dimanche 28 avril 2013

POURQUOI MALGRE UNE LOI LES PROCLAMANT TELS, LES COUPLES HOMOS NE SERONT JAMAIS POUR AUTANT, NI “NORMAUX”, NI “MARIES”, NI “PARENTS”

                     

L’enfer est dit-on pavé de bonnes intentions, et jamais sans doute cet adage ne se sera autant vérifié que dans cette affaire ahurissante d’une loi dite du “mariage pour tous”.

Il semble en effet que par delà l’anticléricalisme viscéral de certains, qui les amène à combattre avec rage, toutes les institutions qui constituent au travers de nos lois républicaines, l’héritage de dispositions qui furent établies de longue date selon des préceptes religieux, et tous ceux de cette gauche dite de “bobos”, dont l’inconséquence crâneuse frise la pathologie, et qui se sont convaincus que s’offrir comme posture, l’inattendu et l’iconoclaste, constitue la marque de leur supériorité conceptuelle, nombre d’autres citoyens ont été animés quant à eux, par un authentique sentiment de générosité.

Cependant, avant de se réclamer par cette formule maladroite, d’une lutte légitime afin  d’une égalité de droit entre citoyens, il aurait déjà fallu établir qu’il existait vraiment une “injustice institutionnelle”, telle qu’une interdiction qui aurait été faite à certains citoyens, de faire des enfants, autrement dit de se “marier”, et de rentrer ipso facto dans la cadre des droits et des devoirs afférents à cette situation de citoyens mariés.

Or, il n’existe pas et il n’a jamais rien existé de tel. Car, si dans bien des sociétés, les alliances entre gens de conditions, de confessions, ou de races différentes, soulevaient des oppositions, il n’a cependant jamais été fait d’interdiction de se marier à des gens d’une même appartenance, même si pour les esclaves, ce droit était soumis à l’approbation du maitre. Il ne s’agissait donc pas d’obtenir par cette démarche, un droit au mariage pour certaines catégories de gens qui en auraient été privées, puisque ceci ne s’est jamais produit nulle part.

A cet instant, et afin de ne pas patauger dans l’incohérence totale dans laquelle s’est  trouvé engagé ce débat dès ses débuts, il convient tout d’abord de rappeler ce en quoi consiste fondamentalement ce que nous désignons par le terme “mariage”, tel que cet événement à donné lieu à des rites dans toutes les sociétés depuis des lustres, et tel que l’institution républicaine, récente à l’échelle de l’histoire, n’en constitue que le cadre civil dépouillé.

En réalité, tel que cela fut évident pour les peuples durant des siècles, avant que nous n’en perdions le sens, et tel que ce terme se trouve précisément introduit par le sémantème “mar”, il s’agit fondamentalement à l’origine de ce rite, en ce “mariage”, de l’engagement à la faveur duquel par l’action d’un mâle, tel qu’il était dit “mas” dans son aspect, et “maris” dans sa fonction, une femme deviendrait “mère”. Ainsi, marier une femme, c’était la rendre mère.

C’est précisément ce rapport fondamental du mariage à la “maternité”, notion qui était déjà celle des Romains dont nous avons hérité de ces termes, qui fait que concernant les questions traitant du mariage, nous parlons effectivement d’affaires “matrimoniales”.

Il est bien évident que ce n’était pas le simple rapprochement de deux personnes dans leur intimité afin de leurs émois, qui préoccupait ainsi les hommes pour qu’ils l’aient ritualisé. Ceci, dans des sociétés où régnait souvent la polygamie, où donc notre notion moderne de couple, avec son exclusivité conjugale, n’avait aucune signification, et où la notion de famille, qui concernait à l’origine l’ensemble des personnels au service d’une maison, pour s’étendre ensuite à toute la maisonnée, n’était pas circonscrite à celle d’un couple, et était à la fois bien plus étendue et diffuse, que celle de l’actuelle famille “nucléaire”, selon sa constitution civile.

C’est donc très exactement “l’engagement” de deux personnes l’une envers l’autre, afin de faire des enfants, qui se trouvait célébré selon le rite du mariage. Car, au contraire de nos sociétés actuelles où tout est fait pour ne pas en avoir, rien n’avait alors plus de valeur que “l’enfant”, dont la quête constituait en ces temps une préoccupation permanente. Ceci, parce qu’il sévissait alors une terrible mortalité infantile qui nécessitait de faire beaucoup d’enfants, et parce que c’était la façon logique d’accroitre la maisonnée, et donc la prospérité de celle-ci.

Dans cette compréhension des choses, la “mariée” était la femme qui se trouvait ainsi,  vouée à devenir “mère”, le “mari” était le “mâle” voué à la rendre mère, et l’exclusivité du mariage, telle qu’il fut de tous temps réservé sans que cela ait jamais nécessité d’être codifié, strictement entre un homme et une femme, ne tenait tout simplement qu’à cela, et allait de soi.

Il est remarquable à ce sujet que dans certaines sociétés, le commerce entre gens du même sexe était dans les mœurs, même si les Egyptiens quant à eux le trouvaient totalement stupide, précisément parce qu’il ne produisait pas d’enfant. Dans certaines autres, où les relations entre garçons et filles étaient régies selon un “Eros sacré”, les “initiations” se faisaient d’abord entre garçons, avant que ceux-ci n’entreprennent ensuite les filles, et dans certaines régions d’Amérique du sud, ce sont des travestis qui se chargent de “déniaiser” les garçons, avant que ceux-ci n’envisagent les femmes. Il semble alors que ce soit finalement “l’exclusivité” homosexuelle, qui soit apparue un peu partout comme étant une anomalie. Ainsi, même si ce commerce lui était toléré dans son adolescence, fustigeait-on l’homme qui devenu adulte et devant alors faire preuve de virilité, se prêtait encore comme femme à des adultes mâles, et qui était alors décrié comme étant précisément une “femmelette”.

Cependant, dans aucune de ces sociétés n’a été émise l’idée totalement ahurissante, telle qu’elle nous est proposée, selon laquelle des gens du même sexe pouvaient être “mariés”, ce qui n’a absolument aucun sens. Cette dérive découle en fait de la réduction en occident, de ce qu’est le mariage, à la simple union civile entre deux personnes, excluant totalement l’idée de maternité contenue dans le concept des origines, et qui lui conférait toute sa solennité.

Observons bien d’ailleurs que cette “déviation” de l’objet initial du mariage, constitue, quoique peuvent en dire les occidentaux qui se défaussent de la dénatalité qui les frappe, en se disant surtout préoccupés de donner la meilleure éducation possible, quant ils en ont un, à leur unique enfant, la révélation spectaculaire du fait que chez eux, l’enfant est désormais devenu une préoccupation secondaire, bien après la carrière et l’argent. Ceci, quand il ne s’agit pas tout simplement pour eux, d’un objet d’affichage de leur standing, qu’après l’avoir élevé au fric, ils vantent en société, persuadés qu’ils sont bien sûr, d’avoir fait un œuf à deux jaunes.

Il n’y a donc aucune surprise dans le fait que l’acharnement à proclamer comme étant une nécessité du progrès, le mariage sans substance, d’homosexuels, constitue une obsession de nations occidentales dans lesquelles l’enfant n’est plus prioritaire, et qui, après la débâcle démographique qui en a résulté, vont devoir maintenant faire face à une inévitable régression. Ceci, pour avoir bêtement oublié que depuis la nuit des temps, la raison fondamentale de la constitution de couples au sein des différentes sociétés humaines, aura toujours été tout simplement, pour faire des enfants. Dès lors, user le soleil à légiférer pour officialiser sous couvert de mariage, des couples qui n’en produisent pas, montre le peu d’à propos de certains dirigeants, dans une situation difficile où se révèlent pourtant bien d’autres urgences.
 
En fait, proclamer le “mariage pour tous” est une expression aussi totalement stupide que de proclamer “l’accouchement pour tous”. Ceci, pour des raisons identiques, et s’il tombe sous le sens qu’il ne peut pas y avoir d’accouchement pour tous, beaucoup de citoyens manquent encore de comprendre que les notions de mariage, de mari, de mariée, de parents, de père, de mère, et de “patronyme”, forment un tout, un ensemble d’éléments indissociables, et qu’il est parfaitement inconséquent de prétendre en isoler un, comme le mariage, où comme la notion de “parent”, pour lui attribuer “ à la demande”, des caractères de circonstance.

Ceci signifie que si pour mettre notre société à jour selon l’évolution des mœurs, nous devions sérieusement revoir l’ensemble des relations de toutes natures qui se trouvent établies entre les citoyens, et remplacer par de nouvelles, les institutions du mariage et de la famille, celles selon lesquelles se trouve encore actuellement structurée notre société, la reprise en les dévoyant et en les dénaturant, de ces anciennes institutions, en prétendant que puisqu’elles demeurent sous le même nom, elles continuent malgré cela de remplir la même fonction, est une manœuvre de faussaires.

Prétendre ainsi sans rire et sans honte, au prétexte d’égalité, qu’il s’agit en un couple d’homosexuels et un couple d’hétérosexuel, exactement de la “même chose”, et que dès lors, si les uns sont dit mariés, les autres peuvent pareillement être proclamés mariés, on ne saurait dire ce qui de la sottise ou de la mauvaise foi, l’emporte chez les promoteurs de cette vision primaire des choses, pour lesquels il ne peut y avoir égalité, qu’à condition d’identité.

Le pire, c’est que peut-être fallait-il bien pour s’adapter, en finir une bonne fois avec le mariage puisque par ailleurs, celui-ci donne clairement des signes d’essoufflement, et trouver d’autres formes d’engagement, qui ne seraient d’ailleurs pas nécessairement réductibles à des couples, tout comme substituer selon le cas, la notion de “parenté” fondamentalement établie par des liens du sang, par une autre forme de solidarité établie quant à elle selon des liens d’adoption. Mais ce vaste, nécessaire, et bénéfique chantier, a été totalement frustré, à cause de la volonté acharnée et bornée de doctrinaires égalitaristes staliniens, de proclamer pour d’obscures raisons, mariage, une disposition qui ne peut justement pas en constituer un.

Ce dont il était question, c’était tout d’abord de permettre aux couples homosexuels, au nom de l’égalité, de disposer des mêmes dispositions sociales et fiscales que les couples “mariés”, ce qui semble-t-il fut abordé avec le Pacs, et méritait visiblement d’être amélioré.

Vint ensuite la question plus problématique de savoir sous quelles conditions des couples homosexuels pouvaient avoir la charge d’enfants, et que l’un des partenaires pouvait adopter pour régler des questions de filiation, ceux de son conjoint. Il s’agit bien sûr d’une question délicate, mais concernant laquelle un débat intelligent et civilisé, entre personnes responsables, aurait permis d’aboutir à des dispositions fatalement spécifiques, mais adaptées, offrant tout à la fois des satisfactions aux couples, et des garanties quant aux enfants.

Ceci signifie que concernant ce cas d’espèce, il fallait bien sûr inventer sous une autre appellation, une institution nouvelle établissant un état civil des couples homosexuels, qui leur permette de bénéficier des mêmes avantages sociaux et fiscaux que les couples mariés, en demeurant conscient que par définition, ils ne peuvent précisément pas être “mariés”, et une institution là aussi adaptée, servant de cadre à leur prise en charge spécifique d’enfants.

Ceci aurait nécessité de leur conférer une autre appellation que celle de “parents”, étant entendu qu’un couple d’homosexuels qui ne peut se trouver formellement solidarisé par aucun lien de sang, tel qu’un enfant issu de son mariage et fusionnant en lui-même ses deux géniteurs, ne constituera jamais à cause de cela même un couple de parents “stricto sensu”.

La encore, la confusion vient de la réduction de la qualité de parents, au couple ayant la responsabilité légale, que ce soit indistinctement, par filiation ou par adoption, de l’enfant. Ceci, alors qu’il aurait fallu une autre appellation pour le second cas, celui des adoptants, qui par la simple logique des choses tel qu’il est facile de le comprendre, et quelle que pourrait être sa bonne volonté, ne peut se trouver exactement dans le même rapport à l’enfant.

Car, cette commodité civile qui consiste à identifier l’une et l’autre des conditions selon lesquelles un couple se trouve à être en charge d’un enfant, masque beaucoup trop facilement, le fait que les “parents” sont et ne peuvent être par définition, que ceux qui se trouvent “appariés”, autrement dit constitués en une “paire” définitive et irréductible, celle qu’ils forment à travers l’enfant issu de leur “mariage”, et par lequel s’établit entre eux un lien du sang, et par extension, tous les proches de même sang que cet enfant. Or, un tel lien dont il faut prendre conscience qu’il ne peut évidemment pas être sans incidence quant à la façon des uns et des autres, ne peut se trouver constitué dans les couples homosexuels.

Cette particularité à son importance par le fait qu’elle établit la spécificité masculine de ce qu’est un “père”, et la spécificité féminine de ce qu’est une “mère”, de sorte que ces deux fonctions ne sont en aucune façon interchangeables par delà les sexes, et que deux hommes ou deux femmes encadrant un enfant, seraient-ils les mieux disposés du monde, n’équivaudront jamais, contrairement à ce que proclament certains, à de véritables “parents”.

En effet, la spécificité de la fonction éducative d’un père, réside dans le fait qu’il constitue par rapport à l’enfant, l’adulte mâle dit “référent de loi”. Il s’agit autrement dit de celui des parents qui par priorité, exprime, à partir d’une base culturelle établissant ceux des comportements qui sont obligés et ceux qui sont interdits, leur “discrimination” pour l’enfant.

Il s’agit donc du parent par lequel s’opère prioritairement, la “contrainte éducative” et qui est par nécessité de sexe mâle. Car cette fonction spécifique du père ne découle absolument pas, comme certains l’imaginent, d’une simple convention sociale culturelle, de sorte que celle-ci pourrait être remplacée par une autre, au terme de laquelle une femme pourrait s’acquitter avec le même bonheur, de cette charge.

En fait, cette priorité masculine de la contrainte éducative est strictement cohérente au fait que des deux parents, c’est fondamentalement le père qui “nomme” l’enfant, autrement dit qui exerce également la “discrimination” là encore, par laquelle cet enfant se trouve “conçu”, selon l’ensemble de ses caractères initiaux, lesquels lui sont en ce sens, “nominaux”.

Ce dont il faut prendre conscience ici, c’est qu’à partir de l’étendue des propositions génétiques de son père et de sa mère, la définition des caractères qui seront effectivement retenus pour la constitution de l’enfant, s’opère selon deux procédures restrictives, “au choix”, selon des conditions de l’instant et de l’endroit, à partir de ces propositions. La première conduit alors à la constitution d’une fille, et l’autre conduit à la constitution d’un garçon.

Soyons attentifs au fait qu’il ne s’agit pas en cette définition, des seuls caractères que nous reconnaissons habituellement comme étant “sexuels” de l’enfant, mais bien de la totalité de ses caractères selon une nécessaire cohérence entre ceux-ci. Ceci signifie que par delà les organes sexuels, la définition du squelette, de la masse musculaire, de la peau, de la pilosité, du timbre de la voix, et même des caractères psychiques comme l’émotivité, pour ne citer que cela, et finalement de tous les autres caractères, se fait en fonction du choix du sexe.

Or, la fonction discriminante quant au choix du sexe est exclusivement masculine, la mère ne pouvant proposer dans tous les cas quant à ce choix, qu’un chromosome X, le père pouvant proposer quant à lui, un chromosome X, auquel cas il s’agira d’une fille, ou un chromosome Y, auquel cas il s’agira d’un garçon.

Dans cette compréhension des choses, la fonction discriminatoire d’un père, laquelle est forcément “une” en lui, même si elle possède deux expressions différentes, l’une naturelle, et l’autre culturelle, a tout à fait logiquement, conjointement pour objet, la “détermination” naturelle des caractères de l’enfant, “ce qu’il est”, puis “l’encadrement” de cet enfant, qui correspond à la forme culturelle de sa détermination, “ce qu’il fait”. Ceci, étant entendu que comme tous  les autres individus, l’enfant se trouve déterminé de ce qu’il est, à ce qu’il fait.

Tout ceci fait que, afin de sa détermination, le père d’un enfant n’est pas remplaçable sans dommage, et qu’une femme ne peut pas se substituer à lui sans grandes difficultés, pour assurer cette fonction. Il est remarquable à ce sujet, que le manque de détermination, est ce qui pénalise le plus les enfants de mères célibataires, qui ne voient plus leur père, et qui n’en ont même pas un de substitution, même si par ailleurs ils peuvent être bien éduqués.

Quant à la spécificité féminine de ce qu’est une mère, elle est encore plus évidente tant il est clair pour ne citer que cela, qu’aucun homme ne pourra se substituer à une femme pour allaiter un enfant, et tous ceux qui pensent qu’il est indifférent à l’enfant de posséder une mère, et qui professent qu’un deuxième père fera l’affaire, sont ceux qui justement n’en ont pas manqué, et qui se sont passés pour se forger leur opinion débile, de demander ce qu’ils en pensent aux orphelins de mère...
 
Notons au passage, que c’est bien selon une fonction “paternelle” que se trouve établi le choix des caractères de l’enfant à partir de ceux proposés par ses parents, autrement dit son “nom”, l’ensemble de ce qui lui est nominal, et que par là même se trouve établi sa “vocation”, ce à quoi il est “voué”. Ceci, étant entendu qu’il ne peut être voué, autrement dit, “appelé”, à accomplir, que ce que lui permet sa constitution,  tel que “nommé”.

Ainsi, tel que tout cela était bien compris depuis des millénaires, et contrairement à ce que proposent ces gens peu informés d’aujourd’hui, pour lesquels on pourrait sans dommage, donner indistinctement le nom dit de la mère, qui est en fait le nom du père de celle-ci, plutôt que le nom de son père, à cet enfant, c’est bel et bien le “patronyme” qu’il convient de donner, et à l’enfant caractérisé selon un nom que lui transmet son père, et à la mariée qui se trouve engagée par son enfant, “au nom” de son mari.

Ceci tient au fait que la mère ne transmet pas de nom parce qu’elle ne possède pas de capacité discriminante permettant la caractérisation de l’enfant, et si certains de ses caractères se trouvent malgré tout transmis, elle ne le doit qu’à l’action de son mari, les mâles (maris) étant en ce sens, ceux par lesquels les caractères familiaux se transmettent par delà les générations, d’où la logique du patronyme.

Il apparait ainsi que dans leurs aspects traditionnels, les institutions du mariage et de ce qui est devenu par l’épreuve du temps, la cellule familiale, telle que celle-ci implique les spécificités complémentaires irremplaçables de père et de mère, ne découlent pas de simples conventions sociales susceptibles d’être aménagées afin de concerner ceux que dès le départ, elles n’ont pas vocation à concerner, mais qu’elles reposent sur une objectivité de la logique des choses. Ces dispositions forment comme on le voit, un “tout” cohérent, qu’il est alors possible de remplacer, mais dont on ne peut pas modifier par commodité, les rapports établis entre ses parties, sans tout détruire.

Ce que nous devons donc considérer pour inscrire ce débat dans un cadre plus général, afin qu’il prenne “sens”, c’est que l’homme est par constitution un être forcément “socialisé”, et que son insertion dans un groupe se fait fatalement selon un ensemble de règles logiques, qui définissent les relations incontournables qui doivent être les siennes, avec ses semblables.

En considérant maintenant que dans son “être”, l’homme se trouve forcément inscrit dans le “temps”, et que ce temps se réalise du rapport contradictoire de la circonstance des choses à la constance de celles-ci, autrement dit le rapport de ce qui change à ce qui demeure, il vient que certaines de ces relations sont logiques de la circonstance des choses, donc changeantes et adaptables à notre convenance, mais que d’autres sont logiques de la constance des choses. Celles-ci doivent donc être absolument maintenues par delà les âges, les sociétés, les modes, les lubies et les caprices des uns et des autres, puisque c’est par leur maintien que justement, nous-mêmes nous demeurons.

Partant de là, il est facile de comprendre que les relations selon lesquelles s’établit la succession des générations, et donc la pérennité de notre humanité, font évidemment partie de ces dernières et qu’il ne faut absolument pas y toucher. Il n’appartient donc pas à quelque gouvernant, serait-il soutenu par le fait que sous l’action d’un lobby maboul, une idiotie soit devenue la pensée dominante dans cette société, de tout chambouler dans ces dispositions séculaires, sans absolument rien comprendre à ce qui les justifie, au prétexte que c’est sous cet engagement stupide qu’il s’est faite élire.

Il existe en fait un caractère pénalisant pour des enfants de se retrouver marginalisés dans un couple homo, réalité que d’aucun ont le culot de contester. Cependant nous pouvons faire confiance à ces enfants quant au fait qu’ils ne manqueront pas de constater eux-mêmes, la spécificité de leur famille, par rapport à celles des autres, même si par chance, ils devaient ne pas en souffrir, et quant au fait que comme la plupart des enfants adoptés, ils se mettront un jour en quête de retrouver leurs parents biologiques. Car, c’est précisément la fréquence de ces cas, qui pose aujourd’hui la délicate question de la réforme de l’accouchement “sous X”.
 
La question qui se posait était donc de savoir si la capacité structurante pour un enfant, d’un couple marginal, pouvait être la même que celle d’un couple normal, et certains se sont dépêchés de répondre à ce sujet, qu’il valait mieux qu’un enfant se retrouve dans un bon couple homo, plutôt que dans un mauvais couple hétéro. Ceci, avec l’inférence non exprimée bien-sûr, mais sans laquelle ce raisonnement ne vaut rien, que les couples homos sont quant à eux généralement bons, et qu’ainsi l’enfant n’y cours donc pas le risque des subir exactement les mêmes dommages que ceux causés par de mauvais couples hétéros, aggravés de plus par le caractère marginal de ces familles.

Or, il s’avère en réalité que les couples homos ont une mortalité encore plus grande que les couples hétéros, de sorte que statistiquement, un enfant y court encore plus de risque. Ainsi, cette façon qui consiste à opposer systématiquement pour en établir le droit, le bon couple homo, sensé représenter la quasi totalité des cas, au mauvais couple hétéro, sensé quant à lui constituer le cas majoritaire, et dont pour la circonstance, on rappelle à l’envie les pervers auxquels il a donné naissance, pour dire qu’il aurait mieux valu que ceux-ci aient été dans ces couples homos inévitablement bons, relève-t-elle de la manipulation falsificatrice.

En fait, ce qui pose problème dans ce florilège de mauvaise foi, où les inquiétudes légitimes quant à des carences dont pourrait être victime un enfant, se trouve balayées d’un revers de manche avec l’argument que la bonté inévitable du couple homo qui le recueillerait, suffirait largement à compenser cet handicap, c’est cette prétention affichée, dans une société où décidément plus rien ne tourne rond, d’établir pour ceux qui ont des difficultés à s’assumer comme en faisant partie de celle-ci, une invraisemblable “normalité de la marge”.
Il faut en effet bien dissocier dans cette affaire, la revendication d’une égalité de droit, laquelle peut faire l’objet de débats selon des appréciations différentes, même s’il s’agit en la circonstance, de la revendication d’un droit à “l’acquisition” d’enfants, dès lors devenus des objets de “confort” existentiel pour des adultes, qui ne peut manquer d’interpeller, dissocier donc ceci de la revendication absolument grotesque, d’une reconnaissance de “normalité”, concernant un comportement sexuel marginal, et qui ne peut manquer de le demeurer.

Or, c’est là que les choses ne vont plus, et que cette manœuvre révèle un état d’esprit majoritaire du pays qui pose problème. Car, s’il peut bien y avoir discussion quant à l’étendue de la légitimité d’une revendication et d’un droit, selon des approches différentes de ce qui doit constituer un ordre préférentiel des choses dans une société, il ne peut pas y avoir de discussion quant à ce qui constitue la “normalité”, selon des appréciations personnelles. Car, celles-ci pourraient très bien amener par exemple certains, à proclamer une vertu du meurtre, et à revendiquer pourquoi pas, au nom d’une sélection naturelle, une inscription de celui-ci dans la normalité. C’est d’ailleurs très exactement ce qui s’est produit, on s’en souvient, durant une période trouble de l’histoire européenne.

La notion de normalité ne peut pas faire l’objet d’appréciations personnelles de telle sorte que chacun ayant sa norme selon ce qu’il est, nous vivrions dans une “schizophrénie” généralisée. Elle doit absolument être attachée à une objectivité incontestable, en l’occurrence nous devons considérer comme relevant de la “norme”, tout comportement susceptible d’être celui de tous, sans que cela ne nuise gravement à la société. Ceci, étant bien entendu que la notion de norme, dont la transgression par certains constitue une offense faite aux autres, n’a justement de raison, que sociale.

Dans ces conditions, l’homosexualité n’étant évidement pas un comportement qui peut être généralisable à tous, est et demeurera, marginale, et n’est supportable qu’ainsi dans une société. Dès lors, en faire au nom d’une “égalité” des droits, une “identité” de valeur au sein d’une société, avec l’hétérosexualité, ce qui n’est justement pas le cas eu égard à cette société, est un concept totalement maboul, dont la grande nocivité tient au fait que cette approche des choses se trouve sous-tendue par une philosophie répandue, qui malheureusement, va bien au-delà des seules questions sexuelles.

Car, partant de cette contestation implicite du fait que des dispositions établissent bien une différence entre ce qui est la norme et ce qui est la marge, certains vont  jusqu’à contester au nom de la modernité, la réalité d’une norme qui serait située au delà de nos jugements, en considérant que l’agrément majoritaire d’un comportement, suffit à en établir la normalité. Cependant il doit être bien clair pour nous, qu’une erreur partagée par des millions de gens, ne devient pas pour autant une vérité.
 
Car, ce que révèle en fait cette affaire, c’est bien la disparition sans son remplacement, d’une norme déjà ancienne, celle de la structure familiale, mais également de toutes les autres normes qui jusque là encadraient la vie sociale, pour être remplacées par le fait majoritaire, quelles que soient ses raisons, ses circonstances, et son inspiration, serait-ce un effet de mode, ou le résultat d’un battage médiatique.

C’est donc tout à fait logiquement que ce mouvement en faveur du mariage pour tous, a inscrit sa contestation d’une norme de la famille, dans une contestation bien plus large, laquelle lui a d’ailleurs valu tout son succès, des enseignements religieux parmi lesquels cette norme s’inscrivait, et qui eux aussi prétendent le fait d’une norme, “inspirée” celle-là, située au delà de nos appréciations personnelles. Or, si ces enseignements religieux sont contestables quant aux formes normatives qu’ils proposent, ils ne le sont pas quant au fait qu’il en faut, une société ayant fatalement selon ses différentes institutions, des interdits et des obligations. Mais, c’est pourtant jusque là que sont allées les contestataires.

Selon les “modernistes”, il n’y a donc pas lieu qu’il y ait une norme de la famille et par conséquent de toutes les autres institutions et dispositions patrimoniales ou matrimoniales, qui découlent de ce concept “nucléaire”, homme, femme, enfant, de la construction sociale. Toutes les formes de celle-ci seraient donc pareillement valables, y compris celles obtenues en secours ou par confort, par ces nouvelles techniques que sont la PMA et la GPA

Cependant hors de tout cadre normatif, il est clair que d’autres formes dites de mariage peuvent tout à fait légitimement être revendiquées, en particulier celles qui dépassent le cadre restrictif du couple, dont la justification, hors de sa capacité nominale à produire des enfants, et la responsabilité sociale qui partant de là, lui incombe, peut pareillement être contestée. C’est dans cet esprit qu’au Brésil, certains revendiquent désormais le “mariage à trois”, ajoutant ainsi au principe de “polygamie” appliqué jusqu’aujourd’hui dans certaines sociétés, celui demeuré plus anecdotique de “polyandrie”.

Bien sûr, l’une et l’autre de ces formes de mariage se situent en dehors de la norme telle que définie, puisqu’elles ne sont évidemment pas applicables par tous, pour des raisons tout simplement arithmétiques. Cependant, la revendication des partisans de la polygamie et de la polyandrie, pour ne citer que ces autres formes marginales “hors normes”, de mariage, à l’amour, au bonheur, et à la sérénité, est parfaitement tout aussi légitime que celle formulée par, et pour, les homosexuels, et prétendre arbitrairement que la contestation de la norme ne doit valoir que pour ces derniers, relève de la plus totale malhonnêteté.

En réalité, dans leur précipitation à satisfaire au plus vite leur clientèle, en lui donnant un os à ronger, ceux du pouvoir ont ouvert un débat, au demeurant, absolument passionnant, qu’ils pensaient circonscrire au cas de quelques homos victimes de difficultés administratives, et surtout en quête d’une impossible reconnaissance. Mais ce débat se révèle beaucoup plus vaste, parce qu’il ouvre la porte à une remise en cause, hors de tout cadre normatif, de tous les aspects de notre société, ce qui, dans cette précipitation et cette impréparation, constitue l’ouverture d’une véritable boite de Pandore...

Ce qu’il faut maintenant remarquer, c’est que pour contestable qu’elle soit, cette loi du mariage pour tous s’inscrit totalement dans l’actuelle pensée dominante, qui est celle d’une société objectivement “décadente”, et qui comme telle, par définition même, ne vaut rien. Ceci, étant bien entendu que si la pensée dominante d’une société était positive, cette société ne serait justement pas décadente, et parviendrait à un règlement de ses problèmes. Il s’agit donc bien par cette loi, d’une illustration de notre déchéance, puisqu’on ne voit pas pourquoi une pensée dominante s’étant révélée si médiocre, quant au règlement de toutes les difficultés qui nous étreignent depuis si longtemps, se révélerait soudain exceptionnellement pertinente, quant à cette seule question...


                                                  Paris, le 12 février 2013
                                                        Richard Pulvar