas accessoire, à un système qu’autrement rien d’autre ne semble pouvoir ébranler. Car, il se trouve qu’aujourd’hui, nous sommes tous constamment conviés à nous sacrifier nous-mêmes, afin du salut de ce système, dont la malfaisance totale est due précisément à cette spectaculaire et totale “perversion” de son objet initial, puisque nous sommes curieusement devenus ses instruments, au lieu que ce soit logiquement l’inverse. Cette injure au bon sens, est désormais flagrante, et rien ne doit être négligé, pour y mettre fin.

Cependant, rien de tout cela ne sera jamais le fait d’aucun gouvernement responsable, et ce qu’il nous faut donc comprendre de cette situation, c’est qu’il nous faut “délocaliser” le débat de société, pour l’extraire une bonne fois du champ du débat politique dans lequel il s’enlise, pour laisser ces professionnels qui “administrent”, mais ne “gouvernent” plus depuis bien longtemps, gérer du mieux possible les mécanismes administratifs de la nation, et que nous puissions quant à nous, traiter par ailleurs du devenir de notre société.

C’est ainsi que notre président, mène une campagne auprès de ses pairs, en vue d’une relance de la croissance des pays dans la tourmente. Il s’agit là d’une démarche obligée, pour pouvoir faire face, dans l’état actuel de notre système social, au flot toujours plus grossissant, du nombre de chômeurs. Et ceci, même si cette idée de croissance en vue de ce règlement, repose sur l’axiome contestable selon lequel la croissance implique forcément des créations d’emploi, ce qui est de moins en moins vrai. Car, elle s’obtient également, par des gains de productivité consécutifs justement, à des suppressions d’emplois, et par des produits financiers qui eux, n’en ont jamais créé, et qui permettent cependant grâce aux chiffres qui les mesurent, de donner une illusion de richesse à des pays en réalité dévastés par la désindustrialisation, tels que les Etats Unis d’Amérique, et la Grande Bretagne.

Mais il s’agit la d’une proposition “politico-économique”, logique de ce qu’est devenu par l’usage, la fonction présidentielle, et il ne s’agit pas là, d’une proposition “sociologique”, qui est ce dont nous avons en priorité besoin. Car, nous sommes à l’heure où il existe déjà, davantage de logements vides qu’il n’existe de sans abri ou de mal logés, où une organisation intelligente des transports, devrait permettre à beaucoup de faire l’économie de se procurer un coûteux véhicule particulier, où des agriculteurs sont tenus de tenir des terres en jachère, pour éviter les surplus, et où des immensités de terres cultivées, ne servent plus à alimenter les hommes, mais les gros 4x4 de certains.

D’autre part il apparait assez nettement que les constructeurs d’appareils de grande distribution, s’arrangent pour que ceux-ci soient défaillants, sitôt passé leur période de garantie, afin de maintenir le niveau de leurs ventes, et que d’autres s’emploient à produire des nouveaux modèles de façon de plus en plus rapprochée, pour ne pas nous laisser jouir trop longtemps d’un plaisir de la nouveauté, qui tout ce temps, nous évite d’acheter encore...

Dans ce système qui tend ainsi à devenir de plus en plus celui d’une paradoxale “économie du gaspillage”, selon une très haute productivité s’obtenant bien souvent au prix d’une atteinte à l’écosystème, à la question économique de l’intérêt de la croissance, comme étant créatrice d’emploi, doit s’ajouter la question “philosophique”, et donc hors du champ des politiques, de savoir, la croissance de quoi, pour qui, pour quoi faire, et jusqu’à quand ?

Car, nous ne saurions nous contenter de quelques chiffres, nous signifiant notre bien être, et notre bonheur, pour les considérer acquis.

Il nous reste ainsi, par delà ce qui demeure la préoccupation des hommes politiques, à traiter quant à nous de “l’essentiel”, c’est à dire de ce qui participe pour nous, et selon quelle formes, du bien être, de la bonne entente avec nos proches, de la joie de vivre, et du bonheur.

Mais il se trouve que nous inclinons souvent à penser à tort, que ces états ne possèdent qu’une résolution individuelle, alors même qu’il est clair, que la capacité d’agir de chacun, en vue d’y accéder, ne peut pas être étrangère, d’une part, à la réalité sociale dans laquelle il se trouve, mais surtout, à la réalité sociale qui l’a fait tel que lui-même, avec son assurance et sa détermination, ou alors, avec ses craintes, ses torpeurs, et ses frustrations.

Il nous faut maintenant rouvrir ce vaste débat, celui quant aux formes, non pas, de la croissance et de la possession, mais quant aux formes du bien-être, que les technocrates et les politiques continuent de délaisser, parce qu’il n’est pas possible d’avoir en ce domaine, raison contre les autres pour pouvoir se faire élire, et qu’il n’existe pas de professionnel de ces domaines, puisque aucune école nationale de “bonheurologie”, n’a encore été créée.

Et puisque nous sommes encore au mois de mai, redevenons pour ceux qui ont connu cela, comme aux plus belles heures de ce mois de mai 1968, où, alors que toute activité avait cessée, il se formait spontanément tous les cinquante mètres sur les boulevards, des groupes de discussion, où nous refaisions le monde par un débat quant aux finalités de nos entreprises, avec cette ivresse indicible, de ceux qui pensaient alors, avoir pris la pleine possession de leur destinée.

Mais hélas, les mois de mai ne durent généralement, que le mois de mai...

Ce débat est d’autant plus important, qu’on se souvient que, ridiculisant totalement, tous les arguments technocratiques et dogmatiques de productivisme, tels que ceux dont l’ancienne équipe gouvernementale n’a cessé de nous saouler, en s’attaquant aux trente cinq heures censées être la raison de nos difficultés, il se trouve qu’alors que presque toute l’activité économique du pays avait été stoppée durant plus d’un mois, l’année 1968 s’est terminée malgré cela, avec un magnifique excédent...!

Ceci montre que même en matière d’efficacité économique, nous ne pouvons pas ignorer les nécessités philosophiques, psychologiques, et affectives, du fait social, et qu’une société de gens dans le bien-être, sera forcément plus efficace, même de ce point de vue, qu’une société de gens exploités, humiliés, et démotivés.

Il est temps d’autre part de rouvrir ce débat, quant à savoir si le mieux-être se situe dans plus d’avoir, ou bien tout simplement, dans plus d’être...


Paris, le 21 mai 2012
Richard Pulvar

samedi 19 mai 2012

SE SAVOIR FORCEMENT SOUMIS A LA “LOI”, OU LE MESSAGE DU GRAND SPHINX



Pour avoir subi tant de déceptions, nous avons tous fini par admettre confusément que, décidément, l’action des hommes politiques ne touchait pas à “l’essentiel”. Ceci, en constatant que tout au long des années qui passent, ils ne parvenaient toujours pas à nous libérer de ces mêmes difficultés récurrentes, qui nous offensent dans notre société.

Se pose alors désormais à nous, pour nous sortir de cette impasse, la question de savoir déjà, en quoi consiste très exactement cet “essentiel”, par delà le simple sentiment intuitif que nous pouvons tous en avoir, et nos avis divergents sur ce sujet.

C’est alors qu’on surprendrait beaucoup de nos contemporains, quant à cet essentiel, en leur disant que dans le caractère désormais “irréductible” qui est devenu le leur, telles que nous les affrontons, les difficultés de tous ordres qui aujourd’hui nous étreignent si durement, tant dans nos individualités que dans nos sociétés, sont dues tout simplement mais fatalement, au fait qu’étant devenus ignorants des “enseignements”, nous manquons bien souvent de nous savoir, par nos différents exercices, “fautifs” envers le “temps”.

Or, c’est pourtant très exactement, ce dont il s’agit.

En fait, ce dont il est question ici, c’est de cette obligation de satisfaire par tous nos faits et gestes, et par l’ensemble des dispositions individuelles et sociales qui sont les nôtres, aux exigences et nécessités du temps, selon une science de celui-ci, dont nos sociétés modernes ont hélas perdu la connaissance, mais qui se trouvait au cœur de “l’investigation” des grandes civilisations du passé, qui y ont consacré pour cela, de grandioses sanctuaires monumentaux, et le grand Sphinx du plateau de Gizeh, participait de l’un d’eux.

Aujourd’hui que toute la rationalité de notre époque, qui se prétend d’ailleurs et à tort, en être la seule forme, se trouve dans un échec total face aux nécessités de nos sociétés, il est venu le temps pour nous, de retrouver enfin les chemins de la “sagesse”, en renouant avec le savoir traditionnel et la pratique, des vaillants anciens...

Aux hommes se désolant de ce que le “dieu créateur”, au pouvoir sans limite, duquel rien ne pouvait échapper, n’ait pas tout simplement conçu notre monde épargné par le mal, de façon à ce que l’existence leur soit ainsi moins pénible, le grand Sphinx solidement taillé dans la pierre comme d’un seul bloc, pour pouvoir défier ainsi les siècles, était là pour leur rappeler durablement, que la “contrainte” était la condition inévitable, de “l’existence” de l’humain.

Ceci, parce qu’elle est la conséquence d’une “contradiction fondamentale universelle”, c’est à dire d’une disposition généralement insoupçonnée d’un “ordre” implacable des choses, régissant tout notre univers, c’est à dire le “cosmos”, selon la signification fondamentale de terme, et dont “l’ordre des objets célestes”, n’en est que la représentation la plus spectaculaire.

Il s’agit alors selon le cosmos, en cette “contradiction” à l’origine de leur “contrainte”, d’une contradiction de “l’exactitude”, dont procède logiquement “l’erreur”, et à laquelle les humains ne peuvent définitivement pas espérer se soustraire, tout en demeurant “vivants”.

Car, il s’agit en cette contradiction, de la disposition nécessaire des choses pour que puisse se développer par un exercice établi entre elles, ce phénomène qui est précisément “subjuguant”, en ce sens qu’il nous “oblige”, dont nous en avons la pleine conscience, mais dont le compte rendu nous demeure si difficile, et qui est ce que nous nommons “le temps”.

Ce qu’il faut comprendre dès à présent, c’est que “l’erreur”, qui résulte d’une contradiction de “l’exactitude”, ce que nous nommons tout simplement ici, la “contradiction”, constitue la condition nécessaire au développement du temps, et par là du fait des “êtres”, sous-tendus par le développement de ce temps.

Admettons en effet, et le plus simplement du monde, que si les choses se pouvaient selon l’exactitude, elles seraient dès lors “parfaites”, et ne nécessiteraient, ni de s’acquérir de quoi que ce soit, les unes des autres, ni de se défaire de quoi que ce soit, des unes vers les autres. Etant sans nécessité chacune des autres, elles ignoreraient “l’autrement” de leur état, c’est à dire qu’elle seraient “immuables”. Il ne leur adviendrait rien d’autre, et ne deviendrait rien d’autres d’elles, il ne “se passerait” donc rien entre elles, aucun événement, ni aucune transformation, rien ne bougerait ni ne changerait, ce qui revient à dire clairement, que le temps n’existerait pas.

Partant de là, comprendre une bonne fois que “l’être” se trouve condamné à “l’erreur”, précisément pour pouvoir “être”, puisque cela ne peut bien sûr se faire, que selon le “temps”, c’est comprendre l’origine de toutes nos difficultés, qui sont par le fait rendues inévitables sur cette Terre, selon des “contraintes” qui résultent de la contradiction systématique de nos tentatives d’exactitudes.

Ceci, étant entendu que lorsque nous exerçons, c’est soit pour tenter de combler un manque quelconque, soit pour tenter de nous défaire d’un excédant, et c’est donc forcément dans tous les cas, selon une tentative d’exactitude, qui dès lors, se trouve systématiquement contrariée, pour que nous puissions justement exercer. Car, il doit être également bien entendu, que nous ne pouvons “exercer”, que contre tout ce qui s’oppose à cet exercice. Ceci, en comprenant que nous ne saurions appuyer sur un mur par exemple, si ce mur se dérobait à notre exercice sur lui. Il faut donc dans tous les cas, une contradiction au développement de celui-ci, pour que notre exercice puisse avoir de la consistance.

Il s’agit en cet aspect du cosmos, du principal enseignement contenu dans ce recueil, souvent maladroit et falsifié il faut bien le dire, de la “grande Tradition ésotérique”, que nous connaissons sous l’appellation de la “Bible”. Ceci, dans le fameux épisode de la “Genèse”, où il est fait état de l’erreur fondamentale dite alors, le “péché originel”, qui explique que nous soyons mortels, et chassés du paradis de l’exactitude, qui ne connait pas la contrainte.

Ce n’est pas l’heure pour l’instant, mais nous prendrons une prochaine fois, tout le temps qu’il convient, pour de développer dans toute la richesse de ses multiples significations, cet épisode de la grande Tradition.

Pour le moment, considérons que pour le maintien de notre “être” selon le temps, nous sommes condamnés à constamment devenir “autre”, c’est à dire à parvenir à un “au-delà” de ce que nous sommes déjà, ce qui signifie que nous sommes “obligés” à l’avenir, par le temps. Ceci, selon le sens fondamental de ce en quoi consiste d’ailleurs une “ob-ligation”, c’est à dire le fait d’une “liaison” ( ligation ), “par devant” ( ob ), autrement dit, vers “l’avenir”.

C’est donc bien dans tous les cas de notre exercice, le temps qui, selon ses nécessités contradictoires, nous “oblige”. Ceci, quelque soit la complexité des péripéties de cet exercice, qu’il s’agisse alors du travail, de la création, des arts, de la recherche, de l’amour, de la guerre, ou autre, puisqu’il s’agit d’activités qui ne peuvent manquer de posséder un “ob-jet”, c’est à dire un but projeté ( jet ), par devant ( ob ), autrement dit dans “l’avenir”.

Tout objet de notre exercice étant forcément “à venir”, ceci confirme que c’est bien finalement le temps qui, selon une nécessité de notre être, et par delà toutes les manifestations occasionnelles de celles-ci, nous oblige, dans toutes nos activités.

Nous apercevons ainsi un autre aspect de la contradiction dont nous sommes pétris, selon notre “être”, puisque c’est paradoxalement par une ensemble “d’actes”, que nous tentons d’atteindre “l’ex-act”, c’est à dire ce lieu de “l’exactitude”, qui ne nécessite le fait d’aucun acte, parce qu’il se situe hors du temps, c’est à dire en “éternité”.

A l’opposé de cette éternité, d’un lieu d’exactitude situé au-delà de nous, c’est à dire au-delà de notre “être”, dans ce que nous avons coutume de nommer justement “l’au-delà”, que nous tentons d’atteindre pour l’exactitude, de notre vivant, mais auquel nous ne pouvons finalement accéder, que par le “trépas”, se situe la “temporalité”, d’un lieu de “l’actualité”, c’est à dire de l’ensemble des actes, non seulement dont nous sommes les “sujets”, c’est à dire notre “activité”, mais également de ceux dont nous sommes les objets, selon notre “passivité”.

Observons alors que dans notre collectivité, chacun de nous constitue par son être, l’objet des autres, en leur étant ainsi “futur”, ce qui les “oblige” envers lui. Ceci, de sorte que, l’ensemble des êtres d’une collectivité, constitue globalement, et principalement, ce qui oblige chacun de ses membres, autrement dit, ce par quoi le temps s’exerce sur chacun d’eux, en sous-tendant ainsi leur être.

Ainsi, contrairement à ce que certains pensent encore, une émergence de l’individu n’a pas pu précéder sa “socialisation”, de sorte que l’humain est par nécessité et dès les origines, un être “social”, et il ne peut tenter d’atteindre sa plénitude, autrement dit son “bien être”, hors de ce cadre collectif, et encore moins contre lui...

Comprenons alors que, pour que par ce temps qui nous oblige, selon notre collectivité, “il se passe” pour le mieux, pour nous, et que nous puissions tenter le “bien être”, il nous faut pour cela satisfaire pour le mieux; à ses exigences, c’est à dire à ses nécessités contradictoires, et à ce qui crée sur nous la force de détermination à devenir, donc à exercer et à agir, qui est notre socialisation.

Or, dans notre univers, la tendance à l’erreur, est une tendance naturelle systématique de “tout ce qui est”, relevant en ce sens de “l’universalité” de l’être. Il ne s’agit en fait de rien d’autre, que cette tendance que nous disons “gravitationnelle”, et que nous savons universelle, d’où le rapport de la notion d’erreur à celle de “gravité”. Car, c’est selon cette tendance que, d’une façon générale, “il se forme”, selon le rassemblement gravitationnel d’une pluralité de “parties”, en la singularité d’un “tout”. Ceci, étant entendu qu’il ne peut se constituer d’être, que “sous forme”, ce qui ne peut se faire que selon l’erreur, puisque selon l’exactitude, il ne se forme justement rien.

Dans cette compréhension des choses, la “forme” dont le caractère principal est d’être précisément “fermée”, et dont la ligne directrice de sa réalisation est dans ce sens le “cercle”, constitue selon la “courbure” de cette ligne directrice, une erreur due à une contradiction de la “droiture”, qui constitue quant à elle, la ligne représentative de l’exactitude puisque selon elle, il ne se forme pas.

C’est d’ailleurs ce qui explique qu’aucune formulation d’exactitude, ne peut rendre compte du cercle, selon le fameux problème de la quadrature impossible du cercle, puisque celui-ci procède fondamentalement de l’erreur.

Ainsi, tout dans notre univers, c’est à dire tout ce qui “est”, selon le temps, procède fondamentalement d’une tendance naturelle et systématique à l’erreur, que nous connaissons selon une expression populaire, issue des amères expériences vécues par les uns et les autres, comme étant la “loi du maximum d’emmerdements”, qui est logique de la force de gravitation universelle, selon laquelle “il se forme”.

Comprenant maintenant que la tendance naturelle et systématique à l’erreur, ne peut exercer, qu’en contradiction d’une tendance à l’exactitude qui, n’étant pas naturelle, c’est à dire ne s’imposant pas selon la seule force des choses, ne peut être qu’intentionnelle, en relevant d’une volonté déterminée à cette exactitude, inaccessible selon le temps, mais cependant nécessaire au développement occasionnel de celui-ci, pour un être concerné.

Nous sommes maintenant en mesure de comprendre quelles doivent être nos obligations envers le temps, afin que pour nous “il se passe” pour le mieux, et que nous puissions accéder au bien être, dans la poursuite d’une plénitude de nos êtres.

Nous devons tout d’abord veiller précisément “religieusement”, à nous établir et à demeurer ainsi en toutes circonstances, selon la plus parfaite cohésion sociale possible, car c’est de cette cohésion que naitra, notre détermination à l’avenir et au progrès, et surtout, que se constituera notre capacité à exercer et à agir, afin d’un règlement des difficultés auxquelles nous avons à faire face.

Nous devons d’autre part entretenir là aussi religieusement, un projet de société parfaite, autrement dit une “utopie”, qui n’est évidemment pas à atteindre, et qui ne peut pas l’être, mais qui se doit cependant être constamment poursuivie, afin que par une contradiction naturelle de notre exercice selon cette tendance d’exactitude, il puisse se développer du temps pour nos êtres, et que par cela, il puisse “se passer” pour nous, et pour le mieux.

Dans cette compréhension des choses, ce n’est qu’en nous déterminant au meilleur “avenir”, qu’il nous est possible, par la qualité de “ce qui se passe” alors en cette direction, de nous garantir le meilleur “présent”.

D’autre part, étant obligés selon le temps, nous devons veiller à éviter le définitif, c’est à dire que nous devons faire en sorte qu’il puisse toujours y avoir une “suite”, un “autrement”, et un “autre part”, possibles, à partir d’une situation donnée.

Partant de cela, il est facile de comprendre que notre torpeur actuelle, découle bel et bien fatalement, de notre “défaut” selon ces différents points, à nos obligations.

Il y a tout d’abord, la “désocialisation” dramatique de nos sociétés, qui s’est opérée sous une idéologie totalement malsaine, dite faussement d’ailleurs, “libérale”, de ségrégation, de justification des comportements égoïstes, et de la célébration de la brute prédatrice dite le “gagnant”, au détriment de l’homme socialisé, et qui en réalité a fait de nous tous, des “perdants”...

Sa nocivité totale réside dans le fait que non seulement, elle nous prive de pouvoir connaitre le bien être, mais surtout, parce qu’elle anéantit totalement, par le manque de leur détermination à un avenir défini selon leur concertation, la capacité d’exercice des individus de notre société, en les réduisant à l’immobilisme, tel que nous le constatons...

Ceci pour dire qu’il est temps d’en finir enfin, avec toutes les formes de sectarisme, avec tous les racismes, de race, de sexe, de culture, d’opinion, et de religion, pour que dans notre société enfin solidarisée, les individus puissent retrouver de la “capacité”.

Il y a ensuite, le renoncement aux exigences de “l’utopie”, selon un discours de raison totalement “castrateur”, que pour notre plus grand malheur, les partis politiques de gauche bien mal inspirés, et selon une trahison indigne de leurs idéaux, ont fait leur, et qui fait que, “il ne se passe plus rien”, puisque aucun projet d’exactitude n’est là pour solliciter et orienter notre exercice selon celle-ci, et que cet exercice ne peut plus faire l’objet d’une contradiction naturelle de sa tentative d’exactitude, permettant de lui donner de la consistance.

Hors de cette poursuite de l’utopie, établie selon la logique du temps, nous sommes condamnés à nous agiter d’une façon totalement stérile, et c’est bien ce que nous constatons.
Enfin, et ce n’est pas là, la moindre de nos obligations envers le temps, il nous faut assurer l’avenir et faire en sorte qu’il puisse y avoir suite après nous, en ne manquant pas, par un établissement malheureux de ce qui doit constituer la priorité, de faire les enfants sans lesquels il n’y a tout simplement pas d’avenir...

En fait, tout cela est finalement tout à la fois, banal et moral. Mais il se trouve qu’un des travers de nos sociétés actuelles, c’est que nos contemporains ont désormais perdu de vue, le fait que la morale ne sert pas simplement à satisfaire à un ordre préférentiel et arbitraire des choses, selon nos dispositions affectives, et dont il serait possible de se passer sans pour cela, perdre de l’efficacité productiviste, mais qu’elle est indispensable à la structuration elle-même des sociétés humaines, qui ne peuvent fonctionner correctement, sans une morale.

C’est précisément dans le but d’éviter une rupture du peuple avec ses obligations, qui aurait risqué de mettre fin à leur civilisation, que les Egyptiens bâtirent le grand Sphinx.

Ce grand Sphinx constituait alors le “simulacre” formel de “l’obligation” de l’Egypte, autrement dit, l’élément matériel par lequel s’opérait sur elle, sa soumission à la “Loi”, c’est à dire l’exercice sur elle, d’une puissante métaphysique, logique du développement du temps. Celle-ci va sous-tendre et maintenir cette brillante civilisation durant près de quatre mille ans, laquelle aurait fort bien pu continuer encore, si elle n’avait pris fin sous les attaques brutales, des Assyriens, des Perses, des Grecs, et des Romains, donc d’éléments étrangers à son fait.

Ainsi, se savoir fondamentalement soumis à la “Loi”, et par le fait, dans l’obligation absolue “d’observer”, selon les contraintes de celle-ci, telle est la toute première connaissance des choses qu’il importe aux humains d’acquérir, sous peine de se retrouver dans une incohérence qui ne peut manquer de leur être fatale.

En Egypte, le grand Sphinx était dit, “ Hor-m-akhet”, nom qui fut ensuite hellénisé en “Harmakis”, et signifiant, “Horus de l’horizon”.

Dans la sagesse égyptienne, “Hor”, dont le nom fut latinisé en “Horus”, est un dieu aux attributions si diverses, que certains spécialistes pensent que ce nom regroupe en réalité, une pluralité de divinités.

Pour ce qui nous concerne ici, c’est à dire pour son implication quant à des questions concernant le temps, nous l’envisagerons pour sa qualité de fils “d’Osiris”, cette divinité de l’au-delà, dont les égyptologues, avec la structure psychique d’homme occidental qui est la leur, pour la plupart d’entre eux, ont fait un triste dieu du royaume des morts.

Nous l’envisagerons quant à nous ici, en étant dégagés de cette vision occidentale, comme une divinité de “l’au-delà”, c’est à dire tout simplement de l’avenir, de la réapparition, et de la renaissance, en considérant que la mort n’est en fait, qu’un plongeon dans l’avenir, et que les Egyptiens n’étaient pas du tout préoccupés à ce point de la mort, comme le laisseraient penser les comptes-rendus des égyptologues, puisque celle-ci n’est qu’un passage, le “trépas”, mais qu’ils étaient en fait préoccupés, de ce qui se trouvait “au-delà” de ce trépas, “l’avenir”. Et ceci, comme tous les autres peuples de l’antiquité, y compris ceux de l’Amérique précolombienne, et on pourrait presque dire, comme tous les peuples non occidentaux.

Osiris participant comme principe de réapparition, de ce qui nous détermine à l’avenir, c’est à dire le temps, son fils Horus était quant à lui représenté sous l’aspect d’un “faucon”, qui participait d’une signification de la royauté.

Le faucon est un animal qui possède comme caractéristique particulière, une acuité visuelle absolument exceptionnelle, puisqu’elle lui permet de détecter un malheureux pigeon, situé à plusieurs kilomètres de lui, et d’en faire son “objet”, lequel selon ce que nous avons vu précédemment, lui est “futur”.

Le faucon est donc dans cette compréhension des choses, un animal capable d’envisager le “futur lointain”, autrement dit capable de “prévoir”, et c’est en ce sens qu’il symbolisait, ce qui doit être la qualité première d’un roi, ou d’un gouvernant quelconque, c’est à dire la capacité à “prévoir”.

C’est donc logiquement qu’en tant que principe de prévoyance, à charge de la royauté, Horus était apparenté à un principe d’avenir, Osiris.

L’horizon constitue la limite de ce qui nous est visible. La prévoyance consistait donc à voir au-delà de cet horizon, et c’est pour cela que la fonction de prévoyance dévolue au grand Sphinx, comme obligation à travers lui, faite au peuple égyptien uni en la personne de son “pharaon”, en faisait “Hor-m-akhet”, c’est à dire “l’Horus de l’horizon”, ou encore Harmakis. C’est d’ailleurs en ce sens qu’Horus lui-même était souvent dit, “ Horakty”.

Cependant, des initiés grecs, s’étant faits à la sagesse égyptienne, l’ont désigné selon un autre aspect de sa fonction, comme étant précisément un “sphynx”, c’est à dire ce par quoi, sous la prévoyance de son pharaon, s’opère la “contrainte” d’un peuple obligé selon le temps. Ceci, selon le mot grec “sphynge”, signifiant la contrainte, et découlant d’une forme conjuguée d’un verbe “sphyngô”, signifiant “étrangler”.

Cette contrainte se manifestait alors selon deux tendances contradictoires, d’abord, la tendance selon laquelle la pluralité des membres de ce peuple se trouvait “obligée”, à se fondre en la singularité d’un “tout”, autrement dit d’un “soleil” de cette pluralité, et dont le pharaon en était la représentation. Ceci, selon une signification de ce terme “soleil”, concernant laquelle je vous renvoie à un article publié précédemment ici même, et intitulé : “Le nouvel élu sera-t-il un président soleil...”

Dans ce sens, le grand Sphinx était précisément “orienté”, c’est à dire disposé en direction de “l’orient”, de façon à se situer à l’équinoxe, en direction du “soleil levant”. Ceci, afin qu’à travers lui, la métaphysique “solaire”, qui préside à la “solidarité” du peuple, et à son “élévation”, ou si l’on préfère, à son “éducation”, puisse s’exercer sur celui-ci avec le maximum d’efficacité.

Il s’agit là bien sûr, d’une tendance “culturelle”, aux implications “intentionnelles”, sur nos êtres, et grâce à laquelle, en étant ainsi déterminé à l’exactitude, il nous est possible d’atteindre notre “excellence”.

Cette métaphysique informelle, possède une corrélation formelle, nécessaire à son exercice sur les individus, en la tête humaine du Sphinx, qui est précisément la marque de “l’humanité” de cet animal bipède humanisé que nous disons “homme”, et telle que cette humanité s’oppose à son “animalité”.

De fait, s’oppose donc à cette tendance culturelle d’exactitude, en la contrariant, une tendance “naturelle” à l’erreur, à l’implication “gravitationnelle” sur nos êtres, c’est à dire en fait, “égoïste”, grâce à laquelle il nous est possible d’avoir “consistance”, et dont la corrélation formelle est le corps de lion, correspondant à la fonction “prédatrice” du bipède, autrement dit à son “animalité”, laquelle participe conjointement, en contradiction de son “humanité”, au fait de l’homme.

Le sphinx signifiait donc bien ainsi tel qu’en lui même, c’est à dire en tant qu’hybride homme/animal, qu’une contrainte était systématique du fait même de l’humain, par le fait que celui-ci se réalisait selon son être, d’une contradiction de ce qui l’oblige selon son humanité, c’est à dire sa détermination culturelle qui le fonde précisément en tant qu’homme, signifiée par une tête humaine, par ce qui l’oblige selon son animalité, c’est à dire sa détermination naturelle de prédateur, signifiée par un corps de lion.

D’autre part, une contrainte logique de la “condition humaine”, était due au fait que les individus de notre humanité, se trouvaient obligés dans leur faits et gestes, selon les nécessités de leur collectivité. Cette contrainte se trouvait signifié, par l’orientation du Sphinx en direction du soleil levant.

En fait, si ce grand Sphinx, simulacre formel nécessaire à l’exercice en Egypte, d’une métaphysique établissant la soumission des Egyptiens, unis derrière leur pharaon, à la Loi, n’avait existé, cette civilisation ne se serait certainement pas développée avec la magnificence que nous lui connaissons. Ceci, parce qu’il faut bien qu’il y ait une “représentation” d’une métaphysique, pour que celle-ci puisse être déterminante.

Décrire ici, la modalité exacte de la “magie” qui s’opérait par le moyen du grand Sphinx, et dont l’exercice sur le peuple égyptien, est à l’origine de sa brillante civilisation, nous entrainerait beaucoup trop loin dans des considérations assez délicates de la haute métaphysique, et bien sûr, nécessiterait des pages...Mais, je me propose là également, de vous en faire part, à l’occasion d’un prochain article, qui ne sera consacré qu’à cette question.

Cette nécessité du Sphinx afin de la civilisation égyptienne, semble donner raison à ces quelques chercheurs iconoclastes, qui, constatant que le Sphinx souffre d’une érosion beaucoup plus accentuée que les autres monuments du plateau de Gizeh, et surtout d’une érosion qui aurait selon eux été due, non pas au vent et au sable, comme c’est le cas pour ces autres monuments, mais à l’eau d’importantes précipitations, font reculer l’origine de ce mystérieux monument jusqu’aux époques où existait encore en Egypte un régime de mousson. Il faudrait donc pour cela, remonter jusqu’aux alentours de 10 000 ans avant JC, en faisant ainsi de la réalisation de ce monument, celle d’une autre grande civilisation, dont l’Egypte aurait par le fait hérité.

D’un point de vue de la métaphysique liée à ce monument, nous comprendrons qu’il n’y a pas lieu en effet, qu’il ait succédé à la réalisation de la grande pyramide de Chéops, comme l’entendent ceux qui en font une œuvre de son fils Khephren, mais bien qu’il l’ait précédé, pour justement en rendre la construction possible.

Quoi qu’il en soit, retenons surtout ici son message, à savoir que nous ne saurions être, sans avoir à faire face à l’épreuve, et que nous devons nous garder de faire injure au temps, sous peine d’anéantissement, et que la logique fonctionnelle de celui-ci nous oblige, à une ardente “socialisation”, et à la quête permanente du mieux, en vue d’une société idéale.


Paris, le 19 mai 2012
Richard Pulvar

jeudi 17 mai 2012

LE NOUVEL ELU POURRA-T-IL DEVENIR UN PRESIDENT “ SOLEIL ”, C’EST A DIRE UN “RASSEMBLEUR”



Il le faudrait pourtant...

La notion de “soleil” concernant le représentant d’un peuple, ne fut pas une invention du grand Louis XIV, même si celui-ci poussa “l’absolutisme” jusqu’à se déclarer être “l’état”, lui-même, par delà le seul rassemblement en lui, de ses sujets.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de la lire, je reprends ici l’explication de cette appellation, que j’ai donnée dans un article précédent.

Considérons donc d’un point de vue “cosmologique”, c’est à dire du point de vue de cet ordre logique des choses qui, selon un mot grec qui signifie “ordre”, se dit le “cosmos”, qui régit notre univers dans tous ses aspects, et dont la représentation qui nous est la plus évidente, que nous reconnaissons habituellement par ce nom, est “l’ordre des objets célestes”, que :

La corrélation “singulière”, d’une autre “singularité”, se dit tout simplement le “pareil” de celle-ci.

Mais, la corrélation singulière, cette fois, d’une “pluralité”, ne peut pas se dire le pareil de celle-ci, puisqu’il ne peut justement pas y avoir “parité”, autrement dit le fait de constitution d’une “paire”, selon le rapport d’une singularité à une pluralité.

Il s’agit donc dans le cas de cette corrélation singulière d’une pluralité, autrement dit, en la singularité qui “représente” cette pluralité, du “soleil” de celle-ci.

Ce terme est construit à partir du latin “sol”, qui se décline en “solis”, et qui désigne le soleil, selon une parenté sémantique avec l’adjectif “solus”, qui désigne ce qui est “unique”.
Ainsi, notre soleil astronomique constitue-t-il la corrélation singulière, de la pluralité des planètes de son système.

C’est pourquoi dans les temps anciens, et bien avant Louis XIV, le “Roi” qui par la singularité de sa personne, représentait la pluralité précisément, de ses “sujets”, autrement dit de ceux qui se trouvaient “sous-jacents” à sa royauté, était-t-il dit le “soleil” de son peuple.
C’est d’ailleurs le même mot “Re”, qui chez les anciens Egyptiens, désignait indistinctement le “Roi, et le “soleil”.

En réalité, la raison profonde de l’utilisation de cette métaphore, réside dans le fait que ce n’est que par la “confiance” qu’ils placent en lui, et donc par l’attente de ses sujets, en un roi en lequel ils se reconnaissent volontiers, que celui-ci peut avoir la capacité d’atteindre son “excellence”, et en quelque sorte de “briller” par sa gouvernance, pour le meilleur de ses sujets...

Ceci, de la même façon que ce n’est que par “l’attraction”, logique d’une “attente”, qu’exercent les planètes de son système sur lui, que notre soleil peut “avoir lieu”, de briller.

Ceci signifie que s’il n’y avait pas ce soleil, il tombe facilement sous notre sens à tous, qu’il ne se serait pas constitué autour de lui, un cortège de planètes. Mais ce qui est tout aussi vrai, mais que nous soupçonnons rarement, persuadés que nous sommes a priori, que le fait de notre soleil tel qu’il est, a précédé celui des planètes ensuite constituées autour de lui, c’est que celui-ci n’aurait absolument pas la qualité d’un tel “soleil”, sans ces planètes, c’est à dire qu’il ne brillerait pas de la même façon, s’il n’était entouré de celles-ci, et s’il n’y avait que le “fond de l’univers”, pour solliciter son rayonnement.

Comprenons en effet, que le rapport énergétique selon lequel notre soleil envoi, en tant que lumière, chaleur, ou d’autres manifestation électromagnétiques, de l’énergie en direction des planètes de son système, s’effectue forcément selon une “dynamique”, laquelle sous tend ce “passage”.
Or, il se produit une “dynamique”, entre deux degrés différents d’une même grandeur, correspondant ainsi à une “différence de potentiel” de celle-ci. Et, c’est selon cette différence de potentiel, “qu’il se passe ”, une quantité de cette grandeur, d’un degré supérieur vers un degré inférieur de celle-ci, autrement dit du “plus”, vers le “moins”.

S’il s’agit en cette grandeur, d’une capacité gravitationnelle, autrement dit d’une hauteur, il se passe alors selon elle, du plan le plus haut, vers celui le moins haut...

S’il s’agit d’une capacité thermique, il se passe du plus chaud vers le moins chaud...

S’il s’agit d’une capacité électrique, il se passe du plus de charge électrique, vers le moins de charge électrique, ce que nous avons l’habitude de dire simplement, du plus vers le moins...

C’est donc par définition, selon une “dualité” que s’établit une “dynamique” autrement dit, la capacité énergétique d’un exercice quelconque.

Ceci signifie qu’il n’y a pas de capacité énergétique possible, d’un fait isolé, constitué comme étant “un”. Il s’agit alors constitué comme tel, d’un fait “nominal”, en ce sens que, d’un point de vue cosmologique, le “nom”, est ce par quoi une pluralité de parties se trouve constituée en un “tout”, autrement dit, comme si celles-ci n’en formaient plus “qu’une”.

Dans cette compréhension cosmologique des choses, nous pourrions donc parler de disposition “bi-nominale”, concernant une disposition “dy-namique”.

Ceci signifie qu’il peut se produire une dynamique entre les parties “sous-jacentes” à un tout, par des échanges énergétiques qui s’opèrent entre elles, mais il ne peut absolument pas se produire de dynamique, et donc par le fait, pas de manifestation énergétique de la part d’un “tout”, selon lui-même, c’est à dire comme si celui-ci se trouvait isolé, sans relation avec quelque autre entité.

S’il n’y avait ses planètes, qui constituent d’un point de vue énergétique le “moins” du système, le soleil qui quant à lui en constitue le “plus”, n’aurait précisément pas “lieu” de rayonner, faute de dynamique pour cela, et n’en serait donc pas un, ou du moins, pas de cette qualité, puisqu’il ne lui resterait alors que le fond de l’univers, vers lequel rayonner.

Ceci, aussi certainement qu’il ne s’écoulerait pas d’eau d’une réserve, qui en constituerait le “plus”, s’il ne se trouvait un “moins”, c’est à dire un plan plus bas que celui de cette réserve, pour la recevoir.

Cette réciprocité de la raison d’être de l’un selon les autres, qui se trouve établie entre le soleil et les planètes de son système, étant précisée, soyons bien attentifs maintenant, au fait que la corrélation cosmologique de ce rapport, entre un roi et ses sujets, c’est que si celui-ci ne se révèle pas comme étant effectivement le “soleil” de ceux-ci, parce qu’il n’a pas su s’en montrer le rassembleur, et qu’il ne bénéficie plus dès lors, de leur confiance, c’est toute la dynamique qui permet normalement à ce roi de briller, et à ses sujet de bénéficier de ses lumières, qui se trouve ruinée...

Ceci revient à dire que la “dynamique” qui sous-tend “l’être” même d’une nation, et qui permet à la fois, à son “représentant” d’être bien inspiré dans sa gouvernance, et à ses administrés d’être bien “déterminés” selon cette direction, en leur permettant ainsi d’agir efficacement afin du bon règlement des problèmes que posent les nécessités de leur existence, ne peut être établie que si ce représentant se trouve reconnu et agréé comme tel par tous, et qu’il bénéficie de leur pleine confiance.

Tout l’échec de la présidence qui vient de s’achever, tient au fait qu’elle à vu sévir au poste de celui qui aurait du être un “rassembleur”, tout au contraire un “diviseur”, qui n’a eu de cesse d’opposer des catégories de la population à d’autres, et qui à conduit son action sur l’idée absolument ahurissante, selon laquelle il suffisait du concours d’une frange seulement de la population, les “bons” selon lui, pour que par leur seul dynamisme, il soit possible de parvenir au règlement des difficiles question qui se posaient déjà à celle-ci, lorsqu’il est parvenu au pouvoir.

Nous sommes aujourd’hui à l’heure de constater le bilan catastrophique, d’une politique qui fut en tous ses aspects, constamment sous-tendue par cette sottise conceptuelle...

Tout le challenge du nouveau président, sera de parvenir à faire fonctionner la nation comme un seul homme, et pour cela, de gagner la confiance d’un maximum de ses citoyens. Car, c’est la condition pour que grâce à l’effet de leur attente exerçant sur lui, il devienne un président bien inspiré, et pour qu’une saine dynamique de son “être”, permette à cette nation, grâce à des citoyens bien “déterminés”, de sortir des difficultés qui l’étreignent actuellement.

Le voudra-t-il, en sera-t-il préoccupé, et en sera-t-il capable, telle est la question ?


Paris, le 17 mai 2012
Richard Pulvar