mardi 29 janvier 2013

QUI SONT LES VERITABLES “ RESPONSABLES ” DE CES MALHEURS ?


Nous sommes actuellement dans une confrontation guerrière contre une féroce armée de partisans que, selon une malhonnêteté intellectuelle entretenue en occident, nous désignons comme étant des “terroristes”, pour ne jamais avoir à leur reconnaitre quelque légitimité que ce soit dans leur lutte, et donc, de ne nous reconnaitre quelque tort que ce soit dans ce conflit. Ceci, plutôt que de désigner ces guerriers tout simplement pour ce qu’ils sont, c’est à dire nos “ennemis”, ce qui nous amènerait à nous poser la question de savoir, pourquoi le sont-ils ?

Bien sûr, en faire une bande de criminels qui n’ont que leur perversité comme mobile, évite d’avoir à se poser les questions dérangeantes...

Parmi ces milliers de combattants, que d’autres nomment “djihadistes”, autrement dit, “combattants de la foi”, qui furent rassemblés des quatre coins du monde arabo-musulman et même d’au-delà, puis armés et entrainés au combat dans des circonstances qui devraient accabler nos consciences, semble alors s’être révélé un nouvel “ Attila ”, un chef fougueux, déterminé à gagner tout simplement par la conquête guerrière territoriale, le monde à sa cause. Or, la vanité évidente d’une telle entreprise, compte tenu du monde de totale interdépendance dans lequel nous vivons désormais, aurait du alerter les hommes de conscience, du caractère en vérité, réellement “désespéré” de celle-ci, par des hommes ayant constaté que jusqu’ici, aucune des justes revendications de justice formulées pour ceux de leurs nations et ceux de leur religion, selon des procédures “civilisées”, n’avaient par la grâce de celles-ci, été prises en compte par un monde occidental qui n’a de cesse de s’essuyer les pieds dessus.

Ce n’est pas la bonne solution, mais, ainsi qu’ils se comportent dans l’emblématique et triste affaire de Palestine, qui constitue le summum de l’injustice et la marque de leur mépris total des autres, les occidentaux n’ont pas même laissé la moindre illusion à ces hommes, quant au fait qu’un règlement d’une autre façon était possible. Dès lors, n’envisageant plus que l’affrontement pour en sortir, leurs chefs ont alors considéré que seule la foi religieuse pouvait constituer une  force de mobilisation susceptible de gagner un grand nombre à leur cause, et par cela, une puissance leur permettant l’espoir de vaincre enfin.

Dans une telle situation, les dérives sont inévitables, parce que même si au départ ils sont sincères, les chefs de tels mouvements ne peuvent être que des hommes autoritaires, et de fait avides de pouvoir, et qui, leurs rancœurs, leurs frustrations, et leurs craintes les y incitant, se laissent facilement aller à abuser de ce pouvoir pour leur seule jouissance, tout comme pour se rassurer dans cette adversité, par un sentiment de puissance.

Quant à ceux qui furent endoctrinés pour cette cause, selon l’idée que dégagés de toute autre considération quant à leur façon d’être, serait-elle détestable vis à vis de leur tiers, ils bénéficiaient du fait de leur seul engagement, de la faveur du ciel, et ayant ainsi perdu toute capacité autonome de jugement, plaçant désormais leurs espoirs dans “l’au-delà”, ils sont alors résignés à faire le sacrifice de leur vie, à condition de nous priver par cette occasion, des nôtres. C’est précisément ce qu’ils viennent de réaliser par cet attentat lamentable du sud algérien. Ceci afin de se réaliser dans cet au-delà selon un jugement de Dieu, dont ils ne doutent pas qu’il leur sera favorable, en “bienheureux”, et nous autres, en “damnés”.

La doctrine de ces combattants possède donc une trame religieuse, dont il est facile de mettre en évidence, l’incohérence, la fausseté, et même disons le, la totale stupidité, puisqu’il ne peut exister au nom de la religion, et précisément parce qu’il s’agit de la “Religion”, c’est à dire de la détermination de notre humanité à ne former “qu’un”, selon notre “Transcendance”, de catégories d’hommes bénéficiant plus que d’autres de la faveur de cette Transcendance, autrement dit de Dieu. Ceci, parce que toutes ses catégories lui sont justement immanquables, en tant que transcendance de celles-ci, étant entendu qu’une transcendance ne peut être telle, que de ce que justement, elle “transcende”, et qui dès lors, ne peut lui faire défaut.

Cependant, cette doctrine possède également des revendications politiques dont, s’il n’était la brutalité imbécile et la criminalité avec laquelle ces gens entendaient les faire valoir, c’est à dire le “djihad”, nous devrions en toute honnêteté et toute intelligence quant aux relations devant être établies entre les peuples, reconnaitre la légitimité.

Aucun homme honnête ne peut manquer de constater, par la lecture de l’histoire et par le constat de l’actualité, le volume impressionnant de griefs parfaitement justifiés que ceux du monde arabo-musulman peuvent légitimement formuler contre l’occident. Ceci, compte tenu de nombre d’agressions et de malheurs provoqués par son interventionnisme dans les affaires de l’orient, dont ceux qui crucifient la Palestine provoquent une plaie béante, et dont la guerre illégale, criminelle, et crapuleuse, menée contre la Libye, à constitué une actualité tragique.
    
Bien sûr, cette façon du djihad, telle qu’elle témoigne d’un archaïsme comportemental indigne de notre vingt et unième siècle, et telle qu’elle s’accompagne de meurtres, de cruautés et d’outrances en tous genres, à travers cette contestation du droit fondamental des individus, de convenir par leur concertation et selon leur libre choix, précisément du “convenable”, selon lequel doit s’organiser leur vie communautaire, n’est pas admissible, et elle doit être sans la moindre concession, énergiquement combattue.

Nous voici donc engagés dans cette guerre, contre l’outrance intégriste fascisante, et pour une foi, selon une légitimité qui est pour le moins, “formelle”.

En effet, à l’origine factuelle de cette guerre, les causes profondes étant lointaines, il y a le mouvement sécessionniste d’une partie de la population d’une nation, mouvement qui n’était jusqu’alors qu’un élément de la politique intérieure de celle-ci, qui exigeait donc notre neutralité. Notons cependant que nous pouvons formuler de sérieux doutes, quant à ce qui lui a donné cette soudaine importance. Mais il se trouve que ce mouvement s’est trouvé dépassé par l’invasion opportuniste de cette nation, par une armée d’étrangers à celle-ci. Or, même s’il est évident que, parvenant de plus de deux mille kilomètres de là, ces “mercenaires” n’ont pas entrepris cette conquête tout simplement parce qu’ils passaient par-là par hasard, une nuit, et qu’ils ont vu de la lumière, il demeure que par delà toutes les manipulations évidentes ayant provoqué ce mouvement, pour défaire un régime en place, une large majorité de la population, hostile à cette invasion, et ayant vu son armée rapidement défaite face à lui, n’a plus d’espoir qu’en la puissance de nos forces armées, pour faire reculer l’envahisseur.

Cependant, il serait beaucoup trop simple, et surtout malhonnête, de juger de cette affaire en manquant de considérer qu’il ne s’agit là, que du dernier épisode à ce jour, d’une longue affaire dans laquelle nos actions précédentes, sont bien loin de pouvoir se trouver aussi facilement, une juste raison. Il apparait ainsi que nous engager pour défendre enfin le Mali, n’est qu’une option de “réparation” des conséquences désastreuses des menées impérialistes et même crapuleuses, qui on conduit à cette situation. Cette intervention, réparation nécessaire et bienvenue, ne demeurera pourtant que partielle, par rapport à tous les malheurs dont nous,  citoyens de ce pays de France, portons face aux nations du Sud, à l’histoire, et à la conscience des hommes, l’écrasante responsabilité. Ceci, pour avoir permis par notre inconséquence, l’accession aux rênes de cette nation dont nous savons pourtant l’inclination impérialiste, de ces hommes sans foi ni loi qui, pour la défense d’intérêts que nous dirons ici “obscurs”, pour ne pas avoir à en dire davantage à cette heure, n’ont pas hésité à instrumentaliser tout l’appareil politico-médiatique, et utiliser une armée nominalement vouée à la défense de notre territoire et de ses habitants, pour aller porter le malheur au-delà de nos frontières.

Ainsi, les véritables responsables de tous les malheurs qui se sont abattus et s’abattent encore sur cette région du monde, sont bien pour une large part, même si bien sûr il en existe bien d’autres, les électeurs français, qui ont fait preuve de leur inconséquence totale, à travers les élections de nos deux derniers présidents...


                                   Paris, le 20 janvier 2013
                                          Richard Pulvar