samedi 31 décembre 2011

POURQUOI DE LA “VOLAILLE”, EN PERIODE DE “VOEUX” ?




Vous vous en êtes certainement déjà régalés à Noël, et vous vous promettez d’en faire autant pour le jour de l’an, et il est clair qu’en cette période de fête, c’est un sale temps pour les poules, coqs, canards, dindons, chapon, pintades, oies, cailles, et autres volatils, auxquels du fond des cuisines, on s’emploiera justement, à leur faire leur “fête”.

A priori, nous n’établissons par de rapport, entre ce goût prononcé pour la “volaille”, et ces fêtes de fin d’année, sauf à nous dire que c’est bien bon, et que c’est donc l’occasion, puisqu’il s’agit justement de faire la fête. Cependant, ne perdons pas de vue en cette affaire, ni en aucune autre, la parole du sage Egyptien qui dit :

“Hasard n’est que le nom donné à la loi méconnue...”

Ceci pour dire que n’est donc pas du tout sans raison, que nous faisons ainsi ripaille, avec force volaille, en cette période de fin d’année.

Comprenons que le “vol”, qu’il s’agisse de celui du “voleur”, ou celui du “volatil”, est la manifestation comportementale de ce qui se trouve soumis à l’exercice sur lui, d’un “vœu”. Ainsi, faire un vœu, c’est “vouer” l’objet à nous, et c’est précisément selon cette “disposition” d’attente, dite “espérance”, qui est alors la nôtre, que s’exerce par ce fait même sur l’objet, une “attraction”, qui nous le “destine”, et qui peut finalement nous le faire “advenir”. Ceci, étant cependant bien entendu que d’autres finalités, qui sont logiques d’une disposition selon laquelle se trouve établi le “possible”, c’est à dire une disposition permettant “qu’il se passe”, selon un phénomène “gravitationnel” de “choix”, peuvent contrarier cette attente par un autre choix, ce qui est d’ailleurs logiquement, le cas le plus fréquent.

J’apporte ici une précision dont vous pouvez vous passer, si sa compréhension vous tracasse, pour ne pas vous prendre inutilement la tête. Comprenons qu’il ne peut “se passer”, d’un instant à l’autre, que selon la modalité d’un “choix”, phénomène qu’il nous faut pour sa compréhension, rapporter à la notion de “chute”, parce que ce choix s’opère en effet, selon une “chute de potentiel”. Il s’agit en celle-ci, du passage selon ce choix, d’une “pluralité” d’options “possibles”, à l’antériorité de celui-ci, à la “singularité” de l’option effectivement retenue, à la postérité du choix, autrement dit, à un passage du “plus”, vers le “moins”. C’est cette chute qui fait du choix selon lequel “il se passe”, un phénomène gravitationnel.

S’il n’était ce choix, rien ne permettrait qu’il se passe “d’une façon, ou d’une autre”, ce qui signifie que l’univers ignorerait la “circonstance”, et donc le “temps”, tel que celui-ci s’établit selon un rapport de la “circonstance à la constance”, puisque ce qui change, ne peut être apprécié que par rapport à ce qui demeure, et inversement, ce qui demeure ne peut être apprécié que par rapport à ce qui change. Si donc il n’était le choix, et en cela, la gravitation, l’univers n’existerait pas...

Cette précision faite, ceci revient à dire qu’un vœu, qui est comme tel “intentionnel”, doit se trouver en accord avec une disposition “gravitationnelle”, pour pouvoir se réaliser, ce qui revient à dire qu’il existe une “époque”, pour la réalisation d’un vœu. L’expérience des hommes semble alors avoir établi que les dispositions gravitationnelles, c’est à dire en fait, celles des objets célestes signifiant le temps, en cette période de passage d’une année à l’autre, se révélaient particulièrement favorable à la réalisation de certains vœux, aboutissant ainsi à des “cadeaux” qui, advenant selon la disposition des objets célestes, tombaient en quelque sorte du ciel, et c’est ce qui leur valait l’appellation cadeaux, à partir du verbe latin “cadere”, qui signifie “tomber”, et qui convenait pour désigner tout ce qui “tombe bien”. C’est donc tout à fait logiquement, que nous avons pris coutume de formuler des “vœux” en cette période, et d’en attendre des cadeaux.

Soyons alors attentif au fait que notre vœu, logique d’une disposition qui est la nôtre, n’est pas forcément volontaire ni conscient, et s’il nous advient quelque chose de désagréable, c’est bien parce que sans que nous le soupçonnions, une “disposition” malheureuse en nous, innée ou acquise, en constitue la “vocation”, puisqu’il ne peut rien nous advenir sans raison.

C’est donc une “attraction” exerçant sur son sujet, qui conduit à un vol. Or, si dans le cas du voleur, il est bien clair qu’il s’agit de l’attraction qu’exerce sur lui, l’objet de son désir, à laquelle il ne résiste pas, et que son comportement à pour effet de lui faire acquérir cet objet, dans le cas des oiseaux, il est plus difficile d’établir de quel vœu, toutes leurs “évolutions” sont-elles significatives. Car, même si bien sûr, une attraction de ce dont ils se nourrissent, explique en partie leur quête, il est manifeste que tel n’est pas l’objet de toutes leurs courses.

Telle était donc la grande préoccupation des “augures” des temps anciens, comprendre la signification du vol des oiseaux, particulièrement celui des rapaces et des corvidés, augures qui comme nous le constaterons, étaient bien loin d’être aussi naïfs que se plaisent à le croire, les hommes de notre époque. Car ils comprenaient tout simplement différemment les choses, et la question est de savoir d’où tenaient-ils cette science, dont nous commençons seulement timidement, à en apercevoir les fondements généraux, avec ces questions passionnantes, mais méconnues, de “bio-magnétisme”.

En fait, les augures tentaient de comprendre, par l’observation du vol de ces oiseaux, quelles pouvaient être les implications d’une “intentionnalité immanente”, qui comme telle, préside à la “tendance” globale des choses, et qui n’est rien d’autre que la résultante des vœux conjugués de tous les êtres, vœux selon lesquels s’établit la “vocation” de chacun, et dont l’’ensemble conjugué constitue forcément d’une façon générale, ce par quoi “il advient”, étant entendu qu’il ne peut se produire “pro-vocation”, que selon une “vocation” déjà établie.

Comprenons bien ici que rien ne peut advenir sans “raison”, c’est à dire sans être déterminé entre une cause, qui constitue sa provocation, et un effet, qui constitue sa vocation. Ceci signifie qu’aucun événement n’adviendrait, s’il n’était déjà voué à advenir, et ceci, selon une vocation des êtres, qui se trouve établie selon leur disposition, naturelle ou culturelle, étant bien entendu que c’est d’abord selon ce que nous sommes, que s’établit notre vocation.

Bien sûr, cette idée selon laquelle il nous advient, de bien ou de mauvais, par le fait de ce que nous sommes “nominalement”, c’est à dire selon notre “vocation”, tels que conçus, pourrait paraitre terrifiante, en ce sens que nous nous sentirions désarmés, face à sa fatalité. Mais, notons que notre disposition naturelle, peut être modifiée par la formulation culturelle, c’est à dire volontaire et consciente d’un vœu, participant ainsi à notre vocation.

Ce n’est d’ailleurs rien d’autre que cette idée selon laquelle, par delà le simple désir involontaire, logique de notre “perméabilité” à l’attraction qu’exerce son objet sur nous, c’est la pleine conscience et la formulation très “attentive” selon celle-ci, d’un vœu exprimé, afin de sa réalisation, qui se trouve à l’origine de la “prière”, où il s’agit bel et bien de faire qu’il advienne, par une “insistance” intentionnelle, qui est d’autant plus efficace, qu’elle se trouve conjuguée par toute une “assemblée” (ecclesia).

Pour les augures, les oiseaux étaient particulièrement sensibles, à la modalité physique de l’intentionnalité immanente, et ils tentaient de savoir, par l’observation de ces évolutions, si les projets de leurs commanditaires s’inscrivaient favorablement, pour leur réalisation, dans le choix gravitationnel de l’instant.

C’est cette même idée selon laquelle les oiseaux étaient sensibles à une traduction physique de “l’intention”, dont il nous reste à en comprendre la modalité, qui faisait dire anciennement, d’une jeune femme très séduisante, parce qu’elle était très belle, qu’il s’agissait d’une “dame oiselle”, terme qui a bien sur donné le mot “demoiselle”, parce qu’étant l’objet du désir de nombreux soupirants, donc de leur “vœu”, elle était censée en devenir “volage”.

Une autre tradition a longtemps décommandé aux fiancés, de se marier en “mai”, pour ne pas risquer par la suite la rupture, car ce mois était alors réputé comme étant celui du “mariage des oiseaux”, pour signifier celui de personnes qui seraient ainsi rendues volages. Il nous faudrait alors comprendre, qu’une disposition gravitationnelle du ciel de mai, serait de nature à interférer dans la modalité de constitution du couple, c’est à dire du rassemblement de deux en un, qui lui aussi est bien sûr gravitationnel, puisque la gravitation est précisément, “universelle”, c’est à dire qu’elle relève d’une tendance générale de la pluralité des choses, à n’en plus en former “qu’une”, selon le sens fondamental de “uni-versus”, l’amour constituant en ce sens, un acte “grave”.

Les oiseaux utilisent pour se positionner et se diriger, le “champ magnétique terrestre”, utilisant ainsi une sorte de “compas” interne, selon ce phénomène, comme le faisaient encore jusqu’à l’invention des navigateurs à inertie, les marins et les aviateurs. Or, le rapport de ce champ magnétique à l’intentionnalité immanente, a fortuitement été clairement établi, lorsque suite à l’attentat du World Trade Center, du 11 septembre 2001, deux satellites d’étude du champ magnétique terrestre, ont tous les deux détecté soudainement, une anomalie de grande amplitude dans ce champ, un quart d’heure après l’attentat, anomalie ayant disparu par la suite, et que rien d’autre parmi les événements telluriques ou célestes observés à ce moment, ne pouvait expliquer.

Nous accédons ici avec cette idée d’un très surprenant rapport totalement méconnu par ceux de notre époque, mais pourtant relaté à leur façon bien sûr, par de nombreuses traditions, de la conscience humaine avec le champ magnétique terrestre, à une question passionnante, et aux implications considérables, articulées autour des questions de biologie, de magnétisme, et d’une “métaphysique”, elle même logique du mouvement gravitationnel des objets célestes.

Malheureusement, les envisager ici nécessiterait beaucoup trop de développements. C’est pourquoi je vous les proposerai plutôt comme l’objet d’un prochain article, traitant plus spécifiquement de la façon dont s’établit la conscience de “l’humain”, et de ce qui sous-tend le développement de sa pensée, puisque pas davantage que quelque autre chose, celle-ci ne saurait être le fait “auto-généré” d’elle-même en son sein, et indépendamment de son environnement, puisqu’elle serait alors “hors de circonstance”, donc hors du temps, et qu’elle ne peut être sans raison, c’est à dire sans que quelque chose d’au-delà de lui ne la “provoque”.

Pour l’instant, retenons et admettons, en attendant de pouvoir l’établir formellement, que les oiseaux sont particulièrement sensibles aux variations du champ magnétique terrestre, traduisant l’intentionnalité immanente selon laquelle “il advient”, de sorte qu’une observation de leurs évolutions doit permettre de comprendre quelle est la “tendance” générale des choses.

Nous comprendrons que si les oiseaux sont en cette “capacité”, c’est parce qu’ils se trouvent en limite d’une logique “d’évolution”, celle qui a conduit à leur émergence à partir des reptiles, logique qui participant au développement du temps, préside ainsi à la “destinée”. C’est bien ainsi que le comprenaient les anciens, tels que les Aztèques, avec le concept de “l’oiseau-serpent”, le fameux “Quetzalcoatl”, qui se trouve représenté sur toutes les scènes relatant des événements, pour bien signifier que c’est lui qui préside à leur développement.

Son nom, composé de “quetzal”, signifiant l’oiseau, et “coatl”, signifiant le serpent, a été popularisé en occident sous l’appellation ridicule de “serpent à plume”, due à l’incapacité des occidentaux, de prendre réellement la mesure du grand savoir qui était celui de ce peuple.
Ce concept de “l’oiseau serpent”, n’est rien d’autre que celui plus connu du “dragon”, que les Chinois célèbrent en leur début d’année, précisément pour placer celle-ci sous les meilleurs auspices, et c’est bien pour se garantir de parvenir sains et saufs à leur “destination”, selon ce qui préside donc à la “destinée”, que les Vikings ont construit leur bateaux en forme de “dragon”, les fameux “drakkars”.

Cette idée selon laquelle par leur comportement, les oiseaux manifestent l’exercice d’attraction de la destinée, selon une intentionnalité immanente, résultante de la conjugaison de nos vœux, a donc été établie depuis fort longtemps. Notons alors, puisque nous parlons de “comportement”, que le “vol” a pour fonction “d’accéder”, afin “d’acquérir”, et que lorsqu’il ne s’agit pas de nourriture, le vol des oiseaux à logiquement pour fonction de s’acquérir d’autre chose, qui est donc relatif à la destinée, et qui participant à leur comportement, se constitue par ce qu’ils emportent en eux à cette occasion, et que dès lors, ils “comportent”.

En fait, il s’agit de “données informelles”, autrement dit “d’informations”, relatives à la destinée, dont les oiseaux font l’acquisition “sous forme”, c’est à dire sous la leur, à l’occasion de vols sous-tendus par l’attraction de la conjugaison de nos vœux, ce qui revient à dire que les oiseaux emportent “secrètement”, c’est à dire hors de “manifestation” possible, nos vœux en eux. Dès lors, pour les libérer du “secret”, afin de leur réalisation, ceci nécessite le “sacrifice” de ces oiseaux. Ceci, selon la double implication de ce terme “sacrifice”, à savoir la “mise au secret”, celle de l’oiseau qu’on fait disparaitre, et la “mise hors secret”, de données informelles logiques de nos vœux, susceptibles alors de se réaliser, selon les dispositions gravitationnelles du choix de l’instant.

Ainsi, faire bombance de volaille en fin d’année, est en réalité un acte “sacrificiel”, intuitif ou peut-être hérité de traditions anciennes, destiné à favoriser la réalisation à cette occasion, de nos vœux.

Paris, le 29 décembre 2011
Richard Pulvar