lundi 23 septembre 2013

UNE SOCIETE QUI PRETEND QUE SES ECHECS DE SONT PAS LES SIENS, EN LES APPELANT “ RACAILLES ”



Pour des raisons dont nous n’avons pas encore à ce jour une compréhension suffisante, mais qui sous un autre éclairage apparaitront certainement aux historiens du futur, et dont la manifestation la plus évidente d’un mal profond mais toujours nié qui la ronge, aura été son vieillissement constant, la société française est parvenue aujourd’hui au bout de ces quarante années harassantes d’une implacable dégringolade, dans un état dramatique de “dissolution”. Et, la violente controverse qui l’a secouée dans cette affaire de bijoutier ayant abattu l’homme qui l’avait dévalisé, où des citoyens ont considéré qu’il était très bien de transgresser la loi pour tuer l’homme défaillant tout simplement parce que tel, et en se moquant totalement de savoir pourquoi il l’était, l’a parfaitement illustrée. Désormais, il faudrait être aveugle ou de la pire mauvaise foi, pour continuer à nier ce mal indicible mais profond qui l’accable, avec ses relents fascisants...

Cette société dissolue n’a par conséquent pas pu manquer de se trouver en proie à la régression sociale et économique, à la défaite culturelle et au déni de progrès, à l’abrutissement du débat public, au manque total d’exigence et d’ambition, et à la résignation désenchantée. De plus, et selon des mécanismes qui sont pourtant connus depuis la lointaine antiquité, où on savait bien que la bonne tenue des individus était indissociable d’une bonne tenue de leur société, elle n’a pas manqué d’être en proie à des désordres, à des manquements constants aux règles et aux civilités les plus élémentaires, et à l’explosion d’une délinquance que malgré bien des menaces de répression en effets d’annonce, personne n’est plus parvenu à maitriser...

Toutes les nations occidentales, et toutes celles qui pour leur développement, avaient adopté le modèle occidental, se sont trouvées à un instant, mais dans des proportions variables il est vrai, à devoir faire face aux mêmes difficultés. Il s’est alors avéré assez rapidement que, sous le couvert de crise économique ou financière, il s’agissait en réalité la crise de tout un système qui avait été rendu totalement anachronique, et ce, par son propre fonctionnement. Ceci, avec tout le cortège de dérèglements que cette crise aura provoqué au niveau d’une jeunesse déboussolée, parce que soudainement privée d’horizon, chez laquelle on a vu renaitre comme un effet de mode, le tabagisme et l’alcoolisme qu’on avait cru un instant en voie d’être vaincus, alliés à un individualisme, un égocentrisme, et un consumérisme exacerbé.

Parce qu’ils n’avaient pas le beau prétexte dont on se paie aussi facilement en France, les dirigeants de la plupart de ces nations et surtout de celle qui défraie régulièrement la chronique parce que chez elle, de jeunes fous totalement disjonctés s’en viennent de temps à autre assassiner d’autres jeunes dans les collèges et sur les campus, ont bien rattaché toutes ces aberrations comportementales aux autres aspects problématiques de leur société, en comprenant bien qu’on ne peut pas traiter de la délinquance et du crime, comme s’il s’agissait de phénomènes auto-générés et sans causes sociales.

Mais telle ne sera pas, pour des raisons qui sont liées à toutes les haines accumulées, tant à cause de l’histoire coloniale de ce pays et les conclusions dramatique qui furent les siennes, qu’à cause de son histoire économique où il dut faire appel à des hommes issus de ses anciennes colonies, nécessaires, mais non désirés, l’attitude des responsables français.

En effet, bénéficiant de la complicité, de la servilité, et de la compromission de toute la classe politico-médiatique, ceux-ci vont commodément trouver à se réfugier sans cesse, pour n’avoir nulle critique à affronter quant à leur mission sacré de prévoir et de pourvoir pour le bien être de la société, derrière la seule et avantageuse explication qui permet tout à la fois d’expliquer, tous les dysfonctionnements de cette société française, et l’incapacité totale dans laquelle se trouveraient fatalement ses dirigeants pour y mettre fin, la “race”...

C’est ainsi que bien loin de ces années où, face aux émeutes raciales qui incendiaient l’Amérique, et face au système terrifiant qui s’était abattu sur l’Afrique du sud, les voix de la liberté dénonçaient ces hontes depuis Paris, dans une France qui était alors la superpuissance culturelle du monde, ce pays de France est devenu en l’espace de quelques années seulement, par la lâcheté de ses dirigeants, la nation au monde la plus totalement, la plus brutalement, et surtout la plus stupidement raciste, des nations civilisées de cette planète. Et, comble de tout cela, voici qu’elle se trouve aujourd’hui sous la critique au vitriol des antiracistes américains et sud africains, c’est dire...!

Dire de ce pays qu’il est devenu le plus totalement raciste des nations civilisées, c’est constater simplement que tous les problèmes, absolument tous, qui se posent à lui, comme ces problèmes se posent cependant ailleurs à toutes les autres nations, ont tous été ici, “racialisés”.

Il n’y a en effet pas une seule question, mais vraiment pas une seule, qu’il s’agisse de l’échec scolaire, de l’illettrisme, du chômage des jeunes, du chômage global, de l’insalubrité de l’habitat, du vandalisme, des incivilités, de l’insécurité, des trafics en tous genre, de la délinquance, de l’encombrement des tribunaux, des prisons, et même des hôpitaux, et des déficits sociaux, et tout le reste, où on ne nous sort pas “in fine“ comme explication béton, l’origine “issus de l’immigration” des jeunes des quartiers qui sont dits pour la circonstance, “défavorisés”.

Le tour de passe-passe malpropre consiste à dire que ceux qui se trouvent en échec dans cette société, ne le sont pas parce que cette société dissolue les a conduit à l’échec, mais parce qu’ils étaient en quelque sorte “prédisposés” du fait de leurs origines, à échouer, et qu’il n’y a donc pas lieu de faire de critique ni aux gestionnaires, ni aux mécanismes d’un système qui leur avait pourtant offert, tel que cela se trouve proclamé, toutes les chances...

Et tout ceci en est allé jusqu’au grotesque puisque dans un pays qui a pourtant établi, depuis les jacqueries du moyen âge, en passant par la “fronde”, par trois terribles révolutions, par la commune de Paris, et jusqu’aux furieuses luttes sociales de 1936 et 1968, une grande tradition de mobilisation populaire contre le système établi, voici que quant s’est produite la révolte des banlieues de 2005, provoquée par une bavure policière mais sous-tendue par une réelle souffrance dans les quartiers, c’est encore une fois par l’origine des révoltés qui avaient justement faite leur, cette tradition, qu’on a prétendu donner une explication aux faits...!

Personne ne peut manquer de comprendre que c’est logiquement dans les classes les plus défavorisées d’une société, qu’il va se produire le plus d’échecs, et on n’annonce rien d’extraordinaire en disant cela. De la même façon, il est facile de comprendre que plus cette société fonctionnera mal, c’est à dire plus ceux qui la dirigent se montreront incompétents, plus le nombre de citoyens se trouvant en échec augmentera, et constatant cette augmentation, ces dirigeants devraient les premiers battre leur coulpe, pour ne pas avoir permis pas la prise des meilleures dispositions, à cette société de contenir puis restreindre, ce taux d’échecs.

En clair, si les choses vont de plus en plus mal dans une société, c’est forcément d’une responsabilité collective de celle-ci, via ses dirigeants, qu’il faut faire appel, et on ne voit vraiment pas quoi d’autre que cette force publique, devrait prendre à charge de traiter pour le mieux cette question, et en assumer l’entière responsabilité en cas d’échec...

Mais dans ce pays de France qui ne s’offre depuis des années que des dirigeants de la pire lâcheté, censés selon ce caractère représenter leurs électeurs, ce n’est pas ainsi que les choses se passent parce qu’il se trouve que les classes les plus modestes de ce pays, sont issues logiquement du fait migratoire par lequel des gens d’ailleurs et donc d’autres races d’hommes, sont venus s’offrir pour œuvrer ici. Bien sûr, ces gens n’étaient évidemment pas du niveau social et culturel européen, de sorte que la force publique aurait du s’attacher en toute responsabilité, c’est-à-dire en y mettant tous les moyens, à favoriser le rattrapage, sinon de ces migrants eux-mêmes mais pour le moins, de leurs descendants nés sur le sol de France et par le fait, citoyens de ce pays...

Cependant, dans la mesure où ces gens étaient de race noire ou maghrébine, les dirigeants honteux on trouvé la facilité de se soustraire à leur charge, en laissant entendre à des citoyens qui, la nature humaine étant ainsi, en étaient déjà intimement convaincus, que si les choses allaient de plus en plus mal dans ce pays, que si l’insécurité gagnait partout et que la délinquance augmentait follement, ce n’était pas du tout parce qu’ils auraient manqué de prévoir et de pouvoir aux nécessités de cette société, mais tout simplement parce que les délinquants étaient des hommes de race noire ou maghrébine...!

Ce n’est donc pas aux yeux du peuple, ces dirigeants incapables qui seraient en cause, et personne ne leur en fait d'ailleurs reproche, de sorte qu’ils sont les premiers à se plaindre bruyamment de désordres qu’ils avaient pourtant pour mission sacrée d’épargner à la nation, en invoquant même sous les applaudissements d’un public ravi, la malfaisance des races délinquantes.

Ce n’est donc pas une société inadaptée aux nécessités de sa propre constitution, ni une nation incapable de faire face dignement à sa difficulté en assumant les conséquences logiques de son histoire coloniale et de ce que furent ses nécessités économiques, ce n’est pas non plus parce que des quartiers entiers ont été totalement abandonnés à leur sort de résidence concentrationnaire de tous les échecs, mais tout simplement, et bien sûr personne n’y peut rien, au caractère racial irrécupérable de ces gens qui font que, quoi que l’on mettra en place, étant mauvais par nature ils ne pourront que le rester...

Bien sûr, personne ne sera jamais en mesure d’établir quels sont les “marqueurs génétiques” de la délinquance, qui condamneraient aux abysses de la déchéance les hommes appartenant à ces races, et personne ne se risquerait même de tenter de le faire, tous ces gens étant bien conscients dans le fond, que ceci n’a aucun sens. Mais ce mensonge leur est si agréable, il les disculpe de tant de lâchetés et d’irresponsabilité, qu’ils s’en abreuvent avec délectation.

Ainsi tout un peuple se plait-il à considérer tous ces jeunes des quartiers qui sont pourtant nés dans ce pays, qui n’ont jamais rien connu d’autre que celui-ci, et qui en sont les citoyens, que dans l’état lamentable dans lequel cette société les a abandonnés, ils n’en font pas partie...

On considère alors qu'ils ne sont pas d’ici, ils seraient un produit exogène du fait de l’origine étrangère de leurs parents, un mal venu d’ailleurs qui aurait frappé la nation dans le dos, un mal dont elle ne serait absolument en rien responsable, et sans lequel bien sûr, tout irait pour le mieux dans ce pays de France...

Partant de là, les citoyens de ce pays ont les yeux de Chimène pour un parti qui leur promet qu’il possède les moyens d’éradiquer ce mal, et qu’une fois porté au pouvoir, par son action sanitaire et salutaire, il fera en sorte que les races délinquantes disparaissent des rues de la cité...

Non vous ne rêvez pas, nous sommes bien dans la nation qui se réclame comme étant la fondatrice des droits de l’homme, et qui possède un siège de membre permanent au conseil de sécurité des Nations Unies...

Il est plus que temps que les uns et les autres, tout le monde réagisse dans ce pays, pour assumer notre responsabilité les uns des autres, et surtout de tous ces jeunes si précieux et pourtant stupidement gaspillés, alors même que nous en manquons, car, qui peut croire que sous le regard du ciel, tant de lâchetés resteront sans châtiment ?

Paris, le 19 septembre 2013
Richard Pulvar