lundi 2 décembre 2013

AINSI SOIT-ELLE... MARIANNE AUX TROIS COULEURS...



Dire qu’il se trouve encore tant de gens dont la raison et le simple bon sens peuvent à ce point être pris en défaut, et qui, sans jamais prendre conscience que selon cette attitude ils sont tout simplement en train de se faire abandonner sur les bords de la route, par l’histoire en marche, en s’imaginant que la nation va pouvoir retrouver son lustre, en rejetant dans la marge près de dix millions de ses enfants issus de l’immigration...

Certains s’imaginent même, dans un délire qui il est vrai, fut si durablement entretenu chez eux par des leaders politiques, et à l’heure même où ceux-ci quant à eux, ont finalement abandonné cette ineptie, qu’il serait déjà possible et de plus profitable, d’évacuer tous ces “issus de” vers un ailleurs quelconque. Ceci, au nom d’une pureté de la race, la leur bien sûr, et qui serait selon eux la condition biologique nécessaire à l’expression du génie de la nation.

Peut leur importe alors que l’Histoire ne soit justement et sur des millénaires, que la démonstration de tout le contraire, en nous montrant que depuis le rassemblement des deux royaumes de la vallée du Nil, jusqu’à ce qui prit naissance au mont Palatin, en passant par le “croissant fertile”, les inscriptions de Byblos, le labyrinthe de Cnossos, et l’oracle de Delphes, toutes les grandes civilisations sont nées de la rencontre malheureusement presque toujours conflictuelle, de peuples différents qui se sont finalement fondés en un seul, et que leur nation elle-même, n’a pas échappé à cette règle...

Peu leur importe aussi de considérer que ce sont tout simplement les conséquences inévitables de ce qui fut une histoire coloniale de leur nation, auxquelles ils doivent faire face, et que, pour en avoir largement profité des avantages à travers l’héritage de celle-ci, il leur est logiquement fait obligation d’en assumer la charge, et de tout mettre en œuvre pour que les choses “se passent” pour le mieux, et de ne surtout pas tenter stupidement de faire en sorte qu’elles ne “se passent pas”, afin de ne pas dramatiquement se “passer d’avenir“...

Dire qu’il se trouve encore tant de ces jeunes, justement issus de l’immigration, pour se considérer eux aussi, selon un accord objectif avec ceux qui les rejettent, d’un “ailleurs” lointains d’où sont issus leurs grands parents et parents, dans lequel ils n’ont pour beaucoup d’entre eux jamais mis les pieds, comme si on pouvait être d’un pays qu’on n’a jamais connu.

Ceux-là se croient donc obligés de s’astreindre, au nom de leur identité proclamée sur la base de leur race et de leur religion, à des coutumes ancestrales que la totale inadéquation de celles-ci dans la société dans laquelle fatalement ils vivent, rendent indignes. Et ce, alors même que ces coutumes se trouvent déjà contestées dans ces nations lointaines par nombre de ceux qui y vivent, dans leur volonté légitime d’appartenir à leur époque.

Ces tristes “exilés mentaux” qui se revendiquent de l’ailleurs fantasmé, finissent alors, puisqu’ils ne se sentent pas d’ici, par ne pas se sentir absolument obligés de devoir s’astreindre avec toute la rigueur nécessaire, à toutes les civilités de la règle commune de la collectivité, sans laquelle aucune société n’est possible, offrant ainsi par leurs comportements souvent abjectes, encore plus d’arguments que ces derniers n’en souhaitaient eux-mêmes, à ceux qui les proclament génétiquement irréductibles à la normalité de notre nation...

Nous sommes à cette heure où quelques prémisses nous permettent déjà d’imaginer clairement, tout ce que la furieuse bataille électorale de 2014, entre partis politiques tous perdants au bénéfice d’un seul, pour avoir lâchement emprunté la voie de celui-ci qui est la sienne depuis toujours, et dans laquelle il est logiquement indépassable, va inévitablement entrainer de clameurs haineuses et crasseuses. Il faut donc rappeler avec insistance aux uns et aux autres, que c’est l’Histoire contre laquelle ils ne peuvent absolument rien qui en a décidé ainsi, et que c’est bel et bien avec ce qui constitue désormais “les trois couleurs de Marianne”, et toute la palette qui en découle, qu’il leur faut maintenant envisager notre république.

Si les nations ne devaient être constituées que de gens qui s’adorent, il n’y aurait pas une seule nation constituée à la surface de cette Terre. Cependant, ceux qui participent de la “Cité” ne peuvent manquer d’être “citoyens” et d’en avoir d’abord les obligations avant même d’en obtenir les droits, ils ne peuvent manquer puisqu’ils sont là, “d’appartenir” à celle-ci, et de fait, de s’appartenir mutuellement, même s’ils ne s’apprécient guère.

Ce qu’il convient donc, et telle aurait du être dans notre actuelle situation de société devenue totalement dissolue, la toute première préoccupation de dirigeants dignes de ce nom, mais nous savons désormais les nôtres défaillants, c’est de préserver par tous les moyens, par le cœur ou par la raison, par le libre consentement ou par une énergique coercition, et comme le plus sacré des devoirs, la “cohésion de la nation”...


Paris, le 7 octobre 2013
Richard Pulvar