samedi 14 juillet 2012

LE REVE DES DOMINATEURS




Que manque-t-il encore aux puissants de ce monde, déjà possesseurs de l’essentiel des richesses, et capables grâce à leur puissance financière, de s’offrir par la contrainte ou par la corruption, la soumission des gouvernements, et par là, l’autorité sur des nations entières ?

Il n’y a qu’une chose qui manque encore à leur jouissance, et qui les obsède par la capacité de cet objet, à se dérober encore à eux, c’est la possession de nos propres personnes, nous qui possédons encore, sinon toujours notre liberté d’agir, mais notre liberté d’être, et celle de penser.

C’est à cette dernière, notre liberté de penser, qu’ils vont tout d’abord s’attaquer, afin par la suite, de prendre carrément possession de nos êtres. Ceci, en usant indirectement d’un véritable droit de vie et de mort sur nous, par les épreuves redoutables et mortelles, auxquelles leurs manigances vont nous contraindre, après nous avoir convaincus, que c’est le bien de notre humanité, qui exige ce sacrifice.

C’est par la manipulation médiatique, qu’ils vont insidieusement, d’une façon indolore mais terriblement efficace, si nous manquons de vigilance, prendre graduellement possession de notre pensée, désactiver en l’inondant de slogans, choisis pour faire échos à nos torpeurs, notre capacité d’analyse autonome des faits, et nous amener graduellement et sournoisement, par la désinformation, à admettre comme relevant de la normalité, les pires abominations.

Car, si les armes des dominés, sont celles avec lesquelles ils font la guerre, l’arme des dominateurs, c’est la guerre elle-même.

Nous ne sommes plus aujourd’hui, dans le cas des rivalités séculaires entre nations, telles qu’elles se trouvaient jusqu’alors, responsables des guerres. Ce qui nous est proposé aujourd’hui, c’est de partir en guerre contre une partie d’une nation, celle qui soutient son chef insensible aux injonctions des puissants, afin nous dit-on, de protéger l’autre partie, celle dont les chefs désignés par ces mêmes puissants, ne manifestent guère d’amour que pour leur porte monnaie, et pour l’illusion qu’on leur accorde d’exercer le pouvoir, mais certainement pas pour leur patrie.

La manœuvre consiste donc pour ces puissants, à réduire ceux qu’ils veulent soumettre, c’est à dire tout d’abord leur propre compatriotes, et les citoyens des nations insoumises, en deux camps antagonistes, de provoquer leur affrontement, et d’entretenir celui-ci jusqu’à leur épuisement, et c’est alors qu’ils deviennent possesseurs de nos existence puisqu’ils parviennent par ces épreuves, à décider de notre vie ou de notre mort.

C’est ainsi, qu’alors même que nous ne nous connaissons nul ennemi à l’horizon, que personne de tente de s’en prendre à nous ni à nos intérêts, ils parviennent à nous inventer des ennemis à l’autre bout de la terre, et nous engager à leur livrer bataille, au nom de la défense de la veuve et de l’orphelin.

Alors même que le résultat catastrophique de leur manœuvre précédentes, n’est plus un mystère pour personne, ils parviennent cependant à convaincre des gens de bonne fois, grâce à leur propagande médiatique, que cette fois là, les raisons pour nous d’aller tuer à de milliers de kilomètre de chez nous, des gens que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam, et qui ne nous ont strictement rien fait, sont de justes raisons.

Toute la supercherie dans cette affaire, réside dans le fait que les citoyens de notre pays, pensent naïvement que ces opérations guerrières sont principalement dirigées contre d’autres peuples, alors qu’il s’agit en réalité, de la manœuvre par laquelle les puissants vont se garder de voire se concrétiser par ces temps de crise, quelque velléité de contestation de leur domination, quelque volonté de révolte de notre part ici même, à cause des conditions de vie insupportables qu’ils nous infligent, depuis déjà tant d’années.

Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, les nazis ont constitué des bataillons avec les dernières ressources humaines dont ils disposaient encore. Ainsi, nombre de vieillards, de braves grands pères, se sont-ils retrouvés tardivement sous les drapeaux. Il se trouve que ces braves vieillards, qu’on aurait pu croire rendus définitivement paisibles par les ans, se sont rendus coupables dans les zones occupées, des pires cruautés.
Ces hommes étaient-ils des monstres ?

Non, ils étaient comme vous et moi, mais victimes d’un effroyable lavage de cerveau qui, des années durant, avait fait des autres peuples, des êtres étrangers à l’espèce humaine, des animaux qu’il n’y avait pas davantage de mal à les abattre ainsi, plutôt que d’autres dans les abattoirs...

C’est selon la même technique, qu’on nous engage aujourd’hui à détester les ennemis qu’on ne cesse de nous inventer sans cesse, pour pouvoir continuer à nous dominer.

Défaisons-nous de la propagande et de ses slogans, celle qui veut nous convaincre qu’il est bien que nous allions tuer, gardons notre autonomie de pensée afin de garder la possession de nos existences, et détournons-nous des appels à la guerre, avec toute leur argumentation fallacieuse, lancés par des malpropres gouvernementaux, apprentis sorciers, ces lâches devenus les carpettes des puissants...


Paris, le 9 juillet 2012
Richard Pulvar