samedi 1 juin 2013

CEUX QUI VEULENT ABSOLUMENT SE TROUVER DES ENNEMIS, DE PREFERENCE FAIBLES, BIEN SUR



La cohésion d’une nation s’établit, pour le meilleur, autour d’une "espérance", et pour le pire, autour d’une "crainte", et pour certains dirigeants qui, du fond de leur médiocrité et de leur néant conceptuel, ne sauraient entretenir l’espoir de jours meilleurs pour leurs nations plongées dans des crises profondes, que de toute évidence, ils ne parviennent pas à maitriser, substituer la crainte à l’espérance est la seule façon qui leur reste, pour tenter de maintenir leurs nations dans une relative cohésion, et d’éviter ainsi une explosion interne...

La recette ne date pas d’aujourd’hui, et elle a été largement utilisée tout au long de l’histoire. Ce qui est surprenant cependant, c’est que beaucoup s’y laissent encore prendre, et parviennent à se convaincre que les peuples dont on veut qu’ils en fassent leurs ennemis, afin de les craindre, et trouver par cela des raisons de différer leur règlement de compte interne, peuples qui à ce jour ne leur ont strictement rien fait, constituent effectivement pour eux une menace insupportable, soit par la nature de leur régime, soit par leur montée en puissance, et qu’il convient alors d’aller préventivement les anéantir...

Les manipulateurs s’appliquent donc à se trouver des ennemis de qualité, c’est à dire susceptibles de correspondre, selon les préjugés d’un imaginaire malsain et soigneusement entretenu, par des considérations quant à leur race, leur culture, ou leur religion, à une campagne mensongère destinée à établir une réalité du danger qu’ils présentent, sinon pour les autres, mais au moins pour eux-mêmes, et de fait, un ennemi de qualité c’est tout d’abord un ennemi détestable, mais placé sous la coupe d’un redoutable tyran, qu’il urge de s’en aller déloger.

C’est donc finalement, dans les versions les plus récentes de la manipulation, pour voler au secours d’un ennemi rendu dangereux par la politique d’armement du tyran qui le martyrise, qu’on s’en va le bombarder. Ceci, afin de lui porter par cela la démocratie, tout en se libérant du danger que faisaient courir au monde libre, ses armes de destruction massives...

C’est là que se situe tout le coup de génie de ces salopards...

En effet, on ne part plus en guerre contre son ennemi, car il faudrait établir l’acte d’agression qui justifie de le bombarder alors qu’il se trouve qu’il n’a rien fait à personne. Non, on vole au secours de cet ennemi, bien sûr en le bombardant puisque c’est tout de même un ennemi, et que le peuple ne comprendrait pas qu’on bombarde un ami, mais pour faire d’une pierre deux coups, lui porter la démocratie, et réduire sa capacité malfaisante d’ennemi, laquelle ne tenait bien sûr, qu’à sa frustration de la démocratie qu’on vient lui apporter...

Et le tour est joué...

Un problème cependant, c’est qu’un bon ennemi ne doit bien sûr pas poser trop de problèmes militaires, c’est à dire qu’il doit être faible. Or il se trouve que les peuples ayant bien identifié la nature réelle du magnifique élan des “protecteurs” qui s’en viennent de si loin pour leur liberté, manifestent de moins en moins de bonne volonté pour se laisser libérer, certains mêmes, se battent pour ne pas l’être, et les ennemis faibles maintenant il faut bien le dire, son devenus rares...

Ainsi, ces ennemis de Syrie, d’Iran et de Corée, dont certains auraient tant voulu faire le bonheur, mais qui ont eu la mauvaise grâce de ne pas se montrer désireux de l’être, se sont-ils dotés de puissants moyens leur permettant de refuser la démocratie salvatrice livrée par les airs...

Si cela continue, certains dirigeants vont avoir du souci à se faire...


Paris, le 13 mai 2013
Richard Pulvar