mercredi 15 août 2012

BRAVO ET MERCI MESSIEURS LES “BRITISH”, POUR CETTE GRANDE MESSE DE LA FRATERNITE...!




Tout cela a été parfaitement organisé...

Ce fut grandiose, passionnant, beau et émouvant, et cette grande manifestation nous a rappelé que nous autres les humains, nous pouvons faire de belles choses sur notre bonne vielle Terre, et que c’est précisément pour cela que nous nous y trouvons...

Même la surprenante concurrente saoudienne, jeune enfant otage d’une situation qui la dépassait, où un interdit prétendument religieux s’est trouvé réaffirmé avec force par les siens, afin que puisse en être aboli un autre bien plus pénalisant et tout aussi irrationnel, qui ne lui aurait même par permis de participer, s’est déclarée heureuse d’avoir été là, et de fait pour une fois, toute notre humanité était là...

Tout ceci confère aux jeux, il ne faut pas se le cacher, par le fait qu’ils permettent d’atteindre un “au-delà” des choses habituelles et des singularités réductrices, et qu’ils sont l’occasion d’une humanité rassemblée communiant dans un même idéal, un caractère “sacré”. C’est ce que traduit d’ailleurs bien, tout le cérémoniel parfaitement réglé qui conduit cet événement. Il s’agit d’une véritable “liturgie” qui va jusqu’à un engagement d’excellence selon une prestation de serment, des concurrents et des arbitres, laquelle sans bien sûr le dire, suppose qu’une autorité suprême sera juge de leur accomplissement...

Toute cette mise en scène montre bien, qu’il ne s’agit plus en cet événement, d’une simple manifestation sportive...

Il est remarquable en effet à ce sujet, qu’en plus des exploits sportifs qui constituent l’objet premier des jeux, et des exploits techniques que nécessite leur organisation par la nation d’accueil, les grandioses cérémonies d’ouverture et de clôture de ces jeux, constituent de magnifiques catalogues culturels disant tout à la fois “l’héritage” dont dispose cette nation, et la force créatrice de son génie artistique.

Observons bien maintenant que c’est à ses frais, lesquels sont devenus considérables, que la nation organisatrice se met entièrement au service des autres nations de notre humanité, pour les accueillir et les rassembler chez elle. Or, il s’agit là en ce don de soi aux autres, d’un geste dont la recommandation constitue un des principaux enseignements religieux, et qui, concernant les relations habituelles existantes entre les nations, est absolument exceptionnel. Car on ne le trouve qu’à l’occasion de ces jeux, et de cet autre événement de même dimension que constitue la coupe du monde de football.

Tout ceci signifie que par delà ces prétextes sportifs, ce à quoi nous assistons en ces événements, c’est à des actes de “rédemption”, dans le sens christique même du terme, c’est à dire des actes par lesquels le bien se trouve rendu pour le mal, et par lesquels finalement, toute l’agressivité naturelle des humains, toutes les rivalités et toutes les volontés de capture et de domination des uns sur les autres, se trouvent “sublimées” au travers d’exploits sportifs.

En ce sens, le caractère “religieux” de ces manifestations est indéniable. Les rages s’expriment alors contre le chronomètre, les dominations se traduisent simplement par la plus haute marche du podium, et après les applaudissements fournis, ce sont quelques médailles, des émotions, de la fierté et de la gloire, lesquelles valent bien mieux que l’or, quant à la félicité des nations, qui constituent les gains des vainqueurs.

Ailleurs qu’en ces espaces, ce sont des guerres qui traduisent la rivalité entre les nations, la soumission de peuples entiers qui traduit les volontés de domination, et le pillage des ressources naturelles des pays vaincus, qui traduit la volonté de capture des nations prédatrices. Nous pouvons mesurer ainsi tout le bonheur que nous avons par tout ce que cela nous épargne, dans l’existence des jeux olympiques qui, dans l’antiquité déjà, sonnaient précisément une période de trêve guerrière. Il en est de même pour et cette autre grande messe de la paix, par codification d’une expression pacifique et apaisée des rivalités, que constitue la coupe du monde de football.

Pour la plupart d’entre nous, nous demeurons persuadés a priori, qu’il ne s’agit en ces événements, que de simples manifestations sportives “civiles”, issues d’une concertation entre les humains. Ceci, parce qu’à cause de la déviation sémantique qu’à subie au cours des siècles le terme traduisant ce fait, et à cause de tous les crimes et tous les abus qui furent commis sous couvert de celle-ci, nous manquons d’observer que la concertation entre les humains, quel qu’en soit l’objet, constitue en elle-même par définition, un fait de “religion”.

Cependant, ceux qui s’intéressent à ces questions ne manqueront pas de remarquer que ces grands rassemblements qu’il convient bien de dire religieux, se font forcément comme tels selon des “dieux“, c’est-à-dire selon des faits de “transcendance” de la singularité des individus et des peuples, mais que ces dieux ne sont jamais “nommés”. Personne ne viendra dire en effet, que l’établissement des règlements des jeux olympiques, et la fervente participation, en acteurs ou en spectateurs, de tous à ceux-ci, se font “au nom” d’un dieu.

Or, un des tout premiers enseignements de la grande tradition ésotérique, qui se trouve à l’origine de l’invention du “tétragramme”, le fameux “JWHW”, c’est qu’il est justement interdit de “nommer” le dieu, celui selon lequel s’exerce la concertation entre les humains, et qui n’est bien sûr “unique”, que si cette concertation concerne notre humanité tout entière...

Par cette interdiction qui était faite de nommer le dieu, les rédacteurs de la grande tradition ésotérique rappelaient ainsi que rien ne peut se prétendre au nom d’un dieu, et encore moins au nom du dieu “un”, qui ne procède de la libre concertation entre les humains, et qu’en conséquence, rien de ce qu’ils n’agréent librement, ne peut leur être imposé comme étant la volonté d’un dieu, puisqu’il n’existe justement de dieu, que selon cette concertation.

Il est clair de ce point de vue que pour la plupart d’entre elles, par leur prétention à dire le “convenable” hors de toute “convention” établie entre les humains, et parlant au nom d’une “transcendance” de ces humains en se passant de consulter leur avis, voire en les contraignant, comme si cette transcendance pouvait manquer d’être “la leur”, autrement dit, comme si elle se pouvait dégagée d’eux et exprimer des volontés sans rapport avec leur souhaits, les religions d’aujourd’hui constituent autant de “trahisons” de l’idée religieuse authentique...

On surprendra alors beaucoup en disant que curieusement, c’est à travers le sport, certaines institutions humanitaires, ou encore certaines manifestations culturelles, que se réinvente aujourd’hui la véritable religion, et qu’en ce sens, les jeux olympiques constituent bien une manifestation religieuse, dans le sens fondamental du terme…

Bien sûr il faudrait développer davantage...

Une prochaine fois peut-être...


Paris, le 13 août 2012
Richard Pulvar