samedi 1 juin 2013

QUAND UN RACISME SE JUSTIFIE D’UN AUTRE



La question soulevée à l’occasion du 10 mai, de la “réparation” qui serait due par l’état français, aux descendants d’esclaves devenus depuis ses citoyens, était pour le moins une monumentale ânerie, à différents titres, ou pour le pire, une infâme machination destinée à porter atteinte à l’intégrité de la nation, de la part d’un groupe constitué d’individus incertains, rassemblés sur la base d’une étiquette fallacieuse. Ce groupe “fausse bannière”, fut en effet créé et se trouve ardemment soutenu, par une mafia traitresse et antinationale, entièrement vouée à ne servir qu’une puissance étrangère malfaisante, à laquelle elle s’identifie...

Si les nations ne devaient être constituées que d’individus qui s’adorent, il n’y aurait pas une seule nation constituée à la surface de cette Terre...

Ceci pour dire que le cadre national est un cadre de solidarité, destiné à rassembler et à maintenir ainsi, des individus qui autrement s’affronteraient probablement, en leur donnant tout à la fois, de bonnes raisons de coopérer, telles que le développement et le progrès social, et des moyens pour renforcer leur solidarité, qu’ils soient culturels, comme la langue et bien souvent, la croyance, ou institutionnels, tels que l’égalité devant la loi, et l’identité de la citoyenneté.

Comme tel, le cadre national permet et fort heureusement, l’expression de la diversité, mais il ne doit surtout pas être porté atteinte à ce qui constitue le “ciment” même de la nation, à savoir la stricte identité pour tous, de la citoyenneté.

Dans ces conditions, la véritable question qui se pose aux Antillais descendants d’esclaves, quant à cette revendication que des faussaires prétendent être la leur, est de savoir si oui ou non, ils s’acceptent bien comme étant des citoyens de cette nation, pleinement citoyens de celle-ci, mais par la fait en rien différents des autres citoyens de celle-ci, et ne pouvant à ce titre rien réclamer de cette nation, que les autres ne puissent eux aussi réclamer ?

Il semble que par delà bien des tourments qui lui sont dus, ce soit finalement selon la logique historique que la réponse fut apportée à cette question, par la voix de nos illustres anciens qui, constatant que même si ces quatre siècles d’une liaison tragique et criminelle, furent remplis de redoutables affrontements, bien des liens furent malgré tout tissés au cours de ceux-ci, et qui, à l’heure ou toutes les autres colonies demandaient pour elles la séparation, ces chantres de l’anticolonialisme ont quant à eux, paradoxalement réclamé et obtenu pour les leurs, la totale intégration.

Aujourd’hui que plus de la moitié du “fait antillais” global, c’est-à-dire l’ensemble constitué des natifs et des originaires s’en réclamant légitimement, est curieusement mais fatalement devenue “métropolitaine”, en contractant par le fait de nombreux mariages mixtes, et où même les leaders “indépendantistes” s’en viennent désormais siéger jusqu’à l’assemblée nationale française, il apparait de plus en plus clairement que la revendication “nationale” antillaise, est devenue d’ordre culturel, économique, et social, mais pas étatique.

Il s’agit en effet principalement de faire valoir notre spécificité culturelle et historique, afin de notre nécessaire reconstruction psychique, et de l’affirmation de notre légitime fierté, de ne plus nous laisser administrer dans les iles, selon le détestable modèle néo-colonialiste, et donc d’obtenir entre autres, que soit procédé à une nécessaire réforme foncière, et de mettre fin au caractère “aggravé”, à cause de ce qu’il convient bien d’appeler un “racisme étatique”, des questions économiques et sociales, telles qu’elles se posent dans les départements d’outre mer...

Dès lors, l’acceptation explicite selon les textes, et implicite selon les comportements, même si bien sûr elle n’est pas unanime, de la citoyenneté française, ne permet pas au nom de l’identité de la citoyenneté, qu’il puisse être fait des héritages différents de la nation, selon ce qui serait des citoyennetés différentes, et de telle sorte que les uns auraient à charge d’assumer à eux seuls, un passif hérité de la nation, et que les autres bénéficieraient à eux seuls, d’une créance corrélative héritée de la nation.

La revendication de réparations au titre de l’esclavage par ce “groupe de clowns” est une imbécilité grotesque, puisque les plaignants ne peuvent par faire état d’un quelconque dommage qui leur aurait été porté personnellement, qu’ils n’ont statutairement et légalement pas qualité de parler au nom de la collectivité antillaise dont ils ne sont en rien les représentants, et il s’agit donc là d’une démarche qui n’a légalement aucune chance d’aboutir.

Il s’agit là de plus d’une démarche malhonnête, puisque si l’on considère que c’est la nation française qui dans sa globalité, a bénéficié de l’exploitation des esclaves, en tant que citoyens de cette nation bénéficiant aujourd’hui de ses avantages comme tous les autres, les descendants des esclaves font héritage des fruits de cette exploitation, tout autant que ces autres, et ne sont donc pas fondés en en demander réparation. D’autre part, il n’y a pas à prétendre faire payer à ceux qui sont supposés être globalement les descendants des maîtres, au seul motif qu’ils sont blancs, une charge pour une faute qu’ils n’ont pas commise, au bénéfice d’autres supposés être globalement les descendants des esclaves, au seul motif qu’ils sont noirs, pour un dommage qu’ils n’ont pas subi.

Il faudrait autrement pouvoir démontrer que tous les bénéfices tirés de l’exploitation des esclaves, ne bénéficient aujourd’hui qu’aux seuls blancs, et à tous, puisque tous sont appelés à payer, et que les dommages causés par celle-ci à travers les générations, ne sont assumés que par les seuls noirs, et par tous, puisque tous sont appelés à en bénéficier, pour pouvoir justifier cette démarche. Or, ces considérations raciales, qui sont par conséquent, détestables, concernant la diversité des citoyens d’une même nation, ne sont évidemment pas démontrables, et elles présentent l’inconvénient extrême, de donner du grain à moudre aux racistes qui visiblement, n’attendaient qu’une telle occasion, et ne s’en sont pas privés.

Ce fut donc le cas de ce lamentable député, jusqu’ici totalement inconnu, de la droite la plus raciste et la plus réactionnaire qui soit, pour lequel les désordres causés par des voyous s’étant mêlés à des groupes de supporters fêtant la victoire de leur club, sont des descendants d’esclaves au bénéfice desquels notre ministre de la justice risquerait de demander à la nation, des réparations...

Toute la sottise, ou toute la fourberie selon, des gens ayant fait la promotion de cette idée imbécile de réparation, à fatalement abouti à aggraver encore ce qui constitue de très loin le plus dévastateur des dysfonctionnements qui frappent actuellement la société française, à savoir la “racialisation” systématique, imbécile, et malhonnête, de tous les problèmes qui frappent cette société, et selon laquelle, de l’échec scolaire à la délinquance, en passant par le chômage et les déficits sociaux, on ne trouve à donner d’explication que par l’origine raciale des gens qui en sont frappés.

Ce n’est pas parce que les voyous de la banlieue sont noirs qu’ils sont voyous, mais bel et bien parce qu’ils sont noirs, qu’ils se sont trouvés relégués jusqu’au fond de ces banlieues sinistrées et abandonnées, dans lesquelles ils ne pouvaient que devenir des voyous...

Ils sont donc de ce point de vue, les victimes d’un système dont les racistes prétendent en faire les éléments fautifs de ses incohérences et de ses insuffisances, dans une situation par le fait, sans aucune issue favorable possible, puisque si on proclame que c’est leur race qui se trouve à l’origine de leur défaite sociale, quoi que l’on fera, ces noirs resteront noirs, et aucun des problèmes qui se posent à cette nation, ne trouvera donc de solution…

C’est pourquoi il est temps d’en finir de toute urgence avec ces questions de la race, qu’il s’agisse de réparation ou de délinquance, et que tous les citoyens de ce pays se serrent les coudes, pour que nous puissions tous ensemble, nous en sortir...


Paris, le 14 mai 2013
Richard Pulvar