mardi 29 janvier 2013

MAINTENANT QUE DE BIEN MAUVAISES RAISONS ONT HABILEMENT ETE TRANSFORMEES EN UNE JUSTE CAUSE, LE PLUS DUR RESTE A FAIRE : VAINCRE

                         
Les mauvaises raisons, ce sont tout d’abord celles par lesquelles avec la plus totale mauvaise foi, on s’est employé, malheureusement avec succès auprès de beaucoup, à justifier les guerres illégales, criminelles, et qui, à mesure qu’avancent les investigations, se révèlent être finalement crapuleuses, de Côte d’Ivoire et de Libye, au bilan humain extrêmement lourd, et qui auront eu directement pour conséquence, l’actuelle guerre du Mali.

Une autre de ces mauvaises raisons, ce fut le soutien pour le moins tacite, et dont nous devons craindre de découvrir plus tard qu’il fut opérationnel, à la rébellion sécessionniste.  Ceci, avec le calcul cynique, soit d’obtenir de ces nouveaux interlocuteurs, des conditions plus favorables pour l’exploitation des ressources naturelles du pays, soit de contraindre à la plus grande modération sur cette question, son gouvernement légal, en se rendant par cette situation, absolument nécessaire à sa survie.

Il est d’ailleurs tout à fait probable à ce sujet, en se basant simplement sur ce fait qui n’est un secret pour personne, que les coûts des opérations militaires menées en Côte d’Ivoire et en Libye, se sont bel et bien retrouvés à la charge des gouvernements qui furent installés par cela dans ces pays, qu’avant que le premier soldat français “libérateur” ne pose le pied sur la terre du Mali, cette question des “compensations” en retour a certainement été traitée avec l’intérimaire qui se trouve actuellement à la tête du pays. Dans son très grand embarras face à cette situation difficile, et comme ce n’est pas à lui qu’il en incombera, il n’a pas du avoir trop de scrupule à mettre à la charge de celui qui lui succédera, ce dédommagement.

Bien sûr, il existe bien d’autres raisons de circonstance, telles que l’antagonisme séculaire entre les Touaregs et les gens du Bamako, ou les délires messianiques de quelques exaltés fondamentalistes se prétendant les exécuteurs d’une volonté divine, pour expliquer cette guerre. Il y a également les questions des mœurs politiques, de la nature et de la stabilité du régime, les questions culturelles, religieuses, celles d’identité et de souveraineté territoriale et nationale, d’ingérence étrangère, et bien sûr, les difficultés économiques et sociales telles qu’elles se posent partout ailleurs. Et, il y a surtout la question fondamentale, problème africain par excellence, du type de société permettant de rassembler et de maintenir dans une même entité étatique, des peuples qui ne se reconnaissent pas.

Cependant, il est clair que même si elles prennent ailleurs des aspects différents, ces difficultés quant à leur nature, ne sont pas spécifiques au Mali, et que bien d’autres pays ont à faire face à de semblables. Si donc on ne leur a cherché ici de règlement que par une guerre, c’est bien à cause de la conjonction explosive, en ce lieu en à cet instant, d’une volonté obsédée d’exploitation à outrance des ressources de ce pays, par certains venus d’ailleurs, et d’une volonté maladive d’exercice du pouvoir et de domination du peuple, par d’autres eux aussi venus d’ailleurs.

Les raisons de contester et rejeter par certains, tout un monde et toute une civilisation, pour ses us et coutumes, sa croyance ou son incroyance, et selon un regard porté sur l’histoire, pour tout ce dont ceux de ce monde se sont rendus coupables envers d’autres communautés humaines, ne sont pas infondées. Cependant malgré tout ce par quoi ces “partisans” auraient pu établir une légitimité de leur lutte, ce sont les formes exclusivement brutales, outrancières, et criminelles, qu’aura pris leur combat qui, curieusement, vont établir la juste cause d’un “interventionnisme” occidental qui jusque là, n’avaient pour cela que de mauvaises raisons.

Car, aucune civilisation ne saurait survivre à son indifférence devant la façon d’une poignée d’aventuriers qui, drapant leur soif de pouvoir,  leur avidité de domination, nées de la torpeur de leurs âmes morbides, d’une parure de piété religieuse, s’emploient à tous les trafics et à la prise d’otage contre rançon, pour pouvoir se procurer des armes afin de soumettre à leur volonté par les pires brutalités, ceux qui refusent de s’abreuver de leur bonnes paroles. Ceci, étant entendu que lorsque ceux qu’elle concerne, ne se trouvent pas associés à la décision, c’est qu’il n’y a justement pas “civilisation”, selon le sens fondamental de “civis”, qui signifie, “associé”.

Fallait-il alors, malgré l’opportunisme vicieux et les relents fortement colonialistes de cette opération, mettre enfin un terme à l’aventure dévastatrice et criminelle de ces mabouls, brutes sanguinaires pathologiques ? La réponse est bien sûr, oui, et par tous les moyens...! Car, nous sommes là face à un mouvement de fanatiques fascisants, qui comme tel, ne peut connaitre de limite à ses outrances, que par la ferme opposition qui doit alors lui être faite.

L’autre aspect de la juste cause occasionnelle des intervenants, réside dans le fait que c’est bien sûr logiquement, à ceux qui par la persistance de leur menées impérialistes, dans des contrées instables et chez des peuples déjà accablés, sont coupables, même s’ils ne sont pas les seuls, d’avoir provoqué par un enchainement dramatique ce dernier malheur après bien d’autres, de procéder à la “réparation” des conséquences insupportables de leur action égoïste et irresponsable.

Ceci étant, il leur faut maintenant assumer leur lourde charge et absolument vaincre, ce qui ne sera pas facile du tout, et l’avenir nous en contera...

                                 Paris, le 17 janvier 2013
                                      Richard Pulvar