lundi 11 juin 2012

BRISER LES MIROIRS DEFORMANTS




Ce système médiatique ne gagne son argent, qu’en servant à une clientèle particulière, qui se prétend volontiers comme étant de plein droit, la propriétaire exclusive de la nation, les images les plus négatives possibles des minorités auxquelles cette catégorie de gens, conteste précisément, leur séjour en ce pays. Ceci, afin de lui fournir taillés à sa mesure, de justes prétexte pour cette volonté d’exclusion, et lui permettre se faisant, de s’attribuer aussi facilement qu’il lui suffit de se le dire à elle-même, tous les mérites de cette société, en se dégageant symétriquement bien sûr, de toute responsabilité quant à ses échecs. Ceci, comme s’il était possible que dans une société, le fait des uns, soit indifférent au fait des autres...

Que signifierait la réussite dans une société où elle serait la même pour tous, et symétriquement, par quoi se signalerait l’échec, si nous étions tous en proie aux mêmes tourments ?

Il doit donc être bien clair une bonne fois pour toutes, que dans une société comme la nôtre, où nous sommes à ce point rendus “dépendants” les uns des autres, la réussite des uns, n’a de sens et ne s’obtient qu’au prix, sinon de la défaite des autres, le terme serait trop fort, mais pour le moins, au prix de leur “modestie”. Des lors, cette modestie ne doit pas être tenue pour infamante, car elle constitue la condition même, absolument indispensable à la réussite des premiers.

Ce qui est absolument ahurissant, c’est de voir comment tous ces crâneurs, prédateurs, et égocentriques, se lèvent le matin, se rendent aux toilettes, en se moquant pas mal de savoir par quel miracle les eaux usées sont-elles évacuées, se rendent dans leur salle de bain, en se moquant de savoir par quel miracle il y a-t-il de l’eau, préparent leur café en se moquant de savoir par quel miracle il y a-t-il de l’électricité, et quelque chose à manger, s’habillent en se moquant de savoir par quel miracle les habits sont fabriqués, transportés, et commercialisés.

Ils s’installent ensuite leur voiture en se moquant de savoir par quel miracle à-t-elle été fabriquée, puis prennent la route en se moquant de savoir par quel miracle celle-ci existe, et se trouve entretenue, et parviennent à leur bureau en se moquant de savoir par quel miracle ils disposent afin de leur travail, du courrier, du téléphone, de l’internet, de tous les services extérieurs, et surtout de tous ceux fournis par leurs collaborateurs, sans lesquels ils ne seraient absolument pas en mesure de faire le moindre geste intelligent et productif.

Ainsi, ces individus qui, sans le concours de tout ces gens pour lesquels ils n’ont qu’un profond mépris, vivraient tout simplement à poil, à la belle étoile, sans rien pour se laver, et surtout sans rien à becqueter, et ne disposerait même pas d’une feuille de papier ni d’un simple crayon, pour pouvoir prétendre leur génie, mais qui en proie à l’avidité et à la convoitise, sont parvenus à se hisser à des postes constituant leur privilège, prétendent-ils que c’est eux qui font tourner le pays, et réclament-ils pour eux-seuls les bénéfices de la globalité des actions à laquelle ils ne font que participer, comme les autres...

Le fait incontestable c’est que s’il n’était le concours, par le fait même de notre constitution en collectivités d’individus, de tous ces gens qui s’acceptent dans leur modestie, non pas par médiocrité, mais tout simplement parce qu’ils donnent à leur vie un tout autre sens que la poursuite effrénée du pouvoir et de la possession, rien, absolument rien, de la réussite de tous ces crâneurs et de ces profiteurs, ne serait possible...

Ceci pour dire qu’une société se doit d’encourager à la réussite certains de ses fils, pour son bénéfice global, et non pas pour que ces derniers se réalisent en simples profiteurs. Dès lors, leur réussite doit se constater positivement, par le bénéfice global que la société en récupère, et les vaillants doivent pouvoir se positionner de façon “positive” en disant :

“Voici ce que je suis, car voici ce que j’ai fait”.

Malheureusement, c’est justement cette détermination positive qui fait cruellement défaut aujourd’hui, où les profits énormes des uns, correspondent à la défaite totale des autres.
Dans ces conditions, les crâneurs et les profiteurs ne pouvant plus dire ce qu’ils sont, par ce qu’ils font, s’emploient alors à se positionner de façon “négative”, en disant :

“Voici ce que je ne suis pas, car voici ce que je ne fais pas”

Ainsi, pour se donner du poids par ce positionnement négatif, s’emploient-ils avec la complicité des médias, à salir autant qu’ils le peuvent et à longueur de temps, tous ceux avec lesquels ils veulent établir leur différence, en relatant à longueur d’éditoriaux, la défaite morale et sociale de certains enfants des minorités, qui depuis le berceau, n’ont pas bénéficié de l’encadrement qui aurait du faire d’eux, des hommes pleins de fierté et de responsabilité.

Or, il est bien connu que pointer du doigt le défaut de l’autre, ce n’est certainement pas pour l’aider à en sortir, et que la mise sans cesse en évidence de la défaite de certains des quartiers, est devenu le filon que s’emploient à exploiter dans leur lâcheté, les prédateurs, pour maintenir ces enfants désorientés, dans leur errance.

Dans ces conditions, le pire des dangers, c’est l’identification confuse par eux-mêmes, à cause de ce véritable “lavage de cerveau”, de ces hommes fragiles avec l’image détestable que les profiteurs leur renvoient sans cesse, en se prétendant n’en être que les miroirs.

Il faut donc briser ces miroirs déformants, qui renvoient aux minorités, des images qui permettent des généralisations outrancières, afin de priver de ressource les ressortissants de ces minorités. Ceci, à force de leur répéter par ces images, en finissant par les convaincre, qu’ils n’en possèdent pas...

C’est pourquoi, un travail de militant consiste désormais, à faire la promotion des images positives des minorités, telles que celle de cette jeune femme pilote de jet, pour que ceux des quartiers comprennent que rien ne leur est inaccessible, et pour faire à l’occasion un joyeux pied de nez à tous ces crâneurs, qui ne soupçonnent même pas, lorsqu’ils s’en vont prendre leur avion pour s’en aller traiter leurs importantes affaires, qui donc pilote cet avion...


Paris, le 3 juin 2012
Richard Pulvar